Société de Borda, 27 rue Cazade, 40100 DAX.  05 58 90 85 99 Courriel : Soc.Borda@wanadoo.fr. 

Séance du 8 décembre 2012 à DAX

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des Halles), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ 80 personnes présentes.


Madeleine JOGAN, Théodore Denis, premier maire de Dax du XXe siècle (1899-1908)

La communication évoque l’action municipale du député Théodore Denis qui, de son élection fin 1899 jusqu’à son décès en juin 1908, va se transformer en gestionnaire prudent et avisé de la ville de Dax. Il ne fait pas du thermalisme sa priorité mais, ouvert aux innovations, il entend l’appel de la modernité,  s’attachant à équiper la ville d’infrastructures qui seront les fondements de réalisations urbaines futures (électricité, eau chaude, hygiène, etc.).

Au-delà des transformations urbanistiques enregistrées, les premières années du siècle sont marquées par la personnalité charismatique du maire et le faisceau d’amitiés que l’homme suscitait jusque dans les rangs de ses adversaires politiques. Prompt à secourir les infortunes de toutes natures, il accorda toujours la priorité au social, porta une attention soutenue à la vie artistique, culturelle et sportive de la cité dacquoise. Très opposé au ministère de Combes et attaché au principe de la liberté religieuse qu’il défendit avec vigueur à la Chambre, il s’efforça d’atténuer à Dax les conséquences des mesures anticléricales du début du XXe siècle.


Michel BRÉAN, Lecture oblique et politique de deux romans de Pierre Benoit : L’Ile Verte et  Fabrice à l’occasion du 50e anniversaire de sa mort

Pierre Benoit est connu par ses romans d’amour et d’aventures, mais il y a aussi ses romans « du terroir aquitain », il a eu une vie publique culturelle et politique active, qui transparaît dans les romans étudiés. Pierre Benoit porte aussi un regard oblique sur ces récits par l‘intermédiaire de ses citations, sortes de clins d’œil au lecteur averti.


Kévin LAUSSU, Tricentenaire de la cure à Dax de Marie-Anne de Neubourg, Reine d’Espagne

Dax s’apprête à fêter en 2013 le centenaire de la construction de ses arènes. Mais il est un anniversaire dont personne ne se souvenait et qui pourrait bien être considéré comme une date phare pour la cité thermale : voilà trois cents ans que la Reine douairière d’Espagne, Marie-Anne de Neubourg est venue chez nous. Nul trophée donc, nul arc de triomphe, nulle place en son honneur n’honoreront le pavé de Dax pour fêter le souvenir de ce grand personnage que Victor Hugo immortalisa dans « Ruy Blas ». Elle était venue chercher dans les eaux de Saint-Vincent-de-Xaintes le soulagement de ses rhumatismes. Elle fit le déplacement depuis Bayonne pour se rendre aux Baignots, ce qui ferait remonter en des temps très reculés le tout premier témoignage écrit relatant la cure d’un personnage illustre à Dax. En cette année 2012 où le vieil Hôtel des Baignots est en cours de réhabilitation pour être prochainement transformé en une résidence qui lui fera retrouver tout son éclat, la mention de ce trois-centième anniversaire nous invite à nous plonger au cœur des origines de ce grand établissement thermal.


Séance du 3 novembre 2012 à Aire-sur-l’Adour

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Aire-sur-l’Adour (salle Barbara Hendricks), sous la présidence de B. Cahuzac. Environ 120 personnes présentes.


Sandrine BOUGUE et Fernand AVILA, La crue de 1952 à Aire-sur-l’Adour

1952 - 2012, il y a 60 ans, au début du mois de février, la ville d’Aire sur l’Adour vivait une de ses plus grandes inondations. Le centre-ville et de nombreux quartiers étaient sous les eaux. Beaucoup de dégâts matériels, maisons emportées et beaucoup de bétails noyés ou emportés par les flots mais surtout aucune perte humaine à déplorer dans notre ville.

Grâce aux photos recueillies et par leurs souvenirs, ceux qui ont vécu ces inondations témoignent : « Par les photos, on retrouve, intactes, les impressions vécues lors de cet évènement : attrait, peur, besoin de se rendre compte… On venait voir le spectacle car c’était inhabituel, grandiose et cependant tragique pour certains riverains »

Cette crue a servi de crue de référence pour la réalisation du Plan de Prévention des Risques et Inondations de la ville d’Aire sur l’Adour en 1997.


Maryvonne et Fernand AVILA, Géographie et économie d’Aire-sur-l’Adour, aujourd’hui

Des études réalisées sur la ville d’Aire-sur-l’Adour il manquait une analyse cartographique pour mettre en valeur les transformations spatiales et économiques de cette commune landaise de la fin du XVIIIe siècle à nos jours. La ville reste longtemps bicéphale avec la ville haute du Mas et la ville basse. Sous la Restauration, un premier plan d’urbanisme rectifie le réseau viaire et conditionne les nouvelles constructions tandis que le canal du moulin et sa rive gauche restent l’axe économique. À partir du second empire, la construction du grand séminaire, de la halle aux grains, du chemin de fer marquent un tournant décisif. Entre 1900 et 1939, l’activité économique se redéploie autour de la gare donnant naissance à de nouveaux quartiers. Après 1950, lotissements, grandes surfaces commerciales, activités artisanales et industrielles se multiplient et s’étirent le long des voies de communication posant de gros problèmes d’équipement.


Abbé Jean-Pierre LAULOM, Aire l’épiscopale. Histoire extraordinaire d’un diocèse ordinaire

« Aire l’épiscopale », est un vers de Victor Hugo, dans la Légende des siècles.

Ce demi-alexandrin définit bien, en deux mots, notre propos. Pour que la mémoire des fastes épiscopaux d’Aire ne se perde pas rapidement, nous revisiterons brièvement les grands moments de l’histoire de ce diocèse, mais surtout les nombreux monuments diocésains qui existent encore (cathédrale, évêché, crypte et église sainte Quitterie) et, en particulier, les quatre anciens séminaires, aujourd’hui destinés à d’autres usages. Pour écrire l’histoire extraordinaire d’un diocèse ordinaire, nous saluerons rapidement quelques évêques, ceux qui, originaux, saints ou entrés dans l’histoire, méritent un flash ou un coup de chapeau.


Sortie du 1er septembre 2012 à l’Ecomusée de Marquèze à Sabres

Pour sa sortie de septembre, la Société avait choisi un lieu emblématique du patrimoine landais : l’écomusée de Marquèze à Sabres. Elle a bénéficié pour cette excursion d’une belle journée ensoleillée de fin d’été.


L’écomusée de Marquèze : 43 ans d’existence

Lorsqu’en 1967, Georges Henri Rivière -qui présidera le conseil d’orientation de l’Ecomusée- et Jean-Claude Ollagnier -futur directeur du Parc naturel régional des Landes de Gascogne- se rendirent en reconnaissance à l’airial de Marquèze en vue de constituer un futur « musée de maisons »(1), ils comprirent aussitôt que cette visite marquerait le point de départ d’une aventure culturelle exceptionnelle, mais ils ne se doutaient pas de l’ampleur que prendrait cette aventure.

Leur projet fut conçu à l’origine sur le modèle des musées ethnographiques de plein air de Scandinavie, c’est-à-dire le groupement d’un ensemble de maisons démontées pièce par pièce puis rebâties sur un espace protégé. Porté par une équipe de passionnés, à laquelle il faut associer les noms Jean Tucoo-Chala -conservateur- et Pierre Toulgoat -ethnologue et photographe-, le projet allait susciter un véritable élan d’enthousiasme tant auprès de la population locale que d’un certain nombre d’historiens et scientifiques extérieurs qui spontanément, et souvent bénévolement, mirent leurs compétences au service de cette entreprise.Confrontés au dilemme de préserver l’espace tout en l’ouvrant à un large public, les initiateurs de l’écomusée eurent l’idée de protéger l’accès au site par l’obligation faite aux visiteurs d’emprunter un petit train séculaire menant du bourg de Sabres à Marquèze. Ce trajet de 3 kilomètres, en même temps qu’un agrément, est une immersion dans l’univers de la forêt pour le voyage dans le temps proposé dans l’airial.

L’écomusée de Marquèze, encore en gestation, fut ouvert dès 1969. Il allait connaître un rapide engouement, au point d’attirer en 1980 plus de 91 000 personnes et jusqu’à 130 000 au début des années 1990. Depuis bientôt un demi-siècle, il constitue le cadre traditionnel des sorties de plusieurs générations d’écoliers landais.

Mais l’élan s’émousse à partir du milieu des années 1990 et Marquèze va perdre lentement de son aura. Après le temps des visionnaires et des scientifiques inspirés, vint le temps des gestionnaires. Malgré des moyens humains et financiers nettement accrus, les responsables de la structure semblent avoir peiné, ces quinze dernières années, à trouver des solutions pour relancer une fréquentation en baisse, tombée à 70 000 visiteurs en 2007. Peut-être le concept d’écomusée de plein air d’origine ne répond-il plus aux attentes d’un public avide de nouveautés et d’attractions faciles ? C’est que depuis lors s’est développée la concurrence des parcs ludiques, des festivals de musique, devenus à la mode et fixant la clientèle des vacanciers. Peut-être l’alourdissement des tâches de gestion est-il aussi en cause ? L’écomusée, rattaché administrativement au Parc naturel régional des Landes de Gascogne, se trouve soumis à un nombre grandissant de missions. Composé de 22 communes à l’origine, le Parc en regroupera bientôt 50 ! On s’interroge également sur les choix opérés quant à la politique d’animation : les orientations retenues ont-elles coupé peu à peu l’écomusée de la population locale et régionale ? Les Landais, qui avaient adhéré de suite aux concepts fondateurs, ont sans doute bien du mal à se reconnaître dans les présentations d’œuvres d’artistes contemporains ou les coopérations artistiques avec des contrées exotiques mises en avant aujourd’hui. Le discours identitaire et territorial, qui avait fait la force de Marquèze, a progressivement été brouillé par un discours plus généraliste orienté vers l’aménagement des territoires, le développement touristique et l’urbanisme. L’équipe dirigeante a introduit récemment divers équipements techniques de communication moderne pour tenter de capter une nouvelle clientèle. Souhaitons que les mesures prises relancent l’attractivité de l’écomusée et qu’il trouve un second souffle.


Le Pavillon et l’âge du Fer dans les Landes de Gascogne

A 10 h, environ 80 personnes se pressaient à l’entrée du Pavillon de Marquèze situé à la gare de Sabres. Construit en 2008, ce pôle culturel était déjà clairement inscrit dans les projets visionnaires de Georges Henri Rivière, une première esquisse architecturale en avait même été établie dès 1968 (2). C’est un bâtiment de 3000 m², œuvre de l’architecte Bruno Mader, dont le tiers est consacré aux expositions, le reste à un auditorium et aux réserves de l’écomusée. Sa structure et son enveloppe sont réalisées en pin maritime et l’ensemble est conçu pour être intégré à son environnement, tout en respectant des normes sévères d’économie d’énergie (3).


Mme Florence Raguénès, Conservatrice de l’Ecomusée, souhaitait la bienvenue aux participants, soulignant la communauté de vocation entre le Parc naturel régional et la Société de Borda, deux institutions soucieuses de promouvoir le patrimoine landais. Dès 1971 d’ailleurs, la Société était venue en excursion à Marquèze (4). Le Président Jean-Jacques Taillentou remerciait la Conservatrice de ses mots d’accueil aimables, et donnait le départ de la journée.


La matinée a alors commencé par la visite de l’exposition temporaire « Six pieds sous terre…. Il y a 3000 ans : archéologie des Landes de Gascogne ». Déjà présentée dans notre bulletin (2e trim. 2011, p. 236-237), cette exposition labellisée « d’intérêt national » est le fruit d’une collaboration réussie entre archéologues, muséographes, illustrateurs, et collectivités territoriales. Pour la première fois, sont restitués au public les résultats d’un programme collectif de recherche mené de 2004 à 2008 sur le territoire des Landes de Gascogne (5). Le vaste massif forestier était enfin exploré de manière systématique, dans une double perspective : reconstituer le climat et le paysage végétal des derniers millénaires, retrouver les traces des premiers peuplements de la lande et analyser ces vestiges.


En raison de l’affluence, il a fallu organiser deux groupes, l’un ayant pour guide par Marie Bilbao, l’autre Hervé Barrouquère. En tant que chevilles ouvrières de l’exposition, ils ont su faire partager leur enthousiasme et leur expérience de terrain par des explications pertinentes. La restitution du paysage d’il y a 3000 ans à partir de l’étude des pollens conservés dans la tourbe des lagunes, la reconstitution d’une maison fouillée à Canenx-et-Réaut, les vases de la nécropole de Laglorieuse, la pirogue du lac de Sanguinet, ont particulièrement retenu l’attention. Les sociétaires ont pu apprécier une mise en scène soignée, évoquant le monde des vivants et le domaine funéraire, à la fois par les objets présentés et au moyen d’effets visuels et sonores suggestifs. Certains lots de vases ou de bijoux, restaurés pour l’occasion, n’avaient jamais été exposés jusqu’alors. Pour beaucoup ce fut une révélation de voir que nos lointains ancêtres avaient développé un mode de vie parfaitement adapté aux conditions naturelles difficiles de la Grande Lande (6) .


Tout le monde s’installait ensuite dans l’auditorium pour écouter la conférence de Thibault Constantin, jeune chercheur bordelais, sur « La parure à l’âge du Fer en Aquitaine et dans les Landes ». Le conférencier montrait comment fibules, torques et bracelets ont évolué au gré des modes et des techniques, autorisant une datation précise des sépultures et apportant des indications sur les influences extérieures.


A midi, les sociétaires prenaient place dans le petit train qui mène à l’airial de Marquèze, traversant la forêt à son rythme de « machecul ». Là, un repas donnant toute satisfaction attendait les convives au restaurant de Marquèze.


L’après-midi sur l’airial : la maison landaise à pans de bois

L’après-midi était consacrée à l’airial de Marquèze, cœur de l’écomusée. L’assistance s’est divisée en deux groupes parcourant en alternance le sentier forestier, le moulin et la maison du meunier, la maison de maître, et les autres bâtiments ; le premier sous la conduite de Florence Raguénès, le second sous la conduite d’Hervé Barrouquère.


Marquèze est un « quartier » reconstitué de manière authentique, avec son airial et sa couronne de bâtiments : maisons d’habitation et bâtiments d’exploitation (bergerie, granges, loge à porcs, four à pain, etc.). Ce qui subsistait sur place a été complété par des éléments venus d’ailleurs. L’ensemble s’inscrit dans son environnement végétal paysager : potager, champs cultivés, pignada, vallée du ruisseau l’Escamat et moulin. L’objectif est de témoigner de l’équilibre trouvé par l’homme avec la nature dans la société agro-pastorale landaise du XIXe siècle. Une fois de plus, l’architecture de ces maisons en bois et torchis n’a pas laissé les sociétaires indifférents, et chacun y est allé de ses remarques admiratives. L’agencement intérieur est très bien mis en valeur. Grâce à la collecte des matériels agricoles, meubles, vaisselle, linge et vêtements opérée dans les années 1970, l’écomusée dispose en effet d’un fonds important d’objets domestiques, enrichi progressivement par des dons généreux, dont une petite partie seulement est utilisée pour garnir les maisons.


Afin d’étoffer l’offre proposée, une maison supplémentaire a été rebâtie en 2012. Transférée depuis le quartier de Guiraute, à 5 kilomètres de là, la maison traditionnelle landaise à pans de bois « Malichecq » a été entièrement démontée et remontée à Marquèze. A cette occasion, elle a fait l’objet d’études détaillées de ses composantes et de son sol. Concernant sa datation, les résultats de la dendrochronologie tendraient à faire remonter ses poutres aux XIIIe-XIVe siècles, ancienneté surprenante ; mais l’archéologie n’a pas pu mettre en évidence d’éléments plus anciens que le XVIIe siècle, et la question demeure en suspens (7) . Son ajout dans l’airial procède surtout d’une démarche de sauvegarde, car elle est surnuméraire par rapport à la réalité historique du quartier de Marquèze.

La promenade a pris fin vers 17 h. Certains ont voulu prolonger encore un peu ces instants hors du temps, jusqu’au moment où il a bien fallu, alors que la chaleur commençait à tomber, se résoudre à prendre le dernier train à 18 h pour rentrer à la gare de Sabres. En résumé, une excellente sortie pour notre Société. Pour ceux qui ne connaissaient pas le site, ce fut la découverte d’un haut lieu du patrimoine de la Grande Lande, avec la révélation d’une recherche dynamique sur le lontain passé de la lande. Pour ceux qui le connaissaient déjà, la journée a pris des allures de pèlerinage sur une terre où la magie des lieux opère toujours.


Jean-Claude Merlet


Pour en savoir plus :

(1) Ecomusée de la Grande Lande. guide du visiteur, Parc naturel régional des Landes de Gascogne, Belin-Beliet, 1981.


(2) H.-G. Rivière, Parc naturel régional des Landes de Gascogne. Marquèze écomusée de la Grande Lande, allocution prononcée lors de l’ouverture des journées d’étude « Patrimoine et développement » à l’occasion de l’Année du Patrimoine (4-5 oct. 1980), Bull. Soc. Borda, 1981, p. 127-131.


(3) B. Mader, Ecomusée de la Grande Lande à Sabres (Landes), revue ecologik, n° 4, août-sept. 2008. www.avivre.com/ecologik ou  www.bruno mader.fr


(4) G. Desmoulins et F. Thouvignon, La vie et l’économie dans les Landes de Gascogne, au temps de l’ère agro-pastorale. Excursion commentée du dimanche 3 octobre 1971, Bull. Soc. Borda, 1972, p. 135-143.


(5) J.-C. Merlet, Un exemple d’archéologie du territoire : le programme collectif de recherche « Lagunes des Landes de Gascogne. Anthropisation des milieux humides de la Grande-Lande (2004-2007)», Aquitania, t. XXIII, Bordeaux, p. 323-329.


(6) H. Barrouquère et M. Bilbao, Six pieds sous terre…il y a 3000 ans : archéologie des Landes de Gascogne. Livret d’accompagnement de l’exposition, L’Atelier des Brisants, Parc naturel régional Landes de Gascogne, Sabres, 2011, 71 p.


(7) J.-C. Merlet et J.-P. Bost dir., De la lagune à l’airial. Le Peuplement de la Grande Lande. Editions Aquitania, Bordeaux, 2011, 423 p.



Séance du 16 juin 2012 à Dax

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des halles), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ soixante-dix personnes présentes.


Gilbert DARDEY, Les monnaies royales et féodales

La présentation des 561 monnaies royales françaises constitue la première partie des publications de nos travaux réalisés en partenariat avec le musée de Borda, depuis environ vingt années. Elle sera suivie, en 2013, par l’examen des monnaies provinciales conservées dans le fonds numismatique, et en 2015, par l’étude d’un trésor monétaire, enfoui à la fin du XIIIe siècle à Canenx (Landes), qui fut découvert au mois de septembre 1990, et acquis en 1994, par le musée de Borda à Dax.


Jean-Paul LAGARDÈRE et Jean-Jacques TAILLENTOU, « Kas » par cas. Histoire d’un char landais

Le ca ou ka pourrait être la forme la plus primitive du chariot dédié aux transports de marchandises dans les Landes. Dans cet espace, plusieurs modèles de ka ont cohabité sans obéir, semble-t-il, à une logique géographique. Malgré cette diversité, des constantes permettent de donner une description assez précise de ce véhicule. L’origine de son nom est l’objet d’interrogations d’autant plus que le ka est resté longtemps une unité de mesure incontournable utilisée dans des transactions commerciales de nature différentes.


Hubert DELPONT, Les conventionnels landais - Portrait de groupe

Portrait de groupe des personnages qui composent la députation des Landes dans la période cruciale de la Convention. Ils sont six, à la fois divers et représentatifs du département, sur lesquels beaucoup a déjà été dit et écrit. Il s’agit donc de confirmer (Saurine, Ducos), de compléter (Dyzès, Lefranc) mais aussi de proposer de nouvelles lectures, à propos de Cadroy et surtout de Dartigoeyte.


Séance du 5 mai 2012 à Mées

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mées (Maison des Glycines), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ 120 personnes présentes.


Xavier PETITCOL et François LALANNE, La porcelaine de Pontenx

La porcelainerie de Pontenx au XVIIIe s. était connue des érudits, mais aucune attribution de porcelaine n’avait été proposée. La recherche en archives a été reprise systématiquement. Elle a révélé des noms et des dates qui sont des jalons précieux dans l’historique de la manufacture. Un des directeurs se prénommait Zinckernagel ; or une quinzaine de porcelaines, presque toujours de provenance bordelaise, porte justement une marque Z en bleu. Mais, dans les répertoires de marques, la lettre Z renvoie à la seule fabrique de Zürich. Aussi plusieurs porcelaines de Pontenx ont été aussi retrouvées dans des collections suisses.

Pour confirmer ces ré-attributions, au talon de ces pièces, des initiales en creux, minuscules, correspondent à des noms de mouleurs ou de tourneurs consignés dans le registre de catholicité de Pontenx. Grâce à cette découverte, un catalogue de vente à l’hôtel Drouot présentait récemment, pour la première fois, un bouillon et deux pichets pour du Pontenx. Le Département des Landes a pu en faire l’acquisition au bénéfice du Musée de Samadet.


Jean-Pierre SUAU, Les vitraux en dalles de verre (1952-1953) de Jean Lesquibe. L’exemple de l’église Saint-Laurent de Téthieu (Landes)

Le but de cette notice est non seulement de décrire un petit programme iconographique de vitraux modernes en dalles de verre, mais aussi de tenter de comprendre pourquoi et comment on trouve des vitraux contemporains, du milieu du XXe siècle, dans l’église Saint-Laurent de Téthieu (Landes, canton de Dax-Nord), autrefois dédiée à un autre diacre : le protomartyr saint Étienne.


Jean PEYRESBLANQUES, La Maison des Glycines à Mées

Au début du siècle dernier le docteur Maurice Castex vint habiter cette magnifique maison dont il venait d’hériter et organisa tous les mois  un salon littéraire et artistique. Le poète Émile Despax y participa régulièrement avec sa famille.

En 1904, le médecin décéda tout jeune. Le poète publia en 1905 un recueil qu’il intitula « La Maison des Glycines », en hommage à son ami et à l’inspiration qu’il avait trouvée dans cette maison.

Quelques années plus tard le colonel Benoit, ami intime des Despax, loua cette maison, Pierre Benoit y vint voir sa famille.

Les glycines de l’entrée revécurent aux sons cristallins de la musique lors de son acquisition par Anne-Marie et Michel Caup. Parfaitement restaurée en l’état elle chante la poèsie harmonieuse des Despax.


Paul DUBEDAT et Sandrine CHEVALIER, Le décor peint des Jacobins à Saint-Sever

Les auteurs rendent compte des fresques découvertes entre 1970 et 1985 sur les murs du couvent des Jacobins de Saint-Sever. En s’aidant des données historico-architecturales, ils peuvent dater les divers décors peints des cloître, réfectoire, salle capitulaire et chapelle en les rattachant aux campagnes de construction ou de restauration de l’édifice au cours des XIVe et XVIIe siècles.


Séance du 14 avril 2012 à Laurède

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Laurède (salle des fêtes), sous la présidence de Gilles Granereau. Environ 100 personnes présentes.


Jean-Pierre LAULOM, Si Laurède m’était conté…

En neuf « moments » ou chapitres, il s’agit d’un parcours rapide de l’histoire assez extraordinaire d’un village ordinaire de Chalosse, depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours.

« Au commencement était l’eau, à l’âge de la pierre, au temps des mottes et des castéras, vers l’An Mil, sous le pin franc (les maisons nobles), au temps des hallebardes et des mousquets (la Fronde), au son de la carmagnole (la révolution de 1789), sous le signe de saint Jacques (l’église et le pèlerinage), galerie des Illustres », tel sera notre parcours.

« Passent les ans, passent les jours,

Coule tranquille le fleuve Adour »

Les « ondes fugitives de l’Adour » qui passent inexorablement « plaintives et sans retour », entraînant au loin l’Histoire et le souvenir et auxquelles Laurède doit en grande partie sa richesse, s’arrêteront un instant pour nous permettre de saisir au passage quelques étincelles du passé de ce village, si ordinaire parfois mais si riche dans son histoire et dans ses monuments.


Bernard SOURNIA, Coutumes et maisons capcazalières dans l’ancienne Chalosse

Que signifie au juste le mot capcazal et en quoi consistent les coutumes dites capcazalières ? A travers ces questions, l’on se propose de voir comment les communautés rurales d’Ancien-Régime, dans les terres du sud Adour, organisent la perpétuation de l’héritage en évitant tout morcellement de la propriété; et comment elles gèrent l’exploitation et le partage des vacants ou communaux (barthes, landes, padouens, pignadas). L’on verra enfin comment, vers le début du XVIIe siècle émerge du sein de cette société rurale une classe de possédants aisés, capable d’acheter charges et offices, et qui se crée un habitat évolué d’un type nouveau, dans lequel s’expriment son aisance et son ambition : ces maisons que l’on appelle capcazalières.


Jacques et Vincent GUICHENUY, Poètes gascons des Landes. Le chanoine Jean-Joachim Camille Tauzin (1843-1929)

La vie du chanoine Tauzin a été riche de rencontres dans ses diverses paroisses, de recherches et de travaux historiques. Mais à travers ses œuvres poétiques, il dévoile également une certaine sensibilité, lui qui sut aussi utiliser la langue traditionnelle pour faire rire ses contemporains, en aiguillonnant d’un dard affuté certains d’entre eux.


Séance du 17 mars 2012 à Mont-de-Marsan

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mont-de-Marsan (site Bosquet, Maison Joëlle Vincens), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ 90 personnes présentes.


Jeanne-Marie FRITZ, Le Marsan dans la grande crise des guerres de Religion

Cet article a pour objet de faire le point sur les conséquences des guerres de Religion sur la vicomté de Marsan, liée depuis 1240 au Béarn, dont les vicomtes se convertirent au cours du XVIe siècle à la religion réformée. Outre les divisions entre les familles seigneuriales et la population, les dommages causés aux églises, en 1569 notamment, furent très lourds. Les destructions causées aux principales villes entraînèrent des réaménagements ultérieurs. Le déficit financier lié au conflit développa la pratique des aliénations du domaine royal, privant plus tard la monarchie de revenus réguliers.


Fernand AVILA, Quarante années d’observation climatologique : Aire-sur-l’Adour (1971-2010)

Une longue durée d’observation permet de définir les caractéristiques d’un climat et aussi de mettre en évidence ses mutations, ses aléas, de raconter par petites touches son histoire. Il y a eu d’abord un poste climatique, puis deux, trois et quatre postes qui firent d’Aire-sur-l’Adour, petite cité du sud-est des Landes, un site privilégié pour les études climatologiques : une thèse, des colloques, conférences et articles de revue lui furent consacrés. 1971-2010 : au bout de quarante années d’observation et de données accumulées, il est possible de faire un bilan, de calculer normales et moyennes et d’analyser les changements climatiques en cours.


Jean-Pierre BRÈTHES, Une élégie latine sur la mort du chevalier de Borda

Le chevalier Jean-Charles de Borda (Dax, 1733 - Paris, février 1799) fut, aux côtés de savants comme Lavoisier et Monge ou de navigateurs comme Bougainville, une parfaite illustration des progrès scientifiques considérables réalisés à l’époque des Lumières. Avec eux, Borda dote la France du système métrique, détermine la longueur d’un arc du méridien, met au point des techniques de mesure du temps et des masses et contribue à faire des « poids et mesures » un des chantiers majeurs de la Révolution que la France étend à l’Europe.

Borda meurt brutalement, à 66 ans, quatre mois avant la présentation officielle des étalons du mètre et du kilogramme qu’il avait très largement contribué à définir (le 22 juin 1799, devant le Directoire où siège un autre Landais, Roger Ducos, qui devient consul cette même année, après le 18 brumaire). Devant l’Institut National en cortège funèbre, au cimetière de Montmartre, Bougainville, l’ami de toujours, prononce l’éloge funèbre ; mais c’est le scientifique cisalpin Mascheroni, qui, en 36 distiques élégiaques sans défaut, soit 72 vers latins, fait retentir la « plaintive élégie » chère à Boileau.

Si les qualités proprement littéraires du poème ne sont évidentes que pour un latiniste, en revanche, il est permis à quiconque d’admirer à travers ce texte, même dans sa version française, l’étendue de l’œuvre scientifique de Borda, la qualité des amitiés qu’il sut susciter et la réflexion subtile de l’auteur sur l’au-delà, dans cette période révolutionnaire, à la fin du Directoire et à quelques mois du Consulat.


Jean-Michel MORLAES, Culture et culture matérielle dans les foyers landais à la fin du XVIIIe siècle

Alors que se prépare l’orage révolutionnaire, la vie quotidienne suit son cours en cette fin du XVIIIe siècle. L’intérieur des foyers landais nous parle d’un temps réglé où les préoccupations habituelles font place, le temps d’une visite ou d’une réception, à l’extraordinaire. Pour appréhender le quotidien des familles et des individus, on peut mesurer leur richesse matérielle, observer leur cadre de vie ordinaire et, au détour d’un détail, surprendre un trait de caractère. Du château au modeste presbytère, toute une palette d’objets se dévoile et nous parle d’une culture en partie commune, mais dont les différences sont porteuses de distinction et de mise à distance. Ces repères sociaux sont d’autant plus intéressants à regarder qu’ils s’apprêtent à être balayés par la Révolution française.


 Assemblée générale du 11 février 2012 à Dax

L’Atrium de Dax accueillait pour la troisième fois consécutive l’assemblée générale de la Société de Borda. En présence de M. Michel Bréan, conseiller municipal représentant M. le Maire de Dax, le président présentait le bilan des activités 2011 sous la forme d’un diaporama.


Les réunions mensuelles

De janvier à décembre à l’exception de la trêve estivale, la Société de Borda a poursuivi sa politique de présentation de communications orales lors des réunions mensuelles. S’appuyant sur la variété des sujets proposés par les adhérents de la Société, elles parviennent à faire cohabiter avec bonheur des conférenciers de divers horizons assurant un juste équilibre entre vulgarisation et érudition. Ces réunions mensuelles, pilier traditionnel des activités de la Société, connaissent un succès croissant au vu du nombre de leurs participants qui a souvent dépassé la centaine. Au cours de l’année 2011, elles ont été marquées par trois temps forts auxquels il faudrait rajouter l’assemblée générale, qui bien qu’institutionnelle se veut désormais aussi le prétexte à une animation culturelle et festive.


Premier  temps fort de l’année, un cycle de conférences dédiées à l’archéologie, la Société de Borda s’étant engagée à participer aux nombreuses manifestations fédérées par le Conseil général des Landes dans le cadre d’une opération : « Temps de l’archéologie ». Au mois de mars (Mont-de-Marsan), avril (Dax) et juin (Mimizan), la Société mit ainsi en valeur et à l’honneur la richesse et la diversité des recherches archéologiques dans les Landes.


Deuxième temps fort de l’année, la Journée d’études du 18 juin consacrée à « Sœur Rutan et Dax au XVIIIe siècle ». Tenue au Splendid Hôtel, la veille de la cérémonie de béatification de sœur Rutan, elle proposait cinq communications faisant le point sur la personnalité et l’œuvre de Sœur Marguerite Rutan tout en les resituant dans le contexte de la Révolution à l’échelle locale et régionale.

Troisième temps fort, la visite du camp du Poteau, à Captieux, organisée et guidée par G. Granereau, chargé de mission Natura 2000… et vice-président de la Société. Exceptionnelle, elle permettait à une centaine de personnes de découvrir le patrimoine historique et naturel de ce camp militaire, qui, par son statut de « zone interdite », a favorisé la conservation de paysages aujourd’hui disparus, et a maintenu une biodiversité remarquable.


Les autres réunions mensuelles présentaient des programmes denses et attractifs. Par trois fois, la Société se déplaçait à Tarnos (janvier), Capbreton (mai) et Gamarde-les-Bains (octobre), maintenant sa volonté de décentraliser ses manifestations et d’affirmer ses relations amicales avec les associations patrimoniales locales. L’année se clôturait à Dax (novembre, décembre), les communications présentées privilégiant la commune de résidence de notre Société et trois personnalités clés de son histoire contemporaine, Théodore Denis, Raphaël et Eugène Milliès-Lacroix.


En octobre, Laetitia Rodriguez nous faisait l’honneur d’accueillir plusieurs dizaines de nos membres à une visite privée de l’exposition « Dax antique : monuments et vestiges ». Cette expérience inaugurale fort appréciée sera reconduite lors de l’année 2012. Elle confirme également les excellentes relations entre nos deux entités.


Le bulletin trimestriel

Il demeure la vitrine de la Société, le reflet de son dynamisme et de sa volonté de s’ouvrir à un lectorat le plus large possible. La réorganisation du bulletin en trois parties distinctes se poursuit. En près de 500 pages, les quatre bulletins rassemblent des articles de fond suivis de chroniques jouant sur la diversité des thèmes avec des textes courts. Ils se concluent par un chapitre consacré à la vie de la Société.


Autres publications

Depuis trois ans, la Société de Borda a décidé de publier des ouvrages hors bulletin ou de participer à l’édition de livres évoquant les Landes.


En 2011, elle a publié un ouvrage intitulé « Essai de reconstitution des paysages du camp du Poteau au temps des bergers ». à travers l’étude minutieuse de ce site, Gilles Granereau propose une reconstitution des paysages à la fin du XIXe siècle dans une région des landes de Gascogne qui n’a pas encore connu la mue de la forestation en pin maritime. Les vestiges de l’habitat et des activités humaines encore visibles aujourd’hui sont largement évoqués. Pour la première fois certains aspects du patrimoine historique et naturel du camp sont particulièrement développés par des commentaires et des photographies.

La Société a été également coéditrice (avec le Parc régional des Landes de Gascogne et l’Atelier des Brisants) des actes des colloques de Rion et de Sabres dont le fil conducteur n’était autre que la tempête Klaus. Son titre « Tempêtes sur la forêt landaise. Histoires, mémoires » souligne que la vingtaine de communications rassemblées dans ce volume n’aborde pas exclusivement cette catastrophe. La multiplicité des approches fait, au-delà de la qualité de ses auteurs, l’originalité et la force de ces actes.


La bibliothèque

Ouverte au public deux fois par semaine (mercredi et vendredi après-midi), la bibliothèque a connu une bonne fréquentation. Le président rappelle la qualité et l’importance de cette bibliothèque qui ne cesse de s’enrichir par le biais de dons d’auteurs, d’éditeurs, de l’achat d’ouvrages et des nombreux échanges effectuées avec plusieurs dizaines autres sociétés savantes françaises.


Les archives

Entrepris en 2010, le reclassement des archives s’est poursuivi, en particulier celui des fonds importants d’érudits locaux. Par dons ou par achats, les archives de la Société ont pour objectif aussi d’être amendées. Par exemple en 2011, la Société a acheté un cahier-registre manuscrit d’émile Taillebois, érudit de la fin du XIXe siècle et archiviste de la Société de Borda. Le cahier, rédigé dans les années 1880-1890, est intitulé « Catalogue de ma collection ». Il fait l’inventaire des objets acquis ou provenant de fouilles (comme celles de Brassempouy) et de quelques documents d’archives. La collection est classée en cinq parties : Préhistoire, Antiquité, Céramiques, Sigillographie, Archives. L’entrée dans nos archives de ce nouveau manuscrit sera l’occasion de créer un fonds Taillebois. Le manuscrit permettra, aussi, de remettre en lumière la personnalité de ce savant érudit trop méconnu qui a passé la plus grande partie de sa vie à Dax.


Fonds iconographique

La Société dispose d’un fonds iconographique très riche qu’elle a pour double objectif de conserver et de mettre en valeur. Depuis 2010, M. Bouissou s’est engagé avec patience, méthode et rigueur, à reclasser et enregistrer numériquement l’ensemble de notre photothèque, soit plus de 3 000 documents.


Parallèlement, la Société a très largement enrichi son fonds iconographique dédié à Dax aux XIXe et XXe siècles. Le mérite de cette initiative et de sa concrétisation en revient à Kévin Laussu, jeune adhérent, étudiant, passionné de l’Art Déco et auteur, entre autres, de l’affiche de la Journée d’Études consacrée à Sœur Rutan.  Réalisée à partir de fonds privés et de plaques de verre conservées à la Société, cette « Daxothèque » continue d’être alimentée. Ce fonds iconographique permettra d’accompagner ou d’illustrer les travaux en cours sur Dax. Il stimulera aussi la recherche.

Afin de poursuivre cette politique d’enrichissement de son fonds iconographique sur les Landes, la Société fait appel à tous les détenteurs de vieux clichés et d’anciennes cartes postales. La Société s’engage à restituer, après numérisation, tous les documents iconographiques qui lui seraient provisoirement confiés.


Communication

Notre site mis à jour est étoffé par les informations concernant la vie quotidienne de notre Société ; chacun est tenu au courant des programmes, des dates de nos réunions et sorties, peut lire le compte rendu des réunions, demander de renseignements de tous ordres, envoyer son adhésion… L’absence des bases de données (pour l’instant)… due aux problèmes du logiciel FLORA est toujours à déplorer. Le lien Internet avec Gallica (site de la Bibliothèque nationale) permet cependant aux chercheurs de consulter en ligne les textes publiés dans notre Bulletin depuis 1876 jusqu’en 1937.

Les lettres informatiques n°5, 6, 7 maintiennent le contact avec nos adhérents… internautes, mais permettent aussi de diffuser à un public plus large la programmation de nos activités. Le journal Sud-Ouest nous a fait l’honneur de plusieurs articles d’Emma Saint-Genès et de Christine Lamaison, journalistes à l’agence de Dax.

Enfin, la Société a été présente lors de plusieurs manifestations comme le salon du livre en mai à l’Hôtel Splendid à Dax, le Forum des associations (septembre), le congrès de généalogie à Mont-de-Marsan (octobre), le Balcon des artistes (Berges de l’Adour). La Société a entretenu ses relations amicales et culturelles avec le musée de Borda, les associations patrimoniales landaises, ou le Parc naturel régional des Landes de Gascogne.


Remerciements

Le président tient à remercier les partenaires institutionnels de la Société qui lui permettent de fonctionner et de maintenir ses activités dans de bonnes conditions : la Municipalité de Dax et le Conseil général des Landes qui nous soutiennent financièrement par l’attribution de subventions conséquentes, la commune de Dax mettant gracieusement à notre disposition les locaux dans lesquels est installée la Société de Borda.

Après trois ans de présidence, J.-J.Taillentou appuie ses remerciements envers les membres du Conseil d’Administration qui ont largement collaboré aux nouvelles orientations de la Société. Il met en exergue  le rôle essentiel de Madeleine Jogan, Secrétaire générale de la Société aidée efficacement par  Catherine Courjaud.  L’équipe de bénévoles qui œuvrent à la bonne marche de la Société n’est pas oubliée : Marcel Bordes responsable de l’accueil du public à la bibliothèque mais aussi des tables de presse lors des réunions, a de plus effectué un imposant et indispensable travail de classement d’ouvrages et de journaux ; Pierre Delmas,  Jacques Ducasse, Jean-Paul Lagardère, relecteurs du Bulletin ; Mmes Loupien et Schemmel, M. et Mme Picolo, qui apportent une aide efficace aux tâches de secrétariat ; Christian Lacrouts offrant ses compétences à la trésorerie.


Projets 2012

Même si le Président se félicite de la relative bonne santé financière de la Société et se veut rassuré par le maintien du nombre d’adhérents dans un contexte difficile, il s’inquiète cependant des difficultés de trésorerie que pourrait connaître la Société face aux baisses probables et compréhensibles des subventions. Afin de poursuivre efficacement ses actions culturelles et la publication régulière d’un bulletin de qualité, la Société doit avoir l’objectif pour 2012 de stabiliser son effectif d’adhérents et, si possible, de l’étoffer, mais aussi de trouver d’autres sources de financement. L’appel au mécénat est envisagé.


Les projets de l’année 2012 concerneront cinq domaines d’activité :


- Des visites privées, des expositions proposées par le musée de Borda.


- Des publications : la table décennale 2002-2011 et probablement un ouvrage dédié à Saint-Lon-les-Mines.


- Des conférences mensuelles : Mont-de-Marsan (mars), Mées (mai), Dax (juin), Aire-sur-l’Adour (novembre), Dax (décembre).


- Des visites/conférences : Saint-Lon-les-Mines (janvier), Laurède et les maisons capcazalières de Chalosse (avril), l’Écomusée de Marquèze (septembre).


- Un congrès : la Société de Borda accueillera les 6 et 7 octobre prochain le Congrès annuel de la Fédération Historique du Sud-Ouest. Créée en 1947 par des professeurs de la Faculté d’histoire de Bordeaux, elle a pour but de « fédérer » comme son nom l’indique tous les chercheurs, qu’ils soient universitaires ou membres de sociétés savantes d’Aquitaine. Le congrès qu’elle organise depuis 65 ans est une manifestation très importante. La Société de Borda, association hôte, doit faire en sorte que ce congrès soit un succès et que les conférenciers landais soient largement représentés.


Avant de conclure son rapport moral, le Président souhaite dédier cette journée à trois personnalités de la Société de Borda qui nous ont quittés récemment : l’abbé Devert, chercheur infatigable et prolixe (voir nécrologie), Bernard Bats, membre du Conseil d’administration de la Société, auteur de nombreux articles dans le Bulletin (voir nécrologie) et le Docteur Louis Raillard, sans doute le plus ancien membre de la Société mais surtout « le » bibliophile landais de référence qui avait l’élégance rare d’aimer les livres dédiés aux Landes et des les faire aimer à ses visiteurs.


Il revenait à Frédéric Duhart, chercheur à l’EHESS, secrétaire général de la Commission pour l’Anthropologie de l’Alimentation et de la Nutrition, auteur de plusieurs ouvrages dont « De conflits en foies gras, une histoire des oies et des canards du Sud-Ouest » et « Le chocolat au Pays Basque (XVIIe-XXIe siècles) - De Bayonne à Oñati », d’évoquer l’histoire du canard dans le Sud-Ouest.


Le canard à foie gras du Sud-Ouest : toute une histoire !

En 2010, une vingtaine de millions de canards à foie gras fut élevée dans l’ensemble du Sud-Ouest. Dans leur écrasante majorité, ces oiseaux étaient des canards mulards, c’est-à-dire des produits du croisement entre le canard de Barbarie et la cane commune, Cairina moschata x Anas platyrhynchos. Ces palmipèdes hybrides et stériles étaient les héritiers indirects d’une longue histoire, qui occupa la majeure partie de la conférence. En effet, les canards mulards existent dans le Sud-Ouest depuis le XVIe siècle, un temps où tous présentaient le phénotype sombre qui se rencontre encore aujourd’hui chez des souches particulièrement rustiques et qui invita des naturalistes à baptiser le mulard Anas purpureo-viridis. à partir de la charnière des XIXe et XXe siècles, l’utilisation de canes blanches d’origine asiatique pour l’obtention de canetons mulards conduisit à l’apparition de phénotypes plus panachés et finalement quasiment blancs. La conférence traita ensuite de faits plus gourmands, comme la préférence accordée au foie gras de mulard dès qu’il se produisit du foie gras dans le Sud-Ouest, c’est-à-dire dès le XVIIIe siècle. En d’autres termes, le foie gras de canard de barbarie fut toujours marginal. Très tôt, il y eut également des amateurs qualifiés qui jugèrent le foie gras de mulard plus intéressant que celui de l’oie d’un point de vue gustatif. Du pâté en croûte au foie sous vide, une remarquable tradition d’innovation est attachée au foie gras de canard. Elle se manifeste aussi dans une cuisine qui ne cessa jamais de se diversifier, en se jouant des modes mais aussi en jouant avec elles, comme le rappellent les pizzas, les sushis ou les hamburgers au foie gras contemporains. Les chairs du canard furent également évoquées : classiques confits, graisserons symboles d’une culture alimentaire et nouvelles viandes fraîches, glorieusement représentées par le magret un demi-siècle après son invention. En 2010, la crise économique mondiale n’empêcha pas la filière « canard à foie gras du Sud-Ouest » d’accroître ses ventes. Toutefois, il fut rappelé qu’en février 2012, l’avenir des palmipèdes gras était plus que jamais incertain du fait de la montée de sensibilités idéologiques hostiles à leur élevage. à partir du 1er juillet 2012, une loi votée huit ans plus tôt interdira le gavage des oiseaux et la vente des produits dérivés de cette pratique sur le territoire californien…

Après le déjeuner à la grande brasserie de l’Atrium, l’après-midi eut lieu une table ronde réunissant J. Cousseau, F. Duhart, M. Capes et J.-J. Taillentou sur le thème : «Gastronomie landaise et ses grands chefs».


Élection du Conseil d’administration :

à l’issue de l’Assemblée générale et de la conférence, ont été présentés les résultats de l’élection du nouveau Conseil d’administration.


Votants : 241 ; Bulletins nuls : 4 ; Votes par pouvoir : 253

Liste des 19 membres élus : Barrouquère Hervé ; Bordes Marcel ; Bost Jean-Pierre ; Brèthes Jean-Pierre ; Cahuzac Bruno ; Clertan Rémi ; Delpont Hubert ; Fénié Bénédicte ; Fénié Jean-Jacques ; Granereau Gilles ; Grihon Luce ; Guichenuy Vincent ; Jogan Madeleine ; Labertit Marie-Thérèse ; Lagardère Jean-Paul ; Abbé Laulom Jean-Pierre ; Lesclaux Christiane ; Pons Jacques ; Taillentou Jean-Jacques.


Renouvellement du Bureau

Le CA du 3 mars a donné lieu au renouvellement du Bureau :

Président : Jean-Jacques Taillentou ; Vice-présidents : Bruno Cahuzac, Gilles Granereau ; Secrétaire général : Madeleine Jogan ; Trésorier : Marie-Thérèse Labertit ; Secrétaire-archives : Christiane Lesclaux ; Bibliothécaire : Luce Grihon ; Bibliothécaires-adjoints : Marcel Bordes, Hubert Delpont.


Sortie-séance du 21 janvier 2012 à Saint-Lon-les-Mines


10 h 15 - Accueil à la salle des associations près de l’église par M. le Maire, M. Roger Larrodé. Environ 150 participants.

M. Pierre Lavigne, fils du géomètre Louis Lavigne, qui fut en fonction à la mine de Saint-Lon dans les années 1941-1949, et Georges Lasserre, mineur à Saint-Lon à la même époque, nous font l’honneur de leur présence.


Monsieur le Maire introduit la séance en disant sa fierté de recevoir la Société de Borda et d’accueillir un auditoire aussi nombreux, puis en rappelant l’historique du projet de Musée de la Mine. Soucieux de répondre aux visiteurs questionnant les élus sur « les mines », terme éponyme du village de Saint-Lon, un petit groupe d’amateurs éclairés de la section « Histoire et Patrimoine » de l’Association du Fronton Saint-Lonnais commença à réunir documents et témoignages, en particulier à partir de diverses archives. Le hasard fit qu’une rencontre fructueuse s’ensuivit avec Bruno Cahuzac, géologue landais, et passionné par les richesses naturelles du pays. Peu à peu, les archives (sédimentaires et historiques) s’enrichirent, et de nombreux objets liés à l’exploitation purent être rassemblés. En septembre 2011, les Journées du Patrimoine permirent déjà de faire connaître ce « patrimoine » inédit à un public très intéressé, venu en nombre. Mais l’histoire a continué, … et vitrines, posters, panneaux, cartes, coupes de puits, de forages, plans, manuscrits, photographies, outils miniers -ou préhistoriques-, blocs minéraux, wagonnets, garnissent maintenant tellement bien la salle du Musée qu’il faut déjà envisager une extension !


Le Président J.-J. Taillentou remercie M. le Maire et souligne la joie de la Société de Borda de venir à Saint-Lon, après une très longue période. Mais les nombreux participants ne seront que plus intéressés de découvrir le riche patrimoine naturel et historique du village, ainsi que l’illustration d’aspects méconnus de la vie rurale locale. Après avoir présenté les prochaines réunions, dont l’AG de février, et rappelé l’organisation de la journée, il donne tout de suite la parole aux intervenants, car le programme s’avère chargé.


Bruno CAHUZAC, Cadre géologique de Saint-Lon et le lignite, d’âge Crétacé

La région de Saint-Lon est caractérisée par un dôme anticlinal au cœur duquel affleure le Crétacé inférieur (étage Albien, - 100 millions d’années), contenant des couches de lignite qui furent exploitées. Une présentation synthétique des nombreux forages de reconnaissance effectués dans le secteur montre que 10 d’entre eux ont traversé du lignite ; le forage pétrolier SL2, profond de 2 398 m, permet de bien connaître les faciès et les épaisseurs des séries sédimentaires. Un aperçu de la géologie de Saint-Lon est brossé, à partir des affleurements qui ont été observés et s’avèrent diversifiés. Au niveau des puits d’exploitation, les lits de lignite crétacé sont peu épais (1 à 2 m), intercalés dans un encaissant formé d’argiles, de marnes, calcaires, grès fins. Le lignite et les argiles ligniteuses sont chargés en pyrite qui, instable, donnait des réactions exothermiques provoquant des incendies. Des minéraux ont été découverts dans ces couches : cristaux de gypse néoformé, sidérite, limonite, calcite, ainsi que succin et ambre au sein du lignite. La présence de fossiles marins à lagunaires témoigne de la proximité du rivage bordant alors les forêts marécageuses d’où provient le lignite.

Josy Gaubert, Histoire de la mine de Saint-Lon ; succession des événements et la mine dans le village

Le gîte de charbon en limite des communes de Saint-Lon-les-Mines et de Cagnotte est connu depuis des temps très anciens. Les forgerons d’antan venaient y chercher le lignite, ce combustible gratuit, qui affleurait sur les flancs du ravin de Lasalle. Dans la 2e moitié du XVIIIe siècle, Jacques-François de Borda d’Oro, l’illustre savant dacquois, avait exploré un puits ouvrant sur cinq galeries, premières tentatives d’exploitation de ce gisement qui deviendra cent ans plus tard la «Mine de Saint-Lon». L’histoire de la Mine de lignite de Saint-Lon est une succession de courtes périodes d’exploitation et de longs abandons dus à une extraction très difficile. C’est à partir de 1895, quand la concession fut rachetée par la Compagnie des Salines de Dax, que la Mine prendra de l’importance jusqu’à changer le nom du village. Mais après la dernière Guerre, la mévente du charbon, devenu trop cher, amena la fermeture définitive de l’exploitation, et, une fois l’usine démantelée, le site tomba dans un oubli total. Il ne reste aujourd’hui que le nom du village pour rappeler sa notoriété passée…

La matinée se poursuivit par une visite commentée (par B. Cahuzac et J. Gaubert) de l’exposition permanente sur le patrimoine de Saint-Lon, le « Musée de la Mine ». Dans cet intéressant Musée récemment aménagé, une partie géologie régionale est illustrée d’abord par de nombreux échantillons de roches du Crétacé, issues des puits et galeries ayant traversé le lignite, et aussi par un ensemble représentatif des autres formations des ères Secondaire et Tertiaire qui affleurent sur la commune . En outre, une vitrine rassemble de nombreux outils préhistoriques, de diverses époques, recueillis sur les hauteurs de Saint-Lon. Plusieurs vitrines et panneaux montrent des objets liés à l’exploitation du combustible, et d’abondants documents retraçant l’histoire de la mine depuis le XVIIIe siècle. On peut noter la reproduction détaillée et grand format de la coupe du puits de -73,5 m (années 1940), ou un wagonnet « Decauville » qui a pu être exhumé du terril de la mine, où il s’était resédimenté depuis un demi-siècle…

Puis les participants ont observé les roches (régionales) ayant servi pour les murs de l’église de Saint-Lon. B. Cahuzac a ainsi expliqué que de nombreuses pierres avaient une origine locale, ce sont des calcaires marins à Nummulites de la fin de l’Éocène (déposés il y a 35 Ma), qui furent exploités notamment dans la vallée du Bassecq. On voit encore les traces de certaines carrières sur St-Lon, Siest, Heugas. Ces calcaires beiges à jaune-orangé sont souvent pétris de Nummulites (Protozoaires aplatis de forme discoïdale) ; mais, sableux et friables, ils s’érodent assez facilement. Ils contiennent aussi, à l’église, des Mollusques (Pectinidés) et des bioturbations cylindriques (terriers de vers marins fouisseurs dans un substrat meuble). D’autres pierres (d’angle), plus dures, sont des calcaires de Bidache, d’âge Crétacé. Les pierres (trop dégradées) qui ont été changées ont été remplacées par des calcaires massifs, jaunâtres, à longues sections de Bivalves, en provenance des formations de l’ère Secondaire de Dordogne.


Vers 13 h, environ 80 participants se rendirent (en covoiturage) au restaurant « Auberge Saint-Christophe » à Tercis, pour un excellent déjeuner.


Après le repas, un groupe profita d’une éclaircie pour se rendre sur le site « de la Mine », à l’Est du village, où J. Laulom nous fit découvrir les vestiges d’exploitation datant de la dernière Guerre, et récemment mis au jour par les soins de M. le Maire : emplacements du puits d’extraction avec chevalement, de la fosse de culbutage, de la cuve à eau, des trémies, des compresseurs, du transformateur, des « douches »… Depuis le haut du terril, une vue d’ensemble vers le S-SE permit d’observer le vallon de Lasalle (sur les flancs duquel furent ouverts les premiers puits aux XVIIIe et XIXe siècles), et d’entrevoir plusieurs sources qui s’écoulent entre les dépôts quaternaires de sables et galets, et les argiles et marnes ligniteuses sous-jacentes de l’Albien.


Après cette visite in situ, retour à la salle des associations pour la suite des communications.


Jacques LAULOM, L’exploitation de la mine de St-Lon

Au XIXe siècle, la révolution industrielle suscite un gros besoin d’énergie charbonnière pour faire fonctionner les usines, par exemple pour les machines à vapeur, les forges, les fours divers, le transport avec les locomotives et les bateaux à vapeur, le traitement du sel, etc. À partir des archives du Service des Mines et des exploitants successifs du site de lignite de Saint-Lon, on a pu localiser sur une carte les sondages et les divers puits, et reconstituer les systèmes de galeries.

Nous détaillons les six périodes principales d’exploitation de la mine de Saint-Lon entre 1830 et 1949, ainsi que l’évolution des procédés d’extraction, passant d’un système archaïque entièrement manuel à une rationalisation de l’exploitation tirant parti d’énergies nouvelles comme l’air comprimé et l’électricité. Nous montrons comment les hommes «transformés en taupes» extrayaient le lignite dans des conditions souvent très difficiles.


Georges LASSERRE, Mes souvenirs de Mineur (Dax - St-Lon-les-Mines)

(Communication présentée par la fille de G. Lasserre).

L’auteur livre son émouvant témoignage de mineur, travail pratiqué le plus souvent dans des conditions difficiles. D’abord employé aux Mines de Potasse et de Magnésie du Boudigot à Dax pendant trois ans à partir de 1943, il fut magasinier au « fond », descendant jusqu’à -400 m dans une salle « de sel » de 20 x 10 m (hauteur : 2,5 m), où il apportait du matériel aux mineurs et pansait leurs plaies dues à l’action corrosive du sel. Les derniers mois, il fut détaché aux Carrières de calcaire de Rivière, et se forma au maniement de la poudre et des détonateurs. Puis le 31 décembre 1946, il rejoignit la Compagnie Minière de Saint-Lon-les-Mines ; il y fut rouleur, aide-mineur, et enfin mineur boiseur détenteur du « permis de tir » et chef de galerie. Les conditions au fond étaient rudes : souvent chaleur intense, présence de gaz carbonique (G. Lasserre fut un jour évacué sans connaissance vers la surface), risques d’éboulements ou d’envahissement par l’eau, sol instable, soufre et pyrite qui pouvaient s’enflammer… Après la fermeture de la Mine fin août 1949, il travailla aux Carrières Ophitiques Benquet à Saint-Pandelon.

Martine Claverie et Anne-Marie Cattoire, La vie rurale à Saint-Lon, illustrée de photos inédites de la fin du XIXe et début XXe siècles [fonds privé]

Une collection de photographies anciennes nous éclaire sur la vie d’autrefois au village, grâce à son auteur, Maurice Demoulins de Riols (1872-1956). Fils du sénateur Eugène Demoulins de Riols (ami du ministre dacquois Raphaël Milliès-Lacroix), Monsieur Maurice, comme disaient les Saint-Lonnais, fut un personnage méconnu. Sa passion pour la photographie, cet art nouveau encore peu pratiqué, nous le fait découvrir à travers les scènes de la vie du village, de la vie paysanne et bourgeoise, qu’il s’est plu à fixer sur le verre ou sur les premiers négatifs argentiques. Ces photos, outre leur intérêt ethnologique, témoignent toutes d’un sens esthétique certain, et « le bal de la fête » du village n’est pas sans rappeler les tableaux d’un certain Renoir…

Cette riche journée se poursuivit par des rafraîchissements offerts par la mairie, et par une nouvelle visite du Musée, destinée aux personnes qui n’avaient pu y participer le matin.

Comptes rendus des réunions 2013

Comptes rendus des réunions 2012

Séance du 17 décembre 2011 à Dax


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des Halles), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ cent personnes présentes.


Hubert DELPONT, Dax et les Milliès-Lacroix : le temps d’Eugène (1907-1959) (2e partie)

Comme toute bonne histoire d’amour, cela commence par de l’indifférence. Sauf qu’ici, le prétendant mettra près de trente ans pour enlever sa ville. Trente ans de cour assidue et de « cadeaux » dont le plus somptueux - véritable diamant de fiançailles - est le Splendid, que le prétendant offre à sa belle à la veille du mariage de 1929, date de l’accession d’Eugène Milliès-Lacroix au poste de maire. à cette longue phase de séduction succède une indéfectible fidélité entre l’homme et sa ville. Vilipendé de tous côtés, exclu par les Allemands puis par Vichy, déclaré inéligible par la Résistance et la République, Eugène puise dans la constance de ses électeurs dacquois les forces d’un retour que personne n’aurait pronostiqué, au lendemain des années noires de la guerre. À l’origine de la SIFED (Société Immobilière et Fermière des Eaux de Dax), il est le digne continuateur de son père dans l’aventure thermale de Dax.


Kévin LAUSSU, Le séminaire Notre-Dame-du-Pouy transformé en ambulance durant la Grande Guerre

Dax : 1914. Alors que la guerre éclate en Europe, la vie de la petite cité thermale se retrouve bouleversée. Rien n’est prêt pour recevoir les premiers blessés qui reviennent du front. Tous ceux qui n’ont pas pu partir, enthousiasmés par l’exemple des notables locaux qui s’enrôlent dans les ambulances de la Croix-Rouge improvisées dans les hôtels et les écoles, veulent apporter leur soutien. Un formidable élan  de solidarité général s’est emparé de la population dacquoise. Cette vague de soutien n’a pas échappé à la communauté lazariste et ses séminaristes installés dans la grande maison de N.-D.-du-Pouy, sur l’un des versants du Tuc d’Eauze non loin des Baignots, réquisitionnés par les Services de Santé américains. Un récit passionnant retrouvé fortuitement dans d’anciennes archives de la Congrégation permet aujourd’hui d’avoir un éclairage insolite et inédit sur une période méconnue et charnière de l’histoire de Dax. Ce précieux témoignage ne saurait être complet sans une illustration précise. Or, les toutes dernières recherches sur le sujet ont permis de retrouver et de numériser des plans et un exceptionnel album retraçant l’histoire entière de N.-D.-du-Pouy de 1845 à 1960. Ces découvertes devraient permettre d’ouvrir une étude plus approfondie sur l’historique de cette maison dont on redécouvre aujourd’hui que la renommée internationale en avait fait une institution religieuse incontournable et puissante.


Jean PEYRESBLANQUES, L’hôpital de Dax et les enfants trouvés (1777-1850)

Les enfants trouvés ou abandonnés ont toujours été un problème social important quels que soient les époques et les régimes, tant en France qu’à l’étranger. Les causes sont toujours les mêmes avec des intensités variables fonction de l’environnement. Les registres hospitaliers spécifiques très précis de l’hôpital de Dax permettent d’en établir la liste, sans interruption de 1777 à 1850. Une étude générale situera le problème localement en fonction des divers gouvernements et en fonction de l’état civil (noms, tutelles, métiers, vie…). L’existence à Dax d’une garnison et de passages quasi permanent des troupes ayant la cité comme ville-étape amplifie le problème qui s’est aggravé au cours du XIXe siècle. À partir de 1850, l’existence de l’Assistance publique modifie les données hors de l’hôpital.


Séance du 12 novembre 2011 à Dax


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des halles), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ 90 personnes présentes.


Hubert DELPONT, Dax et les Milliès-Lacroix : le temps de Raphaël (1878-1899) (1ère partie)

2011 marque le double anniversaire du 70e anniversaire de la mort de Raphaël Milliès-Lacroix et du 50e anniversaire de la mort de son fils Eugène.L’occasion pour la Société de Borda de faire un bilan du long passage de ces deux maires aux commandes de la ville, entre 1887 et 1899 pour le premier, puis entre 1929 et 1959 pour le second.

L’auteur se propose de dresser un bilan de l’oeuvre du premier, au prisme des deux préoccupations qui dominèrent sa vie : Dax qui, débarrassée de ses remparts développe alors, grâce à Raphaël, sa vocation thermale ; la République laïque dont il est successivement unde ses fondateurs, avant de devenir un de ses grands serviteurs.


Madeleine JOGAN, Théodore Denis (1858-1908), député-maire de Dax (2e partie)

La communication évoque les débuts parlementaires de Th. Denis de 1893 à 1899, sa vie de député et son implication dans plusieurs débats à la Chambre durant cette période : la défense des franchises municipales lors de la révocation du maire de Dax, le maintien des corridas, la « question juive », la tuberculose bovine. Personnalité très populaire à Dax, il fut l’ami et le confident de Raphaël Milliès-Lacroix, comme le révèle une importante correspondance ; les deux hommes suivirent le même parcours politique jusqu’à l’année 1899 qui marque un tournant avec « l’Affaire ».

La suite de son mandat parlementaire et municipal de 1900 à 1908, date de son décès, fera l’objet d’une présentation ultérieure.


Iñaki ZUBILLAGA, Un Écossais dans les Landes, Robin Pattiloch

Le 23 octobre 1295, un traité fut signé par Philippe le Bel, roi de France, et John Balliol, roi d’Ecosse. C’était le commencement d’une alliance franco-écossaise liguée contre l’adversaire commun : l’Angleterre. Le 17 août 1424 se déroula la bataille de Verneuil dans le Perche, où l’armée de Charles VII fut défaite par les Anglais, et où périrent presque tous les Écossais qui étaient à son service.

D’autres Écossais, résolus à avoir leur revanche passèrent la mer et vinrent rejoindre le roi Charles. Ils étaient conduits par Robert Pittiloch un homme d’humble rang qui avait soulevé des recrues pour la guerre de France dans la ville de Dundee. Il était un de ces Écossais qui avaient quitté leur pays « sans sou ni maille ». Il trouva en France gloire, richesses et honneur. Robin Petileu, comme on l’appelait, fut un des meilleurs serviteurs de Charles VII. Il fut au nombre des capitaines qui aidèrent le roi de France à reconquérir la Guyenne. On le trouva chevauchant à travers l’Aquitaine, les Landes et jusqu’à Dax.Il montra aux Gascons sa fidélité aux Français.


Séance du 15 octobre 2011 à Gamarde-les-Bains


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Gamarde-les-Bains (salle des fêtes), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ 80 personnes présentes.


Vincent GUICHENUY, Histoire des églises de Pomarez

Des deux églises de Pomarez mentionnées par le Cartulaire de Dax, il n’en reste plus qu’une. Entièrement reconstruite, à l’exception de son clocher, elle pourrait receler dans ce dernier de très anciens vestiges du bâtiment originel. Entre le Moyen-âge et aujourd’hui, ces édifices ont laissé des témoignages divers de leur histoire.


Hervé COUDROY, La caverie du Rau à Gamarde, du XIVe au XVIe siècle

Vers 1585, François du Haa, seigneur du Rau, avocat et poète, commande la rédaction d’un livre terrier. Ce document, qui se réfère à des pièces originales aujourd’hui perdues, reconstitue la généalogie des seigneurs du lieu depuis 1313, ainsi que les étapes de la construction de leur domaine. L’étude des rares documents issus des fonds publics qui concernent les seigneurs du Rau permet de combler certaines lacunes du terrier. Dans le même temps se pose la question de l’authenticité du corpus formé par le livre et son annexe, une généalogie rédigée vers 1633. Sans doute la véracité de ces documents n’est-elle que partielle, car on doit reconsidérer leur témoignage à la lumière du contexte politico-religieux tourmenté de la fin du XVIe siècle.


Bruno BEURRIER, Le château et la dynastie des Poyanne

Charles-Léonard de Baylenx, marquis de Poyanne et de Castelnau, baron de Gamarde, de Clermont et autre lieux, gouverneur des villes et châteaux de Dax et Saint-Sever, lieutenant général des armées du Roi, chevalier de ses ordres,  lieutenant inspecteur commandant du corps des carabiniers et commandant en chef dans les provinces de l’intérieur du royaume, s’éteint le 20 septembre 1781 à Vendôme. Un an auparavant, grâce à une fortune conséquente qu’il avait amassée, il termina l’édification du château familial commencée un siècle et demi plus tôt, en respectant l’unité architecturale de style Louis XIII.

Poyanne achevé, le château symbolise, comme beaucoup de demeures, l’apogée d’une dynastie, mais ce fut surtout une manière élégante, pour son dernier représentant, d’écrire dans la pierre le mot fin à l’histoire d’une famille chalossaise qui régna plus de quatre siècles sur notre région.

Poyanne est aujourd’hui vide, mais comme un écrin, il renferme un décor et une histoire où se croisent la grande et la petite histoire.


Journée d’études du 18 juin 2011 : « Sœur Rutan et Dax au XVIIIe siècle »


La Société de Borda a marqué l’événement de la béatification de Sœur Rutan, directrice de l’hôpital de Dax de 1779 à 1794, en organisant au Splendid Hôtel, à l’endroit où a été guillotinée la Fille de la Charité, une Journée d’études qui a réuni plus de 150 personnes.


Le diocèse landais en 1794, par M. l’Abbé Jean-Pierre LAULOM

En 1794, le diocèse alors intitulé « des Landes » vient de connaître un très grand bouleversement. En parcourant brièvement les grandes étapes de l’histoire des deux antiques diocèses d’Aire et de Dax, on s’attardera à l’évolution des idées à la fin du XVIIIe siècle, annonciatrices des changements radicaux survenus en 1790 à la suite de la Constitution civile du clergé. Dans la nouvelle organisation de l’Église en France, les anciens diocèses disparus sont remplacés par les diocèses « constitutionnels » lesquels, dans le cas des Landes, connaissent des changements géographiques et organisationnels radicaux.

Les deux cités épiscopales sont déchues de leur rang, le prélat d’Aire (Sébastien de Cahuzac de Caux), plus ouvert aux idées nouvelles, et celui de Dax (Charles-Auguste Le Quien de Laneufville), dès le départ très opposé aux changements, doivent tous deux s’exiler au printemps 1791, le premier en Allemagne, le second en Espagne, chassés par l’arrivée de l’évêque constitutionnel Jean-Pierre Saurine, dont l’entrée dans Dax fut mouvementée.

Commence alors une période de grande incertitude et de tensions. L’Église « nouvelle formule » est d’abord établie et protégée par la loi, l’Église « réfractaire », interdite et poursuivie. La législation de 1793 supprime ensuite tout appui et proclame la première séparation totale de l’Eglise et de l’Etat. C’est dans ce contexte que se produisent les exécutions du 9 avril 1794.


Histoire de l’hôpital de Dax de 1779 à 1789, par Jean PEYRESBLANQUES

L’hôpital général de Dax naquit de la fusion de l’hôpital Saint-Eutrope et de l’hôpital de Saint-Esprit à la suite de l’arrêt royal de décembre 1778 mettant fin à un procès de plus de trente ans. Bâtiments nouveaux, règlements nouveaux et une nouvelle supérieure, sœur Marguerite Rutan.

Les dix années qui suivirent furent extraordinairement fructueuses. Considéré à l’époque comme hôpital modèle, il a été possible d’en suivre toute la gestion avec les archives hospitalières fort bien tenues par la supérieure. Ces documents permettent de brosser un chapitre de l’histoire de l’hôpital qui s’arrête à la Révolution en raison de différentes décisions administratives nationales.


Vie de Sœur Marguerite Rutan, par Jean-Pierre RENOUARD, cm

Enfance et jeunesse

Marguerite naît à Metz le 23 avril 1736. L’important foyer protestant de la ville disparaît suite à la révocation de l’édit de Nantes, qui provoque une émigration messine vers Berlin. Cela cause préjudice à l’économie locale, le commerce et l’artisanat étant presque entièrement aux mains des huguenots. Peut-être est-ce pour cela que le père de Marguerite, Charles-Gaspard Rutan, ne reste pas un simple ouvrier mais devient un spécialiste tailleur de pierre, maître-maçon, architecte, entrepreneur ; il est élu échevin de la paroisse Saint-Étienne. A 18 ans, Marguerite émet le désir de devenir Fille de la Charité mais Charles-Gaspard veut garder sa fille près de lui pour bénéficier des compétences acquises par son éducation. La décision paternelle est formelle, pas avant la 21e année.

Fille de la charité

Marguerite est attirée par le témoignage des sœurs de l’hôpital qui, depuis 1653, rayonnent sur Metz et au-delà. Elle y entre pour accomplir son postulat, un temps de regard des sœurs sur la candidate et de la candidate sur la communauté, la règle, la vie spirituelle et apostolique. Le 27 avril 1757, sur le rapport favorable de la supérieure de Metz, par libre décision, elle accomplit rue du Faubourg Saint-Denis, à Paris, son noviciat à la maison-mère des Filles de la Charité. En septembre 1757, elle reçoit son premier placement. Après un hypothétique passage à Toulouse, la Providence l’envoie à Pau. Au moment où arrive soeur Rutan, l’établissement est sur le point de fermer. En un an, elle remédie à la situation et dévoile, en ce lieu, ses compétences et sa grande intelligence.

Les prochaines étapes sont Brest, Fontainebleau, Blangy-sur-Bresle, Troyes. Sur ces entrefaites, l’évêque de Dax, Mgr Le Quien de Laneufville, venu de Bordeaux et aumônier général des Carmélites, demande une supérieure pour son hôpital. Sœur Marguerite prend le coche pour notre Sud-Ouest. Elle n’en repartira jamais, mêlée à la terre dacquoise…

Dax et son hôpital

Elle quitte Paris à l’âge de 43 ans avec 22 ans déjà d’expérience de vie vincentienne : cinq compagnes constitueront la communauté dont elle aura la charge. Parmi elles, une nièce, Victoire Bonnette. Les autres sont Marguerite Nonique, Jeanne Chanu, Félicité Raux, Josèphe Devienne.

Les événements

Les débuts de la Révolution sont prometteurs : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses ». Mais l’abolition des privilèges effraie. Les biens de l’Église sont mis à la disposition de la Nation. D’autres mesures sont prises avec la Constitution Civile du clergé. Le divorce se consomme avec la création des 83 évêchés correspondant aux nouveaux départements (au lieu des 130). A cela s’ajoutent : « la suppression de tous les titres et offices, le pouvoir épiscopal collectif, un conseil permanent de vicaires généraux auprès de chaque évêque, le détachement de Rome, l’élection remplaçant la forme canonique de nomination, des salaires d’Etat, le devoir de résidence, et surtout l’obligation de serment de fidélité à la Constitution, tels sont les ingrédients du conflit. L’Église est inféodée au pouvoir temporel ».

Marguerite dans la tourmente

Toutes les sœurs assistent, impuissantes, à la nomination du nouvel évêque constitutionnel, Monsieur Saurine. Marguerite parvient à négocier le maintien de l’aumônier l’abbé Lacouture qui n’a pas prêté le serment constitutionnel. Éclaircie de courte durée… Il est remercié et les sœurs voient arriver un certain Larraburu, qui a prêté serment avec cinq autres, dans la cathédrale de Dax, le 23 janvier 1791. Marguerite prend ses responsabilités : les sœurs n’assisteront pas à la messe du nouvel aumônier prévue le 2 juin 1792, ce qui suscite un tollé de protestations de la part des révolutionnaires. Dans la nuit du 3 au 4 juin 1792, les sœurs transportent des effets particuliers chez des personnes amies. Elles sont vues et le lendemain, accusées de tentative de vol. Deux jours d’enquêtes s’en suivent … et l’affaire est close. Mais la suspicion s’installe tandis qu’un autre incident survient : des soldats guéris par les soins des sœurs donnent un bref concert sous la direction d’un musicien de fortune, c’est la fameuse « sérénade de Raoux ». Les sœurs sortent sur leur pas de porte, écoutent la musique, regardent quelques militaires esquisser un pas de danse, applaudissent puis distribuent quelques douceurs ou remplissent des verres. Quelques témoins font immédiatement leur rapport au club des Barnabites de Dax. L’accusation tombe comme un couperet ; la supérieure (toujours elle !), est coupable de « s’être livrée au plaisir et d’avoir abandonné les frères d’armes mutilés en défendant la patrie ».

Au cœur de la Terreur

Le surlendemain, 26 décembre, se présente un dénommé Bouniol qui vient témoigner que « toutes les sœurs étaient des coquines d’aristocrates, débauchant les soldats, qu’elles les prêchent pour aller dans la Vendée, qu’elles font danser et chanter des chansons diaboliques et leur donne de l’argent ». Sœur Marguerite est, entre autres reproches, accusée de détenir des images-prières, des litanies au Sacré-Cœur, emblème de la Vendée. Après Noël, le 15 janvier 1794, le Comité de surveillance lui reproche « son attachement aux croyances et aux pratiques religieuses ». En fait, la supérieure gardait, pour les rendre à toutes les familles, les papiers personnels des soldats décédés, quelles que soient leur origine et leur teneur ! Il était facile ainsi de trouver des pièces compromettantes.

Le procès

Arrive alors à Dax l’imparable Pinet qui part en guerre contre les aristocrates et les « fanatiques ». Il ordonne la construction d’une guillotine sur la place Poyanne ; le 2 mars, des prisonnières des Carmes sont envoyées à Pau. Marguerite n’est pas du voyage. « Je vois bien qu’on m’a gardée pour me faire mourir », ne peut-elle que constater. A l’hôpital, les griefs contre ses compagnes sont les suivants : « D’après les plaintes multipliées que les citoyens font éclater de toutes parts contre les ci-devant Sœurs de Charité, actuellement attachées à l’hôpital de la ville de Dax, qui manifestent dans leur conduite, leurs propos et leurs actions l’aristocratie la plus puante, le fanatisme le plus dangereux, la superstition la plus honteuse…». Elles sont emprisonnées aux Carmes sauf Marguerite Nonique. Le 3 avril, le nom de Marguerite Rutan est proposé pour la guillotine par la commission extraordinaire mise en place par Pinet, pour les motifs suivants : débauche de soldats, incitation à la désertion, comportements aristocratiques et diaboliques, liaison avec un Prince d’Autriche (ce qui laisse perplexe plus d’un historien !). Cinq jours après la rédaction de cet acte de dénonciation, la commission se réunit, le 9 avril, dans la salle du palais épiscopal devenu Hôtel de Ville. Vers une heure de l’après-midi, sont amenés l’abbé Lannelongue et sœur Rutan. Le sort du premier est vite réglé : condamnation immédiate. Marguerite répond avec calme et courage à chaque chef d’accusation. Une dernière fois, elle tente de répondre aux griefs énoncés mais sa voix est couverte par les tambours, sur ordre du Président : « Nous sommes convaincus ». Et l’acte d’accusation introduit le mot-clé de la condamnation : « fanatiques » !.

Le martyre

On conduit les deux prévenus à la prévôté : c’est le mercredi de la Passion. Ils sont attachés dos à dos pour célébrer un mariage républicain. La charrette est entourée de gendarmes et de dragons suivis du bourreau. Le cortège va au pas de charge, rue de l’évêché, rue Cazade, et arrive place Poyanne, à deux pas d’ici. L’abbé est préparé le premier. La sœur ne détourne pas les yeux et assiste au supplice du prêtre ; elle est ensuite parée elle-même, empêche le bourreau de la toucher par respect pour sa virginité et gravit, d’un pas assuré, les marches de l’estrade. Sa tête est tranchée tandis que le bourreau bouscule son corps et le frappe.


Présentation d’affiches révolutionnaires de l’an II pour le district de Dax, par Marie-Claire DUVIELLA

Les Archives départementales des Landes conservent un lot d’affiches imprimées où sont reproduits, sur une très courte période (9 ventôse an II, 27 février 1894 - 3 floréal an II, 22 avril 1794), les arrêtés pris, pour les districts de Dax et de Saint-Sever, par les représentants du peuple « près l’armée des Pyrénées occidentales et les départements environnants », ainsi que des jugements rendus par la commission extraordinaire du tribunal révolutionnaire. Celui-ci, en dix-huit jours, enverra à l’échafaud plus de trente personnes. Parmi elles, sœur Marguerite Rutan, déclarée bienheureuse en 2010 par le pape Benoît XVI et béatifiée à Dax le 19 juin 2011. Dans le style emphatique et ampoulé de l’époque, ces affiches, destinées à être placardées à la vue de tous sur les portes de la maison commune, sont la sinistre expression de la répression sanglante qui prévalut, comme partout, dans notre département.


Présentation de la chapelle de l’hôpital thermal de Dax, au cours d’une visite commentée, par Jacques PONS, directeur des Archives des Landes.


Séance du 21 mai 2011 à Capbreton


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Capbreton (salle Roger Calès, maison du port), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ 45 personnes présentes.


Pierre FERRARI, Maurice Martin et le décadentisme

Le Triptyque de Maurice Martin est-il une œuvre décadente ?

Pour composer son œuvre poétique sur les Landes et la Côte d’Argent, Maurice Martin s’est inspiré de nombreux courants poétiques comme le Parnasse, le Symbolisme et le néo-romantisme de Francis Jammes.

Au-delà de la simple description de la Lande et du monde réel qui sombre dans la barbarie de la Première Guerre mondiale, Maurice Martin nous fait découvrir un autre monde, un monde supérieur, celui du rêve, de l’imagination dans lequel le poète accède à la Beauté.


Jean-Paul LAGARDÈRE, Les appeaux landais

Durant leur passage au dessus de la plaine landaise, la capture de certains oiseaux migrateurs nécessitait d’attirer leur attention en les invitant à atterrir sur un sol garni de filets ou de crins. Ces chasses d’affût ou aux appeaux étaient et sont encore basées sur une imitation très précise des cris ou des chants émis par l’espèce d’oiseau convoitée. Pour obtenir ces imitations, les chasseurs landais ont imaginé et fabriqué de petits instruments rustiques avec lesquels ils ont pu et peuvent encore leurrer leurs gibiers, à savoir : la tourterelle des bois, le vanneau huppé et divers passereaux comme l’alouette des champs, la linotte mélodieuse mais aussi la grive musicienne. La description et le mode d’utilisation de ces appeaux nous permettent de garder la mémoire de techniques de chasse, souvent très anciennes et propres au pays landais.


Marie-Claire DUVIELLA, Deux Capbretonnais dans le Paris du « Grand Siècle » : Dominique et Pierre Darlons

Dans le Paris du Grand Siècle, les Capbretonnais Dominique et Pierre Darlons occupèrent, entre 1675 et 1709 dans la Maison de Bourbon-Condé, les prestigieuses fonctions de secrétaires des commandements : d’abord de Louis II, dit le Grand Condé, puis de son fils, Henri-Jules de Bourbon. Dotés d’une immense fortune qu’ils surent faire fructifier, ces « clients » des Princes de Condé ont, dans l’exercice de leurs fonctions, côtoyé les plus grands noms du Royaume mais n’oublièrent jamais leur ville natale.


Séance du 25 juin 2011 à Mimizan


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mimizan (salle Maurice Martin), sous la présidence de Jean-Jacques Fénié. Environ 70 personnes présentes.


Jean-Claude MERLET, L’archéologie et la forêt des Landes : du sable, la forêt, des hommes

La forêt des Landes de Gascogne couvre aujourd’hui 10 000 km², soit la superficie moyenne de deux départements français. Dans l’esprit de bon nombre de personnes, avant le boisement systématique entrepris depuis le Second Empire, la région était un désert de sable. Cette réputation a longtemps été un frein aux recherches sur le peuplement ancien, d’autant que l’omniprésence de la forêt constitue un obstacle aux investigations.Sous l’impulsion du Centre de Recherches Archéologiques sur les Landes (CRAL), un programme d’archéologie forestière a porté depuis 20 ans sur de vastes zones dans tout le massif, en sud-Gironde et dans les Landes. L’exploration de ce territoire a nécessité la mise au point de méthodes adaptées aux labours et replantations de pins. C’est près de 500 sites archéologiques nouveaux, concernant toutes les périodes depuis le Mésolithique (8 000 ans avant notre ère) jusqu’au Moyen Age, qui ont ainsi été mis au jour. Certains secteurs géographiques qui ont bénéficié de prospections systématiques, comme les cantons de Sabres, Morcenx, Labrit, Belin-Beliet, Hostens, ont montré une densité remarquable de vestiges. Plusieurs gisements ont été fouillés et étudiés. Ils nous révèlent des groupes humains aussi évolués que leurs voisins des régions de plaine comme la vallée de la Garonne par exemple.

Les grands travaux d’infrastructure routière et ferroviaire (autoroute A 65 Langon-Pau, future ligne à grande vitesse Bordeaux-Espagne) sont des coupures destructrices dans la forêt. En même temps, ils sont une occasion d’observer sur de grandes surfaces les occupations humaines anciennes.

D’un autre côté, les études du climat et de la végétation des derniers millénaires nous restituent un paysage landais composé d’une mosaïque de bois, de zones cultivées et de landes. Ces résultats modifient complètement la vision que l’on pouvait avoir des Landes de Gascogne. Loin d’avoir été le désert répulsif trop souvent évoqué par l’imagerie populaire, cette région a toujours été occupée, et dès la Préhistoire récente les hommes ont su s’adapter aux conditions écologiques particulières de ce milieu.


Mathilde MIQUEOU, Les derniers chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire dans les Landes de Gascogne

Les dix dernières années de recherches dans les Landes ont permis de mettre au jour plus d’une soixantaine de sites du Mésolithique. Cette période chrono-culturelle connaît de grands changements dans les modalités de chasse liés à l’évolution de l’industrie lithique et des espèces présentes. Les Landes ne restent pas en marge de ce processus comme on a longtemps pu le croire faute de découvertes ou de reconnaissance de la culture matérielle du Mésolithique, dans une région où le sable pose de réels problèmes taphonomiques. Deux sites ont à ce jour été fouillés et étudiés mais deux autres sont en cours ou en passe d’être fouillé. Néanmoins, les ramassages de surface apportent des informations non négligeables sur l’occupation du territoire et les périodes durant lesquelles il a été exploité. Ainsi, nous avons constaté que les hommes du Mésolithique s’installaient à proximité des cours d’eau et pouvaient parcourir jusqu’à une soixantaine de kilomètres pour se procurer des ressources lithiques comme le suggère l’analyse des matières premières. Les armatures, les outils, les supports bruts … sont majoritairement caractéristiques du Premier Mésolithique (9500-6000/5900 cal BC) : triangles isocèles et scalènes, micro lamelles à bords abattus … Les indices du Second Mésolithique sont moins nombreux en comparaison mais ils sont présents. De plus, il semble que les Landes reçoivent des influences du versant sud des Pyrénées et du Bassin Méditerranéen et qu’elles ont contribué à l’élaboration d’armatures originales.

Les Landes participent donc aux dynamiques culturelles dès la Préhistoire et continuent bien au-delà. Les derniers-chasseurs de la Préhistoire n’ont pas dénigré les Landes, bien au contraire.



Séance du 16 avril 2011 à Dax

 

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (au Casino Barrière), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ 120 personnes présentes.


Alain BOUET, La basilique romaine de Dax (nouvelle lecture d’un site archéologique)

Les fouilles menées dans l’« Îlot central » de Dax entre 1978 et 1980 ont mis au jour de puissantes structures monumentales interprétées alors comme celles d’un temple italique. La reprise de l’ensemble de la documentation ancienne et l’étude du parcellaire permettent d’y voir une partie de la basilique et de l’area du forum de la cité des Tarbelles. Cette découverte sera ensuite replacée au sein des autres centres civiques de l’Aquitaine romaine. Dax peut ainsi s’enorgueillir de conserver, toujours visible dans la crypte archéologique, un des rares fora de l’Aquitaine romaine.


Yan LABORIE, Labrit et les Albret

Résumé non parvenu.


Jean-Claude MERLET, Les 10 dernières années de recherches archéologiques dans les Landes

Au cours des 10 dernières années, l’archéologie landaise a considérablement évolué. La recherche, organisée autour de deux orientations : recherche programmée et opérations préventives, a connu une croissance exponentielle. Elle a été stimulée par de nouvelles dispositions législatives et par la multiplication des travaux d’infrastructure (autoroute A 65 Langon-Pau notamment) et d’aménagement urbain. La perception des modes de vie de nos lointains ancêtres est facilitée aussi par les progrès des techniques d’analyse (datations, sciences de l’environnement). Aux 150 opérations de terrain menées durant cette décennie (fouilles, prospections), il faut ajouter les découvertes fortuites et les travaux de laboratoire. Il a été mis au jour davantage de gisements pendant les 10 dernières années que durant les 40 années précédentes. Notre connaissance du passé s’en trouve modifiée radicalement.

Pour les Landes, un des acquis majeurs de la période récente est la mise en évidence d’un peuplement de la région du sable des Landes qui ne s’est pas démenti depuis le Mésolithique (8 000 ans avant J.-C.) jusqu’à la période antique, en passant par le Néolithique et les Ages des métaux. Le mythe du « désert landais » est ainsi définitivement mis à mal. Si les périodes les plus anciennes n’ont pas bénéficié des grandes avancées, faute sans doute de chercheurs spécialisés, de nouveaux gisements de plein air du Paléolithique supérieur (entre 35 000 ans et 11 000 ans av. notre ère) sont fouillés en Chalosse, comme Banos et Montaut. La Chalosse apparaît de plus en plus comme un espace très fréquenté durant la Préhistoire par les hommes qui sont venus s’approvisionner en silex pour confectionner leurs armes et leurs outils, ces déplacements étant parfois le fait de groupes installés à plus de 100 kilomètres.

Pour les périodes récentes (Ages des Métaux) quelques découvertes sortent de l’ordinaire, comme un dépôt de vases de la phase moyenne de l’âge du Bronze (1 000 ans av. notre ère) à Beylongue, qui n’a pas d’équivalent en France ; ou encore comme la nécropole de l’âge du Fer de Mouliot à Laglorieuse, fouillée entre 1995 et 2002, qui s’avère la plus importante d’Aquitaine à ce jour. Un site comme le lac de Sanguinet présente un caractère exceptionnel au plan national.

Les chercheurs landais tiennent une place honorable dans cette activité bouillonnante, notamment grâce à deux équipes de bénévoles (le CRAL et le CRESS).


Séance du 19 mars 2011 à Mont-de-Marsan


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mont-de-Marsan (salle Lamarque-Cando), sous la présidence de Bruno Cahuzac. Environ cent personnes présentes.


Jean-Claude MERLET et Hervé BARROUQUÈRE, Pierre-Eudoxe Dubalen, archéologue landais aux multiples facettes

Parmi les pionniers de l’archéologie landaise, P.-E. Dubalen occupe une place particulière. C’est lui qui en 1880 découvre et fouille la grotte du Pape à Brassempouy. En 1900, il fouille l’abri Dufaure à Sorde, et en 1908 la grotte de Rivière. Il consacre une grande partie de son activité aux tumulus du Tursan, qui lui livrent de nombreux ensembles funéraires.

Si la carrière de Dubalen a déjà été retracée par ses successeurs, certains aspects méconnus ou controversés du personnage méritent d’être mis en lumière. Ils nous éclairent sur sa personnalité et aussi sur la formation de la discipline archéologique au début du XXe siècle.

En 1885, P.-E. Dubalen fait don de ses collections à la Ville de Mont-de-Marsan. Elles sont transférées peu de temps après dans l’actuel Hôtel de Ville, puis, dans les années 1970, dans une des maisons romanes. La nouvelle présentation de la collection Dubalen est inaugurée en 1972, alors que dès 1968, le donjon Lacataye tout proche abrite le musée Despiau-Wlérick, consacré à la sculpture figurative contemporaine. Après la réunion des deux bâtiments quelques années plus tard les collections d’Histoire Naturelle et d’archéologie seront reléguées dans des réserves.

La collection archéologique de Dubalen est constitué des pièces provenant de ses fouilles, mais aussi d’objets ramassés en Chalosse (bifaces, haches polies). Les vicissitudes de la collection (déménagements successifs, outrages du temps, nombreuses manipulations) n’ont pas été propice à une bonne conservation de ces intéressantes séries. Cependant, depuis peu un intérêt nouveau se manifeste pour les travaux de Dubalen. Cette année, plus d’une soixantaine d’objets - dont 23 après restauration - vont être présentés dans le cadre de deux expositions à Sabres et à l’abbaye d’Arthous, tandis que le projet d’une étude complète de la collection s’ébauche. Doit-on y voir les prémices d’une réhabilitation de cette importante collection ?


Bernard GELLIBERT, Fouilles récentes de nécropoles de l’âge du fer dans les Landes

Plusieurs nécropoles du 1er âge du fer ont été fouillées récemment.

L’organisation des cimetières et les pratiques funéraires obéissent à des conventions répandues dans un large espace géographique: incinération, enfouissement dans une fosse d’ un vase ossuaire avec un  plat couvercle et vase d’accompagnement. Les tombes sont entourées le plus souvent d’ arcs de cercles en pierres. Un style décoratif original du mobilier céramique laisse entrevoir des particularités régionales. L’étude des ossements éclaire sur le recrutement des défunts.


Françoise CAUSSÉ, Marie Baranger et ses fresques dans les Landes (1940-1943)

Le patrimoine landais s’honore de posséder dans une dizaine d’églises du département des fresques de Marie Baranger. Cet ensemble décoratif, très original, est révélateur de l’esprit dans lequel les « Ateliers d’art sacré » fondés en 1918 par les peintres Maurice Denis et George Desvallières, engagèrent de jeunes artistes chrétiens dans un art religieux qui se voulait « moderne » tout en maintenant, face au cubisme et à l’abstraction, une voie pour l’art figuratif plus traditionnel. Le relatif oubli de ces artistes est lié au fait que leur travail se trouvait à la marge des grands courants artistiques, mais depuis quelques années on constate une nouvelle curiosité pour leurs œuvres. Elles témoignent notamment de l’intérêt, largement partagé dans les années 1930 par les artistes - les « maîtres » et les plus modestes - pour les anciennes techniques artisanales : tapisserie, vitrail, fresque, mosaïque.

Fresquiste formée aux « Ateliers d’Art sacré » et à l’Atelier de la Fresque de Paul Baudouin, Marie Baranger (1902-2003) est l’auteur de très nombreuses œuvres dans des églises de France et de nombreux autres pays (Afrique du Sud et du Nord, Jordanie, Syrie, Pakistan, Irak, Iran, Inde, Japon, Vietnam…), menant de front ses créations avec son travail pour « Art et Louange ». Cette association très novatrice, qu’elle fonda avec son frère en 1936, constitue un élément fort peu connu de l’histoire de l’Eglise catholique dans les « pays de mission ».

Les aléas de la Seconde Guerre mondiale amenèrent Marie Baranger dans les Landes entre 1941 et 1943. A la demande des curés de l’époque, elle exécuta de savants décors à fresque à Gabarret, Betbezer, Lubbon, Arx, Baudignan, Saint-Pierre-du-Mont, Mont-de-Marsan, Villeneuve de Marsan, Saint-Geours d’Auribat, Poyanne. Dans ses programmes iconographiques - dont les thèmes récurrents sont le « Chemin de croix » et « la Vierge », en des formulations variées - Baranger insère des portraits de personnes du cru, des paysages locaux et elle joue avec les décors plus anciens et met en valeur les éléments sculptés. L’œuvre la plus ambitieuse est sa fresque de Lubbon qui occupe l’intégralité du mur aveugle qui clôture le chœur à l’Est et englobe l’autel. Cependant, des fresques ont disparu ou ont été recouvertes ; en particulier celle de Saint-Pierre-du-Mont (le plus grand ensemble landais, avec 100 m2), a été détruite en 1985 sans qu’il ait été conservé de traces documentaires. Etant donné l’intérêt du travail de Marie Baranger, il serait utile de restaurer et de protéger celles qui subsistent dans les Landes.


Assemblée générale du 5 février 2011 à Dax


L’Assemblée générale a eu lieu à l’Atrium de Dax, en présence du docteur Stéphane Mauclair, maire-adjoint de Dax, en charge des affaires culturelles, devant plus de 200 adhérents ; 355 sociétaires ont envoyé leur pouvoir.


Rapport d’activités du Président

Le Président a présenté l’année écoulée comme celle de l’affirmation des choix opérés en 2009. Le bilan des activités était exposé sous la forme d’un diaporama.


Les réunions mensuelles

De septembre à juin, la Société de Borda a proposé une trentaine de communications, reflétant la diversité des sujets et des compétences qu’elle a pour but de fédérer tout en trouvant un juste équilibre entre vulgarisation et érudition.

Si les réunions mensuelles rythment les activités traditionnelles de la Société de Borda, celles de l’année 2010 ont été marquées par la diversité de leur conception et par le nombre des participants qui, lors de chaque séance, a dépassé la centaine.

L’Assemblée générale de février est désormais le rendez-vous annuel d’une manifestation organisée sur la journée dans le cadre festif et attractif de l’Atrium de Dax.

Trois réunions ont retrouvé, en 2010, leur cadre habituel à Dax et à Mont-de-Marsan. Au printemps, la Société s’est déplacée deux fois : en mars, à Liposthey, et en avril, à Peyrehorade.

En juin et en septembre, les réunions de Gabarret et d’Uza ont été intégrées dans une journée de visite. La première, sous la houlette d’Hubert Delpont, a permis de découvrir la richesse architecturale des églises du Gabardan. La seconde répondait à l’initiative conjointe de la Société et de l’Association Mémoire en Marensin. Elle offrait l’occasion de parcourir le site, ô combien singulier, des confins du Born et du Marensin.

Les réunions de janvier et décembre s’inscrivaient dans une autre logique et confirmaient le fait que notre Société est capable et se doit d’aborder les thèmes les plus variés. En effet, le cycle de réunions de l’année 2010 a débuté par un colloque intitulé « Klaus et les fléaux de la forêt landaise à travers l’histoire » et a été clôturé par la commémoration du 350e anniversaire de la mort de saint Vincent de Paul abordée sous l’angle artistique.  


Le bulletin trimestriel

Les modifications, mises en œuvre en 2009, semblent avoir convaincu la plupart de nos adhérents et ont donc été maintenues (voir compte-rendu de l’Assemblée générale 2009). Restructuré en trois parties bien définies, le bulletin permet de mieux répondre aux attentes diverses de nos adhérents. Les chroniques, constituant désormais la deuxième partie, proposent une grande diversité de thèmes et de sujets qui favorise une lecture plus dynamique et permet d’atteindre un plus large public.

La parution récente du 500e bulletin de la Société de Borda a été l’occasion de rappeler que l’ensemble de la collection du Bulletin de la Société est une véritable encyclopédie régionale, ce que confirment quelques chiffres : près de 50 000 pages ont été publiées, rassemblant 2 800 articles rédigés par environ 800 auteurs.


Autres publications

En dehors de la publication du bulletin trimestriel, la Société de Borda a  participé à la réalisation de l’ouvrage « Mont-de-Marsan il y a 100 ans en cartes postales anciennes », en mettant à disposition de la maison d’édition « Patrimoines medias » son fonds cartographique concernant la ville de Mont-de-Marsan. Le parti pris a été de mettre en valeur la richesse de la cartothèque de la Société mais aussi de faire mieux connaître notre structure associative.

La Société a également poursuivi sa politique de réédition des anciens bulletins. Elle vient de rééditer en un volume les quatre bulletins de l’année 1878.

Publié en l’honneur de notre ancien président, l’ouvrage « Les Landes de Jean Peyresblanques » rassemble, enfin, ses articles publiés dans le Bulletin de la Société de Borda. Ce recueil a connu un bon succès, preuve de l’empreinte laissée par notre président honoraire.


La bibliothèque et les archives

Ouverte au public deux fois par semaine (mercredi et vendredi après-midi), la bibliothèque connaît toujours une bonne fréquentation. Le Président rappelle la qualité et l’importance de notre fonds documentaire qui continue de s’enrichir par le biais de dons d’auteurs, d’éditeurs, l’achat d’ouvrages et les échanges effectués avec quatre-vingts autres sociétés savantes françaises et étrangères.

Les importantes archives de la Société ont fait l’objet d’une réorganisation afin d’être mises en valeur et exploitées par les chercheurs. Ainsi a été créée une commission Archives (Mme Lesclaux, M. l’abbé Laulom, MM. Bats et Lacrouts), qui a reconstitué, reclassé et coté selon les normes des Archives départementales : J 1, 1, 2, 3 ; J 2, 1, 2, 3, etc., quelques fonds importants (Borda ; F. Bernède ; abbé Départ ; abbé Daugé ; R. Cuzacq ; abbé Foix, Descoubes, etc.).

Parallèlement, un reclassement de l’ensemble de notre photothèque (plus de 3 000 clichés) et une numérisation de nombreux nouveaux documents iconographiques rares à partir de plaques de verre ont été effectués par Jean-Paul Bouissou qui, avec le concours de Kévin Laussu, notre plus jeune adhérent, lycéen à Borda, mène à bien ces tâches délicates et de longue haleine.


Communication

Cette action privilégiée au cours de l’année 2009 a été poursuivie. Le site Internet de la Société (www.societe-borda.com), outil indispensable de communication, est régulièrement enrichi par les informations concernant la vie quotidienne de notre Société (dates des réunions et sorties, programmes) mais reste pénalisé par l’impossibilité d’utiliser le moteur de  recherche. Une solution devrait être trouvée au cours du premier semestre 2011. Les lettres informatiques n°s 2 et 3 ont permis aussi de maintenir le contact avec les adhérents qui ont une adresse électronique. Le journal Sud-Ouest nous a fait l’honneur de plusieurs articles, sous la signature d’Emma Saint-Genez et de Christine Lamaison, journalistes à l’agence de Dax. Enfin la Société a été présente lors des manifestations traditionnelles : le Salon du livre en mai à l’Hôtel Splendid, à Dax, le Forum des associations, en septembre, le congrès de généalogie à Mont-de-Marsan, en octobre, le Balcon des artistes sur les Berges de l’Adour.

Tout au long de l’année, la Société a entretenu ses liens amicaux et culturels avec le Musée de Borda, se réjouissant de la récente nomination de Mme Laetitia Rodriguez, attachée de conservation, sa nouvelle directrice, avec les nombreuses associations patrimoniales landaises et leurs dynamiques représentants, ainsi qu’avec le Parc régional des Landes de Gascogne.


Remerciements

Le Président tient à remercier les partenaires institutionnels de la Société qui lui permettent de maintenir ses activités dans de bonnes conditions : la Municipalité de Dax et le Conseil général des Landes qui nous soutiennent par l’attribution de subventions conséquentes, la Ville de Dax mettant gracieusement à notre disposition les locaux dans lesquels est installée la Société de Borda et nous apportant son bienveillant concours.

J.-J.Taillentou réitère ses remerciements aux membres du Conseil d’Administration qui ont largement collaboré aux nouvelles orientations de la Société, à la secrétaire générale Madeleine Jogan, à Mme C. Courjaud, notre secrétaire salariée, qui veillent au bon déroulement de nos activités, à l’équipe de bénévoles qui mettent généreusement leurs compétences au service de la Société : Marcel Bordes, responsable de l’accueil du public à la bibliothèque, des tables de presse lors des réunions, qui a effectué un important travail de classement d’ouvrages et de journaux ; Christian Lacrouts qui offre à la demande son concours à notre dévouée trésorière, M.-Thérèse Labertit ; Pierre Delmas, Jacques Ducasse, Jean-Paul Lagardère, relecteurs attentifs du Bulletin ; Mmes Marie-Jeanne Loupien, Josiane Schemmel, Claudine Crouzet, qui apportent leur aide régulière.


Projets 2011

L’année 2011 devrait s’articuler autour de trois temps forts :

- Au printemps, débute un cycle de conférences dédiées à l’archéologie, la Société de Borda s’étant engagée à participer aux nombreuses manifestations fédérées par le Conseil général des Landes dans le cadre d’une opération que ce dernier a impulsée et qu’il a dénommée : « Le temps de l’archéologie ».


La première aura lieu, le 19 mars, à Mont-de-Marsan :

J.-C. Merlet, H. Barrouquère : Pierre-Eudoxe Dubalen, archéologue landais du XXe siècle aux multiples facettes.

B. Gellibert : Fouilles récentes de nécropoles de l’âge du fer dans les Landes.

F. Caussé : Marie Baranger et ses fresques dans les Landes (1940 - 1943).


La seconde, le 16 avril, à Dax, sera consacrée aux « Nouveautés et diversité de l’archéologie landaise ».

A. Bouet : La basilique romaine de Dax (Nouvelle lecture d’un site archéologique).

Y. Laborie : Labrit et les Albret.

J.-C. Merlet : Panorama de l’archéologie landaise.


La dernière le 25 juin, à Mimizan, en partenariat avec le musée de Mimizan, abordera le thème de « L’archéologie de la forêt » à travers deux communications :

Jean-Claude Merlet : L’archéologie, la forêt et le pays de Born.

Mathide Miquéou : Les derniers chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire dans les Landes de Gascogne.


- Deuxième temps fort de l’année, la journée d’études du 18 juin dédiée à « Sœur Rutan et Dax au XVIIIe siècle », qui se tiendra au Spendid Hôtel, la veille de la cérémonie de béatification de sœur Rutan qui aura lieu à Dax le 19 juin :

Abbé Jean-Pierre Laulom : État du diocèse jusqu’en 1794.

Père Jean-Pierre Renouard : Vie de Sœur Marguerite Rutan.

Jean Peyresblanques : Histoire de l’hôpital de Dax de 1779 à 1789.

Marie-Claire Duviella : Présentation d’affiches révolutionnaires de l’An II pour le District à Dax.

Jacques Pons : La chapelle de l’hôpital de Dax, suivie de la visite commentée.


Le reste du calendrier des réunions mensuelles s’organisera ainsi :

21 mai : Capbreton

En septembre, lors de la journée-sortie à Captieux, au camp du Poteau, organisée par G. Granereau, deux thèmes seront évoqués : le patrimoine historique, le paysage dans la lande d’autrefois… ; le patrimoine naturel, la gestion sylvicole, la biodiversité, les zones humides, la présentation de la Graminée invasive nouvellement découverte (Andropogon virginicus).

15 Octobre : Gamarde ; novembre : Dax ; décembre : Dax.


- Le troisième temps fort de l’année sera la publication commune (Société de Borda/ Parc régional des Landes de Gascogne) des actes des colloques de Rion-des-Landes et Sabres focalisés sur la tempête Klaus et les autres fléaux de la forêt landaise.


Rapport financier

1 114 adhérents ont réglé leur cotisation / abonnement en 2010 (1 093 en 2009) soit 21 de plus.

Les subventions de fonctionnement du Conseil général des Landes sont en  diminution de 800 euros.

Le coût des quatre bulletins trimestriels est en augmentation ainsi que les frais d’expédition.

Le résultat de l’exercice 2010 se solde par un montant négatif de 4 954 euros.

Pour être en conformité avec la loi sur les associations, les comptes sont présentés selon le principe de la comptabilité engagement. Il est tenu compte des charges dues au 31.12.2010 et réglées en janvier-février 2011.


Les rapports moral et financier soumis aux votes de l’Assemblée ont été votés à l’unanimité.


Après les rapports moral et financier, les participants ont été conviés à une visite à thème axée, cette année, sur Dax Art Déco, une occasion de partir à la redécouverte de l’Atrium et du Splendid Hôtel, emblèmes d’un art, aujourd’hui encore objet de fascination.


Auparavant, il revenait à la mosaïste de renom Danielle Justes de retracer l’œuvre de rénovation à l’identique des mosaïques de ces deux  édifices. C’est, en effet, grâce à son talent et à son savoir-faire que les mosaïques du Splendid Hôtel et les céramiques du porche de l’Atrium ont retrouvé leur apparence et leur beauté originelles.


Les mosaïques ou les arts appliqués à l’architecture moderne.

Les architectures de l’Atrium Casino et du Splendid Hôtel reflètent l’engouement pour les mosaïques. Pour l’historienne d’art, ce sont les Expositions universelles qui ont mis au goût du jour les nouvelles techniques et de nouveaux matériaux, de nouvelles sources d’inspiration adaptées aux facettes de l’Art Déco. Il s’agit d’un renouveau porté par les ateliers de spécialistes frioulans, mais dans les conceptions et les objectifs de l’époque. Encore importe-il de bien comprendre cette intégration des mosaïques à l’architecture. Ce sont des créations, des éléments identitaires des constructions dacquoises.

Ces savoir-faire doivent être connus et répertoriés pour une restauration la plus authentique possible, mise en relation avec des technologies actuelles. Pour les marbres, certains coloris peuvent être épuisés ; pour les smalts, il faut refaire dans l’exacte nuance. Ainsi, toute restauration ne fait pas seulement appel à des techniques manuelles mais s’insère dans un vaste domaine de recherches préalables.        

L’artiste explique ainsi le long et très minutieux travail de reconstitution des 31 panneaux de mosaïques placées à 18 mètres de haut qui ornent la façade de l’Hôtel Splendid. Solidaires de la structure, ils avaient été réalisés sur place en pose directe, grâce aux échafaudages en place lors de la construction de l’édifice en 1929. Trop détériorés pour être conservés et restaurés, il a été décidé, lors du programme de restauration qui a débuté en novembre 1995, de les changer. Grâce à un système de pose permettant de les désolidariser de la façade, les nouveaux panneaux ont été préparés en ateliers et reconstitués dans les nuances de vert, d’orange et de blanc en vingt teintes différentes et ensuite fixés par des pièces en inox à l’emplacement prévu.

C’est avec le même souci de conserver le décor élégant et stylé des lieux que la mosaïste a effectué la rénovation des céramiques du porche de l’Atrium, les smalts d’or fournis par les ateliers vénitiens Orsoni ayant notamment permis aux carreaux de mosaïque de retrouver leur dimension exacte et leur couleur d’antan.


Deux guides de l’Office du tourisme de Dax, Hélène Lapeyre et Vanessa, ont ensuite captivé leur auditoire par la visite commentée des deux fleurons de l’Art déco dacquois.

Construit sur les plans et dessins de l’architecte André Granet et de Roger-Henri Expert, avec la participation des architectes locaux Pomade et Prunetti, le Splendid Hôtel et l’Atrium étaient les deux composantes du projet grandiose de l’ambitieux maire de Dax Eugène Milliès-Lacroix qui souhaitait ainsi répondre aux exigences de modernisation de la cité thermale.

Perçu aux yeux de son promoteur comme le monument thermal le plus moderne, « le plus complet, le plus confortable qui ait été édifié dans une station française ou étrangère », le bâtiment s’impose aujourd’hui encore par ses dimensions, ses décors architecturaux et sa présence dans l’urbanisme dacquois. Destiné à satisfaire une clientèle cosmopolite, le Splendid Hôtel subsiste pratiquement tel qu’il a été conçu à l’origine. Ainsi sa visite constitue-t-elle un véritable voyage dans le temps… C’est le moment pour chacune de nos guides expérimentées de décrire les grands et magnifiques volumes intérieurs de l’édifice qui conservent un peu de l’atmosphère du palace des années trente et de la joie de vivre d’une époque : grandes baies vitrées ouvrant sur l’Adour, géométrie des lignes verticales, colonnes pures et linéaires, jeux de miroirs qui multiplient les volumes, lustres et murs lumineux, profils des grandes capitales du monde courant le long des murs, décor de staff…

Considéré comme une « verrue » en plein centre de Dax et objet de commentaires ininterrompus pendant vingt ans, l’Atrium-Casino, progressivement réhabilité, a retrouvé en grande partie son lustre, ses décors et ses couleurs d’antan. Après la visite commentée de la salle de spectacle restaurée en 1989-1990, qui nous a accueillis comme l’an passé à l’occasion de notre Assemblée générale annuelle, ce sont plus de cent vingt sociétaires qui se sont retrouvés autour de joyeuses tablées pour le déjeuner au restaurant de l’Atrium caractéristique du plus pur Art déco, une manière de s’imprégner encore davantage de l’esprit des lieux.


L’après-midi, un nombreux public visiblement ravi a assisté à la projection du film « Raymonde, ses oies et les Barthes », documentaire de la cinéaste Sylvie Licard qui a fixé sur la pellicule, avec autant d’humour que de tendresse, les gestes, mimiques et savoir-faire de Raymonde, la gaveuse d’oies. Un grand merci à sa réalisatrice pour cet authentique morceau de vie, simple et émouvant.


Séance du 15 janvier 2011, à Tarnos


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Tarnos (salle de la médiathèque), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ 150 personnes présentes.


Jean PEYRESBLANQUES, Dax et les mouvements des troupes vers Bayonne au XVIIIe siècle

Indépendamment de sa garnison et des cures militaires thérapeutiques, Dax a eu un rôle très important de pivot comme ville étape par les troupes protégeant la frontière et la côte avec Bayonne/Socoa et Hendaye. Les mouvements étaient incessants surtout entre avril et octobre montrant que l’entraînement était des étapes de 50 km : Bayonne/Mont-de-Marsan.

L’importance économique par la ville était très grande avec un débouché des produits agricoles et sociologiques avec le logement des troupes dans la ville et autour. Or le registre d’étapes que possèdent les archives de la ville de Dax permet de connaître non seulement le nom des troupes, mais aussi celui des officiers, souvent des régiments entiers de plusieurs milliers d’hommes, ces mouvements quasi permanents permettent de comprendre l’entraînement à de longues étapes et la mystique guerrière régionale qui s’épanouit à la fin du siècle.           


Hubert DELPONT, Troubles paysans dans les Landes pendant la Révolution

Entre 1789 et 1792, les Landes n’ont connu ni la Grande Peur ni les grandes luttes antiféodales des départements voisins du nord de la Garonne. Même si elle ne s’ébranle qu’à partir de 1791, la paysannerie landaise a pourtant bougé elle aussi. Timidement d’abord, à propos du partage des communaux, rapidement mis en échec. Surtout, après la suppression de la dîme, les métayers s’insurgent contre son maintien et son transfert au profit des propriétaires dans une diagonale qui va du Seignanx à la pointe orientale du département.


Jean-Jacques TAILLENTOU, L’embouchure de l’Adour à Tarnos, « terre » d’expérience (XVIe - XIXe siècles)

Les travaux de détournement de l’Adour (1572-1578), vont bouleverser les paysagesde la plaine littorale qui s’étend au pied des dunes et coteaux du village de Tarnos. La rive droite de ce nouveau « boucau » sera dès lors le cadre de  métamorphoses successives et terre d’expériences avant qu’elle n’accueille une zone industrialo-portuaire de premier plan.

Séance du 14 décembre 2013 à Dax


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des Halles), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ une centaine de personnes.


Patrice WARIN, L’artisanat de tranchée de la Grande Guerre

L’auteur nous fait revivre au travers de tous ces objets chargés d’histoire, ceux qui dans des conditions exceptionnelles ont réalisé ces petits chefs d’œuvre, à partir de douilles ou de balles récupérées après la bataille. Dans leurs grands moments d’oisiveté passés à observer l’ennemi, attendre le combat, nombreux passèrent leur temps à ciseler, marteler, broder ou écrire. Maquitalas cette petite industrie du front, l’Artisanat de Tranchée, French Art pour les anglo saxons, Diekunstaus die Schutzgraben pour les allemands. Nombreux sommes-nous à conserver ces objets du souvenir rapporté par nos grands-parents, témoins de la vie et des espoirs des poilus. Leur redonner vie, c’est faire naître pour les jeunes générations, au travers de tous ceux qui ont disparu dans la tourmente, le sens du devoir et du sacré.


Jean-Pierre MABILLE, La Croix Rouge française pendant la Guerre 1914-1918

La Société française de Secours aux Blessés Militaires, fondatrice en 1864 de la Croix-Rouge française, s’installe à Dax en 1885 et fonde le Comité de la Croix-Rouge. A sa tête vont se succéder : Mgr l’Evêque de Dax, le Sous-Préfet, le Maire de Dax, le docteur Eugène Bourretère. En 1914, le comité est présidé par Maître Puyau, la présidence des Dames est assurée par Mme Campet. Pour faire face à l’urgence des événements, le Service de Santé des Armées demande à la Croix-Rouge landaise de mettre sur pied deux Sections de Secours aux Blessés Militaires. Une à Dax l’autre à Mont-de-Marsan.


Gilles KERLORC’H, Le chaland monoxyle de « L’Irle » (Mées)

Découverte d’un chaland monoxyle sur la commune de Mées et étude de ce dernier afin de le replacer dans le corpus de ce même type d’embarcation fluviale.



Séance du 16 novembre 2013 à Dax


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des Halles), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ 90 personnes présentes.


Jacques DE GUÉNIN, Le rayonnement de Frédéric Bastiat

De 1953 à nos jours, la Société de Borda a consacré un certain nombre de conférences à notre grand compatriote. L’une d’elles, faite en 1993, s’intitulait « Universalité de Frédéric Bastiat ». Depuis, bien d’autres évènements - manifestations - congrès, livres, conférences, articles - ont eu lieu dans le monde. Cette conférence-ci est un panorama de ces évènements, et constitue en quelque sorte la mise à jour de la conférence de 1993. Elle a permis d’exposer des documents sur Bastiat et des traductions de Bastiat dans une quinzaine de langues.

Claude Gay, Il y a 100 ans : René de Castéra au Théâtre des Champs-Élysées

Lorsque le peintre Maurice Denis fut chargé de la décoration de la coupole du Théâtre des Champs-Elysées à Paris, il consacra l’un des médaillons à une représentation de la Sonate et y fit figurer le compositeur dacquois René de Castéra dans le rôle modeste de tourneur de pages de la pianiste virtuose Blanche Selva. Si, comme le veut la tradition, la sonate à laquelle s’est référé Maurice Denis serait celle de César Franck, on ne peut s’empêcher de penser qu’en évoquant ainsi la Schola Cantorum, il ait pu rendre également un hommage discret à son ami René de Castéra dont la Sonate pour violon et piano venait précisément d’être donnée à Bruxelles en présence de la reine des Belges, Élisabeth. Quoi qu’il en soit, cette évocation n’offre-t-elle pas l’occasion à « nos » Landes d’être encore aujourd’hui présentes dans ce « temple » de la Musique qu’est le Théâtre des Champs-Elysées ?


Gonzague ESPINOSA, Le général Lamarque, homme politique : des échecs à la victoire (1818-1831)

La communication évoque le parcours électoral du lieutenant-général Maximien Lamarque, semé d’embuches, de calomnies et de déceptions avant la consécration du 23 décembre 1828. Après une brillante carrière militaire sous l’Empire, le héros de Capri se retrouve sous la Restauration à défendre les demi-soldes de l’ancienne armée, les acquis de la Révolution et de l’Empire, ainsi que la grandeur de la France, humiliée après les traités de 1815. Ami des Lafayette, Benjamin Constant, Laffitte et Foy au sein du parti libéral qui se trouve dans l’opposition, Lamarque s’engage dans le combat électoral sur l’insistance de ses amis. Précédés par son aura, ses adversaires le craignent mais, à cause de son indépendance d’esprit, ses collègues libéraux le marginalisent.


Jean-Paul LAGARDERE, Cages et cages-attrapes landaises d’autrefois et d’hier

La grande diversité des modèles de cages et cages-attrapes d’origine landaise témoigne d’une attention très vive et très ancienne des Landais concernant la capture des petits oiseaux. Leur intérêt pour ces modestes gibiers a d’abord été d’ordre nourricier et gastronomique. Puis, il est devenu agrément d’une contemplation de ces beautés de la nature maintenues captives dans une grande volière. Finalement tout s’est dévoyé dans le négoce et la spéculation financière sur les espèces les plus recherchées par les gourmets.

Si la fabrication des cages à appelant n’a pas cessé d’évoluer depuis l’Antiquité, l’apparition des premières cages-attrapes date du XVIIIe siècle. A partir de là, l’imagination, l’astuce et l’adresse des Landais ont permis l’évolution et le perfectionnement de ces moyens de capture et de détention. Il nous faut aussi garder en mémoire que tous ces objets, malgré leur apparente simplicité de construction et leur faible valeur vénale, demeurent aujourd’hui encore des marqueurs importants de l’identité landaise.


Séance du 19 octobre 2013 à Tartas


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Tartas (salle de cinéma), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ 70 personnes.


Christian LACROUTS, La citadelle de Tartas, une histoire de château et de murailles

La citadelle de Tartas, édifiée aux environs du XIIe siècle par les vicomtes Amanieu, s’est illustrée par de nombreux sièges et combats au cours de son histoire. La Guienne intègre le royaume de France après la fameuse journée de Tartas le 24 juin 1442, au cours de laquelle le roi Charles VII se présente devant la ville pour en prendre possession après sa remise par les partisans des Anglais qui en avaient la charge après le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenet  en 1152.

Elle est de nouveau le théâtre d’événements après les occupations du château par le capitaine Saint André en 1616 et lors de la Fronde, période au cours de laquelle la citadelle est occupée par le fameux mercenaire Balthazar. La fin de la révolte des protestants se traduit par des sanctions imposées par le roi Louis XIV : démolition des murailles, de son donjon et des tours et l’humiliation par le flétrissement d’une demi-fleur de lys dans ses armoiries.


Philippe DUBOURG, Histoire de « Mémoire de la Terre »

Au nom de l’Association des Amis de Sainte-Croix et de l’Association Culturelle du Pays Tarusate, Philippe Dubourg raconte l’aventure humaine, culturelle  et sociale qui conduira à la création progressive du Son et Lumière «Mémoire de la Terre». Et, bien entendu historique, notre souci premier ayant été de rester fidèle à l’histoire qui est vue au travers du regard du peuple paysan. Une sorte d’épopée des gens de la terre se dessine ainsi peu à peu, depuis les manants de l’an mil jusqu’aux métayers dont la révolte contre un système d’exploitation de la terre obsolète marqua le XXe siècle. Le texte de cette geste paysanne doit beaucoup aux historiens de la Société de Borda. Un livre album paraîtra en décembre dont je me ferai un plaisir de présenter les photos. Un scénavision est en cours de création dans l’église de Sainte-Croix dont la restauration est justifiée par toute cette mise en scène historique.


Jean PEYRESBLANQUES, La Pellagre et ses pèlerinages landais

La pellagre landaise est une affection liée a une carence aux vitamines P.P. ou vitamine B3. Elle a particulièrement sévi dans la lande de Gascogne où elle fut décrite pour la première fois à La Teste en 1811 par le docteur Jean Hameau et son confrère Labesque, d’où son  appellation de pellagre landaise, puis on la découvrit dans diverses régions, dont les Pyrénées.


Séance du 21 septembre 2013 à Arue


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Arue (salle des fêtes), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ une centaine de personnes.

Rémi CLERTAN, Les Communaux d’Arue 1790-1860

Lors de la création des communes landaises en 1790 la commune d’Arue a repris les limites de l’ancienne paroisse à laquelle on a rajouté le territoire d’une autre paroisse, annexe de celle de Cachen voisine d’Arue, et la matrice cadastrale de 1823 nous apprend que 2798 ha étaient en landes (privées et communales) ce qui représentait donc encore à cette date environ 58% du territoire de la commune.

L’économie rurale des Landes  basée sur le pastoralisme était très gourmande en espace, puisque chacune des 90 métairies (au sens de maison) possédait environ 50 moutons  indispensables à la fumure des champs.

Ces landes étaient régulièrement incendiées par des « bluhes » qui pouvaient parfois dégénérer en incendies ...

On découvre l’importance de ces communaux dans les nombreuses délibérations du conseil municipal qui  concernent ces vastes espaces.

Elles représentaient, on l’aura compris, un véritable enjeu et suscitaient la convoitise des pasteurs, des petits propriétaires laboureurs, mais aussi des propriétaires étrangers à la commune, chacun y voyant des intérêts différents.

Il en découla logiquement quelques tentatives d’usurpation.

La loi du 19 juin 1857 décida l’aliénation d’1/3 de ces communaux ce qu’Arue fit sous formes de concessions de tailles raisonnables à des acheteurs habitants de la commune le plus souvent. Quelques éléments nous permettent de comparer avec ce qui se fit chez deux de ses  voisines, ainsi qu’à Saugnacq et Muret ou même en Bazadais, ce qui nous amène à penser que grâce à une gestion raisonnable de ce bien collectif Arue à su conserver jusqu’à nos jour un patrimoine intéressant même s’il fut quelque peu mis à mal par la tempête de 2009.


Jean-Marie CLERTAN-LAPEYRÈRE, Roquefort-Lencouacq, éléments d’un petit train de vie local  

Les années 1900 apportent sur le marché les bois plantés quarante ans plus tot sur les incitations gouvernementales. Il s'agissait alors d'assainir les marécages des Landes.

Pour extraire et transformer ces bois, les propriétaires investissent dans le réseau ferré pour compenser la carence des voies de circulation.

Voici l'histoire d'un chemin de fer d'intérêt local construit à l'initiative de deux propriétaires forestiers et industriels, MM. Lescouzères et Labbé, afin de connecter leurs propriétés au réseau général. Ce train reliait Lencouacq les Jourets à la gare de Roquefort.

David DUPOUY, La formation et l'évolution du réseau paroissial du Marsan septentrional: bassin de la Douze, de l'Estampon et de la Gouaneyre"
Dans le cadre du de l'évêché d'Aire et de la vicomté de Marsan, le réseau paroissial, plus vieille division administrative et fiscale du territoire, permet, malgré des limites évidentes liées au manque de sources historiques,  de comprendre comment  les hommes ont structuré le territoire du Marsan septentrional qui s'étendait sur le canton de Roquefort et en partie celui de Labrit. En déterminant les étapes chronologiques de sa formation il permet d' entrevoir l'Histoire de ce territoire au Moyen Age et en particulier il est un moyen d'aborder le Haut Moyen Age période particulièrement mal documentée.

Bernard GELLIBERT et Jean-Claude MERLET, Fouille d'une habitation de l'âge du Bronze ancien (-1800 ans avant J.-C.) au lieu-dit Lantonia à Arue
En 2006 a été fouillée une habitation de l'âge du Bronze ancien à Lantonia (Arue, Landes), près de la rivière Gouaneyre. La maison, de forme oblongue et d’une surface de 35 m², était bâtie en matériaux périssables. L’espace intérieur se compose d’une abside réservée au stockage des denrées dans des grandes jarres, et d’un espace de vie autour d’une sole foyère placée au centre. Cette organisation correspond au modèle des fermes familiales répandues dans une grande partie de l’Europe à cette période. Le sol de l’habitation contenait 30 vases, dont les décors présentent des caractère stylistiques originaux, les distinguant des poteries connues jusqu’alors en Aquitaine. L’attribution à l'âge du Bronze ancien s’appuie sur l’étude de la poterie et sur une datation au carbone 14 faite sur des glands contenus dans un des vases à provisions. La cellule familiale qui vivait à Lantonia pratiquait l'agriculture, et sans doute l'élevage.

Sortie-Séance du 22 juin 2013 à Doazit

Après un printemps maussade, c’est sous un ciel clément que s’est déroulée à Doazit notre sortie estivale consacrée essentiellement à l’examen et à l’étude de stèles discoïdales. Rendez-vous est donné à 10 h à la salle des fêtes de Doazit où le goupe de participants (plus d’une centaine de personnes), sous la conduite de Jean-Jacques Taillentou, est accueilli par le maire du village Marcel Dutoya.

D’emblée, Philippe Dubedout, le premier intervenant, présente l’ancien archiprêtré de Chalosse du diocèse d’Aire, dont le siège était à Aulès jusqu’au concordat de 1801. Selon l’érudit local, c’est dans cette circonscription qui va de Souprosse à Mant qu’a été découvert l’essentiel des stèles discoïdales landaises : 16 stèles actuellement à Doazit, dont une dizaine conservées à Aulès, les autres étant chez des particuliers. Les motifs des stèles de Doazit consistent principalement en croix grecques aux branches variées. Quelques représentations d’outils indiquent probablement les sépultures d’un boucher, d’un taillandier, d’un tailleur d’habits et d’un vigneron (site http://dzt-isto.chez-alice.fr/16_stele.htm). Une seule des stèles de Doazit peut être datée, soit en se fiant à l’inscription MXD (1490 ?), soit d’après le style du trigramme IHS qu’elle porte, inspiré par celui d’une clé de voûte de la chapelle du clocher datée de 1435. C’est au XVIe siècle qu’apparaissent les dates sur les discoïdales comme on le voit d’après les inventaires réalisés en Pays Basque. Si l’on considère le fait qu’aucune autre stèle de Doazit ni apparemment de Chalosse ne porte ce type d’inscription, on peut penser que l’usage des discoïdales y a été délaissé au cours du XVIe siècle.

En fin de matinée, le groupe s’est acheminé à pied ou en véhicule vers l’église Saint-Jean-Baptiste d’Aulès, située à 1500 m au nord du bourg de Doazit. Classée Monument historique, elle est exceptionnellement ouverte pour la visite de la Société de Borda, ce qui permet à chacun des participants de voir, au fond de l’édifice, plusieurs stèles parmi les plus signifiantes trouvées aux abords de l’église, telle celle qui indique, par les instruments qui y figurent - une balance, un poids, un tranchoir, un bovidé -, la profession du défunt - un boucher.

C’est aussi l’occasion d’interpréter les thèmes figurés des chapiteaux du beau chevet du XIIe siècle, d’admirer les voûtes gothiques de la nef, ou encore le riche retable en bois doré de la fin du XVIIe siècle...

Après le déjeuner convivial pris dans une salle rustique de la ferme Marquine à Mugron ayant donné satisfaction aux plus fins connaisseurs de la gastronomie  chalossaise, deux communications sont proposées l’après-midi :

Christian Lacrouts, Inventaire systématique des stèles discoïdales landaises dans les anciens évêchés d’Aire-Dax et Lescar

Tombes ou stèles dites « discoïdales » sont présentes sur le territoire de l’ancien évêché d’Aire-Dax et Lescar. Un inventaire systématique a été entrepris. Beaucoup d’interrogations demeurent sur leur origine, leur datation, leur interprétation. Quelques pistes de recherches sont offertes au lecteur dans cette communication. Témoignages funéraires d’un lointain passé, elles attestent de leur présence dans notre région aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elles présentent un aspect spécifiquement chrétien avec des représentations de croix diverses, mais aussi attestent de l’originalité des sépultures par des représentations corporatistes : laboureur, tailleur d’habit, boucher, forgeron...

Jean-Pierre Laulom, Essai d’explication du symbolisme des stèles discoïdales

Deux citations aideront à situer le propos de l’auteur :

« De tous les monuments, les tombeaux sont ceux qui présentent peut-être le sujet le plus vaste aux études… On pourrait faire l’histoire de l’humanité à l’aide des tombeaux. » (Viollet-Le-Duc). En étudiant le symbolisme des stèles funéraires discoïdales, nous touchons à l’essentiel, au sens de la vie et de la mort, à ce que l’homme a voulu signifier et espérer en enterrant ses morts.

Et « Je sais que je ne sais rien, donc je sais tout » (ou « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien » (Socrate, cité par Platon). Ce qui situe bien la modestie de l’entreprise, « Essai d’explication ». Il devra être admis très vite que plusieurs questions importantes restent sans réponse.

La bonne centaine de stèles discoïdales existant en Chalosse, sur un axe nord-ouest – sud-est, suivant la vallée du Luy (pourquoi ?), sans aucune présence dans le nord-est du département (Marsan, Haute-lande) ni dans le sud-ouest (Seignanx, Marensin), est-elle une survivance des menhirs, des cultes ibères, est-elle un anthropomorphisme, le signe de la course du temps (le cercle et le carré), pourquoi sont-elles souvent illustrées de signes cosmiques (le soleil et la lune), le tout, bien sûr, abondamment christianisé (croix de toutes sortes, chrismes « tombés à terre, I.H.S. », avec l’indication du métier du défunt (le célèbre boucher d’Aulès) ou de quelque caractéristique, sont-elles l’image de la clef du ciel et de l’au-delà ?

En une dizaine de paragraphes, l’auteur essaie d’avancer dans la compréhension de ce très riche symbolisme, chacune de ces théories ayant sa part de vérité mais aucune ne répondant totalement à la question.


Centenaire des Arènes de DAX

La séance a eu lieu à 10 h, à Dax (mairie, salle René Dassé), sous la présidence d’Hubert Delpont. Environ 80 personnes présentes.


François BORDES, De la rue à l’arène jusqu’en 1913
Dans les siècles qui précèdent la construction des arènes actuelles, l’histoire de la tauromachie dacquoise se confond avec celle des autres villes de l’Aquitaine. La traditionnelle et ancestrale « course du bœuf » ou du taureau subit régulièrement les foudres des autorités, avant que celles-ci, sous le Consulat, ne l’autorisent définitivement à condition de la pratiquer dans des « cirques » clos. Des espaces réservés à la course se créent alors à l’intérieur des remparts comme à l’extérieur, de manière parfois très éphémère.
Parallèlement, la course landaise, puis les courses hispano-landaises et enfin les corridas « à l’espagnole » se développent dans la ville thermale qui
gagne son surnom de « Séville landaise ». Tous les grands écarteurs landais comme les meilleurs toreros d’Espagne viennent fouler le sable de la « Place de la Course », en face du Théâtre municipal. Cette histoire continue cependant à alterner périodes de calme et temps de lutte contre les autorités, en particulier dans la dernière décennie du siècle. Dax devient même le centre de la fronde anti-prohibition qui touche toutes les villes taurines du pays. Le calme revenu, au début du XXe siècle, se fait alors sentir l’impérieuse nécessité pour Dax de se doter d’arènes en ciment qui conviendraient mieux à son identité taurine et à la pérennisation de ses spectacles tauromachiques. Mais il faudra près d’une vingtaine d’années pour que celles-ci puissent voir le jour dans le Parc Théodore-Denis.


Hubert DELPONT, Histoire de la création des arènes
Un premier projet d’arènes vit le jour en 1893, sous l’égide de Raphaël Milliès-Lacroix et de l’architecte Ricard, en raison de l’attrait des premières corridas et des péripéties qui les rendirent célèbres. Bien qu’avancé, ce projet échoua en raison du manque de moyens et d’emplacement. Après quelques années d’interruption, la reprise des corridas et l’achèvement du parc Denis furent à l’origine d’un second projet, présenté par le maire Lartigau, soutenu par le jeune et ambitieux adjoint Eugène Milliès-Lacroix. Sévèrement critiqué par une opposition emmenée par Gabriel Despax et René Sintas qui préféraient des arènes en bois beaucoup moins chères, le projet Lartigau l’emporta, à cause de sa pérennité. Les nouvelles arènes furent inaugurées en mai 1913. Mais en décembre, Lartigau et Millès-Lacroix étaient contraints de céder leurs places à Despax et Sintas…


Marie PENDANX, Les arènes au cœur de la vie locale
De bois ou de pierre, rondes ou ovales, construites en dur ou démontables, les arènes sont immanquables dans le paysage landais et font partie de ces lieux qui participent à la construction d’une culture locale autour de l’Ici.
Les arènes constituent des lieux de rassemblement qui participent à l’ancrage local des pratiques (qu’elles soient culturelles, sportives ou festives), des lieux de vie fréquentés régulièrement ou de façon saisonnière, par les différentes générations. Aussi, dans le sud des Landes, ce lieu fait partie de la vie quotidienne et contribue à la construction d’une identité locale. Utilisées, réinvesties, réappropriées, les arènes font partie du patrimoine et constituent un lieu de vie au gré des différents usages qui en sont faits, à commencer par la course landaise. Effectivement, les arènes constituent le cadre de ce sport de tradition très vivace mais elles accueillent aussi d’autres pratiques tauromachiques comme à Dax.
Éléments du patrimoine landais, les arènes sont partie prenante de la vie quotidienne des habitants surtout en période estivale festive et touristique. Lieu central de la vie locale, elles reflètent une identité culturelle très vive qui se manifeste au moins une fois par an à l’occasion des fêtes patronales. Loin de constituer seulement un patrimoine architectural, ce lieu est bien vivant et peut-être utilisé dans différents contextes durant toute l’année. Faute d’équipements autres ou de moyens, certaines communes confèrent effectivement à leurs arènes de nouvelles fonctions. Les arènes constituent un lieu public spécifique  et un lieu commun symbolique de l’Ici dans tous ces communes. Aussi, lorsqu’elles prennent une dimension plus conséquente tant par leur taille que par les manifestations qui s’y déroulent, elles forment un lieu générique à l’instar des arènes de Dax, construites en 1913 et devenues une « 
plaza de toros ».

De plus, ces arènes se caractérisent par leur polyvalence, d’une part, à l’intérieur de la tauromachie et, d’autre part, parce qu’elles forment un espace de polyactivités. Pour autant, ce lieu polyvalent n’en demeure pas moins sacré à certaines occasions. À l’instar d’autres espaces (salle des fêtes, salle de sports …), les arènes ont donc, dans ce coin des Landes, une fonction populaire, associative et de vitrine. Lieu central de la vie culturelle populaire (au sens de partagé par de grandes masses de population), elles ne sont pas uniquement un lieu d’amateurs de tauromachie  et ont un usage public. Au-delà de leur fonction taurine, elles sont d’ailleurs très souvent mobilisées et utilisées par les associations locales pour constituer des événements festifs ou identitaires qui contribuent à l’animation de la commune.
Ainsi, centre de vie au niveau local, les arènes constituent un lieu et un temps de rencontres, de retrouvailles où se partagent et se transmettent des pratiques qui s’ancrent avec le temps dans l’Ici.


Kévin LAUSSU, Architecture des arènes
Visite sur le site.


Après-midi dès 15 heures

Jean-Pierre LAULOM, Quand la mitre n’aimait pas les cornes
L’attitude des papes face aux « courses de taureaux », parfois étrange et contradictoire, entre Alexandre VI (Rodrigo de Borja, en 1492, très favorable) etsaint Pie V (Michele Ghislieri, cent ans plus tard, très hostile), les interventions des évêques d’Aire au XVIIe siècle, Gilles Boutault portant interdiction formelle avec excommunication, Jean-Louis de Fromentières renouvelant l’interdiction, cette fois-là appuyé par Louis XIV, d’autres actes d’évêques en Aquitaine (Bazas), nous conduiront à étudier comment ces décisions furent reçues et (très mal) appliquées (les gascons sont habiles à ignorer ou contourner les lois qui les contraignent trop dans leurs traditions !).

Sans prendre nullement position dans le débat «pour on contre» les courses de taureaux, il nous faudra essayer d’éclaircir de quelles courses il s’agit (l’acception des XVIe et XVIIe siècles étant très éloignée du sens moderne de la « corrida ») et, surtout, tenter de décrypter les raisons profondes de ces décisions ecclésiastiques, pour comprendre et se faire une opinion, en honnête homme.


Marie PENDANX, Les bandas dans l’arène
Groupes de musiciens mobiles assurant l’animation des fêtes, les bandas en tant que groupes de pratiques culturelles se sont constituées à partir d’héritages de traditions locales (goût de la fête, tradition des jeux taurins, tradition musicale)  et extra frontalières, d’autres éléments essentiels, venus principalement d’Espagne, ayant contribué à cet essor.
Qu’il s’agisse de la course landaise comme de la corrida, l’événement tauromachique est avant tout une fête dans laquelle s’enracinera au fil des ans la banda en assurant l’animation des fêtes estivales. La référence à l’Espagne est effectivement omniprésente, on la retrouve d’ailleurs dans tout le langage de la fête comme dans le répertoire musical joué par les bandas et la « San Fermin » de Pampelune représente le modèle dont toute fête du Sud-Ouest méridional s’inspire. La feria a d’ailleurs constitué l’un des cadres essentiels de l’émergence des bandas au sud des Landes et la musique de rue proposée par ces groupes de musiciens mobiles s’est progressivement imposée dans les arènes. Les liens entre bandas et tauromachies existent et ils se manifestent dans l’arène et autour des arènes. En effet, les bandas assurent le lien entre la fête taurine et la fête populaire de la rue mais de façon différente selon qu’il s’agit de tauromachie espagnole ou de tauromachie landaise. L’accompagnement musical des corridas est très codifié, les bandas assurent une partie de celui-ci, aux côtés de la batterie fanfare et de l’harmonie par exemple lors d’une corrida à Dax, centre indiscutable de la tauromachie espagnole dans Les Landes. De même, la musique est indissociable de la course landaise,  tant dans la pratique que dans l’esprit. A l’intérieur ou autour des arènes, les bandas font partie du mundillo local de la course landaise. Enfin, les bandas peuvent aussi investir certains lieux de la fête de façon exceptionnelle voire extra ordinaire comme le ruedo des arènes de Dax, le dernier jour des fêtes, à la fin de la corrida.
Les bandas participent ainsi à l’élaboration d’une véritable construction territoriale. Celle-ci s’ancre dans la matérialité des lieux et dans la sphère idéelle de leurs images auxquelles s’associe une culture identitaire faite des valeurs sociales présumées du Sud et de la rencontre avec l’Espagne.


Alexis ARRAS, Un nouveau souffle sur les arènes : les années 1960 et 1970
Jean Lacouture dans son ouvrage Signes du Taureau décrit l’atmosphère qui règne dans la cité aux Eaux Chaudes : « Mais quel diable hante donc les arènes de Dax ? Voilà une ville joviale, ouverte, où les hommes sont gais et les femmes belles, une ville où les curistes eux-mêmes osent tâter du confit d’oie, une ville où règnent le rugby et les taureaux et où le chant collectif a pris les proportions d’un rite, une ville en somme qui préfère prendre les choses au tragique plutôt qu’au sérieux. Une cité méridionale allégée de la gravité basque et du pathétique languedocien où, tous les ans, la féria fait exploser, sans frénésie déclamatoire, les règles et les interdits. Au surplus, ville « moyenne » comme on dit maintenant dans les ministères, c’est-à-dire promise au développement et préservée du gigantisme. Qui dit mieux ? [...] Il y a pourtant ce diable des arènes… Pas d’année sans que la Féria de Dax, orgueil des citadins, ne fasse parler d’elle pour quelque anomalie, bizarrerie, scandale… ». Au cœur de l’euphorie des années 1960 et 1970, deux frères favorisent l’émulation qui touche la ville de Dax. Max Moras premier magistrat de la ville et André Moras à la tête de la commission taurine incarnent cette période faste.


Séance du 6 avril 2013 à Mugron  

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mugron (salle de cinéma), sous la présidence de Gilles Granereau. Environ une centaine de personnes.


Hubert DELPONT, Pierre-Arnaud Dartigoëyte, le Landais maudit par l’histoire
Dartigoëyte : à ce seul mot, l’on faisait trembler les petits Gersois comme ailleurs avec l’ogre. Plus tard Taine et localement Cabannes, firent entrer dans l’histoire la légende noire de ce Mugronnais qui fut représentant en mission dans les Landes, les Basses et Hautes-Pyrénées mais surtout dans le Gers et la Haute-Garonne. Mais si l’histoire s’était trompée ? Si, en reprenant les vrais documents, les actes, les faits qui jalonnent la courte carrière de cette courte vie (1763-1812), on s’apercevait que, derrière le Montagnard fort en gueule, Dartigoëyte est rigoureusement le contraire du monstre sanguinaire et lubrique qui hante l’histoire des Landes ?


Bruno CAHUZAC, Géologie et exploitation des carrières calcaires de Mugron
Des carrières de calcaire sableux jaunâtre sont encore visibles à l’ouest du bourg. On y extrayait - jusqu’aux années 1940 - le « Grès de Mugron », pierre dure utilisée pour les constructions ou comme remblais. Il s’agit de dépôts marins de l’ère Tertiaire, époque Oligocène, et datant de l’étage Stampien (soit de 30 millions d’années). Les faciès sont variés : calcaire détritique en plaquettes, ou grès rognonneux, ou roches pétries de Foraminifères benthiques du groupe des Operculines (et quelques Lépidocyclines), parfois présence de terriers de Vers ou de Crustacés. Ces dépôts se sont effectués en zone très littorale, de type bas de plage ou baie, souvent soumise à une agitation notable (courants, vagues, marées), pouvant produire des stratifications obliques. La découverte de coraux récifaux témoigne d’un climat tropical régnant à l’époque. Ces affleurements sont en continuité avec d’autres coupes plus à l’ouest comme le Tuc de Saumon, toutes étant situées sur la bordure d’accidents anticlinaux (dômes d’Audignon et de Louer). Un jugement rendu par Frédéric Bastiat évoque ces carrières dès 1831. Au XIXe siècle, jusqu’à 110 ouvriers y ont travaillé, et cette roche a servi dans plusieurs édifices locaux (ponts de chemin de fer, église, mairie, pont sur l’Adour, vieilles maisons…), puis au début du XXe s. pour les arènes reconstruites, l’hôpital. La présence de « pierre de Mugron » dans des constructions plus anciennes (anciens chai et presbytère, églises d’autres communes) fait remonter cette extraction au moins au XVIIIe siècle, et sans doute bien avant.


Gilles CUSSAC, Les luttes métayères dans les Landes (1900-1946)
L’intervention tente d’établir une typologie des différentes catégories de métayers dans les Landes. Il s’agit aussi de présenter les mouvements sociaux des ouvriers résiniers (mobilisation et modes d’actions) des années qui précèdent directement le premier conflit mondial ainsi que ceux qui éclatent pendant ce même conflit. Les mouvements de 1906 et 1907 ne sont pas traités. Par ailleurs, certaines luttes des métayers landais des années vingt et trente seront abordées.


Pierre LAPORTE, La chapelle funéraire de Mugron
Ouverture, le 6 avril 1805,d’un nouveau cimetière sans clôture efficace contre les bestiaux ; souscription pour les fidèles désirant obtenir une sépulture dans une chapelle à construire sur le cimetière. Construction de la chapelle, de la clôture et de la maison d’un gardien. Violation du décret du 12 juin 1804. En 1818, Campet, nouveau maire, s’oppose aux inhumations dans la chapelle. Conflit avec le curé et avec le Préfet.  Application de l’ordonnance du 12 janvier 1816 (révocation de Campet) et du 23 juin 1819 sur les usurpateurs (le conseil de Fabrique déclaré propriétaire du terrain occupé par la chapelle). Fin du conflit.


Séance du 16 mars 2013 à Mont-de-Marsan  

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mont-de-Marsan (Maison Joëlle Vincens, site Bosquet), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ 80 personnes présentes.


David DUPOUY, La maison de « Bruc » à Roquefort : corbeaux et meneau sur un airial landais
La maison de  Bruc à Roquefort/ un habitat rural de la fin de Moyen Âge (XIVe ou XVe s.).
Mise en évidence  (à l’usage de chercheurs confirmés) d’un habitat rural  médiéval a priori inédit implanté sur un airial landais du Marsan septentrional.La communication se développera en 3 temps : - présentation de l’environnement et de l’implantation de la maison ; - présentation des éléments d’architecture ; - hypothèses : quelle fonction attribuer à la maison ?


Xavier ROBOREL DE CLIMENS, Le château de Campet
Le château de Campet, situé à quelques kilomètres au nord-est de Mont-de Marsan,  était à l’origine un castrum détenu par la famille d’Estang. En 1430, à la suite du mariage de Marie de Bezaudin avec Espaing III du Lyon, il passe dans le patrimoine de la famille du Lyon qui le conservera jusqu’au début du XXe siècle.Dans un hommage de 1475, l’édifice est décrit comme une forteresse puissamment défendue avec tours, courtines, pont levis et canonnières.
Détruit pendant les guerres de Religion en 1570, le château est entièrement rebâti à partir de 1640 selon un plan complexe inspiré de celui du château de Cadillac en Gironde. A côté des bâtiments se développe un vaste jardin conçu à l’origine comme « un jardin d’eau » avec bassins, canaux rectilignes et plates-formes maçonnées appelées aussi « carrés en île ».
À partir de 1835,  l’architecte Augustin Arthaud conduit d’importants travaux d’aménagement intérieur et extérieur : modification de la façade sud, remplacement de l’escalier à degré droit de la terrasse par les deux rampes convergentes actuelles, transformation et modernisation de l’intérieur.
Les jardins sont transformés en jardin à l’anglaise dans les années 1845.


Jeanne-Marie FRITZ, Le fondateur de Mont-de-Marsan : le vicomte Pierre, fils de Loup-Aner
Dans notre héritage contemporain figure notamment la ville de Mont-de-Marsan, chef-lieu du département des Landes. Nous devons sa fondation à Pierre de Lobaner, vicomte de Marsan et comte de Bigorre, vers 1140. Grand seigneur médiéval gascon, homme de son temps, il fut un chevalier au service du duc d’Aquitaine et un chrétien convaincu. L’évocation de sa vie et de son œuvre en Marsan permettra de lui rendre hommage afin qu’il ne soit pas complètement oublié de nos contemporains.


Jean PEYRESBLANQUES, La came crude
Croquemitaine gascon traditionnel étrange : jambe crue, cruelle agresse avec un œil, dont nous avons recueilli une légende étayée par un proverbe de l’abbé Daugé rapporté en 1904. Elle pose le problème d’un mythe original. Une enquête mythologique nationale diligentée depuis un an débouche sur des conclusions inattendues originales et spécifiquement régionales gasconnes.



Assemblée générale du 2 février 2013 à Dax


La Société de Borda retrouvait l’Atrium pour son assemblée générale 2012. M. Gabriel BELLOCQ, maire de Dax, vice-président du Conseil général des Landes, honorait l’assemblée de sa présence et accueillait en des termes chaleureux près de deux cents membres de la Société. Après avoir remercié le premier magistrat de la Ville pour son hospitalité et la mise à disposition gracieuse de la salle de l’Atrium, le président présentait le bilan des activités 2012.


Remerciements

Avant de les décliner sous la forme d’un diaporama, le président insistait sur le fait que ces activités étaient le fruit d’un travail collégial, celui des membres du Conseil d’administration, du Bureau, de la secrétaire salariée C. Courjaud, mais aussi d’une fidèle équipe de bénévoles. Il rappelait que la Société fonctionne aussi grâce au soutien de partenaires institutionnels : la municipalité de Dax et le Conseil général des Landes qui accordent des subventions conséquentes à notre Société. De plus, la Ville de Dax met gracieusement à notre disposition les locaux du premier étage du 27, rue Cazade.


Les réunions mensuelles

Activités fondamentales de la Société, puisque pourvoyeuses des articles qui paraissent dans le Bulletin, elles ont toujours le même succès. Leur fréquentation moyenne est de l’ordre d’une centaine de personnes. Les communications, présentées lors de ces manifestations, bénéficient de la diversité et de la richesse des parcours de nos adhérents et parviennent à faire cohabiter harmonieusement des thématiques d’une extrême variété.

S’appuyant sur une carte de la répartition géographique des réunions mensuelles, le président réaffirme l’un des objectifs de la Société : un intérêt croissant pour le patrimoine landais sous toutes ses formes, sans négliger aucun des « pays », ce qui justifie le pluriel du nom de notre département.


Dans ce contexte, l’année 2012 s’est articulée autour de quatre temps forts :

- Premier temps fort de l’année, la journée d’études dédiée à la commune de Saint-Lon-les-Mines. Organisée par notre vice-président, B. Cahuzac, elle fut suivie par un public nombreux qui découvrit l’originalité du passé minier de cette commune à travers une série de conférences, une visite de ce que fut le site d’exploitation et la présentation du récent musée consacré à l’histoire du village.

- Deuxième temps fort, l’assemblée générale, qui, bien qu’institutionnelle, se veut désormais le prétexte à une animation culturelle et festive s’articulant autour de conférences originales. F. Duhart surprenait et passionnait son auditoire avec son exposé « Le foie gras de canard des Landes, toute une histoire ». L’après-midi, la gastronomie landaise était à l’honneur avec la participation de Jean Coussau, chef étoilé de Magescq.

- Troisième temps fort, la visite de l’écomusée de Marquèze avec la présentation par Hervé Barrouquère et Marie Bilbao de l’exposition « Six pieds sous terre… il y a 3 000 ans : archéologie des Landes de Gascogne » d’une conférence de Thibault Constantin sur « La parure en Aquitaine et dans les Landes à l’Âge du Fer ». La journée se concluait par un parcours commenté du quartier de Marquèze sous l’égide Mme Raguénès, conservatrice de l’Écomusée et d’Hervé Barrouquère.                                   

- Quatrième temps fort, le Congrès de la Fédération Historique du Sud-Ouest dont la Société était co-organisatrice. Émanation de la faculté d’Histoire de Bordeaux, la F.H.S.O. a pour but de fédérer les sociétés savantes autour d’un thème d’études et de maintenir des liens étroits entre l’université et le monde associatif. En octobre, à Hossegor et Dax, des conférenciers venus de toute l’Aquitaine ont abordé la problématique suivante « Voyage(s) et Tourisme(s) en Aquitaine ». Sur les 23 communications présentées, sept l’étaient par des membres de la Société.

Maintenant leur niveau de qualité, les autres réunions mensuelles obéissent  à une organisation plus classique. La Société s’est ainsi déplacée à Mont-de-Marsan (mars), Laurède (avril), Mées (mai) et Aire-sur-l’Adour (novembre), confirmant sa volonté de délocaliser de manière équilibrée ses manifestations et de resserrer toujours plus ses relations amicales avec les associations patrimoniales locales. Le cycle annuel se clôturait à Dax (novembre, décembre), après s’y être arrêté en juin.    

Comme l’an passé, en novembre, Mme Laëtitia Rodriguez, directrice du Musée de Borda, nous faisait l’amabilité d’accueillir plusieurs dizaines de nos membres à une visite privée de l’exposition « Herbiers. Trésors vivants » dans laquelle était présenté le fameux herbier de Thore que la Société a longtemps conservé dans ses archives. Cette manifestation qui se pérennise affirme clairement la qualité des relations entre nos deux entités.


Le bulletin trimestriel

La formule consacrée veut que le bulletin soit la « vitrine de la Société ». C’est, bien sûr, plus qu’une formule : le bulletin reflète la vitalité de la Société, l’implication de ses adhérents et le désir de son comité de rédaction de satisfaire au mieux son lectorat.

Pour l’année 2012, en 522 pages, les bulletins trimestriels ont proposé 19 articles de fond s’intéressant à des sujets aussi variés que l’archéologie, la numismatique, l’histoire contemporaine de Dax à travers ses maires, l’histoire économique (Saint-Lon), les transports (« kas »), l’art (vitraux) ou l’histoire religieuse (clergé landais et la guerre de 1914-1918).

La deuxième partie des bulletins a rassemblé 18 chroniques jouant encore sur la diversité des thèmes divers : botanique, gascon, art et histoire, traditions locales, musée de Borda, présentation de textes et documents, herpétologie, personnage… Le président se félicite par ailleurs d’un regain de propositions d’articles et de chroniques, signe de la vitalité de la Société.


Autres publications

La Société de Borda s’attache depuis quatre ans à publier des ouvrages hors bulletin ou s’associe à d’autres projets d’édition. En septembre 2012, elle a publié les tables décennales (2002-2011), nouvel outil de recherche réalisé par Madeleine Jogan, qui prolongent les Tables générales (1876-2001), éditées en 2004.

La Société a également participé à l’édition des Actes du colloque organisé à Dax en septembre 2009 par Aquitania. Dans un magnifique ouvrage, le professeur Jean-Pierre Bost, administrateur de la Société, a réuni une vingtaine de communications sous le titre : « L’eau : usages, risques et représentations dans le Sud-Ouest de la Gaule et le Nord de la péninsule ibérique de la fin de l’âge du Fer à l’Antiquité tardive (IIeS.a.C-VIe s.p.C.) ».


La bibliothèque patrimoniale

Ouverte au public deux fois par semaine (mercredi et vendredi après-midi), la bibliothèque s’enrichit régulièrement par les dons en provenance d’associations d’histoire locale amies, d’auteurs ainsi que de quelques éditeurs grâce à Luce Grihon, et à nos liens étroits avec la bibliothèque municipale de Dax.


Les archives

Christiane Lesclaux poursuit le reclassement et la cotation des archives, principalement des fonds importants d’érudits locaux. Les archives de la Société ont également pour objectif d’être enrichies. Ce fut le cas, cette année, grâce à l’important don d’un de nos adhérents de Paris, M. Guy Osmont du Tillet : près de 800 lettres datées de la fin du XIXe siècle adressées à son aïeul Gustave Loustalot, député des Landes dans le dernier quart du XIXe siècle, par différents maires et élus du département.  


Fonds iconographique

Disposant d’un très riche fonds iconographique, la Société se doit de le préserver mais aussi de le mettre en valeur. M. Jean-Paul Bouissou continue, méthodiquement et avec rigueur, à reclasser, enregistrer et numériser notre photothèque, soit plus de 3 000 documents. La numérisation permet également de favoriser la recherche et facilite l’illustration des articles du bulletin.  


Communication

Mis à jour régulièrement, enrichi d’informations concernant la vie quotidienne de notre Société, le site Internet permet à chacun d’être informé des programmes, et dates de nos réunions / sorties, de lire le compte rendu des réunions, de demander des renseignements de tous ordres, d’envoyer son adhésion… L’absence de bases de données (pour l’instant) est compensée par le lien Internet avec Gallica (site de la Bibliothèque nationale) qui permet de consulter en ligne les textes publiés dans notre Bulletin de 1876 à 1937.  

Les lettres informatiques n°s 8 et 9 mis en page par Gilles Granereau ont un double objectif : garantir le contact avec nos adhérents…internautes et informer un public le plus large possible étranger à ce jour à notre Société.

La Société a modifié et actualisé son dépliant de présentation accompagné d’un bulletin de souscription.

Communiquer se traduit aussi par une présence régulière de la Société à de nombreuses manifestations. Ainsi, au cours du dernier trimestre de l’année 2012, la Société de Borda participait au Forum des associations, une occasion de présenter la Société aux visiteurs et de vivre un riche temps de partage avec les autres associations dacquoises. Lors de la Journée du Patrimoine, elle a ouvert ses portes. Plus de cinquante personnes ont effectué la visite de notre siège. Plusieurs collégiens ont pu découvrir l’historique de l’Hôtel d’Agès et notre bibliothèque patrimoniale. Au Balcon des artistes, événement municipal culturel qui réunit chaque année peintres, sculpteurs, bouquinistes sur les Bords de l’Adour, la Société a tenu un stand. Notre président honoraire J. Peyresblanques accueillait enfin au siège de la Société quelques membres de l’équipage du Bâtiment Hydrographique le « Borda ».

La Société entretient ses relations amicales et culturelles avec le Musée de Borda, les associations patrimoniales landaises, ou le Parc naturel régional des Landes de Gascogne.


Projets 2013

Ils concerneront cinq domaines :

- des conférences mensuelles : Mont-de-Marsan (mars), avril (Mugron), Arue (septembre), Tartas (octobre), Dax, (novembre, décembre).

- une visite/conférence : Doazit (juin) sur les stèles discoïdales landaises.

- une journée d’étudesen mai consacrée au « Centenaire des arènes de Dax ».  

- trois publications : Max Moras (1907-1984), maire de de Dax, par Alexis Arras ; « Histoire » de Saint-Lon-Les-mines, sous la direction de Bruno Cahuzac, et enfin les Actes du colloque d’Hossegor / Dax (octobre 2012), « Voyages et tourisme en Aquitaine ».

- une visite privée d’expositions proposées par le Musée de Borda.


Bilan financier

Le président précise que le déficit est induit par une stagnation des adhésions (1095 en 2012 pour 1113 en 2011), des subventions et par le maintien du nombre de pages du bulletin, une situation qui devrait trouver une amélioration, la Société ayant obtenu, après négociations avec notre imprimeur, une baisse substancielle des coûts d’impression du bulletin.


Après les rapports moral et financier, qui, soumis aux votes, ont été approuvés à l’unanimité, la parole est laissée aux deux conférenciers du jour :


Le Docteur Alain Dubos, médecin-pédiatre, ancien vice-président de médecins sans frontières, venu tout spécialement à Dax, clôture la matinée par une brillante conférence sur le thème : La mémoire fait-elle partie du patrimoine ?

Surtout connu dans notre Sud-Ouest pour sa très riche production romanesque qui plonge ses racines dans le terroir landais, le conférencier, - pour répondre à cette interrogation et illustrer son propos -, embarque son auditoire vers l’Amérique du Nord, à la rencontre de nos « cousins d’Amérique », la communauté francophone des Acadiens au destin tragique qui eurent à combattre pour leur survie, la défense de leur langue, de leur droit et de leur culture. Évoquant la tragédie (trop souvent oubliée en France !) de ce peuple meurtri par la déportation de milliers de personnes ordonnée en 1755 par le pouvoir anglais, l’écrivain engagé démontre avec une grande force de conviction la nécessité absolue de défendre la langue française et la francophonie contre toutes les atteintes qu’elle subit actuellement...

Avant le déjeuner à la Brasserie de l’Atrium, place est faite à une séance de dédicace, le temps de plaisanter et de poursuivre le dialogue avec le passionnant (et passionné !) Conférencier.  


L’après-midi, Gilles Granereau intervient comme « citoyen indigné » face à un certain affichage médiatique catastrophiste gravitant autour du sujet du climat, et de la possible responsabilité de l’Homme quant à ses dysfonctionnements.

En s’appuyant sur des éléments incontestables, l’auteur montre que notre passé historique et préhistorique a connu des évènements climatiques parfois paroxysmiques, sans que l’on puisse alors imputer ces aléas à l’Homme. Qu’il s’agisse des périodes chaudes précédant ou du début de notre ère, du maximum médiéval survenu vers l’an Mil, ou bien encore de périodes froides souvent accompagnées de tempêtes destructrices, le climat semble plutôt suivre des cycles au sein desquels l’activité humaine ne joue qu’un rôle tout au plus marginal.

À ce jour, aucune preuve sérieuse de la relation entre l’augmentation du gaz carbonique (le CO2) et l’augmentation des températures n’a été apportée ; a contrario, les preuves de l’inexistence de cette relation sont nombreuses, l’une des plus flagrantes étant la stagnation, voire la baisse des températures depuis 1998.

Abordant le pourquoi du positionnement plutôt dogmatique de notre société sur le sujet, l’auteur présente des éléments susceptibles d’apporter un éclairage sur cette question : le marché du Carbone, le système de quotas d’échanges, les taxations (notamment Carbone) constituent les éléments visibles d’une vaste manipulation fondée sur des éléments scientifiques douteux, voire tronqués. Tout cela suscite l’indignation : pourquoi imposer au citoyen, à l’industriel, toutes ces restrictions financières alors que le phénomène qu’il est censé provoquer n’est même pas fondé ?

À travers cet exposé est présenté le livre qui est en vente à la Société de Borda :

GRANEREAU G., 2012. L’affaire climatique. ICN, Orthez. 106 p., 12 €.

Site Internet : http://www.affaireclimatique.fr/


Séance du 19 janvier 2013 à Parentis-en-Born

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Parentis-en-Born (salle administrative), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ 70 personnes présentes.

 

Emmanuel LABAT, Des Navarrais vicomtes de Maremne à la fin du Moyen Âge

À la fin du Moyen Âge, dans le royaume de Navarre en pleine crise avant son annexion par la Castille, un petit noble, Lope de Baquedano, parvient à obtenir d’Alain d’Albret, père du dernier roi, des droits et des seigneuries dans les Landes. Il devient notamment vicomte de Maremne.

Auparavant il a mené une vie plutôt tumultueuse profitant de l’état d’anarchie du royaume. A sa mort son fils lui succède dans ses seigneuries landaises mais elles lui seront contestées par les Albret. La famille restera cependant en Gascogne jusqu’au XVIIe siècle.


Jean-Jacques FENIE, Une scène landaise du peintre Roganeau au Musée d’Aquitaine

À Bordeaux, parmi les quatre toiles de l’ancien Athénée municipal installées en 2011 au Musée d’Aquitaine figure une ample composition du peintre François-Maurice Roganeau (1883-1973). Élaborée pour la célèbre Exposition des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925, elle représente la forêt landaise. À côté de personnages convenus du pinhadar laborieux propres à l’iconographie de la Belle Époque ou des années 1920 figurent des personnages plus étranges. Tant par l’attitude que par leur identité même, ils donnent à cette scène rustique une dimension onirique et légèrement décalée. Au premier plan, un artiste rêveur taquiné par un faune est généralement identifié à Jean Cocteau. Est-ce bien lui ? N’y aurait-il pas d’autres correspondances landaises ?


Gilles DUBUS, Naissances, mariages et sépultures à Parentis-en-Born de 1692 à 1698

La communication est basée sur l’analyse de cent dix-sept feuillets des registres paroissiaux rédigés entre les années 1692 et 1698. Ces registres sont les plus anciens de la commune : ils contiennent 379 actes de baptêmes, de mariages ou de sépultures. Notre objectif est d’identifier les noms de familles des Parentissois, ainsi que les prénoms qu’ils donnaient à leurs enfants. On observera également les mariages et les sépultures.


Christian ERNANDORENA, La Révolution nationale dans les Landes

Comment le régime de Vichy a t-il été perçu dans les Landes ? L’opinion landaise s’est elle ralliée à la Révolution nationale ? L’analyse des documents d’archives permet de mettre en évidence un département qui refuse la collaboration et la politique réactionnaire du gouvernement de Vichy.

Toutefois, si la germanophobie est forte, l’engagement dans la Résistance reste le fait d’une petite minorité, la majorité des Landais étant plutôt attentiste.






Comptes rendus des réunions 2011

Comptes rendus des réunions 2010

Séance du 18 décembre 2010 à Dax

La séance a eu lieu à 14 h, à Dax (salle n°2 des halles), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Une centaine de personnes présentes.


Commémoration du 350e anniversaire de la mort de saint Vincent de Paul


Jean-Pierre SUAU et Monique Hubert-SERRIS, Les représentations de saint Vincent de Paul dans les vitraux landais (XIXe - XXe s.)

Une enquête en cours sur l’ensemble des vitraux landais des XIXe et XXe siècles,  menée depuis quelques années par des membres bénévoles des ‘Amis des églises anciennes des Landes’, devrait permettre, comme dans cette communication consacrée aux représentations de saint Vincent de Paul, de tirer un certain nombre de considérations ou de conclusions provisoires. En dehors des deux seuls grands cycles du Berceau de Saint-Vincent-de-Paul (atelier Gsell-Laurent, 1864) et de l’église paroissiale de Saint-Vincent-de-Paul (atelier des Mauméjean, après 1923) - qui ne seront pas étudiés ici, la centaine de représentations inventoriées dans le département nous renseigne sur leur répartition géographique et chronologique (entre 1855 et 1994 environ) : avec une très forte production (38 %) entre 1874 et 1905, témoin localement du renouveau du culte du saint et de l’expansion du vitrail en France.

Tous ces vitraux, qui suivent des cartons différents selon les ateliers de peintres verriers, et dont on s’efforcera de retrouver quelques modèles gravés, insistent sur la Charité du saint, essentiellement représenté en pied ou sous forme de scène, plus ou moins complète comme dans les vitraux de l’atelier bordelais de Gustave-Pierre Dagrant (1839-1915), auteur de plus de 30 verrières entre 1879-1915, et qui diffusera le plus souvent les mêmes cartons. Quelques exemples plus contemporains montreront le renouvellement du thème, comme dans le vitrail de Jean Lesquibe (1910-1995) pour l’église de Téthieu, en 1953.


Vincent MATÉOS, Iconographie de saint Vincent de Paul à travers les objets cultuels

La représentation de Saint-Vincent-de-Paul sera faite à travers les objets cultuels : bannières de procession, calices, retables, peinture, tableaux, sculptures et statuaire.

La canonisation de Saint-Vincent-de-Paul en 1737 va créer de nombreux lieux de dévotions  et de pèlerinages dans le département des Landes qui luiseront consacrés, permettant ainsi une production de mobiliers liturgiques qui vous sera présentée à travers un diaporama.


Marc LARGE, Vincent de Paul en bande dessinée

Marc Large, dessinateur de presse, présentera Vincent de Paul en BD. Il expliquera l’important travail de recherches (archives, costumes, décors, habitudes de l’époque) qu’il a dû effectuer pour que la mise en scène n’ait pas d’anachronisme ; très attaché à la laïcité, intéressé non par l’homme d’église mais par l’humanité de Vincent, l’auteur souhaite mettre en avant l’aspect social du personnage, son engagement, ses prises de risque par rapport au pouvoir, son aide humanitaire.


 Séance du 27 novembre 2010 à Dax

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des halles), sous la présidence de Bruno Cahuzac. Une centaine de personnes présentes.


Bruno DECRIEM, Vincent Moulia, victime et héros du conseil de guerre de Maizy sur le Chemin des Dames en 1917

Vincent Moulia, caporal landais du 18eme Régiment d’Infanterie, a combattu héroïquement sur les principaux champs de bataille de la Première Guerre mondiale ( Charleroi, Verdun, Chemin des Dames). Pourtant, suite aux mutineries de 1917, il est condamné à être fusillé. A la suite de circonstances extraordinaires, il s’enfuit et devient le seul condamné à mort évadé de la Grande Guerre. L’étude de son procès désormais librement communicable, permet de dénoncer l’inhumanité et l’arbitraire de ces tribunaux militaires en temps de guerre dont Vincent Moulia fut, malgré lui, la victime… puis le héros.


Marie-Claire DUVIELLA, De la Révolution à la Restauration, un oublié de l’histoire : le député capbretonnais Jacques-Thomas Lahary

Très méconnue à Capbreton et dans les Landes est l’étonnante carrière politique de Jacques-Thomas Lahary (Capbreton, 1752 - Pau, 1817). Juriste de formation, ce Capbretonnais, avocat et homme de loi à Bordeaux, s’engagea très vite dans la Révolution. Il occupa diverses fonctions à responsabilités à Bordeaux et en région bordelaise, avant d’être  nommé par Louis XVI secrétaire général du Sceau et de la Justice. Élu après sa démission procureur général de Bayonne, il y fut deux fois emprisonné sous la Terreur. Resté peu de temps agent national du district de Dax, il occupa ensuite le poste de commissaire du Directoire en Gironde jusqu’à son élection au conseil des Anciens. Il participa activement au coup d’État du 18 brumaire, fut nommé au Tribunat dès sa création et coopéra à la rédaction du Code civil. Membre de la Légion d’Honneur et titré chevalier, à la suppression du Tribunat il entra au Corps législatif et y siégea jusqu’à la chute de l’Empire. Il fut alors nommé à la Chambre des Députés des départements sous la première Restauration et refusera un poste de conseiller à la Cour royale de Pau où il décède en 1817.


Bruno CAHUZAC, Le Dacquois Joseph-Alexandre Duverger (1825-1900) entomologiste, numismate et conservateur du musée de Borda

À l’occasion d’une récente convention de dépôt (à la Société de Borda, puis à la Soc. Linnéenne de Bordeaux) de la riche collection d’insectes de J.-A. Duverger proposée par ses héritières, une présentation de ce Dacquois méconnu est réalisée. Entomologiste averti, il parcourut les Landes à la recherche d’insectes et découvrit notamment dans des mares du secteur de Dax une espèce nouvelle de coléoptère aquatique, qui lui fut dédiée sous le nom d’Acilius duvergeri Gobert, 1874, espèce type du sous-genre Homoeolytrus. Très actif à la Société de Borda, il fut assidu aux réunions, lut certains comptes rendus du Conseil, et publia dans le Bulletin deux notes de numismatique, ainsi que la transcription d’un acte notarié du XIVe siècle. Il réalisa des moulages de nombreuses monnaies, qui furent notamment exposés lors du Congrès Scientifique de 1882 à Dax. Il fut conseiller municipal de Dax de 1870 à 1879, et souvent élu « secrétaire du conseil ». Sa charge principale fut d’être nommé conservateur du musée de la ville, d’abord en 1871, puis à nouveau en 1879 et ce, jusqu’à son décès en 1900. Il fut aussi maître « vénérable » de la loge maçonnique dacquoise « La Sobriété » entre 1867 et 1892.


Jean-Paul LAGARDÈRE, Les poissons qui parlent

Le développement des écoutes sous-marines, durant la deuxième guerre mondiale, est le point de départ des découvertes sur l’origine biologique de certaines sources sonores captées dans les milieux aquatiques. Parmi elles, les poissons ne sont pas les derniers à produire des sons de forte intensité. À la différence des oiseaux et des mammifères, pour lesquels l’évolution n’a sélectionné qu’un seul modèle de production de sons, les poissons ont développé de très nombreux systèmes anatomiques capables de propulser des ondes sonores dans leur milieu. Pas très mélodiques, les concerts qu’ils donnent à entendre mais plutôt des compositions rythmées dont la durée et l’intensité sont codées avec précision.

Le pourquoi de ces émissions sonores s’élargit peu à peu au fil des recherches. Il y a d’abord la défense du territoire, de la nourriture où les sons viennent renforcer le comportement agressif. La reproduction elle aussi s’accompagne d’un bon nombre de manifestations sonores, les unes indicatrices de la qualité du géniteur, les autres incitations à la ponte ou à la découverte du lieu de ponte. L’identification de l’espèce ou du sexe passe aussi parfois par le canal sonore. Enfin, la cohésion du groupe peut utiliser le son pour porter à la connaissance des autres la localisation relative de chaque individu, surtout dans des conditions de manque de visibilité.


 Séance du 23 octobre 2010 à Dax

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°2 des halles), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Une centaine de personnes présentes.


Maurice GASSIE, Les croix de la saint Jean, hier et aujourd’hui en Pays landais

La croix de saint Jean, attestée chez nous au moins depuis de XIIe siècle, serait-elle un marqueur de notre identité gasconne ? C’est ce qu’on pourrait extrapoler de l’étude du grand folkloriste Van Gennep qui nous révèle la localisation géographique de la croix accrochée à la porte d’entrée des maisons, mais aussi des étables et des chais. Ce folklore « savoir du peuple » paysan, familial et féminin se perpétue en 2010 sous d’autres formes. Les musées du patrimoine ont mis la croix de saint Jean au programme de leurs animations pédagogiques. Mais en changeant de nature la croix change de fonction et devient manifestation collective, festive, religieuse ou non. Une croix est restée immuable dans le temps, localisée dans l’espace à la région dacquoise, élaborée avec dextérité en moelle de jonc par Arlette Gatuingt ; mais le mystère de son origine demeure…


Madeleine JOGAN, Théodore Denis, député-maire de Dax (1858-1908), ses débuts politiques

Le nom de Théodore Denis est attaché au Parc des arènes de la ville de Dax. Avocat à Dax, Théodore Denis fut une personnalité politique très populaire à Dax entre la fin du XIXe siècle et la première décennie du XXe siècle. Député de la première circonscription de Dax d’août 1893 à juin 1908, maire de Dax d’octobre 1894 à novembre 1895 et de novembre 1899  au 27 juin 1908, date de son décès dans l’exercice de ses mandats, il fut mêlé aux débats politiques de son temps.   

La communication évoque son milieu familial, son enfance et sa jeunesse à Dax et à Bordeaux, sa « foi » républicaine et son entrée dans la vie politique locale, en tant que co-fondateur et rédacteur en chef du Dacquois en 1882, puis, en 1887, en tant qu’adjoint du maire de Dax Raphaël Milliès-Lacroix, dont il fut l’ami et le confident.

Son action parlementaire et municipale de 1893 à 1908 fera l’objet d’une présentation ultérieure.  


Jean PEYRESBLANQUES, Dax et les mouvements de troupes au XVIIe siècle

Pendant toute la fin de l’Ancien Régime, Dax occupa une place essentielle dans le verrou français pyrénéen occidental, en particulier comme ville étape. Les archives de la ville sont très explicites. Au XVIIe siècle les troubles liés à la Gabelle et à la Fronde épuisèrent le pays. La ville souffrit beaucoup du passage des troupes malgré ses privilèges.


Séance-sortie du 25 septembre, à Uza

Par une de ces belles journées que l’automne commençant sait réserver à la Gascogne, une foule nombreuse de participants répondit à l’initiative conjointe de la société de Borda et de mémoire en Marensin le 24 septembre 2010. Quasiment située sur la limite géographique entre le pays de Born et le Marensin, la salle des fêtes d’Uza rassembla des auditeurs si nombreux qu’il fallut toute l’ingéniosité des organisateurs pour parvenir à faire asseoir ce public intéressé, souvent même captivé par les conférenciers.


Uza, un nom dont l’origine reste mystérieuse en dépit de plusieurs conjectures savantes, mais aussi le gisement d’une histoire séculaire dont quelques filons furent mis à jour pour le plus grand bonheur des auditeurs. Jean-Jacques Taillentou, président des deux associations organisatrices, rappela fort opportunément la géographie des lieux et souligna la singularité de ce petit village des Landes avant de laisser la parole aux deux conférenciers de la matinée.


Le premier, Frank LALANNE-GRUEY, dans sa communication intitulée « Les seigneuries en pays de Born » nous entraîna, avec une passion qui n’interdit jamais une remarquable précision, dans l’histoire des maisons nobles de ce pays de Born qu’il nous fit parcourir du Sud au Nord, jusqu’aux confins du pays de Buch. Entraînant son auditoire de château en château, esquissant à grands traits le fonctionnement administratif de chaque époque, le conférencier montra que le pays de Born fut, pendant les deux siècles précédant la Révolution, dans l’orbite de Bordeaux et de la Guyenne.


Ensuite, par une focalisation toute naturelle, Marguerite FIGEAC, alliant avec bonheur l’érudition de l’universitaire et la pédagogie de l’enseignant, évoqua la mise en valeur des Landes aux XVIIIe et XIXe siècles, à travers l’exemple des Lur-Saluces. La communication, précise et argumentée, permit de découvrir l’essor industriel de la fin du XVIIIe siècle. À Uza, l’homme domestiqua l’eau pour en faire une force motrice, du pin il fit du charbon, de la garluche il tira le fer. C’est cette aventure industrielle que la famille comtale de Lur-Saluces voulut et accompagna, pour faire du marquisat d’Uza un centre sidérurgique employant dans ses forges plusieurs centaines d’ouvriers, logés sur place. Aussi, au milieu du XIXe siècle, le domaine était depuis longtemps en accord avec les orientations économiques et sociales du Second Empire et, comme  Napoléon III en d’autres lieux des Landes, le marquis éponyme fit construire l’église et le presbytère puis obtint la création de la commune d’Uza, qu’il dota d’une mairie et d’une école.


Mis en appétit par ces instructives explications, les auditeurs se retrouvèrent, après le repas, renforcés par de nouveaux venus, pour la visite du site industriel, du parc du château et de l’église d’Uza ; le nombre imposa la formation de deux groupes, obligeant nos guides talentueux à réitérer leur prestation. Le comte Alexandre de Lur-Saluces non seulement accueillit sur ses terres, mais aussi guida, avec un sens consommé de l’hospitalité, cette foule avide de connaître et de comprendre la singulière épopée d’une famille aristocratique totalement engagée dans le développement d’un territoire. Assisté de Monsieur Autefage, un des derniers ouvriers des forges, à la mémoire précise et aux connaissances sûres, le maître des lieux fit revivre l’histoire d’un site où, par la force maîtrisée de l’eau et la sueur des hommes, le minerai  en fusion devenait boulets de canon, pièces de rechange pour le chemin de fer ou encore plaques de cheminée. Refaisant le trajet quotidien du maître des forges, le groupe longea son logis et arriva devant le château, où il reconnut sans peine la motte féodale et la basse-cour présentés le matin même et enfin la demeure, dont le maître des lieux résuma l’histoire. Puis, ayant pris congé de notre hôte, par une allée où crissaient sous les pas d’étranges galets, aux reflets irisés, vestiges de l’œuvre du feu dans les forges, nous arrivâmes devant l’église, imposante, en mesure d’accueillir près de trois fois la population actuelle du village. Devant le portail, Jean-Jacques Taillentou, en professeur d’histoire bienveillant, présenta l’édifice et souligna la présence, sur les portes ou même en guise de bordures, de la fonte produite sur place. Mais c’est à l’intérieur que l’église réservait ses plus belles surprises. Partout, du chemin de croix aux candélabres, l’acier et la fonte, finement travaillées par les meilleurs maîtres du temps, célébraient le mariage de la sidérurgie de l’art. Et, pour finir par le meilleur, le guide nous entraîna vers le bas-côté où trois statues très anciennes et un décor peint rappellent la passionnante histoire de la chapelle de Contis, de la dévotion à Marie-Madeleine et d’un antique culte de la fécondité, auquel l’église mit fin dans un siècle où triomphait la raison. Pimentée d’anecdotes et des souvenirs de Monsieur Autefage, la visite nous rappela que, dans ces lieux où la modernité avait très tôt déployé un grandiose appareil industriel, depuis la nuit des temps les hommes composaient avec les forces de la nature.


Comme en bien d’autres lieux où la société de Borda un jour ou l’autre installa les tréteaux de la réflexion, la journée à Uza illustre bien la  diversité du patrimoine landais,dont chacun peut s’enrichir pour peu qu’il veuille bien s’arrêter pour le comprendre et l’aimer.


Jean-Pierre BRÈTHES


 Séance du 19 juin, à Mont-de-Marsan

 

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mont-de-Marsan (auberge landaise), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Soixante-dix personnes présentes.


Jeann-Marie FRITZ, Les paysages de la région de Roquefort au début du XVIe siècle, d’après le terrier de la Maison noble de Laporte de 1514

Le terrier de la Maison noble de Laporte à Roquefort, réalisé en 1514, à la demande d’Hugues de Galard, baron de Brassac alors coseigneur de Roquefort, est le plus ancien terrier des Landes. Ce très beau document, exceptionnellement bien conservé, permet de reconstituer les possessions de cette seigneurie. Les terres comprennent six quartiers de la paroisse de Roquefort, situés hors des murs de la ville, avec leurs caractères particuliers, dont l’un, Julartigues, est dominé par la quasi-monoculture de la vigne. Dans les paroisses environnantes, d’autres paysages s’individualisent, sur Sarbazan, Guinas, Bostens, Lucbardez, Agos (Bougue), Carro et Corbleu, Malartic (St-Martin de Noët). Ainsi peut-on aujourd’hui mieux appréhender les différentes cultures de la région roquefortoise et leur mode de faire-valoir.


Christian LACROUTS, Jean-Baptiste de Saintourens, un homme des lumières, né et mort à Tartas (1771-1849)

Sous le titre « Sommaire des ouvrages du sieur Saintourens », une longue quête a permis de reconstituer partiellement un ensemble important de publications de ce personnage, éditées dans plusieurs journaux et revues de l’époque.

Les Landes au début du XIXe siècle s’emparent des idées du siècle des Lumières, et entreprennent une révolution culturelle conséquente. Une transformation radicale des méthodes d’exploitation rurale ouvre la voie aux expérimentations nouvelles, défrichements, assainissements des marais, plantations de pins, culture du mûrier, élevage du mouton… avec le concours et l’aide appréciable de la Société d’Agriculture, arts et commerce des Landes.

Les « écrits » de J.-B. Saintourens offrent une réflexion inédite sur les mœurs, us et coutumes des Landais entre 1800 et 1840.


Jean BOUHEBEN, Les Landes et l’Aquitaine d’hier et d’aujourd’hui. Quel avenir pour ce territoire dans le cadre de l’Union européenne ?

Après un bref rappel historique de l’Aquitaine et des Landes, l’auteur présente le territoire aujourd’hui, intégré au sein d’une Union Européenne de 27 membres dont 8 comptent des régions autonomes dynamiques comme la Communauté autonome basque (Euskadi), la Navarre, ou encore la Catalogne ; dans ce contexte, quel avenir pour l’Aquitaine ? à cet effet, l’auteur propose un schéma territorial en phase avec les régions situées sur l‘autre versant pyrénéen et donc mieux à même de dialoguer avec elles ainsi qu’avec les institutions européennes.


Vincent MATEOS, L’architecte de l’ombre, Léonce Léglise

Léonce Léglise, architecte résidant à Mont-de-Marsan, est peu connu du grand public. Cet architecte sur une planche à laver en bois œuvrera de 1900 à 1930, dans plusieurs communes du département des Landes et limitrophes en laissant  des exemples d’une époque et d’une architecture. De nombreuses réalisations sont encore visibles de nos jours. Brocas est probablement son œuvre la plus marquante : mairie, école, église, bains-douches, maisons d’ouvriers et villas. Dès 1900, il se voit confier la réalisation de plusieurs villas. À Mont-de-Marsan, la villa Mirasol en 1912 et une partie de son décor intérieur sont de L. Léglise.


Sortie-réunion du 29 mai 2010, à Gabarret

 

La séance a eu lieu à 14h 30, dans l’ancienne salle de cinéma, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, devant un public d’environ quatre vingts personnes.


Dominique MARSAULT, Aux origines de l’internat du collège public de Gabarret

A la rentrée de l’année scolaire 1954-1955 est nommé comme directeur de l’école primaire publique de garçons de Gabarret,un jeune instituteur du nom d’Albert Bonneau. Grâce à sa volonté d’offrir au plus grand nombre d’élèves la possibilité de poursuivre des études supérieures, il fait ouvrir un cours complémentaire dans son école(future 6ème) dès la rentrée 55 et l’année scolaire suivante, en 1956,il décide avec sa famille, d’accueillir dans son logement de fonction,les premiers internes.


Hélène BULFONI, Le réseau de résistance « Wheel Wright » en Gabardan (1942-1944)

«La vertu est la plus belle parure de la jeune fille» est un ouvrage né de la passion d’un chef d’établissement pour l’Histoire.

Au hasard de ses promenades dans la campagne gabardane, Monsieur Marsault découvre des stèles commémorant des activités de résistance locale. En tant que professeur d’Histoire, il m’informe de ses découvertes et m’interroge sur ce sujet. Ma seule réponse est le film de J.-M Barrère, « Robert et les Ombres ». Nous décidons alors d’approfondir le sujet, le projet d’un livre naît.

Cet ouvrage, réalisé par deux générations d’élèves de troisième, retrace l’Histoire de la résistance dans le canton de Gabarret de 1940 à 1944 : la naissance de la résistance, les réseaux, le SOE, les parachutages, les événements tragiques, la libération. Le titre fait référence au message reçu lors du troisième parachutage dans la nuit du 4 au 5 janvier 1944.

Nous avons certes utilisé les sources classiques : livres, revues, documents d’archives. Mais, compte tenu que cet ouvrage s’inscrit dans un contexte local, nous avons surtout exploité les fonds personnels collectés auprès des acteurs du réseau et de leurs familles et les témoignages recueillis auprès d’anciens résistants.


Jean-Louis GARDÈRE, Approche ethnologique du peuplement du Gabardan dans la période pré-romaine

Le point de départ de mon travail se situe sur l’incroyable main mise de l’univers romains dans notre environnement. Cette contrée entre deux eaux (Garonne et Adour) et entre deux terres (sable de la Lande et terre d’Armagnac) suscite l’intérêt pour l’homme de la protohistoire.

Dans la Guerre de Gaules de César, le Sociate se distingue des autre tribus du nord de la Garonne « …Influence Celtique, Ibérique, Grecque, Phénicienne, Echanges commerciaux, Volques Tectosages de Toulouse, Chasse, Pêche, Agriculture, Elevage, Nourriture, Langage, Habitat, Sources, Fontaines, Structures Sociales, Pratique Funéraire … » Notre société aurait-elle oublié les pratiques des anciennes civilisations en évoluant dans la culture latine ?

Si les somptueuses villa gallo-romaines témoignent de l’élite de la population à cette époque, comment vivaient-ils, eux et leurs pères ? De l’âge du Fer au Bronze, remontons l’histoire de nos ancêtres et, au fil des recherches et découvertes, observons le présent, notre passé est là.


Grégory CHAMPEAUD, Henri de Navarre (Henri IV) et « le païs de Lanes »

Evoquer Henri IV et les Landes peut paraître surprenant puisque le Béarnais, en tant que roi de France, ni à jamais mis les pieds. Quittant son sud-ouest natal à la fin des années 1580, Henri de Navarre ne revient plus sur les terres de ses ancêtres. Pourtant, les liens entre ce personnage et ce qui deviendra par la suite le département des Landes sont nombreux. Il s’agira de montrer leur diversité en évoquant notamment le « tourbillon équestre » qui caractérisait l’activité de celui qui n’était encore que le gouverneur de Guyenne.


Séance du 17 avril 2010, à Peyrehorade

La séance a eu lieu à 14h 30, en la salle voûtée du château de Montréal, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, devant un public d’environ quatre vingt-dix personnes.


Maritchu ETCHEVERRY, Vivre à l’abbaye Sainte-Marie d’Arthous au XVIIIe siècle

Fondée vers 1167, l’abbaye d’Arthous prospère rapidement, à la faveur des donations et privilèges. Sa communauté de chanoines contrôle un vaste territoire dédié aux cultures et troupeaux. Ravagé durant le XVIe siècle, l’établissement est reconstruit. Les religieux y vivent alors simplement, grâce aux récoltes et à l’élevage. L’inventaire de 1791 mentionne de nombreuses dégradations, des biens matériels modestes et des bâtiments dévoués à des fonctions agricoles : écurie, bergerie, basse-cour, chai, four à pain… La Révolution entraîne le départ des derniers chanoines et la fin de la vie religieuse au sein de l’abbaye.


Jean-Pierre MABILLE, Le percement du tunnel de Habas

Le tunnel ferroviaire de Habas est établi entre les gares de Misson-Habas et Puyoô. Il a été construit en 40 mois, de mars 1861 à juillet 1864, pendant lesquels les modes d’exécution ont subi de profondes modifications en raison de la nature des terrains rencontrés. La construction de la ligne fut partagée en six lots, le percement du tunnel représentait le lot n°6. La moitié de l’ouvrage, côté Puyoô, se trouve dans des argiles, l’autre partie dans des sables. Lors du percement, la rencontre de sable boulant côté Dax a nécessité la réalisation de deux tranchées drainantes destinées à assurer un rabattement des nappes phréatiques.


Vincent GUICHENUY, Portraits méconnus et inédits d’évêques de Dax

François et Gilles de Noailles, deux frères, furent successivement évêques de Dax au XVIIe siècle. Ce détail original de l’histoire du siège épiscopal a été déjà remarquablement étudié par l’abbé Degert. De ces deux illustres personnages, on ne connaissait longtemps qu’une gravure représentant l’aîné, François. Au début du XXe siècle, ont été redécouverts des tableaux de ces prélats réalisés par le peintre Jean-Baptiste Oudry.

D’autre part, une galerie des évêques, autrefois exposée, demeure dans les archives de la cathédrale de Dax. Elle contient des portraits peu connus et, pour ce qui concerne les Noailles, une gravure intéressante du frère cadet Gilles.

Enfin, un portrait méconnu de Mgr de Suarez d’Aulan permet une comparaison avec celui que possède l’Hôpital thermal de Dax.


Inaki ZUBILLAGA, Rolandet de Sorde

La commune de Sorde se trouvant au milieu de deux gaves a laissé à travers la Préhistoire, l’Antiquité et le Moyen Âge une innombrable quantité de trouvailles. Charlemagne est un des personnages qui a marqué son passage par des chartes, des fondations et le pèlerinage. Légende, réalité, fiction…


 Séance du 20 mars 2010, à Liposthey

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Liposthey (salle du foyer rural), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence de M. Christian Harambat, maire de Liposthey, devant un public de près de 90 personnes.


Guy CHAMPAGNE, LIPOSTHEY 1859. Naissance d’une commune

Après la Révolution de 1789, le territoire français étant découpé en départements, districts, cantons et communes, ces dernières furent créées pour la plupart sur la base des plus petites unités administratives rurales de l’Ancien Régime, les paroisses. Cependant certaines paroisses n’accédèrent pas au rang de commune. Ce fut le cas, entre autres, de Liposthey qui, après quelques tâtonnements de l’autorité départementale, fut englobée dans la commune de Pissos comme simple section, contre le gré de ses principaux habitants. Ceux-ci revendiquèrent inlassablement pour leur communauté le statut de commune à part entière et finirent par obtenir satisfaction en 1859. La chronique de cette longue lutte montre que le litige, sa durée, sa solution finale sont liés aux réalités économiques propres à cette région et à leur évolution au XIX° siècle.


Guy LATRY, Au crible de Babé : Félix Arnaudin et Elisabeth Plantié (Ychoux, 24 mars 1826)

Native d’Ychoux, Elisabeth Plantié, dite Babé, est, à Labouheyre, la métayère et la voisine de Félix Arnaudin sur l”airial du Monge. Bien plus, elle est celle à qui le folkloriste demande de juger de l’authenticité des chansons populaires qu”il recueille : relation privilégiée, qui ne va pas sans tiraillements (Arnaudin envisagera même de ne pas la faire figurer sur la liste des “fournisseurs” du tome I des Chants populaires de la Grande-Lande en 1912).


Emmanuel LABAT, Un épisode de la Guerre de Cent Ans dans la Grande Lande : la prise du château de Belhade au XVe siècle

La Guerre de Cent Ans a été un moment important de l’Histoire des Landes puisque avec la victoire du roi de France, elle marque le retour de ce territoire dans le giron capétien. Les dernières années du conflit sont marquées par des campagnes militaires dans le Sud-Ouest de la France, dernière région à résister à l’avance de Charles VII. Si les grandes batailles et les sièges de grandes villes sont assez bien connus, il est encore difficile de découvrir une autre part de ce conflit, les petites expéditions militaires et prises de châteaux moins importants. La présente communication proposoe de jeter un éclairage sur la Grande Lande dans la dernière partie de la Guerre de Cent Ans.


Jean-Pierre MÉRIC, Se marier à Cabanac-et-Villagrains : un art de vivre paysan sous le Second Empire

Désintérêt des contemporains et rareté des sources font que la vie quotidienne des paysans sous le Second Empire, dans la lande du sud Gironde, est assez mal connue. La poursuite d’un travail de recherche entrepris, voici plusieurs années, sur la commune de Cabanac-et-Villagrains, dans le canton de La Brède, nous amène à présenter une synthèse partielle de l’exploitation des actes et des contrats de mariage, et des rares inventaires après décès des habitants de la campagne du Cernès. C’est par le truchement de ces documents, et de quelques rares dessins de Léo Drouyn, que nous pouvons approcher une réalité baptisée pompeusement « art de vivre paysan ».


Bernard TRAIMOND, Deux anthropologues dans les Landes : Lévi-Strauss et Berque

L’un et l’autre anthropologues, chercheurs de la même génération,  professeurs dans la même institution, le Collège de France, Jacques  Berque et Claude Lévi-Strauss ont, pour des raisons très différentes, bien connu les Landes. Le premier, dès son enfance revenait à  Saint-Julien dans la maison de ses ancètres où il est mort. Le second,  nommé professeur de philosophie au lycée de Mont-de-Marsan, avait  plusieurs liens avec les Landes entre son grand-père et ses amis même  s’il n’invoque que son séjour montois.


 Assemblée générale du 13 février 2010, à Dax

L’assemblée générale a eu lieu à l’Atrium de Dax, le choix de ce lieu répondant à un double objectif : offrir aux adhérents un cadre agréable et confortable mais aussi leur permettre de visionner dans des conditions techniques optimales le film prévu l’après-midi.

Plus de 150 personnes étaient présentes le matin lors de la présentation du bilan de l’année 2009, l’affluence était double l’après-midi.

La journée a été dédiée à la mémoire de M. François-Xavier Benusiglio décédé au mois de septembre 2009. Nommé directeur de cabinet de M. Gabriel Bellocq, maire de Dax, il y a un an, il a été pendant une vingtaine d’années le directeur de la Culture puis de l’Éducation, des Sports et du Patrimoine au Conseil Général des Landes. Homme de grand talent et de culture, il suivait avec beaucoup d’intérêt la vie et les travaux de la Société, apportant un soutien constant à ses projets.


Rapport d’activités du Président

Après un mot de bienvenue de M. Michel Bréan, représentant M. le Maire de Dax, le Président Jean-Jacques Taillentou présente l’année écoulée, comme une année de transmission, de transition et d’expérience(s). De transmission évidemment entre le Président sortant et lui-même. Soulignant la qualité de ce « passage de témoin », il insiste sur la bienveillance, le soutien discret et efficace du docteur Peyresblanques, et l’entière liberté de décision laissée au nouveau président… Une année de transition aussi, le changement de président et donc de personnalité nécessitant naturellement quelques mois d’adaptation. Enfin, une année d’expérience, au singulier, pour cette période d’acclimatation ; une année d’expériences, au pluriel, pour l’ensemble des initiatives menées au cours de l’année 2009.  Le bilan des activités a été ensuite exposé par le Président sous la forme d’un diaporama.


Les réunions mensuelles

Pilier traditionnel des activités de la Société de Borda, les réunions mensuelles (de septembre à juin) ont permis de proposer une trentaine de communications d’une extrême variété présentées par des conférenciers d’horizons les plus divers, confirmant que la Société de borda doit rester un creuset de compétences dans lequel vulgarisation et érudition cohabitent et se complètent sans aucun problème. Quatre réunions ont eu pour cadre habituel Dax et Mont-de-Marsan. Trois autres se sont greffées à une commémoration locale (80e anniversaire de l’atterrissage du l’Oiseau canari, à Mimizan) ou ont répondu à l’invitation d’associations locales dynamiques (Amicale laïque de Hagetmau, Aci Gasconha à Anglet). Les réunions de Tartas et de Solférino étaient intégrées à une journée de visite. La première a permis de visiter sous la houlette de son maire, Philippe Dubourg, les églises de la commune de Carcarès-Sainte-Croix. La seconde organisée en commun avec l’Amicale du 34e R.I. et de la Croix Rouge doit sa réussite à l’investissement de Jean-Pierre Brèthes, maître d’œuvre de la journée. En septembre à Dax, la Société de Borda était associée à l’organisation d’une colloque international franco-espagnol diligenté par la Fédération Aquitania et consacré à L’eau : usages, risques et représentations, dans le Sud-Ouest de la Gaule et le Nord de la péninsule Ibérique,  de la fin de l’âge du Fer à l’Antiquité tardive  (IIe siècle avant J.-C. - VIe siècle après J.-C.). Près d’une quarantaine d’intervenants ont su mettre en valeur leurs découvertes avec un art consommé de la communication.


Le bulletin trimestriel

Véritable vitrine de notre Société et « encyclopédie des Landes », les bulletins ont connu quelques mutations au cours de cette année.

Tout d’abord dans sa dénomination. La mention « Patrimoine des Landes » est apparue aux côtés de l’appellation Société de Borda. « Patrimoine des Landes » devient la nouvelle signature de notre association. Elle a pour objectif de rendre plus lisible l’objet de la Société. Elle a également un double sens rappelant que la Société de Borda constitue elle-même un élément du patrimoine landais.

Le bulletin a fait l’objet d’une réorganisation afin de rendre sa lecture plus aisée et plus rythmée. La première partie regroupe des articles de fond. La seconde, intitulée « Chroniques » réunit une série de rubriques courtes proposant une lecture plus dynamique. Elle offre une tribune nouvelle aux sociétaires et permettra d’aborder des thèmes très variés selon une périodicité régulière.

D’autres modifications ont été apportées dans la présentation du bulletin : sommaire figurant aussi en 4e de couverture, la 2e de couverture étant réservée à la présentation de la Société, la 3e aux recommandations aux auteurs. La page au recto du sommaire est dorénavant réservée aux informations ponctuelles que nous souhaitons mettre en valeur (par exemple en 2009, l’annonce du colloque Aquitania ou la publication du livre de cartes postales anciennes sur Dax).


Autres publications

En dehors de la publication du bulletin, la Société de Borda a édité en collaboration avec le CEHAG (Comité d’études sur l’histoire et l’art de la Gascogne), les actes du colloque des 13-14 septembre 2008 sur l’histoire de l’abbaye de Saint-Sever. Publié sous l’autorité du professeur Benoît Cursente, président de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, et présenté lors du salon du livre de Dax par l’abbé Jean Cabanot, maître d’œuvre du colloque et de sa publication, l’ouvrage rassemble une dizaine de communications de grande qualité.

La Société de Borda a également participé à la réalisation d’un livre intitulé « Dax il y a 100 ans en cartes postales anciennes ». Son écot a été de mettre à disposition de la maison d’édition « Patrimoines medias » le fonds cartographique concernant la ville de Dax. Le but était de mettre en valeur la richesse de la cartothèque de la Société mais aussi de faire connaître au plus grand nombre l’existence même de notre structure associative.


La bibliothèque et les archives

Ouverte au public deux fois par semaine (mercredi et vendredi après-midi), la bibliothèque a connu une bonne fréquentation. Le Président rappelle la qualité et l’importance de cette bibliothèque qui ne cesse de s’enrichir par le biais de dons d’auteurs, d’éditeurs, de l’achat d’ouvrages et des nombreux échanges effectués avec plusieurs dizaines d’autres sociétés savantes françaises. La bibliothèque compte environ 12 000 ouvrages, son fonds iconographique (cartes postales, gravures, photographies…) voisine les 7 000 pièces. La Société dispose également d’archives conséquentes mises à disposition du public. Le président invite les chercheurs de la Société et d’ailleurs à venir les consulter d’autant plus que le Service de consultation des Archives départementales des Landes est, pour des raisons techniques, momentanément inaccessible.


Communication

Ce domaine a été particulièrement actif au cours de l’année 2009. L’ouverture du site internet de la Société  (www.societe-borda.com) en a été l’élément le plus spectaculaire. Voulue, défendue par le docteur Peyresblanques, sa mise en ligne avait été retardée pour des problèmes techniques. Accessible aux internautes depuis juillet 2009, sa fréquentation confirme sa nécessité et son efficacité. Par contre, l’impossibilité d’utiliser le moteur de  recherche pour des raisons dont nous ne sommes pas responsables représente un inconvénient regrettable.

Autre media largement utilisé cette année : le journal Sud-Ouest qui nous a fait l’honneur de plusieurs articles conséquents en première page « Landes » ou dans la rubrique Dax, sous la signature d’Emma Saint-Genez, journaliste à l’agence de Dax.

Nos efforts en communication se sont traduits aussi par l’édition d’une première lettre informatique, par un courrier de prospection à toutes les mairies du département, et par l’envoi groupé à l’ensemble des adhérents de l’invitation au colloque de Rion et à l’assemblée génrale de février. Enfin la Société a été présente lors de plusieurs manifestations : le congrès du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) à Bordeaux en avril, le salon du livre début mai à l’Hôtel Splendid, à Dax, le Congrès de la FHSO en septembre à Agen…

Durant l’année 2009, la Société a raffermi ses relations amicales et culturelles avec le Musée de Borda, les associations patrimoniales landaises, ou le Parc régional des Landes de Gascogne.


Remerciements

Le Président tient à remercier les partenaires institutionnels qui permettent à la Société de fonctionner et de maintenir ses activités dans de bonnes conditions : la Municipalité de Dax et le Conseil Général des Landes qui nous soutiennent financièrement par l’attribution de subventions conséquentes, la ville de Dax mettant gracieusement à notre sa disposition les locaux dans lesquels elle est installée. Il remercie les membres du Conseil d’Administration qui ont largement collaboré aux nouvelles orientations de la Société, met en exergue le rôle essentiel de Madeleine Jogan, secrétaire générale, celui de Catherine Courjaud, secrétaire salariée, dont il a particulièrement apprécié le sérieux et les compétences au service de la Société. L’équipe de bénévoles qui œuvre à la bonne marche de la Société n’est pas oubliée : Marcel Bordes, responsable de l’accueil du public à la bibliothèque et des tables de presse lors des réunions, qui a, en outre, effectué un important travail de classement d’ouvrages et de journaux régionaux ; Anne-Marie et Jean-Pierre Besselère, auteurs de la numérisation de la cartothèque ; Pierre Delmas, Jacques Ducasse, Jean-Paul Lagardère, qui participent à la relecture pointilleuse du bulletin ; Marie-Jeanne Loupien, Mmes Crouzet, Schemmel pour leur concours régulier aux tâches de secrétariat ; Christian Lacrouts, qui a offert ses compétences à la trésorerie ; MM. Darmena et Diana, pour leur aide bienvenue.


Projets 2010

Deux d’entre eux ont déjà été menés à terme : le colloque consacré à « Klaus et les fléaux de la forêt landaise » et l’Assemblée générale, nouvelle formule.

Le cycle des réunions mensuelles reprendra en mars à Liposthey avec cinq communications qui résument la diversité des sujets abordés par notre Société :

Guy Latry : Au crible de Babé : Félix Arnaudin et Élisabeth Plantié (Ychoux, 24 mars 1826)

Jean-Pierre Méric : Se marier à Cabanac-et-Villagrains : un art de vivre paysan sous le Second Empire

Guy Champagne : Naissance d’une commune : Liposthey

Bernard Traimond : Deux anthropologues dans les Landes : Lévi-Strauss et Berque

Emmanuel Labat : Un épisode de la Guerre de Cent Ans dans la Grande Lande : la prise du château de Belhade au XVe siècle.


Puis suivront les séances publiques : en avril, Peyrehorade ; en juin, Mont-de-Marsan ; en octobre et novembre, Dax. Les séances de mai et septembre sont réservées à des visites accompagnées de conférences. La première sera dédiée au Gabardan, la seconde à Uza, site singulier des confins du Born, du Marensin et de la lande.

L’année 2010 devrait être une année riche en publications dans lesquelles la Société  de Borda sera largement impliquée. En collaboration avec l’Écomusée de la Grande Lande, elle coéditera les actes des colloques de Rion et de Sabres focalisés sur la tempête Klaus. Elle participera aussi à l’édition des actes du colloque de Dax qui seront publiés dans un supplément de la revue Aquitania, (en collaboration avec l’université de Saragosse et la revue Salduie). La Société sera présente par le prêt de documents photographiques dans la parution de l’ouvrage « Mont-de-Marsan il y a 100 ans en cartes postales ».

La Société a aussi décidé de rééditer un ouvrage très rare du naturaliste J.-Pierre Sylvestre de Grateloup, sur la Conchyliologie fossile du Bassin géologique du Bassin de l’Adour, publié en 1840. Dans un tout autre domaine, elle prépare l’édition d’un recueil de dessins inédits du photographe et folkloriste Ferdinand Bernède.

D’autres projets en cours devraient voir leur aboutissement à plus long terme : tables décennales (2001-2011) en complément des tables générales (1876-2001), éditions de manuscrits inédits, dictionnaire encyclopédique sur Dax….


Rapport financier

1 093 adhérents ont réglé leur cotisation / abonnement en 2009, ce qui traduit une baisse sensible par rapport à l’année 2008 (1 153 adhérents), qu’il importe de compenser par une politique intensive de recrutement.

Les subventions de fonctionnement de la ville de Dax et du Département sont en augmentation. Le Conseil Général a versé une subvention exceptionnelle de 5 000 € pour l’édition des actes du colloque de Saint-Sever.

Le coût des quatre bulletins trimestriels reste stable. Les ventes de publications sont en augmentation  (7 550 € en 2009 ; 2 160 € en 2008).

À noter la hausse des cotisations URSSAF suite à une régularisation au titre de 2008 et 2009.

Le résultat net se solde par un montant de 2 812 € positif que nous proposons d’affecter au Fonds associatif.

Les rapports moral et financier soumis aux votes de l’Assemblée ont été votés à l’unanimité.


Projection-débat, en présence de l’auteur, du film documentaire :

« Le mouvement perpétuel des côtes,

6000 ans d’histoire des rivages aquitains »


Film à destination de tout public, coécrit par Jean-Pierre Tastet (Professeur de Géologie honoraire de l’Université Bordeaux1, vice-président du Comité Aquitain de la Planète Terre - http://www.cap-terre.org/) et Bérengère Clavé-Papion (Géologue, médiatrice scientifique à l’association OCÉAN) et réalisé par Alexandre Duplessis. Ce documentaire a été nominé dans la catégorie du « meilleur film pour son apport scientifique » au « Festival du film archéologique ICRONOS » de Bordeaux (21-25 octobre 2008).

Les recherches scientifiques pluridisciplinaires (géologie, archéologie, histoire) menées, dans le cadre d’un programme européen LIFE, ont permis de reconstituer l’histoire des rivages aquitains.

Les paysages littoraux se sont individualisés au cours des six derniers millénaires à la suite de l’invasion marine, conséquence de la fonte des glaces de la dernière période glaciaire qui a culminé il y a 18 000 ans. Ils continuent de se modifier.

Les vallées ennoyées par la remontée des eaux ont été comblées par les apports des fleuves, donnant naissance aux actuels marais estuariens et littoraux dont les sédiments ont enregistré les modifications de l’environnement, de la végétation et du climat.

Sur la côte, au cours des épisodes climatiques les plus rigoureux, le vent a poussé les sables de la plage vers l’intérieur, construisant ainsi plusieurs systèmes de dunes qui ont enregistré les périodes de détérioration du climat du Moyen Âge et du Petit Âge Glaciaire. Ces dunes ont barré les petites rivières côtières donnant naissance aux lacs aquitains. Seul le Bassin d’Arcachon est resté largement ouvert sur l’Océan. Comme elles envahissaient cultures et villages, les dunes ont été fixées par l’Homme au début du XIXe siècle.

Ces modifications des paysages ont conduit, depuis l’Âge du Bronze, à un déplacement des occupations humaines qui s’adaptaient aux changements de leur environnement et participaient comme acteur à ces changements.

Après avoir brossé rapidement les méthodes scientifiques utilisées dans la reconstitution de l’histoire des environnements passés, elles sont illustrées par leur application à l’étude de sites représentatifs des différents environnements côtiers aquitains dont les dunes côtières, le lac de Cazaux-Sanguinet et la Grande Dune du Pilat.

Cette reconstitution permet de comprendre les paysages côtiers actuels et d’envisager leur évolution future afin d’en permettre une « gestion durable ».


Séance du 19 décembre 2009 à Anglet

 Marie-Claire DUVIELLA, Gascons et langue gasconne en Labourd et en Guipúzcoa

Jusqu’à l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), le gascon fut la langue officielle de l’actuelle province basque du Labourd. Trois de ses villes en conservent toujours l’empreinte : Biarritz, Anglet et surtout Bayonne, qui fut reconstruite et repeuplée au XIIe siècle par des Gascons venus de toutes les régions « landaises ». Cette influence gasconne se retrouve plus curieusement de l’autre côté de la frontière, dans les régions côtières du Guipúzcoa. Ce sont des Gascons de Bayonne qui, à la fin du XIIe siècle, ont développé la ville et le port de Saint-Sébastien ainsi que ses environs immédiats : Altza, Pasajes, Fontarabie… Toponymes et patronymes attestent cette présence et la grande influence qu’y eurent « los Gascones ». Quelques habitants de Pasajes parlaient encore cette  langue au début du XXe siècle.


Jean PEYRESBLANQUES, Les Académiciens gascons landais

L’Académie gasconne fondée à Bayonne en 1926 sur le modèle national recrute très vite des Landais renforçant le remarquable noyau local. Nous rappelons le souvenir de ceux que nous avons connus : Suzanne Castets, René Cuzacq dont les travaux sur le gascon font autorité, Françoise et Jean Dupaya, Albert Pédelucq, le docteur Dabadie, Raoul Benesse, Jean Candau, brillant conteur montois, Jean Milhères, sans oublier Henri Lavielle député et président du Conseil général, et Gaston Larrieu à la palette chatoyante comme ses propos. Pour tous, le gascon était non seulement un plaisir mais l’essence même de la race.


Jean-Jacques TAILLENTOU, Bayonne, port des Landes aux XVIIe et XVIIIe siècles

Alors que la côte landaise perd ces deux derniers ports de commerce (Capbreton et Vieux-boucau), Bayonne devient au XVIIIe siècle, l’exutoire exclusif des diverses productions agricoles et artisanales d’une espace géographique couvrant près des deux-tiers du département actuel. Le poids de la géographie justifie essentiellement cette situation, en particulier l’ensablement inexorable des anciennes embouchures de l’Adour, mais surtout l’omniprésence du fleuve gascon, de son tissu d’affluents, véritable réseau de communications qui dessert les micro-régions du sud landais tout en leur offrant un débouché relativement performant vers l’océan.

Séance du 21 novembre 2009 à Dax

Charles TAMARELLE, Les pots de la pharmacie des Carmes, de Bordeaux à Dax

En 1792, Pierre Catinot, reçu pharmacien de la ville de Bordeaux, y installe une officine qui continue son activité de frère Placide, apothicaire au couvent des Carmes. Des titulaires éminents par leurs travaux scientifiques lui succèdent. Chacun affirme sa personnalité en ajoutant une série de pots de céramique à la collection initiale. La collection Guyot, devenue dacquoise, est une série inédite du début du XIXe siècle, différente de celles du Musée d’Aquitaine. Elle est remarquable par son esthétique, et ses inscriptions indiquent certains médicaments étranges de la pharmacopée de l’époque.


François GAZELLE, Ébauches de connaissances sur la crue de 1770 à Dax

L’intervention proposée tente d’exploiter et de présenter les quelques éléments hydrologiques disponibles concernant cet événement et de les replacer dans le contexte urbain actuel. L’auteur met en avant les implications hydrauliques résultant des différences très sensibles de l’urbanisation et des aménagements des berges de l’Adour qui existent entre la seconde moitié du XVIIIe siècle et la période contemporaine, le champ d’inondation ayant beaucoup changé, donc aussi les conditions d’écoulement. De ce fait, on ne saurait mettre directement en parallèle des événements si espacés sur l’échelle du temps, mais l’inondation de 1952 constitue malgré tout une référence intermédiaire.


Pierre DUPONT, Les découvertes botaniques de Thore. La longue histoire du potamot à feuilles variées (Potamogeton x variifolius).

La valeur du Potamogeton x variifolius, plante décrite par Thore dans les Landes en 1803, a été longtemps discutée. Il est maintenant considéré comme un hybride de P. natans et de P. berchtoldii et a été trouvé dans les Vosges, en Irlande et en Allemagne. Il est toujours présent dans les lieux mêmes où Thore l’avait noté.


André LABERTIT, Mémoire d’E. Delbousquet : le manuscrit L’agneau conservé à la bibliothèque de la Société de Borda

Emmanuel Delbousquet meurt le 18 mai 1909. Pour évoquer sa mémoire, le manuscrit inédit L’agneau, conservé  à la bibliothèque de la Société de Borda, est mis au jour. Bien que peu dissemblable du texte publié dans les « Oeuvres complètes », on y relève des variantes. Parce qu’il est autographe, il a valeur de document philologique. Il est également à noter qu’il figure dans le fonds Doussy de la bibliothèque de la Société de Borda.

Comptes rendus des réunions 2009

Comptes rendus des réunions

Comptes rendus des réunions 2017

Séance du 19 décembre 2015 à Dax


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax, salle n° 1 des halles, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d’une soixantaine de personnes.


Jean-Pierre Bost, Georges Fabre, Laëtitia Rodriguez : Inscriptions latines d’Aquitaine (Landes et Pyrénées-Atlantiques)

Ce recueil d’apparence modeste livre, à travers une série de documents particulièrement significatifs, un étonnant résumé d’histoire provinciale. On y trouvera la situation originale de Dax, émergeant d’un quasi-désert urbain, et l’importance de la route d’Espagne par le Somport et le col de Roncevaux. On y rencontrera surtout la partie de la population, celle des élites et de leurs dépendants qui a choisi de s’exprimer en latin, et sous les formes romaines, tout en demeurant profondément attachée à des traditions religieuses accrochées au culte de Mars locaux, dont les inscriptions d’Aire-sur-l’Adour constituent le meilleur exemple. Mais attachée aussi à sa personnalité ethnique, comme le révèle de façon inattendue la célèbre inscription d’Hasparren, dont le territoire appartenait alors à la cité de Dax.


Georges Cassagne, Le collège Saint-Pierre de Dax (1940-1945)  

Il s’agit des chroniques du collège Saint-Pierre de Dax pendant la seconde guerre mondiale à travers le vécu d’un de ses élèves. Le collège fut plus connu sous le nom de « Cendrillon » car construit sur le plateau Cendrillon.


Jeannette Bessonart, La maison des porteurs d’eau à Dax    

Au Bas Sablar, sur la rive droite de l’Adour, le n° 2 avenue des Tuileries ou maison des porteurs d’eau, avec son architecture spécifique de maison de négociants-marchands, rappelle l’importance de l’activité de ce quartier pour le développement de la ville de Dax.  Une grande partie de l’histoire de cette maison a été retrouvée, avec quelques découvertes inattendues, grâce au propriétaire actuel, aux archives municipales de Dax et Saint-Paul-lès-Dax ainsi qu’aux Archives départementales de Mont-de-Marsan. Un rapport de 150 pages a été rédigé dont un extrait sera présenté sous forme de 15 diapositives.


Jeanne Labertit, Un Landais en mission à travers l’Espagne en pleine Guerre de l’Indépendance (1808)

Retour sur M. Poyféré de Cère, missionné par son gouvernement pour « extraire » des mérinos espagnols vers la France. Son rapport est d’une grande richesse et sobriété. Il met en lumière un pan de la politique lainière de la France et l’inscrit dans un contexte qui excède les stipulations du Traité de Bâle (1795), éclaire les contacts entre la France et la Mesta (antique association d’éleveurs espagnols), croise les intérêts personnels de Murat et de l’Impératrice Joséphine, esquisse le décor de la Guerre d’Indépendance au moment où elle se déclenche. Un épisode des relations franco-espagnole à l’époque napoléonienne où figure un acteur landais de haut vol. 




Séance-sortie du 21 novembre 2015 à Saint-Sever


A partir de 9 h 30, une centaine de participants se dirigeaient vers la salle municipale de cinéma Media 7 mis gracieusement à notre disposition pour la Journée d’études organisée en lien étroit avec la municipalité.  Pour la circonstance, M. Jean-Marc Fabier, maire-adjoint au Patrimoine, qui avait tout mis en œuvre pour le bon déroulement de ce rendez-vous culturel, accueillait, en présence de M. Arnaud Tauzin, maire de Saint-Sever, la Société de Borda conduite par son président, Jean-Jacques Taillentou.

Ayant une pensée pour le Dr Paul Dubedat, président d’honneur de la Société, qui a consacré une grande partie de sa vie à la sauvegarde du patrimoine archéologique de Saint-Sever, malheureusement retenu à l’hôpital, J.-M. Fabier, au nom de la municipalité, énumérait, dans son allocution de bienvenue, les actions et projets municipaux pour sensibiliser les Saint-Séverins à la richesse de leur patrimoine : création d’une AVAP (Aire de Valorisation du Patrimoine), classement au titre des MH de l’intégralité du musée des Jacobins, travaux de réhabilitation de l’église-abbatiale, etc.). Il précisait que c’est dans le cadre de l’opération d’inventaire menée depuis avril 2015 par la Ville de Saint-Sever en collaboration avec le Service de l’Inventaire régional d’Aquitaine que s’est affirmée de façon toute particulière la volonté municipale de reconstituer l’histoire et l’évolution de la cité. Soulignant les efforts de mise en valeur du patrimoine saint-séverin, le dynamique maire-adjoint soulignait la nécesssité de défendre à tout prix la culture, la mémoire des peuples, l’ouverture aux autres, à l’heure où, à travers le monde et même en France, des attentats et des mises à sac terroristes visent à détruire le patrimoine commun, à anéantir les vestiges du passé... Une vision que la Société de Borda pratique depuis 1876 par son ancrage sur le terroir landais.


Après avoir remercié la municipalité pour son chaleureux accueil, Jean-Jacques Taillentou présentait la première communication en l’absence de F. Marsan empêché.


Francis Marsan, 1794 : une société populaire à Montaut (Landes)

L’auteur évoque la création d’une Société populaire à Montaut, société montagnarde révolutionnaire qui a de quoi surprendre dans une communauté de la taille aussi modeste. Une liste de 40 citoyens de toute condition, notamment un certain Joseph Loubes, le dernier des co-seigneurs de Montaut, occupe la première page du registre conservé aux ADL40.  

On est frappé par le fait de son existence, par les noms qui y figurent, souvent des notables ayant servi sous l’Ancien Régime, qui vont se déchaîner par des discours passionnés pour répandre les idées nouvelles… Les séances étaient ouvertes par des chants patriotiques. On y entendait les cris de Vive la République, Vive la Montagne, Mort aux tyrans, Paix dans les chaumières…


Pierre Le Masne, Les Physiocrates et le développement des Landes (1757-1789)

Cet article s’intéresse au rôle des Physiocrates en Aquitaine et dans les Landes entre 1757 et 1789. Les Physiocrates proposent le passage de la petite à la grande culture. Une large majorité des propriétaires aquitains n’adhèrent pas à ce programme, qui rencontre par ailleurs des difficultés agronomiques dans la Grande Lande. Le passage à la grande culture est un échec, de même que la plupart des grands projets lancés dans les Landes de Bordeaux. Si l’essentiel du programme physiocratique ne se réalise pas, des réformes interviennent cependant, défrichements, innovations agronomiques. L’administration soutient activement certains aspects du programme physiocratique.



La matinée s’est poursuivie par la communication de Marie Ferey, dipômée de l’école du Louvre, chargée d’études pour l’inventaire du patrimoine. La synthèse qu’elle propose ci-dessous donne déjà un aperçu d’une mission qui permet d’étayer les connaissances sur les anciennes fortifications de Saint-Sever, jusqu’alors lacunaires.


Marie Ferey, Les fortifications de St-Sever : la mémoire d’un patrimoine disparu

Les fortifications de Saint-Sever, à l’exception de quelques vestiges, ne sont plus visibles mais constituent un élément patrimonial essentiel. La première série est édifiée au début du XIIe siècle, et est complétée par une seconde au milieu XVe siècle. Présentes dans les sources du fait de nombreux conflits entre jurats et religieux pour leur entretien, elles conditionnèrent la morphologie urbaine de Saint-Sever. Ainsi, bien qu’en grande partie détruites dès le milieu du XVIIIe siècle, leur mémoire persiste par l’empreinte qu’elles laissent dans la trame urbaine.

De la source au terrain 

L’étude systématique des sources concernant les constructions, les réfections et les destructions a apporté de nombreux renseignements sur le tracé et la structure des enceintes. Les archives municipales de Saint-Sever contiennent deux actes datés de 1450, passés entre les jurats de la ville et des maçons, pour la construction des fortifications, et deux actes pour leur réfection, datés de 1465. Les délibérations du corps municipal, en particulier à la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, contiennent des mentions de travaux ou de destruction apportant  des renseignements sur la topographie et la structure des ouvrages défensifs. Ainsi, l’accord donné par le corps de ville en 1743 pour l’édification d’un logement englobant  la tour de la Guillerie permet de mieux comprendre le rôle et la fonction de la tour carrée prise dans les maçonneries de l’hôtel dit de Bourrouilhan. Quelques travaux de réaménagements urbains, à l’instar de ceux de la place du Cap du Pouy en 1778, ont engendré des levés de plans qui portent la marque des fortifications. Enfin, les archives révolutionnaires, du fait de leur précision et de leur caractère exhaustif sont des sources incontournables pour appréhender le sujet. Elles sont complétées par les plans cadastraux dressés en 1809 et 1844.

L’analyse de ces documents a été complétée par la recension des vestiges repérés dans la ville. Certains biens connus, comme la porte du Touron, auxquels viennent s’ajouter des (re)découvertes grâce aux repérages liés à l’opération d’inventaire. Le pont au-devant de la porte de Pontix qui apparaît dans les sources dès 1465 en est un des exemples significatifs. Placé dans la cave d’une maison de ville, il avait été oublié jusqu’à nos jours. Cependant, étudier les seuls vestiges n’apporterait que des éclairages épars. Afin de compléter ces éléments, l’analyse de la trame et du maillage urbains vient étayer la restitution d’un tracé. Cette méthode analytique « multiscalaire », typique de l’Inventaire général, a permis de préciser la dynamique urbaine de Saint-Sever au Moyen Âge.

Regarder la ville

Dans les abords immédiats de l’abbaye, la majorité des parcelles est traversante (57%) ou dos à dos (20%). Les maisons y sont étroites, indiquant un découpage en lanière, et polyvalentes, selon la typologie habituelle de la maison médiévale qui pourraient avoir persisté jusqu’à aujourd’hui. Les rues appelées localement « vénielles » se rattachent également à cette période ; elles font communiquer la rue forte (rue des Arceaux, place de Verdun) avec la rue faible (rue des Ursulines). Ces structures urbaines témoignent d’une forte densité du bâti au sein de l’enceinte construite à la demande des habitants au début du XIIe siècle, comme l’indiquent les statuts accordés à Saint-Sever par l’abbé Suavius. Le dynamisme économique de la ville entraîne l’implantation de bâtis aux fonctionnalités différentes en dehors de la première enceinte : quartiers commerçants, quartier bourgeois et quartier artisanal. Les parcelles sont plus larges avec des maisons pouvant présenter jusqu’à sept travées en façade. L’organisation en lanière est abandonnée pour laisser place à des jardins à l’arrière des bâtiments, bien que la maison mitoyenne reste très largement majoritaire. Deux types de structure apparaissent donc d’après l’observation du maillage : la ville primitive, contrainte dans un périmètre restreint autour de l’abbaye, et la ville élargie autour de la première clôture. Ainsi, alors que l’enceinte du XIIe siècle délimite un cadre et influence la construction, celle du XVe siècle s’adapte à la ville qui s’est développée et organisée dans un espace ouvert.

L’enceinte urbaine, un rempart ?

Au-delà du tracé, la question du type de fortification construit dans la ville doit être abordée. Les fortifications de Saint-Sever étaient-elles de puissants remparts, supposant une volonté politique forte, un projet concerté et des moyens importants, ou étaient-elles composées d’une enceinte plus hétérogène, dont les organes s’adaptaient au terrain et au bâti existant sans les modifier, en dehors des principaux ouvrages publics que sont les portes ?

La première enceinte s’établit sur le plateau. Elle est éloignée des déclivités de terrain dues à la proximité avec la vallée de l’Adour. Aucun fossé ou levée de terre n’a été repérée. Le silence des sources sur la présence de ponts ou de constructions de soutien du mur de fortification tend à considérer que cette construction du XIIe siècle était une simple enceinte ne jouant qu’un rôle défensif réduit, marquant plutôt une limite symbolique et économique que réellement défensive. Cependant, à défaut de vestiges significatifs, seule l’archéologie permettrait d’en préciser la nature. La seconde enceinte, mieux connue, paraît revêtir également un rôle symbolique marqué. Le pouvoir local cherche à affirmer son importance juridique et économique face à une abbaye affaiblie par les guerres. La construction de la seconde enceinte est donc éminemment politique. La fortification oscille entre remparts au nord, zone la plus fréquentée, et fortifications plus sommaires au sud. Les remparts au nord creusent les ravins déjà marqués et accentuent la position de la ville comme « cap » de Gascogne, perchée sur un promontoire.

La communication sur les fortifications de Saint-Sever a rendu compte de cette méthode d’analyse. Confronter les différents éléments les uns aux autres, établir un dialogue entre vestiges, sources et empreintes éclairés par l’histoire de la ville et de la contrée permet de redonner vie à un patrimoine fragmenté dont la globalité s’est diluée au gré des démantèlements successifs.

Après un repas au restaurant Le Touron dans la pure tradition landaise, l’après-midi était consacrée à la conférence de l’après-midi « La mappemonde du Beatus de Saint-Sever » donnée par Jean Cabanot, chercheur honoraire au CNRS et spécialiste de sculpture romane, qui a su, une nouvelle fois, faire partager  son émerveillement à un auditoire nombreux et captivé face à la reproduction de la carte du monde réalisée dans le scriptorium de Saint-Sever.

Le conférencier évoque le XIe siècle, certainement la période la plus brillante de la longue histoire de Saint-Sever. Au tournant de l’an Mil, c’est, en effet,  depuis son palais du Palestrion que le duc Guilhem-Sanche gouverne toute la Gascogne ; et c’est vers le milieu du siècle que l’abbaye fondée en 988 atteint l’apogée de sa puissance et de son rayonnement sous l’abbé Grégoire de Montaner.

De cette période, deux témoins subsistent : l’église abbatiale, célèbre par ses chapiteaux, le manuscrit du Beatus, aujourd’hui un des plus précieux de la Bibliothèque nationale de France, dont un document exceptionnel, une Mappemonde comportant 280 noms géographiques (Rome, la Galilée, l’Irlande, l’Inde, l’Egypte, l’éthiopie, la Chine, Ceylan... mais aussi Saint-Sever et Mimizan) présente l’étonnant ensemble d’informations que l’abbaye avait pu recueillir sur la totalité du monde connu à cette époque.

L’après-midi s’est achevée par une « balade urbaine » qui a permis à Marie Ferey, malgré un temps peu propice, de compléter sa communication par une visite sur le terrain nous aidant ainsi à comprendre in situ la morphologie et l’histoire du patrimoine bâti de la ville, le tracé des remparts des XIIe et XVe siècles, mais aussi à découvrir la porte du Touron et des vestiges méconnus, tels le pont de Pontix ou la trace de tour rue Louis-Sentex... sans oublier la magnifique réhabilitation du chœur et de la nef de l’église-abbatiale.



Séance du 10 octobre 2015 à Pissos

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Pissos, salle de la mairie, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d’une soixantaine de personnes.


Anne Hambücken, Note sur le cercle de pierre disparu de La Capère à Landiras (Gironde)

Le cromlech de La Capère (Landiras), disparu dans les années 1830 et brièvement signalé par Léo Drouyn en 1865, est considéré comme l’un des rares cercles de pierres vraisemblables, voire certains, du Sud-Ouest. Les données disponibles sur le site et le monument sont analysées.


Guy Champagne, Le surprenant destin d’un enfant de Pissos

Rien ne laissait prévoir lorsque naquit à Pissos en 1887 le fils d’une jeune femme du village et, selon la formule consacrée, « de père inconnu » ce que serait la riche carrière d’écrivain de cet enfant. Fils en réalité d’un professeur du lycée de Bordeaux originaire de Sélestat en Alsace expatrié après la guerre de 1870, qui épousa la mère dès qu’il le put en 1889, il fut élevé à Bordeaux, scolarisé au lycée où exerçait son père puis étudiant en médecine et en droit avant finalement de fréquenter l’école des Beaux-Arts, ce qui le conduisit, après des débuts de dessinateur interrompus par sa participation à la guerre 1914-1918, à devenir journaliste et auteur de nombreux ouvrages, principalement dans le domaine de l’histoire de l’Art mais aussi de l’histoire en général. Écrivain célèbre en son temps, comblé d’honneurs, Charles Kunstler finit hélas dans la misère à l’âge de 90 ans. Ce sont sa vie et sa carrière qui sont évoquées ici.


François Lalanne, Une famille de Pissos sous l’Ancien Régime : les Dubern de Testarroman

Aborder l’étude de la société rurale nécessite de connaître d’abord l’histoire des familles. C’est le sens que je donne à ma recherche sur la famille  Dubern  de  Pissos. Mais encore ne faut-il pas buter sur une pénurie de documents, ce qui est le cas du  nord des Landes, et plus particulièrement de  la Grande-Lande ! Et pourtant, situé au cœur de ce territoire, Pissos, chef-lieu de l’ancien canton de ce nom, fait figure d’exception, et justifie que notre travail sur la famille Dubern témoigne d’un passé de ce pays landais trop souvent méconnu. Ce village, en effet, se singularise par l’ancienneté de ses registres de catholicité qui remontent sans interruption du début du XVIIe siècle à nos jours, même s’il on peut regretter quelques lacunes allant d’environ 1630 à 1645 ! D’autre part, contrairement à certaines communautés voisines, telles que celles des villages du canton de Sabres ou de Morcenx, qui ressortissaient du droit des pays de quête, administrées par des communautés d’hommes libres, sans seigneur direct autre que le Roi, Pissos dépendait d’une petite seigneurie, la seigneurie de Belhade. Les livres terriers de cette seigneurie, dont les plus anciens datent du milieu du XVIIe siècle, définissent, par paroisse, les contours de la propriété foncière à l’échelle de chaque famille de tenancier...

Enfin les très nombreux actes notariés émanant des études des notaires de Pissos, de Sabres et de Mont-de-Marsan couvrant les XVIIe et XVIIIe siècles permettent de faire une étude fine à l’échelle familiale, et, par extension, de la société grand-landaise de cette époque. Dans le cadre limité de cette étude, notre observation s’est donc concentrée sur une seule famille, la famille Dubern, qui peut être considérée comme représentative des notables, au vu dans les registres de catholicité, du nombre et de la distinction des signatures qui accompagnent les actes de baptême. Nous avonsainsi établi la généalogie de deux branches, la branche des Dubern, sieurs de Testarrouman et celle des Dubern, sieurs du Broqua. Cependant l’analyse des actes de baptême révélant que le desservant de la paroisse, maître Etienne Rispal, qualifie de « bâtards » des enfants pourtant issus d’un même couple, nous avons été conduit à en déduire que ces enfants naturels et légitimes n’étaient en réalité qualifiés de « bâtards » par le prêtre qu’en vertu de dispositions qui donnaient la possibilité à des parents protestants justifiant d’une pérennité de leur couple de plus de douze années, de faire baptiser leurs enfants dans le sein de l’église catholique. L’existence d’un noyau de familles protestantes est donc attesté à Pissos, et vraisemblablement plus répandu en Grande-Lande qu’on ne l’avait imaginé. Une histoire du protestantisme en Grande-Lande pourrait donc être mise en œuvre ! Nous n’en donnons ici qu’une esquisse.

On peut attester, tout d’abord, l’appartenance de seigneurs de cette contrée à cette religion. Cela est le cas pour la seigneurie de Belhade tenue, au XVIe siècle, par les Lane de La Roche Chalais, puis les Babiault. Cela est le cas aussi, pour les seigneuries qui l’environnent, telles que celles dépendant de la terre d’Albret (Cazeneuve, Castelnau de Cernès, Labrit), ou encore pour d’autres petites seigneuries comme celle de Campet (tenues par les du Lyon), de Garein (tenue par les de Mesmes), d’Audenge et de Pontenx, tenues par les Dupuy-Castéja et Bourbon-Bazian.

On peut aussi attester l’appartenance à la R.P.R. (Religion Prétendue Réformée) de nombreuses autres familles ayant des postes d’encadrement dans ces seigneuries, telles que les familles des juges, et de leurs adjoints, (tels les Bordessoules, les Dulou), des « gendarmes » (tels les Broustra, les Douence)… Nous avons mis en rapport avec cette réalité les témoignages des violences, dont les murailles des « villes » (Sore), de certains châteaux (Belin, Castelnau de Cernès) ou même des églises (Mons, Mios) furent le théâtre. Le champ des recherches s’ouvre même à la toponymie : en effet, ne peut-on pas mettre en rapport  ce passé avec le nom du quartier « du Désert » situé dans la paroisse de Trensacq, dont la position centrale, et le vocable gardent peut-être le souvenir du désert protestant de la Grande-Lande ?


Bénédicte Fénié, La Haute-Lande à travers le site « Empreintes landaises »

« Empreintes landaises », tel est le titre mis en ligne par l’Institut national de l’audio-visuel (INA) depuis le 20 janvier 2012 et auquel on accède par le biais du site officiel du Conseil général des Landes (http://www.landes.org/).

Financée par l’institution, cette nouvelle « bibliothèque audiovisuelle en ligne » permet de découvrir, à ce jour, quelque 351 vidéos – de quelques dizaines de secondes à plusieurs dizaines de minutes – sur notre département.

Pilotée par l’INA-Midi-Pyrénées à Toulouse, cette exposition interactive montre de très divers documents sur 90 ans d’histoire contemporaine des Landes… Elle est destinée à un très large public : “Anciens”, passionnés d’histoire locale qui portent un regard nécessairement distancié et amusé sur ces images d’antan, personnes nouvellement installées ou revenues dans les Landes qui découvrent des aspects inédits et intéressants de notre héritage commun, étudiants et les chercheurs qui accèdent à une banque de données appréciable.

La communication a été accompagnée de brefs extraits de vidéos sur la Haute-Lande, avec notamment des séquences sur les incendies, la mémoire du gemmage ou l’impact de la création du Parc naturel régional en 1970.


Séance-sortie du 12 septembre 2015 en Pays d’Orthe


La sortie de septembre avait pour thème le Pays d’Orthe. Elle était organisée en partenariat avec le Centre départemental du Patrimoine de l’abbaye d’Arthous et avec le concours de l’association culturelle du Pays d’Orthe. Cette formule de partenariat avec des relais locaux permet à notre Société, en touchant des publics divers, de remplir au mieux sa mission de diffusion la plus large possible de la culture dans les Landes.

La journée commençait à l’abbaye d’Arthous à Hastingues où, après un accueil convivial autour du café par le conservateur du Patrimoine M. Damien Hanriot, la visite de l’abbaye s’est déroulée sous la conduite de Delphine Haro-Gabay, directrice du Centre, en commençant par le cloître. Les 900 ans d’histoire de ce monument étaient relatés avec enthousiasme et clarté par notre guide.

Fondée en 1167 par l’Ordre des Prémontrés, l’abbaye a connu une relative prospérité jusqu’au XVIe s. Au cours des siècles, bien des vicissitudes inhérentes à l’histoire de France sont venues marquer son destin et son architecture. Tour à tour pillée et restaurée, elle fut vendue comme bien national à la Révolution. Elle a servi depuis lors à abriter les besoins d’une exploitation agricole, avant d’être donnée au département des Landes en 1964.

L’église, classée Monument Historique en 1930, quoiqu’ayant beaucoup souffert des guerres et changements d’affectation successifs, conserve notamment à l’extérieur des modillons décorés qui comptent parmi les plus remarquables de la sculpture romane en Aquitaine. Les bâtiments conventuels, transformés à plusieurs reprises, classés à leur tour en 1969, ont été réhabilités au cours des quinze dernières années et peuvent désormais accueillir en toute sécurité le public.

Le bâtiment abrite aujourd’hui un véritable pôle culturel dédié au patrimoine local. Il sert également de cadre à des expositions temporaires d’artisan et d’artistes contemporains, centrées souvent sur le thème de la poterie.

Après la visite, les participants gagnaient la salle, située dans les anciens locaux conventuels, pour les deux communications prévues :


Stéphane Getten, Le général de Monsabert face au dilemme du 8 novembre 1942

Stationné en Algérie à la signature de l’Armistice de 1940, le général de Monsabert a joué un rôle très actif et décisif dans l’aide apportée aux Américains, afin de faciliter leur débarquement le 8 novembre 1942 en Afrique du Nord. Ce geste n’a pas été sans conséquence pour lui et sa carrière. La communication précise son rôle exact, ses aspirations, ses craintes et espoirs, dans une situation très confuse.


Jean-Claude Merlet, Le saumon, les Gaves et l’Adour : une histoire millénaire

Nos ancêtres du Magdalénien supérieur (13 000 ans av. J.-C.) installés au pied de la falaise du Pastou à Sorde-l’Abbaye pêchaient le saumon dans le gave d’Oloron, tout comme leurs contemporains établis dans la grotte Bourrouilla à Arancou (Pyrénées-Atlantiques). Ces derniers nous ont aussi laissé des œuvres d’art où ce poisson est représenté avec minutie. C’est grâce aux vestiges découverts lors des fouilles archéologiques menées sur divers gisements du Bassin de l’Adour que cette pêche par les Magdaléniens nous est révélée : œuvres d’art, restes osseux de poissons, harpons pour la capture.

à l’époque gallo-romaine, un dépôt votif retrouvé à Dax montre l’intérêt persistant des hommes pour le saumon. Cet attrait millénaire pour la pêche au saumon prend au XVIIIe s. une nouvelle forme avec la mise au point d’un engin de pêche astucieux et fort efficace : le baro. Grâce à l’initiative de M. Alain Lavielle, les participants ont pu admirer la maquette d’un baro, prêtée pour l’occasion par M. Pierre Tauziet et la mairie de Saint-Cricq-du-Gave.

Chacun prenait ensuite sa voiture pour se rendre à l’Auberge de l’abbaye à Sorde, où les assiettes généreuses du restaurateur, M. Cazaux, permettaient aux participants de marquer une pause et d’échanger des idées.


En début d’après-midi, retour à l’abbaye d’Arthous pour une conférence de Maïté Labeyriotte (présidente du centre culturel du pays d’Orthe, d’après les travaux de recherche de Richard Bavoillot-Laussade) sur D’Oriamale à Hastingues.

En marge de l’histoire de la Bastide de Hastingues, il s’agissait d’évoquer de manière anecdotique quelques éléments constitutifs de cette histoire, à savoir le château vicomtal de Peyrecabe, appartenant à la maison d’Orthe jusqu’au début du XVIIe siècle quand le vicomte Johan en céda les ruines à la communauté de Hastingues.

Ce que l’on ne connaît pas bien encore, c’est l’histoire d’Oriamale déjà défendu par un fortin et une palissade, ce bourg haut perché surveillant les Gaves qui précéda l’installation vicomtale au XIe siècle.

La Bastide est venue s’adosser à cette place forte au début du XIVe siècle, sous l’autorité du sénéchal d’Aquitaine (approximativement en fonction de 1301 à 1313), John Hastings (baron de Hastings et lord d’Angleterre), pour le service du roi-duc Édouard Ier. La Bastide bénéficia de la tour de défense du château pour son entrée nord (au-dessus du port) mais il fallut cependant construire la tour sud. C’est alors qu’Oriamale disparut et qu’Hastingues apparut.

Ce château de Peyrecabe subit tous les avatars entraînés par les alliances et les querelles des vicomtes d’Orthe, dans le contexte d’une guerre franco-anglaise dite « Guerre de Cent Ans » qui se termina au milieu du XVe siècle avec la victoire des Français.

Puis, sans entrer dans le quotidien de la Bastide, il fallait rappeler que des familles de notables et seigneurs caviers investirent à partir de la fin du XVIe siècle l’emplacement de Peyrecabe : les Saint-Martin, Borda et Destrac – alliées entre elles – qui eurent des charges de « bayles » de Hastingues.

Les dernières héritières de la maison Destrac vendirent, à la fin du XVIIIe siècle, leurs biens à Mme Clérisse dont le fils, Barthélémy, fit construire le château actuel.

Puis direction le village d’Hastingues, édifiée à la fin du XIIIe s., où la visite de la bastide s’effectuait toujours sous la conduite de Delphine Haro-Gabay.

Attentif aux explications qui nous sont données sur la cofondation de la bastide en 1289 par édouard 1er, roi d’Angleterre et l’Abbé d’Arthous, notre groupe s’attarde devant la grande porte fortifiée construite au XIVe siècle, propriété du Département qui en assure l’entretien ; notre guide précise que la bastide, construite sur un éperon rocheux, s’est adaptée au terrain et qu’elle s’est  dotée d’un appareil de protection : une enceinte avec fossés et des portes fortifiées, l’une du côté du Gave, l’autre, à l’extrémité sud-ouest, la seule qui subsiste. Percée d’une arche brisée, pourvue d’archères et de meurtrières, elle possède au sommet un chemin de ronde. Des sondages effectuées ont prouvé qu’il n’y avait pas de fondations et qu’il n’existait donc pas de fortifications en pierre au sud-ouest de la bastide.

En avançant en direction de la place de la Bastide, nous constatons le plan orthonormé de la bastide traversée dans le sens longitudinal par une rue de 6 mètres de large, qui ouvre sur des ruelles perpendiculaires. Les maisons, longtemps en bois, ont conservé une largeur uniforme de 6 m environ ; elles sont parfois séparées les unes des autres par des andrones d’environ une cinquantaine de centimètres pour éviter la propagation du feu. L’espace habitable est restreint et les jardins sont rares à l’intérieur de la bastide. À droite, se trouve la Maison dite du sénéchal ou du gouverneur, sans qu’aucun document ne justifie cette appellation, dont la porte au style gothique flamboyant retient notre attention.

La place centrale, presque rectangulaire, est peu étendue mais, comme dans toutes les bastides, elle était le lieu économique, religieux et politique où se tenaient le marché, l’église, et le siège des jurats qui, jusqu’à la Révolution, organisaient la vie des habitants, comme nous l’explique notre guide en nous montrant « la maison des jurats », très caractéristique avec ses arcs en ogive murés et ses fenêtres à meneaux, ce qui indique qu’elle aurait été construite à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle.

De l’autre côté de la place, le château Destrac occupe un espace beaucoup plus important que celui imparti aux autres maisons du bourg. La demeure qui précédait ce château avait pour nom « Bayle-Vieux ». Elle a été agrandie et transformée deux siècles plus tard par la famille Clérisse. Dans la partie des communs du château se trouve la mairie actuelle.  

Nous nous dirigeons ensuite vers Le Toureil, demeure située sur un promontoire, qui offre un superbe panorama sur les Gaves réunis et où le général Goislard de Monsabert, sur le conseil de la famille Dabadie de Peyrehorade, choisit de passer sa retraite.


En fin d’après-midi, les plus courageux se rendaient à nouveau à Sorde où ils pouvaient librement parcourir au monastère une exposition intitulée Ondes et Lumières, mettant en scène les œuvres réalisées par des artistes en résidence à Sorde.

Ainsi, cette première sortie d’automne a permis à la Société de Borda de revenir, après bien des années, au cœur du très riche Patrimoine du Pays d’Orthe. C’est aussi avec beaucoup de plaisir et dans un climat de grande convivialité que les participants ont profité de cette Journée particulièrement enrichissante et variée, au cours de laquelle on a noté avec satisfaction la présence de plusieurs élus locaux, notamment M. Pierre Ducarre, président de la Communauté de communes et maire d’Hastingues, et Mme Marie-Madeleine Lescastreyres, maire de Sorde, qui nous ont accompagnés durant toute la journée, renouant ainsi avec une longue tradition des sorties de la Société.




Séance du 20 juin 2015 à Saubusse


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Saubusse, chez M. René Fialon, qui a eu l’amabilité d’accueillir la Société dans les dépendances de la demeure de Betbeder,  sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d’une soixantaine de personnes.


René Fialon, Louise-Eugénie Desjobert, née Delachaux (1800-1880) et

Mireille Touzery, La dame de Saubusse, Eugénie Delachaux-Desjobert. Ses parents, son frère

Sur la place principale de Saubusse s’élève une belle maison XVIIIe, Betbeder (belle vue en gascon) avec panorama sur le pont qui enjambe l’Adour. Le nom de la place, les initiales sur le pont, ED, rappellent le souvenir d’Eugénie Desjobert, née Delachaux, qui fut propriétaire de la maison, initia et finança le pont et, plus largement, dispensa sa fortune sur la commune de Saubusse et le département des Landes dont elle fit, en 1880, son légataire universel. Mais le visiteur de l’église de Saubusse, sur la même place, vis à vis de Betbeder et à trois pas du pont, ne porte peut-être pas attention à la dalle funéraire, un peu effacée, sur laquelle il marche, à l’entrée de l’édifice. C’est celle pourtant d’une femme à la destinée peu banale, Anne Collin, épouse Delachaux, née à Bruxelles en 1764 et morte à Saubusse en 1827, mère d’Eugénie et de Guillaume-Tell Delachaux. Si Eugénie est bien connue des Sibusates et des Landais, ses parents et son frère, à qui l’on doit l’installation de cette famille à Saubusse en 1825, ne le sont pas. Cet article dévoile leur extraordinaire parcours.

C’est au plus fort de la Révolution, en 1793, que se noua une histoire d’amour entre Anne Collin, d’une excellente famille du Brabant, épouse alors d’un échevin de Lille, Imbert de Lambersart, et Louis Abraham Delachaux, négociant neufchatelois de pendules, d’une famille protestante qui avait fui la France sous Louis XIV, et pour l’heure sans le sou. La guillotine mit fin aux jours de Imbert en mai 1794. Quelques mois plus tard (mais pas 9), naissait Guillaume-Tell Delachaux dont les parents se marièrent en 1795, bénéficiant, elle la catholique, lui le protestant, du mariage civil créé en 1792. Agissant comme munitionnaire aux armées pendant cette période troublée et risquée, Louis Abraham Delachaux sut accumuler une grosse fortune et bénéficier de l’appui des puissants du jour. En 1794, en donnant à son fils le nom du héros de la liberté suisse, une des références obligées de la Révolution, il se donne un brevet de civisme. Sous le Consulat, ses filles s’appellent Eugénie et Hortense, référence aux beaux-enfants de Bonaparte. Louis Abraham meurt en 1805. Mais sa femme, Anne, poursuit la consolidation de la position de la famille. En 1821, le duc de Richelieu, premier ministre, et le comte Pasquier, ministre des Affaires étrangères, signent le contrat de mariage de sa fille, Eugénie, avec Charles Desjobert, diplomate, famille noble d’Ancien régime.

Eugénie mourra très âgée, après avoir enterré ses frère et sœurs, son mari, son beau-frère, ses enfants. Elle s’installe à Saubusse dans la maison que lui a léguée son frère et dont elle gardera beaucoup de souvenirs qui y sont toujours aujourd’hui : portraits, lunette astronomique, collection minéralogique. À travers les écrits, les lieux, les objets, cet article retrace des vies romanesques que la quiétude du village de Saubusse aujourd’hui ne laisse pas soupçonner.


Jean-Pierre Suau, La statue de saint Michel de l’église de Saubusse

Cette étude a pour but de mieux faire connaître un rare témoin de l’art de la fin du Moyen Âge dans les Landes : la belle statue de culte, en pierre, de l’archange Saint Michel, conservée dans l’ancienne chapelle funéraire et seigneuriale Saint-Michel, de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Saubusse. Des comparaisons iconographiques avec des représentations peintes, essentiellement choisies dans les Jugements derniers de la région, permettront de mieux replacer cette œuvre dans le contexte de son époque.


Séance du 16 mai 2015 à Gaujacq


Les communications sur le thème de la Grande Guerre lors de la séance du 16 mai à Gaujacq ont attiré une assistance de 250 personnes environ.  Dès 14 h, M.  Jean Rohfritsch, maire de Gaujacq, accueillait la Société de Borda dans la belle salle municipale parfaitement équipée. Après avoir remercié M. le maire de son accueil, Jean-Jacques Taillentou présentait les intervenants.  

En préambule, Jacques Cardin a parlé des sculptures élaborées par son beau-père, Joseph Nassiet (Mouscardès, 1880 - Saint-Paul-lès-Dax, 1960) qui, lors de la mobilisation générale en 1914, rejoignit le 14e régiment d’artillerie. Officiellement qualifié de « fabriquant de Jésus-Christ », il réalisa dans les tranchées, pendant les temps libres, des sculptures sur bois à caractère religieux d’une grande finesse dont certaines étaient exposées lors de la séance : plusieurs crucifix-bénitiers, une croix de style janséniste et une autre tout à fait remarquable par la finesse de ses incrustations. Ce fut l'occasion de remettre en lumière le travail discret d'un soldat chalossais artisan et artiste.

La deuxième partie de la séance était consacrée au centenaire du camp de prisonniers allemands de la Première Guerre mondiale (1915-1918) qui se trouvait dans le village.

Josyane Schemmel et Vincent Guichenuy ont présenté leur travail de recherches sur le camp qui comptait jusqu'à six cents prisonniers, et pas moins d'une centaine de gardiens. L’un d’eux, un Bavarois, capturé en Belgique, y est décédé en août 1915. D’abord inhumé dans le cimetière communal, il a été exhumé puis transféré au cimetière allemand de Mont-de-Marsan.

L'assistance a manifestement été captivée par les explications des deux conférenciers et les très nombreuses photographies qui ont permis de redonner vie à ce lieu presque disparu de la mémoire.


Plusieurs personnalités ont honoré cette commémoration de leur présence : M. Jean Rohfritsch, maire de Gaujacq, Mme Christine Fournadet, présidente de la communauté de communes « Coteaux et vallées des Luys » accompagnée d'un de ses vice-présidents, ainsi que quelques autres élus, M. Paul de Andréis, président de l'ONACVG  des Landes (Office national des anciens combattants et des victimes de guerres), M. Jacques Pons, conseiller de la Société de Borda, qui a quitté Mont-de-Marsan et a pris à Pau, début mars 2015, ses nouvelles fonctions de directeur des Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques.  

Les recherches sur le sujet ont donné lieu à la publication d'un ouvrage édité par la Société de Borda : Le camp de prisonniers allemands de Gaujacq (1915-1918), 106 pages abondamment illustrées, que le public a pu se procurer le jour même au prix de 15 euros.

Devenu aujourd'hui un centre équestre, le site du camp a été ensuite généreusement ouvert à la visite grâce à la gentillesse des propriétaires M. et Mme Jean-Claude Darrifourcq. Les participants ont pu appréhender l'ampleur des lieux et imaginer les structures qui s'y trouvaient un siècle auparavant. C'est là qu'a été dévoilé un panneau pédagogique réalisé par la Société de Borda et financé par la municipalité qui restera le témoin de l'Histoire sur les lieux.

Au retour de la visite du site (ou pour ceux qui n'avaient pu s'y rendre), on pouvait admirer le travail réalisé l'an dernier par les élèves du collège du Pays des Luys (Amou) dans un cadre interdisciplinaire et sous la houlette de Mme Fabienne Saint-Germain, professeur d'histoire-géographie : il s'agit d'une exposition présentant les monuments aux morts de la communauté de communes, détaillés, accompagnés de statistiques concernant les soldats morts pour la France ainsi que de lettres de Poilus, imaginées par les élèves.

Un vin d'honneur, offert par la municipalité, a conclu ce riche après-midi qui restera dans les annales de la Société, et pour le grand nombre des participants, un moment inoubliable. Il convient de remercier encore la municipalité de Gaujacq, tout particulièrement son premier magistrat, pour son accueil chaleureux et son soutien.

La Société exprime également sa vive gratitude aux représentants de la communauté de communes qui a apporté son concours à la fois logistique et financier concernant l’ouvrage. Enfin, un grand merci à M. et Mme Darrifourcq pour nous avoir ouvert les portes de leur propriété.




Séance du 25 avril 2015 à Biscarrosse


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Biscarrosse (salle Saint-Exupéry), sous la présidence de Bruno Cahuzac, en présence d’environ 45 personnes.


Georges Cassagne, Hôpital pour les réfugiés des suffragettes américaines à Labouheyre

L’exode massif dans les Landes de milliers de réfugiés ayant fui les zones occupées par les troupes allemandes conduit le préfet des Landes à prendre toutes les dispositions nécessaires pour leur hébergement : réquisition des locaux vacants et construction de baraques en bois sur des terrains offerts par des communes. L’état sanitaire de tous ces réfugiés est tellement préoccupant que le Gouvernement français accepte l’offre de la Fondation des Hôpitaux des femmes d’Outre-mer (Women’s Overseas Hospitals, USA) à construire à Labouheyre un hôpital d’une centaine de lits sous la direction exclusive de femmes du corps médical américain, toutes civiles, bénévoles et volontaires, déjà regroupées en Amérique dans l’Association Nationale Américaine des Suffragettes (National American Women’s Suffrage Association).


Michel Boquet, 1917-1919 : Génie forestier nord-américain en Pays de Born

Le 3 août 1914, la France est sous les armes. Le lendemain, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne, formant avec la Russie et la France le Triple-Entente. De fait, le Canada entre dans le conflit. Les besoins en bois pour la construction de baraquements, de ponts, de voies ferrées, de docks portuaires, de bois de chauffage, d’étais pour les tranchées,… deviennent de plus en plus importants, et la France n’y peut pourvoir. Aussi en octobre 1916, le Corps Forestier Canadien (CFC) composé de 130 compagnies est mis sur pied sous les ordres du lieutenant-colonel Alexander McDougall. Une quinzaine seront déployées dans les Landes à partir d’octobre 1917, certaines dans les environs de Biscarrosse, Sanguinet et Parentis. En janvier 1919, l’ensemble du Corps Forestier canadien aura quitté la France. Le 6 avril 1917, les États-Unis d’Amérique entrent dans le conflit. L’arrivée de près de 1 800 000 hommes vanécessiter un besoin logistique sans précédent. En accord avec le maréchal Foch, le général Pershing ordonne en juin 1917 la création immédiate d’un Régiment forestier du Génie sous les ordres du colonel Woodruff. 37 Compagnies regroupées sous la dénomination 20e Régiment du Génie seront levées. à partir d’octobre 1917, une quinzaine d’entre elles seront à l’œuvre dans les Landes, notamment autour de Mimizan, Bias, Sainte-Eulalie-en-Born, Aureilhan et Pontenx-les-Forges. Le 20e Régiment du Génie forestier sera des derniers à quitter la région et notre pays en juin 1919.


Franck Lalanne, Aperçu du Pays de Born entre 1560 et 1580 à travers les actes notariés

Un fonds d'archives assez méconnu offre un éclairage inattendu et fructueux de l'histoire du pays de Born sous le règne des derniers rois Valois, entre 1566 et 1582 : les minutes notariales de Me Arnaud Descot, notaire à Biscarrosse, détenues aux Archives départementales de la Gironde, à Bordeaux, conservées sous les liasses « 3E04290 à 3E04312 ». à notre connaissance, ces pièces sont uniques puisque, hormis quelques registres paroissiaux du temps de Louis XIII (Parentis-en-Born) et les archives du château de Biscarrosse (époque Louis XIV), il faut généralement attendre le début du XVIIIe siècle pour trouver les premières archives intéressant le pays de Born : registres paroissiaux, minutes notariales. Les minutes de Me Descot sont donc précieuses par leur grande ancienneté ; passé un temps plus ou moins long d'apprentissage de lecture (écriture difficile à déchiffrer, très personnalisée et truffée de contractions), plusieurs dizaines d'actes notariés brossent le climat social et économique du pays de Born pris au sens large, et non cantonné à Biscarrosse, puisque Me Descot avait une clientèle élargie, chevauchant de La Teste et Salles en Buch jusqu'aux confins du Born et du Marensin, à Lit et Le Vignacq, avec une prédilection pour Biscarrosse et Parentis, et des incursions assez fréquentes au quartier de Sintrosse à Pontenx.

Au fil des actes, des familles livrent leurs noms et leurs préoccupations : achats de propriétés, de pièces de pignadar, notamment dans la « montagne » de Biscarrosse, prouvant que la fabrication de la résine et du goudron sont de très anciennes habitudes de ces peuplades du littoral. Le généalogiste peut remonter l'ascendance des familles bourgeoises du pays de Born jusqu'aux premières années du XVIe siècle. Ainsi en est-il de la famille de Lauste, basée à Parentis, dont le rayonnement laisse préfigurer l'importance des descendants des siècles suivants : la famille Desmays, du quartier du « Boo » à Parentis, qui, par la suite, a donné naissance à la famille Larreillet bien connue des XVIIIe et XIXe siècles, trouve là ses « lettres de noblesse » ; mais bien d'autres familles émaillent ces archives, comme, les Soleyrou (devenus Souleyreau) et les Nasseys à Parentis où l'on peut identifier très clairement les « fondateurs » des branches notables de ces familles.

D'autres actes indiquent les noms des dernières familles de la vieille noblesse féodale, un demi-siècle seulement avant l'émergence des nobles de nouvelle fabrique (les grands commerçants ayant acquis des terres nobles) : les Saint-Martin, seigneurs de Biscarrosse, les Lescours, seigneurs de Sanguinet, et les Bourbon seigneurs de Parentis et d'autres lieux. Particulièrement, un acte livre le testament partage fait par la « dame de Parentis », Suzanne du Puy de Bourbon-Bazian, entre ses deux fils, et les signatures de ces personnalités qui ont fréquenté la cour des rois (Suzanne du Puy avait épousé Gaston de Bourbon, capétien, en présence du roi François Ier). Et lorsqu'il tourne la dernière page du minutier de 1582, grande peut être l'émotion du chercheur qui doit laisser replonger dans l'oubli du temps toutes ces familles et tous ces personnages auxquels il a eu le temps de s'habituer et de se familiariser pendant des jours et des jours de recherches. Malgré tout, c'est une immense chance, et un grand privilège, que d'avoir pu lever le voile du passé sur seize années de la vie de nos ancêtres de la prévôté royale de Born.




Assemblée générale du 14 mars 2015 à Dax, salle de l’Atrium


L’assemblée générale 2014 de la Société de Borda retrouvait avec plaisir la salle de spectacle de l’Atrium. M. Gabriel Bellocq, maire de Dax, vice-président du Conseil général des Landes, nous faisait l’honneur de sa présence ; il était accompagné du docteur Mauclair, maire-adjoint à la Culture et de M. Michel Bréan, conseiller municipal. Après avoir remercié la municipalité de Dax de leur accueil, le président présentait le bilan des activités 2014 aux quelque deux cents membres de la Société présents.


Hommages

Mais auparavant, il rendait un hommage appuyé au docteur Jean Peyresblanques, président de la Société de Borda de 1994 à 2009 qui nous a quittés au début du mois d’octobre 2014. Il rappelait les diverses facettes d’une personnalité qui a marqué l’histoire de notre Société mais aussi a joué un rôle majeur dans la défense, la promotion du patrimoine et de la culture landaises [voir l’hommage lors de ses obsèques, bull. 4e tr. 2014]. J.-J. Taillentou proposait ensuite une analyse des nombreux articles de Jean Peyresblanques parus dans les bulletins de la Société, reflet de la diversité des thématiques abordées, démontrant ainsi les talents protéiformes de notre regretté président honoraire.

Le président Jean-Jacques Taillentou souhaitait également évoquer une autre personnalité trop tôt disparue avec qui il avait créé l’association Mémoire en Marensin : Michel Mazarico, fidèle adhérent de la Société qui consacra de nombreuses années à la sauvegarde et la mise en valeur de la région du Marensin, si chère aussi au docteur Peyresblanques.


Remerciements

Le Président insistait sur le fait que toutes les activités sont le fruit d’un travail collégial, de celui des membres du Conseil d’administration, du Bureau, de la secrétaire salariée C. Courjaud, mais aussi d’une fidèle et dévouée équipe de bénévoles. Il profitait de cette assemblée pour remercier publiquement Marcel Bordes, qui, ne souhaitant plus faire partie du Conseil d’administration, continuera à œuvrer avec discrétion et efficacité au sein de la Société. Il soulignait que celle-ci fonctionnait aussi grâce au soutien constant de partenaires : la Municipalité de Dax et le Conseil général des Landes qui accordent des subventions conséquentes et indispensables à sa bonne marche, la Ville de Dax mettant gracieusement à sa disposition les locaux du 1er étage de l’Hôtel Saint-Martin d’Agès, au 27, rue Cazade.


Les réunions mensuelles

Elles constituent le creuset dans lequel les bulletins trimestriels viennent s’alimenter en articles. Indispensables, elles ont aussi pour vertu de concrétiser l’audience départementale de la Société et d’afficher sa vitalité. Leur succès se confirme, réunissant en moyenne entre quatre-vingts et cent personnes, les communes rurales générant un public plus nombreux. à l’aide d’une carte, J.-J. Taillentou rappelle que l’un des objectifs premiers de la Société est d’étudier et de promouvoir le patrimoine landais quel qu’il soit, en ne privilégiant aucun des micro-pays qui composent le puzzle landais. Il profite de cette remarque pour justifier la répartition géographique des réunions mensuelles qui tente d’épouser au mieux cette diversité. Il démontre aussi que ces choix de localisation obéissent à la démographie des Landes, la moitié sud du département étant actuellement la partie landaise la plus peuplée.

Cinq temps forts ont rythmé les réunions mensuelles de l’année 2014 :

Le premier temps fort de l’année reste l’Assemblée générale organisée depuis six ans sur une journée, ce qui permet de trouver un équilibre entre réunion institutionnelle (bilan moral et financier), conférences originales et repas, le tout dans un cadre prestigieux et confortable, celui de la salle de l’Atrium que cette année nous avions dû abandonner à cause des inondations intempestives de l’Adour. Jean-Pierre Brèthes clôturait la matinée par une conférence consacrée à un sujet apparemment complexe et parfois sensible, qu’en fin pédagogue, notre conseiller rendait accessible et passionnant : Gascogne, entités et identité. L’après-midi, Jacques Sargos, conjuguant avec une parfaite maîtrise art et histoire, déclina à travers une floraison de peintures, dessins, gravures et photographies, l’« Esprit des Landes » magnifié dans un somptueux ouvrage qu’il dédicaça pour le plus grand plaisir de ses lecteurs à l’issue de sa remarquable prestation.

La journée commémorant le Centenaire des arènes de Gabarret se voulait le deuxième temps fort de l’année. Au-delà de nos adhérents, la manifestation réunissait plusieurs centaines de personnes venues assister aux diverses animations qui accompagnèrent les conférences présentées in situ dans la matinée et dans la salle des fêtes après un repas ponctué des gasconnades de notre hôte, le ganaderio Jean Barrère. L’autre évènement de cette commémoration fut également la présentation de l’ouvrage qui rassemblait les diverses interventions de la journée étoffées d’une histoire des écarteurs du Gabardan conçue par Grégory Champeaud, maître d’œuvre de la journée et à qui revient son succès.

Troisième temps fort, la sortie à Contis, consacrée au littoral, fut organisée avec l’association Mémoire en Marensin.

Alors que l’été s’achevait, la Société de Borda abordait le thème du Centenaire de la Grande Guerre à Mont-de-Marsan sur l’ancien site de la caserne Bosquet, point de départ de nombreux « Poilus » landais. Dans la matinée, Jacques Pons, directeur des Archives départementales, nous accueillait dans ses locaux. Le thème de « L’été 1914 et la Guerre » était privilégié et décliné en quatre communications. Les visites commentées de ce que fut la caserne et du musée du 34e R.I. jalonnaient la deuxième partie de la journée.

En octobre, la (re)découverte du site de Brassempouy par de nombreux adhérents concluait ce cycle de temps forts. La visite du site archéologique de la Grotte du Pape suivie d’une conférence d’Aurélien Simonet, archéologue départemental, se terminait par un parcours pédagogique à travers le tout nouveau archéo-parc.

Par leur qualité, les autres réunions mensuelles concentrées sur un après-midi ne souffrent pas de la comparaison. La Société s’est déplacée à Sore (janvier), Mont-de-Marsan (février), Nousse (avril), avant de finir l’année à Dax (novembre, décembre). Sept fois sur dix, les réunions mensuelles se déroulèrent hors de Dax, confirmant la volonté de notre Société de délocaliser de manière équilibrée ses manifestations et d’afficher ses relations amicales avec les associations patrimoniales locales.

Devenue presque traditionnelle, la visite « privée » de l’exposition organisée par le musée de Borda rassemblait une cinquantaine de membres de la Société, sa conservatrice Laetitia Rodriguez nous faisait l’honneur de nous guider et de captiver son auditoire autour d’un sujet original « Conserver-Restaurer » Cette manifestation traduisait également la qualité des relations entre nos deux entités.


Le bulletin trimestriel

Reflet de la vitalité de la Société, le bulletin est le fruit exclusif des recherches et des propositions d’articles de ses adhérents. Le regain de propositions de communications constaté en 2013 se poursuit. Ce contexte facilite sa composition  et favorise la diversité des articles proposés aux lecteurs. Pour l’année 2014, en 512 pages, les numéros trimestriels ont collecté 22 articles de fond se penchant sur des sujets d’une grande diversité : archéologie (stèles discoïdales), géographie historique et toponymie, climat, héraldique, architecture monumentale et religieuse (portail de Pé-de-Peyran, portail de l’église Saint-Laurent de Louer), ethnographie, gascon, musique (René de Castéra), l’histoire à travers quelques personnages : le révolutionnaire Dartigoeyte (nouvelle approche), le général Lamarque, ou le maire de Dax Théodore Denis. Aucune période historique n’est négligée. La vingtaine de chroniques réunies dans la deuxième partie des bulletins dynamisent sa lecture tout en conjuguant rigueur, variété et originalité : anniversaires, archéologie, cartographie, gascon, traditions locales, faits de guerre, personnages, etc.


Autres publications

La Société de Borda poursuit le développement de son pôle édition. Celui-ci a pour but de mettre en valeur des études plus conséquentes et aborder des thématiques qu’une maison d’édition classique ne pourrait se permettre d’éditer. L’autre objectif est de trouver d’autres modes de financement indispensables au bon fonctionnement de la Société.

En 2014, elle a publié trois ouvrages : les Actes du colloque d’Hossegor/Dax organisé en collaboration avec la F.H.S.O. « Voyages et tourisme en Aquitaine » ; le livre « Les arènes de Dax ont cent ans », réunissant les communications présentées lors de la journée dévolue à cet événement en 2013 et « Une histoire de la course landaise en Gascogne. Centenaire des arènes de Gabarret (1914-2014) » présentée à l’occasion des manifestations de leur centenaire.


La bibliothèque

Ouverte au public, les mercredi et vendredi après-midi de 14 h à 17 h, elle accueille, sur rendez-vous, tout chercheur intéressé par l’histoire et le patrimoine de notre département. La bibliothèque est amendée régulièrement grâce aux dons en provenance d’associations d’histoire locale amies, d’auteurs, d’adhérents, de quelques éditeurs sollicités par L. Grihon, et à nos liens privilégiés avec la bibliothèque municipale de Dax.


Les archives

L’entreprise de reclassement et de reconstitution des fonds se poursuit. Travail précis et de longue haleine, il épouse les règles de cotation des Archives départementales. Primordial pour les chercheurs, il bénéficie des compétences archivistiques de Christiane Lesclaux.


Mme C. Jacob et M. J.-P. Bouissou ont presque achevé la retranscription informatique des passeports conservés dans nos archives mais aussi aux archives municipales de Dax, un dépouillement exhaustif présenté sous la forme d’une base de données pratique que chercheurs et érudits pourront largement exploiter.


Fonds iconographique

Le reclassement, l’enregistrement et la numérisation du fonds iconographique se poursuivent. D’autre part, ce fonds ne cesse de s’étoffer. Ainsi en 2014, à titre d’exemples, la photothèque s’est enrichie de dons de J.-P. Brèthes (Cauna, Lamothe), de C. Lacrouts (Tartas) répondant ainsi à l’appel que nous lançons régulièrement aux détenteurs de vieux clichés et d’anciennes cartes postales, la Société s’engageant à restituer, après numérisation, tous les documents iconographiques provisoirement confiés.


Communication

Le nouveau site Internet réalisé en 2013 par Gilles Granereau constitue évidemment un outil de communication indispensable. Mis à jour régulièrement, il permet à chacun de se tenir au courant des programmes, des dates de nos réunions et sorties. L’internaute peut consulter le compte rendu des réunions, demander des renseignements de tous ordres, envoyer son adhésion… Le président rappelle qu’un « lien » avec le site des Archives départementales des Landes offre l’accès à un moteur de recherches permettant de retrouver les titres des articles parus dans le Bulletin de la Société. Ceux-ci publiés entre 1876 et 1937 sont alors consultables sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale. Une convention signée en 2013 avec la Bibliothèque l’autorise à numériser les bulletins de 1938 à…2000.

Trois lettres électroniques (janvier, mai, octobre), adressées à la moitié de nos adhérents, permettent de tisser des liens plus étroits et fréquents avec eux. Elles ont pour objectif d’être ensuite diffusées à un public le plus large possible et étranger à ce jour à notre Société.

La communication n’est pas seulement virtuelle ; elle s’exprime aussi par une présence régulière de membres de la Société à de nombreuses manifestations.

En voici quelques exemples. En avril, une délégation de six membres de l’équipage du bateau hydrographique le Borda est accueillie par J.-J. Taillentou au siège de la Société. Le 6 septembre, la société participe au Forum des associations organisé par la Ville de Dax. Plusieurs d’entre nous se sont relayés pour présenter la Société lors de ce temps de partage avec les autres associations dacquoises. En juillet et septembre, au Balcon des artistes, événement municipal culturel qui réunit chaque année peintres, sculpteurs, bouquinistes sur les bords de l’Adour, la Société représentée par C. Courjaud et M.-T. Labertit a tenu un stand. Lors des Journées du Patrimoine, la Société a ouvert les portes de son siège et de sa bibliothèque à plus de 120 personnes. Parallèlement, des conférences d’H. Delpont et J.-J. Taillentou étaient proposées à la crypte archéologique. Le 6 octobre, M. Jogan et L. Grihon proposaient une visite guidée de la bibliothèque de la Société aux responsables des bibliothèques diocésaines de Dax, Agen, Bordeaux, Pau, Lourdes. Le 15 octobre, lors de la commémoration du 80e anniversaire du Centre de gériatrie du Lanot, M. Jogan évoquait les origines de la maison de retraite et de sa grandiose inauguration en 1934.

Par ailleurs, la Société entretient des relations amicales et culturelles avec le Musée de Borda, les associations patrimoniales landaises, ou le Parc régional des Landes de Gascogne. Ce souci d’ouverture se traduit par une multiplication de sollicitations et de demandes de partenariat qui sont une forme de reconnaissance de la part de la Ville de Dax, des collectivités territoriales landaises, du quotidien Sud-Ouest, ou d’auteurs.


Projets 2015

Les conférences mensuelles sous leur forme classique auront lieu à Morcenx (janvier), Dax (février), Mont-de-Marsan (mars), Biscarrosse (avril), Gaujacq (mai), Saubusse (juin), Pissos (octobre), novembre (Saint-Sever) et Dax (décembre). En septembre, la Société en collaboration avec le Centre départemental de l’abbaye d’Arthous organisera une journée consacrée au pays d’Orthe, en particulier à l’abbaye d’Arthous, Hastingues et Sorde. Deux mois plus tard, Saint-Sever, son abbaye, son beatus et les travaux de l’abbé Jean Cabanot seront mis à l’honneur.

Au cours de l’année 2015, les publications hors bulletin s’intensifieront.          

Dès le mois de mars, une réédition de « L’Aquitaine historique et monumentale », ouvrage rare et d’une grande qualité scientifique, sera mise à disposition de nos adhérents. En mai, à Gaujacq, sera présenté par Josyane Schemmel et Vincent Guichenuy un ouvrage consacré au « Camp de prisonniers allemands de Gaujacq (1915-1918) ».

Au cours du second semestre, seront proposés trois autres ouvrages. Tout d’abord, la « La porcelaine de Pontenx à la fin du XVIIIe siècle » présentant le travail de recherches de Xavier Petitcol et François Lalanne, puis à l’automne « Lettres d’un Poilu landais. De l’Indochine à la Lorraine » et « Souvenirs sans rancune. Mémoires d’un prisonnier allemand ».


Le Président constate que, malgré une baisse sensible des coûts d’impression depuis 2013 et une augmentation nette des ventes due aux efforts d’édition de la Société, le bilan chiffré est négatif. Il s’explique en grande partie par la lente érosion du nombre d’adhérents, en dépit des nombreuses preuves de vitalité présentées dans le bilan des activités de la Société. Il rappelle que longtemps et traditionnellement, le terreau de nos adhérents se composait de notables et d’enseignants, ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Le Président en appelle à la mobilisation des adhérents et émet, en conclusion, le souhait que  cette ouverture rassurante vers un public plus diversifié ne nous fasse oublier de promouvoir autour de nous les vertus de notre Société.

Les rapports moral et financier, soumis aux votes, ont été approuvés à l’unanimité.

Lors de l’Assemblée générale, a eu lieu le vote des adhérents en vue du  renouvellement du Conseil d’administration pour une durée de trois ans.

Votants : 274 ; votes par pouvoir : 193

Liste des 19 membres élus : H. Barrouquère ; J.-P. Bost ; J.-P. Brethes ; B. Cahuzac ; R. Clertan ;  H. Delpont ; B. et J.-J. Fénié ; G. Granereau ; L. Grihon ; V. Guichenuy ; M. Jogan ; M.-T. Labertit ; A. Lafourcade ; J.-P. Lagardère ; abbé J.-P. Laulom ;  C. Lesclaux ; J. Pons ; J.-J. Taillentou. 

À l’issue de l’Assemblée générale, une conférence a été présentée par Thierry Gatelier, naturaliste à la Direction de l’Environnement du Conseil général des Landes, sur le thème Panorama général du patrimoine naturel landais.

Après le déjeuner à la grande brasserie de l’Atrium, la projection du film « Landes » en présence du réalisateur François-Xavier Vives a suscité l’intérêt du public à la fois séduit par l’extrême beauté des images et attentif à la reconstitution historique du conflit social qui a marqué l’industrie du pin au début du XXe siècle.

Au cours du Conseil d’administration qui s’est tenu au siège de la Société le 18 avril 2015 l’élection du Bureau a eu lieu :

Président : Jean-Jacques Taillentou ; vice-présidents : Bruno Cahuzac, Gilles Granereau  

Secrétaire générale : Madeleine Jogan 

Trésorière : Marie-Thérèse Labertit

Secrétaire bibliothèque : Luce Grihon ; Secrétaire-archives : Christiane Lesclaux.

Séance du 21 mars 2015 à Saint-Pierre-du-Mont

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Saint-Pierre-du-Mont (salle multimédia du Forum des Associations), sous la présidence de Jean-Pierre Brèthes, en présence d’environ 40 personnes.

Alexis Arras, Quel avenir pour une ville moyenne dans les années 1970 ? Une esquisse du cas de Mont-de-Marsan et Saint-Pierre-du-Mont

En 1973, Olivier Guichard, ministre en charge notamment de l’Aménagement du territoire donne une traduction concrète à la politique des Villes Moyennes voulue par le Président Pompidou. Cette politique contractuelle inaugure de nouveaux rapports entre l’état et les collectivités locales. Les villes de Mont-de-Marsan et de Saint-Pierre-du-Mont sont retenues dans le nouveau dispositif. Cette politique favorise au sein des villes moyennes une réflexion sur leur avenir.

André Curculosse, Été 1942 : le génocide des enfants juifs dans les Landes

Sur les vingt-neuf enfants juifs victimes de la Shoah recensés dans les Landes, vingt-cinq ont été arrêtés en été 1942 en compagnie de leur mère pour « tentative de franchissement de la ligne de démarcation ». Tous vont périr à Auschwitz : vingt-six français, deux polonais, un allemand. Cette tragédie est restée longtemps ignorée, occultée. C’est le procès Papon en 1998 qui va révéler cette page d’histoire, infime parcelle de la Shoah. Dans le cadre du 70e anniversaire de la libération des camps nazis de la mort, la relation de cette tragédie fait partie du devoir de mémoire.

Gonzague Espinosa, Une fête absolument républicaine pour la statue du général Lamarque (1896)

Soixante-quatre ans après la mort du général Maximien Lamarque, un monument à la gloire du défunt est édifié sur la promenade de Morlanne de Saint-Sever, grâce à l’initiative de son petit-fils. Ancien général de Napoléon devenu un tribun redouté et redoutable, une statue en son honneur est érigée sous une IIIe République éclaboussée par les affaires et les divisions. Si au départ, sous les auspices de la Saint-Jean, la fête se voulait résolument landaise, elle sera finalement résolument républicaine…




Séance commune, Société de Borda  / Cafè gascon de Dacs, le 21 février 2015  à Dax


Le 21 février dernier et pour la première fois – qui sait si cela ne deviendra pas coutume ? – la Société de Borda tenait séance commune avec l’association Cafè gascon de Dacs. Laquelle, fondée en 2005 et présidée par Marie-Jo Lescourret, se réunit une fois par mois, soit dans la cité thermale, soit dans une autre commune (1), afin de pratiquer le gascon, autour d’un thème particulier, d’une tradition ou d’un livre. La règle du jeu est d’y échanger en lenga nòsta comme on la désigne de façon à la fois intime et affectueuse. Non pour exclure l’autre (bien des amoureux et des fins connaisseurs de la langue d’oc ne sont pas forcément estampillés « chalossais, béarnais, languedociens ou provençaux de vieille souche »), mais parce que le gascon est incontestablement le soubassement linguistique du patrimoine landais. Dès que l’on regarde les paysages, qu’on dépouille les textes anciens ou qu’on essaie de comprendre la société « de Gabarret dinc a la còsta » ou « de Peirahorada au Bordalés »,  l’occitan dans sa version gasconne pointe toujours un peu le bout du nez. À moins d’être doté de lunettes à œillères et d’oreilles sélectives…


La séance bilingue s’imposait donc, puisque était présenté l’original ouvrage Letras a l’Henri  ou plus exactement Leutres a l’Henri – puisqu’elles sont en graphie patoisante, c’est-à-dire non normalisée – Chroniques politiques gasconnes du [journal socialiste fondé en septembre 1936 par Charles Lamarque-Cando] Travailleur landais (1936-1948), collection Saber, Presses universitaires de Bordeaux, 2014, 410 pages, 27 euros.


En première partie, un exposé en gascon (Jean-Jacques Fénié), appuyé sur un diaporama, a permis de voir d’abord ce que représentent les Landes (paysages, économie, rôle du tourisme encore très élitiste sur la Côte d’Argent) au temps où Pierre Roumégous (Peiròt), cet instituteur militant de la SFIO, écrit à son ami « Henri », pour commenter la vie politique, locale ou nationale. L’objectif de cette présentation fut également de montrer l’ambiance si particulière de 1936-38, quelques personnages que l’épistolier gascon évoque ou croque a bèths caishaus au fil des pages  (le Colonel de la Rocque dit Casimir, les propriétaires fonciers qui ne veulent rien lâcher, ou les ténors bien connus du « Front popu »…). Il s’agissait enfin de mentionner brièvement les années d’immédiat après-guerre, alors que Peiròt, retour d’une longue captivité, est fort amer de constater la (non) évolution des choses sur fond de guerre froide naissante.

En seconde partie, Micheline Roumégous, qui a entrepris ce bel et difficile travail d’Histoire doublé d’un bel hommage à son père, a parlé de ses recherches mais aussi des interrogations et mystères qui demeurent. Guy Latry, traducteur des textes, en a lu quelques passages.

Par les témoignages de certains participants ayant connu Pierre Roumégous, une certaine émotion était perceptible lors de cette séance originale. Notre regretté Président, Jean Peyresblanques, aurait certainement aimé participer à ce Cafè gascon qu’il avait en somme parrainé en participant à plusieurs de ces séances ou en faisant un petit tour au stand lors des Fêtes de Dax. Il eût peut-être même fourni quelques utiles anecdotes complémentaires !

    Jean-Jacques Fénié


1 - Ainsi, le samedi 24 janvier 2015, le Cafè gascon s’est-il tenu à Lesgor à l’occasion, d’une part, de l’adhésion du nouveau café associatif « Lo Carriu » à la Fédération des Cercles de Gascogne, et d’autre part, de la sortie en septembre 2014 du livre Histoire et vies des Cercles de Gascogne (éd. Confluences, 112 p., 15 euros). Cet ouvrage évoque l’origine sociale et politique de ces cafés associatifs dans le contexte de la IIIe République, en fait une analyse anthropologique et convie à une découverte des lieux, des personnages et d’une certaine atmosphère.




Séance du 17 janvier 2015 à Morcenx


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Morcenx (salle Jean Jaurès), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d’environ 60 personnes.


Jean-Claude Merlet, Les agriculteurs-éleveurs du Brassenx : le Néolithique et l’âge du Bronze d’après les découvertes récentes

Le Brassenx fait l’objet, depuis plusieurs années, de prospections archéologiques menées dans les labours forestiers. Grâce à cette activité, la région de Morcenx est sans doute celle où le peuplement préhistorique est le mieux connu dans les Landes.

Les traces les plus anciennes de la présence de l’Homme repérées en Brassenx remontent à la période du Mésolithique, soit à environ – 8000 ans. av. J.-C. Les groupes humains sont alors très mobiles. Ce sont des chasseurs à l’arc de milieu forestier, dont on a retrouvé les pointes de flèches en silex sur une dizaine de sites qui étaient leurs campements temporaires.

Progressivement, vers – 4000 ans av. J.-C., vont apparaître en Brassenx les premières traces de pratiques agricoles et d’élevage, avec la déforestation et les premières cultures de céréales. Les vestiges du Néolithique sont les haches polies, le matériel de mouture des grains et la poterie.

Ce n’est que vers – 2000 ans av. J.-C., avec l’âge du Bronze, que se répand le travail du métal.

Plusieurs découvertes récentes illustrent cette période, comme des moules de métallurgistes à Morcenx et Ousse-Suzan.

Au total, pour les différentes communes du Brassenx, près de 200 sites ont livré des témoignages des périodes comprises entre le VIIIe et le IIIe avant J.-C., contribuant ainsi à une meilleure connaissance de l’occupation du sol très ancienne des Landes, avec plusieurs découvertes majeures. Ainsi, malgré les sols sablonneux peu fertiles de la région, les hommes ont toujours su s’adapter aux conditions de leur environnement et en exploiter les ressources.


Jean-Charles Coumailleau, Le Frontstalag n°195 de Laharie : camp de prisonniers coloniaux 1940-1944

Lors de la dernière guerre mondiale, les Allemands capturèrent plusieurs dizaines de milliers de soldats français venus des colonies. Ils furent internés dans des camps appelés « Fronstalags » situés en zone occupée, la plupart sur la façade atlantique. Les Amis du Brassenx se sont intéressés à celui de Laharie (Fst n°195), un des plus importants de la région.   


Hervé Barrouquère, Les Poisseux de la Grande Lande : l’exploitation de la résine il y a 2 000 ans

Différentes découvertes menées depuis dix ans dans la Grande Lande, principalement dans la région de Sabres ont permis de mettre en évidence l’existence d’une intense activité artisanale liée à l’exploitation de la résine du pin maritime, durant les Ier et IIe siècles de notre ère. Inédite au cœur du plateau landais, elle avait été repérée sur la côte landaise, il y a une trentaine d’années. Les fameux « poisseux » de la basse vallée de la Leyre cités par les textes antiques n’étaient pas les seuls à produire du goudron végétal. Suivons les traces laissées par ces lointains ancêtres des gemmeurs, il y a près de 2000 ans.




Séance du 20 décembre 2014 à Dax


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des Halles), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d’environ quatre-vingts personnes.


Claude Gay, Castéra à la bataille de Notre-Dame de Lorette

La Grande Guerre fut déclarée alors que le compositeur dacquois René de Castéra se trouvait au faîte de sa notoriété : mobilisé à Bayonne, il se porta volontaire pour aller combattre dans les tranchées de première ligne : c’est ainsi que, contrairement à une tradition répandue jusqu’aujourd’hui qui veut que les aristocrates bénéficiaient d’affectations moins exposées, Castéra participa à la guerre avec les hommes de sa terre et non avec ceux de sa classe sociale. Il prit part à la première et meurtrière bataille de Notre-Dame-de-Lorette, le 18 décembre 1914. Pendant près de cinq mois de l’hiver 1914-1915, il vécut la rude expérience des tranchées. Son âge et sa situation de famille lui permirent d’être versé dans le service automobile militaire en avril 1915. Il ne fut finalement « renvoyé dans ses foyers » qu’en janvier 1919.


Pauline Bessonart, Les Thermes Bains Saint-Pierre de Dax, 1854-2014, 160 ans au service de la santé

En 2014, les Thermes Bains Saint-Pierre, le plus ancien établissement thermal en activité de la ville de Dax.  fêtent leur 160 ans.  Dans le patrimone architectural dacquois, ce  bâtiment au style « art déco » rappelle  qu’il fut construit par Albert Pomade dont plusieurs autres bâtiments publics et privés  portent la signature. Les recherches faites sur les 160 ans (1854-2014) des Thermes Bains Saint-Pierre  se déclinent sous trois aspects : les Bains Saint-Pierre dans leur gestion interne : création et développement ; les Bains Saint-Pierre dans l’histoire du thermalisme dacquois ; les Bains Saint-Pierre dans le développement de la ville de Dax.


Antoine de Rivoyre et Jean-Jacques Taillentou, L’aventureuse « extraction des moutons mérinos » d’Espagne par Poyferré de Cère

Jean-Marie Poyferré de Cère, agronome, héritier des physiocrates du XVIIIe siècle tente de développer l’introduction du mouton mérinos en France et dans le département des Landes. En 1808, il s’implique directement dans la mission d’extraction des mérinos espagnols alors que l’Espagne se soulève face aux troupes napoléoniennes. Le contexte de cette aventure et son déroulement sont évoqués.



Samedi 15 novembre 2014 à Dax

Exposition au Musée de Borda

À 10 h, Mme Laetitia Rodriguez, directrice du Musée de Borda, nous a fait  l’amabilité de présenter, dans le cadre d’une visite privée, l’exposition temporaire « Conserver, restaurer, découvrez les secrets des musées » à la chapelle des Carmes *.

* Elle est accessible au grand public jusqu'au 7 février 2015. Le musée est ouvert du mardi au samedi et le premier dimanche de chaque mois de 14 à 18 heures. Une visite guidée a lieu à 17 heures. Tarifs : 2,50 €. L'exposition est gratuite pour les moins de 18 ans, les étudiants, les demandeurs d'emploi ainsi que les personnes en situation de handicap.

Séance publique de la Société

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des Halles), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d’environ soixante personnes.

Philippe Soussieux, La Hire, un bateau-mouche sur l’Adour

Durant deux décennies, un bateau de plaisance panoramique, appelé La Hire, qualifié de « vedette » ou de « bateau-mouche », réalisa des excursions sur l’Adour à partir de Dax.

Fabriqué près d’Amsterdam, le bateau fut livré à Bayonne en novembre 1979 et arriva à Dax au début du mois suivant. Son exploitation fut réalisée par la SARL Adour Plaisance, dirigée par deux associés. L’entreprise fit aussi l’acquisition du fonds de commerce de l’auberge Chez Maria, à Port-de-Lanne, dans laquelle des repas de cuisine régionale traditionnelle étaient servis le midi aux excursionnistes, avant le retour à Dax. Ces promenades au fil du fleuve, accompagnées généralement d’un volet festif (animation et dégustation) remportèrent un vif succès, mais l’abandon d’un associé et le décès de l’autre quelques années plus tard, en 1999, conduisirent la cessation d’activités d’Adour Plaisance. Le bateau fut ensuite vendu à deux reprises. Toujours en activité, exploité à partir de Bayonne par la société Adour Loisirs, il a été rebaptisé Coursic. Un bateau La Hire II navigua aussi durant quelques années à partir de Peyrehorade.

Inaki Zubillaga, Complot anarchiste contre le roi d’Espagne Alphonse XIII à Rivière (Landes)

Vers la fin novembre 1908, les communes de Tercis et Rivière, près de Dax, connaissent une affaire curieuse concernant le roi Alphonse XIII qui règne depuis six ans en Espagne et l’action d’anarchistes espagnols, de plus en plus nombreux, qui répondent à la répression du monarque. Les journaux locaux parlent tantôt de fumisterie, tantôt de complot anarchiste...

Paul Dubédat et Marielle Brossard-Ruffey, Souvenirs saint-séverins

La communication évoque les familles qui occupèrent aux XIXe et XXe siècles à Saint-Sever / Cap de Gascogne le bel hôtel particulier Basquiat-Mugriet, construit à la fin du XVIIIe siècle.  



Journée-sortie du 18 octobre 2014 à Brassempouy

La sortie de ce troisième samedi d’octobre avait pour but de nous replonger  au cœur de ce haut lieu de la préhistoire mondiale que représente le site de Brassempouy. Lionel Ducamp, directeur du site et enfant du pays, nous avait donné rendez-vous à 9 h 30 à la maison de la Dame avant d’inviter notre groupe à reprendre les véhicules pour se rendre à la Grotte du Pape située à deux kilomètres du centre du village.  

Après le parcours à pied d’un chemin quelque peu broussailleux à travers champs, nous nous trouvons devant l’entrée de la grotte dont l’accès reste interdit et où notre guide évoque les principaux temps forts de l’histoire archéologique du site depuis les premières découvertes de silex taillés et d’ossements d'animaux en 1880, la mise à jour par Pierre-Eudoxe Dubalen de la Grotte dite du Pape, du nom de la ferme toute proche dite Au Pape, avec ses vestiges du Magdalénien (-15 000 ans), les fouilles de Joseph de Laporterie et du Dr Albert-Léon Dufour, le pillage organisé des membres de l’AFAS (Association française pour l'avancement des sciences) en 1892 au cours duquel sont exhumées les deux premières statuettes en ivoire de mammouth. Entre 1894 et 1897 le grand préhistorien Édouard Piette parvient à constituer une remarquable collection de neuf statuettes gravettiennes en ivoire dont le célèbre joyau de la Dame de Brassempouy, et découvre un deuxième abri, la Grotte des Hyènes, caractérisé par la présence de nombreux restes de hyènes des cavernes.   

Suit une longue période d’abandon du site jusqu’en 1980, année où la grotte est classée monument historique grâce aux démarches de Robert et Marie Goalard, un couple d’érudits de Lit-et-Mixe, et où les recherches sont reprises par une équipe qui a profondément renouvelé la vision du site : Henri Delporte, conservateur du Musée des Antiquités nationales, puis Dominique Buisson,  François Bon et Dominique Gambier de 1997 à 2004. Deux nouveaux abris seront découverts : l’abri Dubalen en 1983 et la galerie du Mégacéros en 1996, tandis que se confirme, au fil des années, la présence d’un réseau de galeries reliant les quatre abris.

Nous reprenons le chemin d’arrivée pour assister à 11 h 30 à la conférence d’Aurélien Simonet, docteur en anthropologie et archéologue départemental, qui évoque les problématiques scientifiques actuelles du site, l’apport des fouilles les plus récentes avant de livrer les conclusions de sa thèse sur la présence de statuettes féminines. Après plusieurs années passées à étudier les collections gravettiennes (époque des statuettes) issues de la Grotte du Pape, l'auteur présente entre autres choses l'hypothèse de la présence d'un grand campement gravettien devant l'entrée de la grotte, hypothèse que de futures fouilles pourront un jour valider.


Après le déjeuner sur place au Restaurant La Dame des Luys, c’est le moment de la balade dans l'ArchéoParc, véritable immersion dans l'univers préhistorique, le tout nouveau parc consacré à l'apprentissage des gestes de la Préhistoire et à la pratique d'ateliers d'art du paléolithique supérieur. Sur plus d’un hectare, nous découvrons, à partir de démonstrations, les techniques de nos ancêtres : taille du silex, production du feu tandis que certains d’entre nous - jeunes ou moins jeunes - s’essaient à la chasse au propulseur. En plus des ateliers, nous apprécions les nouveaux compléments d’activités, notamment une application numérique de la visite sur tablette tactile, spécialement conçue pour le parc de Brassempouy, qui invite à en savoir plus sur la vie des hommes de Cro-Magnon.

Nous terminons par la visite de la Maison de la Dame, espace muséographique à l’architecture contemporaine, créée en 2002, en constante phase de restructuration et d’enrichissement, où l’on peut découvrir différents objets découverts au cours des fouilles menées sur le site de la Grotte du Pape (silex taillés, ossements d'animaux, gravures et parures sur os d'animaux, bois de cervidés ou ivoire de mammouth), la très belle collection de moulages des statuettes de la Grotte du Pape offerte au musée par Henri Delporte, mais aussi de statuettes provenant d'autres sites préhistoriques, comme la Vénus de Willendörf retrouvée en Autriche. Comme chacun le sait, l'original de la Dame, légué par É. Piette en 1904, est exposé au Musée de Saint-Germain en Laye.

L’exposition sur les silex, réalisée dans le cadre du « Temps des voyages » qui s'inscrit dans le programme initié par la Conservation départementale des musées « les Landes ont une histoire », aide enfin à comprendre les réseaux de circulation des matières et des personnes au Paléolithique et au Néolithique.

À l’évidence, l’aventure est loin d’être finie ; si les fouilles sont aujourd’hui interrompues, il reste encore des niveaux archéologiques à fouiller, à étudier... La volonté du Département n’est-elle pas aussi de faire revenir dans les Landes, moyennant les conditionnements appropriés, les collections parties à Saint-Germain-en-Laye ?  

Si des défis restent à relever, au fil de la visite, nous avons pu percevoir de façon tangible l’ampleur et la richesse du site, son développement, le travail accompli ces derniers mois avec la création de l’Archéoparc. Il nous reste à saluer le très fort engagement du directeur et des animateurs (trices) qui font revivre et rayonner le riche site archéologique chalossais et à les remercier de nous avoir, tout au long de la journée, fait partager leur passion.



Samedi 27 septembre 2014 à Mont-de-Marsan

Journée de commémoration de la Grande Guerre : « L’été 1914 »


Pour commémorer le centenaire de la Grande Guerre, la Société a souhaité se rendre au chef-lieu du département ; c’est, en effet, du site de la caserne Bosquet, que partirent, il y a tout juste 100 ans, trois régiments landais en direction du front. Grâce à Jacques Pons, qui nous a accueillis avec grande sollicitude dans la salle de réunion parfaitement équipée des Archives départementales, la séance s’est déroulée dans les meilleures conditions possible pour suivre les quatre communications de la matinée, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou.

Auparavant, à défaut de la remarquable exposition itinérante des Archives départementales sur la Grande Guerre que J. Pons regrettait de ne pouvoir présenter en ce jour, celui-ci commentait la très belle huile sur toile exposée, à la fois document et œuvre d’art, réalisée par le peintre montois Henri Tayan en hommage aux Pupilles de l’Assistance publique des Landes et entrée aux ADL entre 1956 et 1963.


Xavier Petitcol, Le capitaine Candau, un des premiers Landais « Mort pour la France »

Le capitaine Lucien Candau (Grandville 1879 - Lagarde 1914) est landais par sa mère originaire de Goos ; aussi à sa sortie de Saint-Cyr choisit-il le 34e RI de Mont-de-Marsan où il se marie en 1902 avec la fille de son commandant de compagnie Ambroise Massy. Nommé capitaine en septembre 1913, il est muté au 58e RI d’Avignon.

Le 27 juillet 1914, deux jours après son arrivée en permission dans la maison familiale de Mont-de-Marsan, il est rappelé d’urgence à son régiment. De ce jour jusqu’à son dernier souffle alors qu’il est blessé mortellement le 11 août sur le champ de bataille de Lagarde, premier village reconquis en Lorraine annexée, il adressera à sa femme quatre télégrammes et treize lettres, une tous les jours, souvent reprises à plusieurs moments de la journée ou de la nuit. Écrites sur le vif, elles relatent les évènements et les ambiances de ces premiers jours de la Grande Guerre ; à ce titre, elles présentent un réel intérêt historique.


Guy Latry, Deux Landais face à la Guerre : Félix Arnaudin et Césaire Daugé

En 1920, l’abbé Daugé fait précéder son Livre d’Or des Poilus de Duhort-Bachen d’un récit des premiers jours d’août 14 ; récit détaillé, révélateur (« un silence de mort »), mais auquel manque une dimension importante, puisqu’il le reprend et le complète plus tard dans un texte non destiné à la publication mais déposé à la bibliothèque de la Société de Borda. C’est là qu’apparaît l’enjeu pour Daugé de ces journées cruciales : le magistère moral de la commune, que dispute au curé l’instituteur laïque.

Dès l’automne 14, Félix Arnaudin diffuse à petit nombre une mince brochure intitulée Un vœu : au-delà du souhait (voir édifier dans chaque village un monument aux morts aussi sobre et uniforme que possible) s’exprime ici son horreur devant le massacre en cours. Lui aussi revient plus tard sur son texte, en 1918, puis, juste avant sa mort (1921) au moment de publier son dernier opuscule, Choses de l’ancienne Grande-Lande, dans une méditation douloureuse sur la condition humaine. 


Bernard Lalande, La caserne Bosquet à la veille de la première guerre mondiale

Attendue par les Montois qui ne pouvaient accepter que leur ville soit le seul chef-lieu de département à être dépourvu de caserne et après des demandes successives pour obtenir une école d’Artillerie ou un quartier de Cavalerie, la décision d’en construire une à Mont-de-Marsan fut prise à la fin de l’année 1873. Les plans furent réalisés par M. Alexandre Ozanne, architecte du département, qui fut également chargé du suivi et du contrôle des travaux. La construction des bâtiments débutant en 1874, elle fut achevée en 1877. La caserne devint alors le quartier du 34e RI qui, venant de Bayonne, s’y installa par étapes du 29 octobre 1876 au 19 août 1877. Sans appellation particulière, elle recevra 10 ans plus tard le nom du Maréchal Bosquet, né à Mont-de-Marsan le 8 novembre 1810.


Jean-Pierre Brèthes, La fin de l’été 1914 dans les trois régiments landais

Au début de 1914, trois régiments ont quitté la caserne Bosquet de Mont-de-Marsan : les trois bataillons de jeunes du 34e, les deux bataillons de réservistes du 234e et les trois bataillons de vieux, les territoriaux du 141e, plus de neuf mille hommes en tout.

Nos trois régiments landais, servant chacun dans une armée différente, ont participé chacun à une phase majeure des batailles sur le front de l’Ouest ; aussi le récit de leur parcours suffit à nous faire comprendre ces combats, tels qu’ils ont été vécus par ces 9 000 Landais partis, résolus et confiants, de la caserne Bosquet de Mont-de-Marsan.


Visite de la caserne Bosquet et du musée du 34e RI

En cette après-midi du 27 septembre, à Mont-de-Marsan, en partenariat avec l’Amicale du 34e RI, nous avons visité l’ancienne caserne Bosquet et le Musée du 34e RI installé dans la pavillon « Solferino », qui fut le poste de garde de la caserne.

Sur le site où, en 1876, la ville de Mont-de-Marsan offrit au 34e RI la caserne qu’elle avait construite pour ses trois mille hommes ; les bâtiments d’origine sont quasiment tous en place et ont gardé la façade originelle. Une fois passé par les deux pavillons d’entrée, le visiteur découvre les imposants bâtiments des compagnies, puis, vers l’arrière, la zone d’entraînement nautique en bordure de la Douze et l’austère infirmerie devenue un lieu accueillant à l’aspect sensiblement modifié. La visite s’achève où elle avait commencé, devant la plaque apposée par les Armées le 6 septembre 2014, en hommage aux 9 000 hommes partis de cette caserne en 1914 et aux 4 367 morts pour la France des trois régiments dont les premiers mois de guerre ont été évoqués le matin même : le 34e RI, régiment d’appelés, le 234e RI, régiment de réserve, et le 141e RIT, régiment territorial.

La plaque du souvenir est apposée sur le mur du pavillon « Solferino », actuel musée du 34e RI, dont la visite s’impose. Créé en 1625, montois depuis 1876, ce régiment, dissous en 1997, a une histoire séculaire racontée à travers des documents, des photographies, des mannequins et des objets divers. Ici, chaque objet et chaque image racontent un pan de vie, qu’il s’agisse de celle de personnages bien connus, comme l’abbé Bordes, Cel Le Gaucher, Léon des landes ou Charles Lamarque-Cando, d’officiers, comme le capitaine Claverie, les lieutenants Bellegarde ou Lalande (1), ou d’obscurs métayers des Landes partis par un beau jour de 1914 ou de 1944 défendre la Patrie. Ce musée très dense, conçu et animé par des hommes de conviction, rappelle comment l’Histoire de France a été vécue et un peu faite parfois par les Landais.

Foulant les lieux-mêmes d’où sont partis confiants ceux qui ne savaient pas encore que la guerre serait si longue et si douloureuse, les visiteurs ont éprouvé ces sensations profondes que procurent les pages d’Histoire quand elles ont été écrites et souvent transmises par des ancêtres au fond si proches, mesurant peut-être mieux le sens étymologique du mot « Patrimoine ».


1 - Cf Bulletin de la Société de Borda, n°488, 4e tri. 2007.


Journée du 14 juin 2014 à Contis


La Journée était organisée en collaboration avec l’Association Mémoire en Marensin. À partir de 10 heures,  le public, venu nombreux, remplissait la salle de cinéma pour les trois communications prévues :

Gilles Granereau, Tempêtes et érosion marine en Marensin : des phénomènes inédits ou récurrents

Au-delà des idées reçues, il est parfois nécessaire de se forger une opinion sur la réalité des faits : cet hiver 2013/2014 a-t-il été au-delà de la « normale », ou bien s’inscrit-il dans ce que l’on pourrait nommer un aléa météorologique ?

En juin 1944, le débarquement s’est effectué par des conditions météorologiques exécrables, et nous avons connu cet hiver des conditions très agitées, puis une fin d’hiver très douce... Les temps changent, mais pas la météorologie ... ou plus exactement, elle répond à des phénomènes cycliques que l’on connait mal actuellement.

Alors, de là à incriminer un supposé « réchauffement » ou « dérèglement » ou bien encore « changement » climatique, peut-être devrait-on y réfléchir à deux fois, et vérifier les faits, qui, eux, ne prêtent à aucune interprétation.


Pierre Laforie, De la dune littorale au canal des Landes : Jean-Sébastien Goury, un grand ingénieur méconnu

L’ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées des Landes de 1821 à 1831 Jean Sébastien Goury est le créateur de la dune littorale, véritable berceau de notreCôte d’Argent. En plus de ses travaux sur la côte, il participa, par des propositions originales et innovantes au projet du Canal des Petites Landes qui devait relier la Garonne à l’Adour par la Baïse, la Gélise, la Douze, la Midouze. Le Conseil général des Landes souhaitait fermement son ouverture. Claude Deschamps, directeur de la Compagnie des Dunes, s’opposa aux initiatives et aux projets de J.-S. Goury.


Jean-Jacques Taillentou, Sécurisation du littoral landais au XIXe siècle : du douanier au phare de Contis

Au XIXe siècle, le littoral landais reste le cadre d’un nombre relativement important de naufrages. Face à ces « drames de la mer »,  les mentalités évoluent. Parallèlement le littoral se transforme et devient plus accessible. L’implantation des douaniers en front de mer marque un tournant. De plus, la côte se dote progressivement d’une signalisation facilitant la navigation et évitant quelques incidents nautiques.

Après le déjeuner au restaurant « Dan », l’après-midi a été consacrée à une  belle et instructive promenade-découverte « entre océan, dunes et phare », sous la conduite des trois intervenants de la matinée.  





Journée du 24 mai 2014 à Gabarret


Une journée en Gabardan, ou d’un centenaire l’autre


Le 24 mai, un an après avoir célébré le centenaire des arènes de Dax, notre société s’est déplacée pour célébrer celui des arènes de Gabarret. D’un bout à l’autre du triangle landais, bon nombre de sociétaires avaient fait le voyage, pour se retrouver sous la somptueuse voûte de platanes de l’allée du placeau qui conduit au monument inauguré par le maire Rocher en 1914, où Philippe Talon fit d’abord un historique de sa construction.



Puis, revêtu de l’habit de lumière d’un écarteur, le célèbre architecte-urbaniste Cantal-Dupart, enfant du pays, nous fit une singulière présentation de ces arènes, avec sa verve toute gasconne. Les arènes de Dax et de Gabarret ont un point commun : le béton armé, matériau alors d’avant-garde. Pourtant, là s’arrête leur ressemblance, celles de Gabarret étant évidemment plus modestes que celles de Dax (2 500 places, à la taille de ce gros village) et en forme de fer à cheval fermé par une tribune en dur construite dès 1902. Pour Cantal-Dupart, la géométrie des formes et de la décoration de ces arènes, comme leur couleur, permettent de les ranger parmi les sources de l’Art Déco, qui naîtra officiellement dix ans plus tard. Cela vaut pour les poteaux-pilastres chanfreinés qui l’entourent et qui sont surmontés d’une console. Elle supporte un encorbellement sur lequel se déploie la balustrade. Cette dernière couronne l’ensemble dans un style nettement Art Déco avec ses motifs ajourés qui aèrent le béton. Les couleurs sont plus violentes qu’à Dax. Le rouge y domine, par celui des traits qui soulignent les formes et celui plus atténué des briques qui comblent les vides, entre les portiques.


Si Dax est terre de corrida, Gabarret est terre de Coursayres. Dans la lignée des Barrère, Jean ne sait plus trop quel numéro il porte. Mais il est toujours à la tête de la ganaderia de Buros, où il régala une tablée de plus de cents personnes, tout en rajoutant une ou deux louches de ces gasconnades dont il aime à pimenter les repas de ses hôtes.


L’après-midi fut nettement studieuse. Grégory champeaud (maître des cérémonies du jour), partit à la recherche de l’histoire de la course landaise dans le fameux roman d’E. Delbousquet L’écarteur, démontrant combien ce roman marque un tournant dans l’histoire de ce jeu, marqué par une professionnalisation des acteurs, l’introduction de bétail d’origine espagnole, de nouvelles figures et bien sûr l’usage systématique de la corde qui, pour Delbousquet, est aux écarteurs gascons ce qu’est l’épée aux toreros espagnols.

Il revint à Michel Suffran, qui puise des racines non loin de Gabarret, de clôturer cette journée par une magistrale intervention. Extraits : « Les hommes graves en pantalons blancs et boléro n’avaient d’autre arme que leur jeunesse, leur bondissement, leur sens inné de l’esquive. L’apparente désinvolture de leurs arabesques emprisonnait le mufle obtus dans une étourdissante chorégraphie presque aérienne […].

À chaque partenaire ses bottes secrètes, ses stratégies subtiles, ses fulgurantes parades. L’écarteur, si justement nommé, écarte en feignant de s’écarter […] d’une souple courbure du torse – juste ce qu’il faut, sans plus –  il esquive, s’efface. Ou se dérobe. Et en sourdine, s’ingénie à déconcerter sa partenaire. Il y a là une certaine ironie déguisée en cérémonieuse politesse du style « après vous, Madame ».

Mais poussant plus loin sa réflexion, le grand écrivain s’interroge ensuite : « pourquoi bête et homme ne cessent de rivaliser et de se traquer l’un l’autre. Au risque de se découvrir pétris d’une seule et même énigmatique nature. Aspirés par une identique fatalité ».


La suite, vous la trouverez dans l’ouvrage déjà disponible qui rassemble les interventions de la journée. On peut se le procurer à la société, 15 euros, 158 p.

Hubert Delpont


Séance du 12 avril 2014 à Nousse


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Nousse (salle des fêtes), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ 100 personnes présentes.


Maurice Gassie, Des communaux aux chênaies de l’Adour dans la Chalosse de Montfort. Le chêne et le jambon

Les statuts des communautés organisaient depuis « des temps immémoriaux » la gestion des biens communs. Dans l’Auribat et la Chalosse de Montfort les bois de chênes en constituaient l’essentiel jusqu’au XVIIIe siècle. Outre sa fonction de production de bois cet arbre remarquable jouait un rôle social : la nourriture du porc familial a permis aux plus humbles, métayers, journaliers, artisans de mener une vie point trop misérable. Le porc gascon engraissé au gland a alimenté pendant des siècles le commerce et la notoriété du jambon de Bayonne. Chêne et jambon forment ainsi un couple inattendu dans l’identité de ce territoire. Aujourd’hui, la réussite éclatante des chênaies de l’Adour, forêt de production s’ouvre aussi à de nouvelles perspectives.


Jean-Pierre Suau, Un tympan de portail lanais à redécouvrir dans l’église de Saint-Laurent de Louer

Cette étude iconographique a pour but d’identifier les sujets -aujourd’hui peu lisibles et forts mutilés- représentés sur le tympan du portail occidental (XVIe - XVIIe siècles) de l’église Saint-Laurent de Louer : non seulement une scène critique, mais aussi un petit cycle marial composé de trois scènes, et une rare représentation de saint Georges tuant le dragon.


Francis Falgat, Éclairage domestique et public en Chalosse au XIXe siècle

Avec les objets, témoins de leurs temps, nous voyageons dans l’univers de l’éclairage domestique rural, à partir du Moyen Âge jusqu’à la fin du XIXe siècle. Les brûle éclats, chandelles de résine et candeloun sont des particularités du sud ouest et notamment de la Chalosse, « chandelles des pauvres » elles accompagneront les travaux ménagers dans les métairies. L’arrivée des réverbères dans les bourgs de Montfort-en-Chalosse et Mugron dès 1835 est attestée par des documents municipaux, motivée par l’insécurité.


Geneviève Lassalle, Pé de Peyran

Résumé à venir.



Séance du 18 janvier 2014 à Sore


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Sore (salle des fêtes), sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Environ 90 personnes présentes.


Emmanuel Labat, Les Albret n’ont pas des oreilles de lièvre, héraldique et généalogie

Les Albret sont probablement la famille la mieux connue dans l’histoire médiévale des Landes. Pourtant elle n’a toujours pas livré tous ses mystères. Nous allons essayer d’en lever un, à propos de l’héraldique. A partir du milieudu XIVe siècle différents membres de la famille font apparaitre sur leurs sceaux un cimier particulier. Les historiens et héraldistes les ont décrits différemment et en ont donné parfois une hypothétique origine. En étudiant une autre famille, portant le même cimier, les Grailly, nous pensons avoir trouvé le vrai sens de cette «tête aux longues oreilles».


Anne Hambücken, Sur quelques pierres remarquables du canton de Belin-Béliet (Gironde)

Le canton de Belin-Béliet, en Gironde, abrite des pierres remarquables qui ont été considérées par certains auteurs comme des mégalithes : la Pierre du Diable de Lugos, les Pierres Gauloises du Braou et la pierre de l’église de Mons. La révision de la littérature qui leur a été consacrée, ainsi que des documents inédits et des témoignages, permettent de faire le point sur l’état actuel des connaissances au sujet de ces « monuments ».


Bénédicte Fénié, Routes et chemins dans les Landes de Gascogne

Des premiers tracés protohistoriques liés au parcours des bergers, le long des gerts du Tursan, à l’autoroute, la toponymie indique le chemin à travers les âges. Parfois, elle est seule à s’en souvenir.

Camins aulhèrs de la transhumance, levadas et estradas constituant un premier maillage cohérent en Aquitaine, carrèiras ou « grands chemins », camins romius des pèlerins, camins reiaus des intendants, routes, voies ferrées et autoroutes montrent la pérennité des grands axes qui traversent les Landes, interface entre les pays du nord de l’Europe et la péninsule ibérique depuis l’Antiquité.



Séance du 10 décembre 2016 à Dax, salle n°1 des Halles, 14 h 30


La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ 45 personnes, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou.


Gilberte Pandard, De Templeuve à Aire-sur-l’Adour : sur les pas de Victor Delannoy

Victor Delannoy fait partie des grands prélats landais du XIXe siècle.

Vicaire puis curé-doyen, il demeurera 23 ans à Lille, son accession à l’épiscopat en 1872 le mènera à Saint-Denis de la Réunion, avant d’être nommé dans le diocèse d’Aire en 1876.

En 29 ans de présence dans les Landes, il œuvrera pour l’enseignement chrétien, la propagation de la foi, les bonnes œuvres...  Il s’engagera fermement  contre les lois sur la laïcité.

« Évêque bâtisseur », ses qualités d’esthète le porteront à doter de très nombreuses églises de vitraux, de décors, de cloches, et à bâtir les chapelles des deux séminaires d’Aire, sans oublier le célèbre carillon de Buglose !  


Pauline Bessonart, Une histoire des « petites mains du thermalisme dacquois », d’autrefois à aujourd’hui

Le temps du thermalisme très matinal a changé à Dax.  Mais on peut toujours voir passer dans les rues de la ville, dès cinq heures du matin, des personnes se rendant dans les différents établissements thermaux : ce sont tous ces agents thermaux, ces « petites mains » du thermalisme qui vont dispenser leurs soins. C’est un aspect important et oublié du thermalisme que ces professionnels tellement nécessaires au maintien et au développement de soins thermaux de qualité. 

Cette recherche faite en collaboration par des agents thermaux et des curistes a un double but :  

- faire connaître la pratique professionnelle, autrefois et aujourd’hui,  des personnels « agents thermaux » des établissements  de Dax  dont on connaît peu la formation et le métier.

- En tant qu’observatrices du passé et du présent, servir de « passeuses de mémoire » pour les générations futures de chercheurs qui s’intéresseront, dans 50 ou 100 ans à ce sujet.


Hubert Delpont, La communauté portugaise du Grand Dax au tournant des années 1960-1970

De 1965 à 1975, plus de 1 000 ressortissants portugais parviennent à Dax, pour la plupart originaires du bassin du Douro, particulièrement du canton d’Amares, près de Braga. Après un séjour plus ou moins long au quartier du Sablar, ils essaiment à Dax, Saint-Paul-lès-Dax, puis dans l’ensemble de l’agglomération. Cet afflux, à la fois massif et subit, a une cause : le besoin de main-d’oeuvre pour construire, puis mettre en activité hôtels et établissements thermaux de la grande phase de croissance qui propulse Dax au premier rang des stations thermales françaises.




Séance du 26 novembre 2016 à Téthieu, salle des fêtes, 14 h 30


La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ soixant-dix personnes, accueilli par Monsieur Jean-Michel Dufort, maire de Téthieu, très heureux de recevoir la Société de Borda pour ce rendez-vous programmé de longue date, et sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou.


Micheline Roumegous, Et pour finir... dix autres Lettres de Peyrot ou Travailleur landais

Après la publication des Lettres à Henri, chroniques politiques écrites en gascon et parues dans le Travailleur landais, de 1936 à 1939 puis de 1945 à 1948, la mise à jour à la BNF, par Hubert Delpont, de dix autres Lettres, a évidemment conduit à leur traduction et à leur questionnement.

Sept d’entre elles complètent celles des années 1937 et 1938 sans en modifier profondément le sens, reprenant et enrichissant notre compréhension des questions qui taraudaient Peyrot : le combat des gemmeurs, ici au cœur de la lutte du Front populaire, les fascismes intérieur et extérieur, la trahison des classes moyennes et en particulier des radicaux qui s’opposent à tant de réformes. Colère et amertume disent alors le militant floué.

Mais trois de ces Lettres, écrites en février-mars 1940, pendant la « drôle de guerre », sont en rupture totale avec le reste. Elles paraissent inintelligibles ou tissées de bobards. Reconstituer leur contexte, comprendre leur effarant niveau de désinformation, ont imposé une plongée dans ce « grand blanc » des huit mois de « non-guerre ».


Christian Lacrouts, Deux médecins landais au début du XIXe siècle. Jean Chrysostôme Dupont de Tartas et François Desquives de Cauna

Un mémoire et une thèse présentés par deux médecins landais du début du XIXe siècle nous permettent de percevoir un état de la recherche en médecine spécifique de nos contrées landaises.

Le mémoire de J.-C. Dupont évoque le traitement des fièvres intermittentes par le Kina, fièvres endémiques des Landes provoquées par les marais insalubres.

La thèse du docteur Desquives, qui exerça ses talents à Labouheyre, concerne plus explicitement une véritable ordonnance pour une qualité de vie, conserver la santé et les moyens de prévenir les maladies.


Pierre Chabot, Le combat de Téthieu

À la veille du débarquement, Léon des Landes est de fait à la tête de la Résistance landaise. Il dispose de nombreux moyens pour lancer ses troupes dans l’action ouverte. Embuscades, sabotages, attaques se succèdent dans les Landes à l’annonce des divers plans d’action qui doivent accompagner le débarquement en Normandie.

Les particularités des Landes occupées et de la Résistance régionale limitent rapidement l’action des groupes de Léon des Landes. De plus, l’occupant réagit avec énergie lorsque, sur dénonciation, il apprend qu’un regroupement de partisans a lieu dans un méandre de l’Adour, au sud de Téthieu.

La séance a été clôturée par un sympathique pot de l’amitié offert par M. le maire de Téthieu.




Samedi 19 novembre 2016 à Sabres 


Présentation de l’ouvrage d’Alain Hazera, « Au temps des Sabringots »

Près d’une centaine de personnes se pressait dans la récente et charmante médiathèque de Sabres. Elles attendaient de découvrir le livre de « l’enfant du pays », toujours fidèle à ses racines et aux Sabringots (surnom donné aux habitants de Sabres). Isabelle Loubère, journaliste et conteuse, avec justesse, sut mettre en exergue l’esprit du livre d’Alain Hazera à travers quelques lectures savoureuses. Le public, déjà conquis, pouvait alors échanger avec l’auteur qui prolongea son dialogue de manière plus intimiste au cours d’une longue et cordiale séance de dédicaces. Cette manifestation organisée par la municipalité de Sabres se concluait par un pot de l’amitié au cours duquel Gérard Moreau, maire de la commune, et Magali Valiorgue, conseillère départementale, purent féliciter et remercier chaleureusement Alain Hazera.

Ouvrage en vente à la Société de Borda au prix de 15 euros.



Sortie-séance du 8 octobre 2016 à Sorde-l’Abbaye


Environ quatre-vingts personnes ont participé à cette enrichissante journée, la plupart venant à la fois le matin et l’après-midi, pour des animations très complémentaires. Les conférences du matin se sont déroulées dans la salle des fêtes du village, sous la direction de Bruno Cahuzac, vice-président ; la municipalité y accueillait les participants par des boissons et gâteaux. Mme le maire (Mme Lescastreyres) présenta d’abord la commune dans ses différents aspects culturels et touristiques. Puis se déroulèrent les deux conférences prévues, très intéressantes, qui captivèrent l’auditoire ; voir ci-dessous les résumés. De nombreuses questions s’ensuivirent, et des échanges fructueux se déroulèrent avec le public, notamment sur les richesses archéologiques locales qui font encore aujourd’hui l’objet de recherches pluridisciplinaires approfondies.


Anne Berdoy, Poterie féminine, une exception dans le paysage de l’artisanat potier : étude de cas dans le bassin de l’Adour

À la fin du XIXe siècle et même encore durant la première moitié du XXe siècle, dans plusieurs localités du piémont pyrénéen, des femmes, héritières d’une longue tradition remontant au Moyen Âge, ont pratiqué l’art de la poterie. Contrairement à leurs homologues masculins, d’autres centres potiers, elles utilisaient des outils rudimentaires. Cela n’a pas empêché qu’elles produisent, parfois en grandes quantités, des pots souvent très renommés.

L’enjeu de la recherche – menée à partir de l’exemple béarnais de Garos et Bouillon, en Béarn, mais qui concerne également Lahitte-Toupière et Ordizan, en Bigorre – a été de mettre au jour cette histoire particulière, difficile à appréhender car l’activité artisanale féminine laisse peu de traces dans les archives, et de comprendre une situation qui apparaît exceptionnelle dans le paysage artisanal traditionnel dominé par des centres potiers où la poterie était une activité majoritairement masculine (Làas-Montfort, en Béarn, Castandet et autres lieux de production des Landes).


Jean-Claude Merlet, Les Magdaléniens au pied de la falaise du Pastou à Sorde-l’Abbaye. L’abri du Grand Pastou

À 2 km au sud-est de Sorde-l’Abbaye, en bordure de la route menant à Salies-de-Béarn, la falaise du Pastou domine la plaine du Gave d’Oloron.

Au pied de cette falaise, R. Pottier découvrit en 1872 quatre abris sous roche contenant des vestiges de la période magdalénienne (de 15 000 à 11 500 ans av. J.-C.), d’Ouest en Est : les abris Duruthy, Grand Pastou, Petit Pastou et Dufaure, qu’il excava l’année suivante sans laisser de compte-rendu. L’abri Duruthy, le plus important, fit l’objet d’une fouille en 1874 par L. Lartet et G. Chaplain-Duparc, avec une publication assez détaillée pour l’époque. L’abri Dufaure fut fouillé en 1900 par P.-E. Dubalen et H. Breuil. Puis le site est tombé dans l’oubli durant près de 60 ans.

En 1958, R. Arambourou reprend des fouilles à l’abri Duruthy jusqu’en 1985, tandis que l’abri Dufaure fera l’objet de nouvelles investigations par L. Straus entre 1980 et 1984. Menés selon des méthodes rationnelles, ces travaux ont permis des progrès considérables dans la connaissance des modes de vie des populations préhistoriques installées au pied de la falaise. Les sculptures de têtes de chevaux mises au jour à l’abri Duruthy comptent parmi les œuvres d’art mobilier les plus célèbres de l’iconographie magdalénienne.

On ne savait presque rien de l’abri du Grand Pastou, plus modeste que les deux précédents, mais placé en position centrale par rapport à eux. C’est pourquoi il a été décidé en 2014 d’en entreprendre l’étude avec pour objectif de situer ses occupations humaines dans le cadre d’ensemble des abris de la falaise. Bien que la surface conservée de l’habitat des Magdaléniens soit restreinte, la mobilisation d’une équipe pluridisciplinaire utilisant les techniques les plus modernes de recherche laisse espérer l’obtention de résultats significatifs.

Avec la prise en considération des autres gisements magdaléniens du sud de l’Aquitaine, et notamment la grotte Bourrouilla à Arancou (Pyrénées-Atlantiques), actuellement en cours de fouille et distante seulement de 8 km à vol d’oiseau, les notions d’espace parcouru par les hommes du Magdalénien, de territoire de subsistance, d’aire culturelle, prennent ici tous leur sens.


Pour les nombreux participants qui s’étaient inscrits, le déjeuner (excellent et copieux) fut pris à l’Auberge de l’Abbaye, donnant sur la place centrale.


En début d’après-midi, la responsable de l’Office du Tourisme donna les consignes pour les visites guidées, car, vu l’importance de l’auditoire, trois groupes ont alors été constitués, alternant les lieux visités.


- La visite de la « villa » gallo-romaine, avec présentation des mosaïques, fut assurée par Delphine Haro-Gabay, experte dans tous ces aspects historiques. Les mosaïques en marbre ornaient la villa gallo-romaine construite au IIIe siècle ; il s’agit en fait d’un vaste établissement, dont les bases ont servi à la construction du logis abbatial datant du XVIe siècle. Les fouilles menées à partir de 1957 ont mis au jour, dans le sous-sol de celogis, de magnifiques thermes romains avec caldarium (bains chauds), tepidarium (bain tiède) et frigidarium (bain froid), chauffés par hypocauste (canalisation d’air chaud en sous-sol) et pavés de mosaïques. Les restaurations effectuées s’avèrent excellentes pour la préservation de ces vestiges à long terme.


- un autre groupe visita le monastère bénédictin, situé en bordure du Gave d’Oloron et qui forme, avec la Villa des Abbés et l’abbaye, un ensemble architectural de tout premier plan. De la salle capitulaire au réfectoire, jusqu’à la majestueuse terrasse, puis la galerie (unique en France) et l’embarcadère, c’est la vie des moines de la fin du XVIIe siècle, rythmée par les prières, les saisons, que l’on « découvrit » par cette évocation. Le monastère est notamment connu pour son exceptionnel crypto-portique, une galerie semi-souterraine longue de 70 mètres longeant le Gave, et qui est unique en France. Ce domaine constitue un site naturel classé.


- le troisième groupe alla à l’abbaye Saint-Jean de Sorde. Fondée avant 960, et partiellement classée monument historique le 25 août 1909 puis le 31 janvier 2008, elle a été aussi inscrite au patrimoine de l’UNESCO en 1998, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Ce monument, plusieurs fois restauré, reste un ensemble de grand intérêt. Dans les murs extérieurs de l’abbaye, le géologue B. Cahuzac a fait observer des calcaires locaux d’âge Éocène (dépôts marins d’il y a 40 millions d’années), très riches en Nummulites, foraminifères fossiles plats et ronds qui abondaient dans les mers tropicales de l’époque, associés à des terriers d’annélides et à des mollusques bivalves. Ces roches de construction proviennent de carrières très proches (Sorde, Peyrehorade), au sein de formations où ont été par exemple décrites des espèces nouvelles pour la science comme Nummulites sordensis ou N. aspermontis (localités éponymes, la dernière = Aspremont). On pouvait par ailleurs compléter cette visite par l’exposition présentée dans un bâtiment proche, sous forme d’une création artistique Flâneuse Digitale.


Soulignons la très bonne organisation de la journée, nécessitant un bon minutage des activités…






Séance du 17 septembre 2016 à Luxey

Pour sa première réunion de rentrée, la Société avait choisi la commune de Luxey dont la qualité de l’accueil fut particulièrement apprécié. La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ quatre-vingts personnes, en présence de M. Serge Sore, maire de la commune, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou.  


Trois communications ont été présentées :


Michel Baris et Jean-Jacques Fénié, Luxey dans les années 1930, vu par le docteur Pierre Camelat : texte et document

Un article en langue d’oc, rédigé précisément en gascon de Bigorre, paraît en 1939  dans la revue Reclams de Bearn e Gasconha. Il est écrit par le docteur Pierre Camelat, né en 1901,  installé dans le village de Luxey depuis 1928. Ce médecin, qui meurt d’une septicémie foudroyante en 1943, est le fils de Miquèu de  Camelat, bigourdan du Val d’Azun, fondateur avec Simin Palay, Adrien Planté, Pierre-Daniel Lafore et quelques autres, de l’Escòla Gaston Febus, branche gasconne du Félibrige. Dans cet article, fort riche, sont présentés l’économie et les modes de vie à Luxey dans les années 1930. Le texte, d’une part, reflète un certain point de vue, assurément intéressant, sur  le contexte économique et social de l’époque ; d’autre part, il apporte maints renseignements sur le lexique gascon.

La communication – à deux voix donc – s’appuie sur une présentation power-point avec photos, extraits significatifs du texte, remarques littéraires et lexicales, augmentées de quelques remarques socio-linguistiques.


Franck Lalanne, Châteaux sur la lande (Pirette et Caplanne à Callen)

La commune de Callen recèle deux très anciennes maisons en pierres, dénommées Pirette et Caplane. Elles diffèrent par leur surface et leur conception des maisons landaises traditionnelles ; ce sont deux anciennes maisons nobles, autrefois décorées du titre de « château » ; si Pirette a perdu presque tout son caractère, le « Caplane », oublié au fil des siècles, dans son splendide isolement, n’a subi ni les outrages des années, ni ceux du modernisme.

L’existence de ces maisons isolées sur l’ancienne lande pastorale est digne d’être contée et d’attirer l’attention sur le passé méconnu d’une commune du « grand nord landais ».


Gilles Rosière, Présentation du cahier de comptes de Johannès Patrouilleau, tuilier de Belin-Beliet

Sources irremplaçables de l’histoire locale, les cahiers de comptabilité des paysans, commerçants ou artisans renferment des renseignements qu’il seraitdifficile de trouver ailleurs puisque ces documents comptables, qui restent la propriété de leurs rédacteurs se retrouvent rarement dans les dépôts d’archives.

Le cahier de comptes de Joannis Patrouilleau, tuilier à Béliet, rédigé entre 1885 et 1919, nous renseigne sur les différentes productions, les prix, la répartition géographique de la clientèle et nous permet d’approcher, à plus d’un siècle de distance, la vie d’une des dernières tuileries artisanales du Sud-Gironde.


À l’issue des présentations suivies avec le plus grand intérêt par les participants, un sympathique pot était offert par la municipalité.




Sortie-séance du 18 juin 2016 à Labastide-d’Armagnac et Perquie

Le rendez-vous était prévu de longue date à Labastide-d’Armagnac. À partir de 10 heures, les participants venus nombreux (environ 140) remplissaient peu à peu la salle des fêtes gracieusement mise à notre disposition par la municipalité    de la commune pour les trois communications programmées de la matinée :


Françoise Lacausse et Béatrice Prieur, Du Pays d’Orthe à l’Armagnac, le Baco 22A

À la fin du XIXe siècle, le vignoble français est ravagé par le phylloxéra. C’est à Bélus, en Pays d’Orthe qu’a été mis au point le cépage hybride, résistant à l’épidémie, le « 22A ». L’élaboration de ce cépage, également nommé « Maurice Baco », repose sur tout un travail collectif. La communication permet de découvrir l’origine de ce cépage, sa formidable ascension, puis sa prohibition sur le territoire jusqu’à son maintien dans l’Armagnac et sa participation à l’AOC dès 1936.  


Janine Capes, La baronne de Bouglon à Labastide-d’Armagnac et dans son château de Michouta en Lugaut

Au XIXe siècle, une jolie et riche baronne, devenue veuve d’un officier, membre de la famille de Bouglon, célèbre par ses valeureux militaires, se réfugie dans le château du Prada à Labastide. Le célèbre écrivain Barbey d’Aurevilly, amoureux d’elle, va l’y poursuivre. Vivant très mal indivision et cohabitation avec les cohéritiers de son époux, elle fait construire un castel original dans sa métairie landaise et y retrouve la joie de vivre.


François Baju, L’Armagnac des Laberdolive

L’eau de vie d’Armagnac tient au patrimoine ancestral du procédé de réduction des vins afin de leur permettre de voyager. Il existait encore dans les années 1960 des concentrateurs permettant au vin d’éviter le risque de l’oxydation durant les transports. Ce n’était pas la distillation, autre manière de concentrer les vins. Le propos tient aussi dans la description des ampélographies et leurs arômes selon les terroirs.


Aux alentours de 12 h 30, direction Perquie (à la salle des fêtes aimablement mise à disposition par M. Arrestat, maire de la commune) où soixante-dix convives se retrouvaient autour de longues tablées pour partager le copieux buffet froid, préparé par le restaurant Café des Allées de Villeneuve-de-Marsan.


L’après-midi a été consacré au château de Ravignan où Mme Christine d’Orglandes et M. Josselin de Ravignan nous accueillaient pour la visite commentée du château, du parc et des chais. Tour à tour, chacun des deux groupes constitués a pu suivre l’historique du domaine depuis la construction en 1108 d’un prieuré sur le site du castrum médiéval - où vinrent s’installer les moines de la Grande-Sauve - jusqu’à nos jours. En 1663, sur les décombres du premier château détruit pendant les guerres de Religion, la famille de Mesmes construisit un manoir correspondant à l’aile gauche actuelle du château. C’est en 1732 que les Lacroix de Bayonne en firent l’acquisition : Jean-Dominique Lacroix, enrichi par le commerce maritime, laissa ses biens à son frère Jean (1695-1770), qui acheta le domaine de Ravignan, en prenant le nom et le titre de baron. Dès lors, les générations successives n’ont cessé de parfaire, par étapes, l’œuvre architecturale du château dont nous admirons aujourd’hui la symétrie et le pur classicisme.

L’intérieur du château, vrai musée d’art et d’histoire, nous laisse admiratifs ; le majestueux escalier monumental du hall d’entrée s’impose d’emblée tandis qu’au fil de la visite, nous découvrons les richesses culturelles et artistiques accumulées, témoins d’un prestigieux passé : galerie de portraits des ancêtres, longs rayonnages de bibliothèque, manuscrits, tapisseries, plafond à caissons du salon, sans oublier les souvenirs du Père Gustave-Xavier de Ravignan (1795-1858), illustre prédicateur des conférences de Carême à Notre-Dame, qui voisinent avec le nécessaire de campagne appartenant à son frère Hippolyte, aide de camp du général de Flahaut. Dans la salle à manger, l’impressionnant lustre hollandais attire notre regard ; il contraste avec une soupière en argent, seul objet de valeur qui ait échappé à la Révolution... à l’étage, dans le couloir, l’exceptionnelle collection de portraits et gravures conte la vie d’Henri IV tandis que, dans une chambre d’apparat, il nous est encore donné de remonter le temps avec le lit à baldaquin conservé en l’état, un assortiment de costumes de cour d’avant 1789 ou un cocasse ensemble de pots de chambre et de pots à eau...

Pour compléter la captivante visite, M. Josselin de Ravignan nous attend dans les chais au sol en terre battue et au toit non isolé qui permet, avec l’évaporation des alcools - « la part des anges » -, le vieillissement naturel à l’air libre. Les savantes explications qu’il donne nous aident à mieux comprendre la personnalité de l’Armagnac du château qui continue d’être fabriqué selon des techniques traditionnelles de distillation. Outre la culture de quatre cépages (dont le Baco pour 50 % et la Folle blanche pour 10 %), l’utilisation d’un alambic ambulant centenaire participe véritablement à la spécificité et à la qualité de l’Armagnac. Dès sa distillation, ce dernier est mis dans des « pièces » numérotées, fûts de chêne de 400 à 435 litres, entreposées dans les chais où la température et l’humidité sont de la plus grande importance pour la qualité du vieillissement. Le maître de chai qui prend alors toute la mesure du « vrai sacerdoce » qu’il a conscience d’exercer n’a plus qu’à surveiller l’évolution de ses eaux-de-vie...


Sortie-séance du 7 mai 2016 à Saint-Paul-lès-Dax et Mées

Une journée placée sous l’égide de la nature … et de la culture !

Concernant Abesse, le thème était assez large : « Quelques aspects écologiques et géologiques du vallon d’Abesse, à Saint-Paul-lès-Dax ; un site attractif par ses richesses naturalistes ». Il a été développé par Bruno Cahuzac et Gilles Granereau.


9 h 30 - Rendez-vous était fixé à l’étang de Poustagnacq, près du restaurant. Première surprise : il y a foule ! 64 personnes se sont déplacées, malgré un temps un peu incertain. Le thème s’avérait par conséquent attractif.


Après une introduction effectuée par G. Granereau, le cortège de voitures se dirige vers le site, et le nombre de véhicules oblige à réorganiser quelque peu cette tournée, amenant à envisager plus de marche.


Une présentation rapide des forges et de l’activité est faite au niveau du lac par Jean-Pierre Mabille, qui rappelle au passage que l’hydroélectricité a constitué ici une innovation, apportant avant l’heure l’électricité à la forge et aux ouvriers.

L’aspect hydrologique abordé par G. Granereau montre que le site était parfaitement choisi pour l’implantation des forges : d’une part, une alimentation en eau pérenne assurée par trois ruisseaux allait permettre d’établir une retenue d’eau faisant fonctionner une turbine électrique ; d’autre part, la ressource en matériaux permettant la chauffe, la fonte et la transformation existe sur place (voir plus loin). Cette retenue d’eau a conduit à la formation d’un étang important, d’environ neuf hectares, qui constitue aujourd’hui un milieu présentant un intérêt écologique majeur. Cet étang a certainement été utilisé pour l’alimentation, comme cela se faisait partout dans les « lagunes » landaises, avec une pisciculture plus ou moins organisée.

La visite aura permis de découvrir les abords de cet l’étang, et de constater que, malgré son origine artificielle, la nature reprend ses droits au point d’offrir une succession d’habitats naturels organisés selon leur proximité (ou éloignement) de l’eau. En partant de la chênaie ou de la pinède sur les parties plus hautes, on passe par les peuplements d’aulnes et de saules, puis, rapidement, apparaissent les fourrés et landes de transition, avec la Callune, la Bruyère cendrée. Ensuite, le peuplement végétal devient plus bas, et la Molinie (1) s’impose, accompagnée de Bruyère ciliée, d’Ajonc nain, de Bourdaine, et, sur les parties plus humides, de Bruyère à quatre angles.

Le sol devient assez « spongieux », du fait de la présence de substrats tourbeux : c’est essentiellement une mousse, la sphaigne, qui assure la formation de ces tourbes. Le processus est assez simple : les sphaignes ont la faculté d’emmagasiner une extraordinaire quantité d’eau (plusieurs dizaines de fois leur poids sec), et de survivre à l’état desséché en été. Mais elles ont aussi la propriété « d’absorber » et de stocker des cations, notamment de calcium et de magnésium, ce qui leur fait libérer des ions hydrogène, abaissant ainsi le pH (2) du milieu. Cette « acidification » conduit à limiter à la fois le nombre d’espèces adaptées à ce milieu, et d’empêcher la décomposition de la matière organique, qui devient de la tourbe. Cette tourbe est plus épaisse vers les berges de l’étang, auxquelles nous n’avons pas pu accéder, car le sol y est peu porteur et engorgé.

Ceci étant, de nombreuses espèces sont présentes et l’on cite bien évidemment les Droséras (ou Rossolis), petites plantes carnivores représentées par deux espèces (Droséra à feuilles intermédiaires et Droséra à feuilles rondes), les Grassettes du Portugal (autres « carnivores »), la Narthécie des marais, et bien d’autres espèces spécifiques à ces tourbes ; une dizaine de sphaignes différentes sont présentes. On y a récemment signalé la présence d’une très rare Orchidacée, Dactylorhiza brennensis (3), qui était jusqu’alors endémique de l’Indre (tourbières de la Brenne), dans des conditions de biotope comparables ; un apport par les oiseaux migrateurs, de plan d’eau en plan d’eau, est probable.

On se dirige ensuite vers le vallon de Poustagnac (et ses petites « gorges »), non sans prendre un peu de pluie, en passant par un peuplement (d’origine artificielle) où l’on peut trouver des Chênes rouges, des Tulipiers de Virginie, mais aussi quelques charmes, des tilleuls, des chênes « du pays », des alisiers, merisiers… Et aussi des platanes, qui ont été utilisés comme bois de feu pour les forges. À proximité se trouve une belle plataneraie, ce qui constitue une originalité supplémentaire, cette espèce étant rarement utilisée en plantation.

Ce vallon montre un sous-bois intéressant sur le plan botanique, et en partie une ripisylve (forêt de bord de cours d’eau) à essences variées, dont fougères, mousses et lianes. Mais c’est la partie géologique qui est ici visitée, présentée  par Bruno Cahuzac. Le long du large chemin sub-horizontal s’observent en rive gauche les restes d’anciennes exploitations de « castine », dépôt calcaire qui était ajouté au minerai de fer dans les fourneaux pour en diminuer l’acidité ; ce sont des calcaires sableux jaune orangé, rognonneux et détritiques, datant du Chattien  marin (= Oligocène supérieur, soit environ -24 millions d’années) et plus ou moins fossilifères, notamment en microfaunes (foraminifères). Un peu en aval, le ruisseau se resserre et creuse de pittoresques petites gorges dans d’épais calcaires sableux compacts, fins, plus ou moins disposés en plaquettes superposées.

Dans la partie haute du vallon, juste au-dessus des bancs calcaires, affleure une série de sables roux épais, compacts, d’origine fluviatile, avec des horizons un peu plus indurés, et des niveaux d’une sorte de cuirasse ferrugineuse. Cela correspond aux « Sables fauves » finis-miocènes, très répandus par exemple dans les coteaux de Chalosse ; ils peuvent contenir des cuirasses de nappe aquifère. Ces couches ont été exploitées pour les forges du secteur.


À l’issue de l’expédition, un dernier arrêt a permis de commenter la magnifique allée de Hêtres pourpres qui marquaient jadis l’entrée du domaine des forges et de son parc boisé. Ces hêtres, de par leurs dimensions, sont certainement parmi les plus remarquables du département.


Notes

1 - Une discussion a été tenue à propos du nom gascon de la Molinie : il s’agit de l’auga (que l’on prononce « awgue »). D’après le « Petit vocabulaire de la forêt landaise », de B. et J.-J. Fénié, c’est bien le terme dédié à cette « graminée vivace qui croît notamment dans la landehumide ». Des noms dérivés sont signalés (voir le site gasconha.com), tel le synonyme auguicha (prononcer « aouguitche »), ou bien la désignation d’un lieu humide par augar (prononcer « awgà »).

2 - Le pH, ou potentiel hydrogène, correspond à une mesure de l’activité chimique des ions hydrogènes H+. Il est exprimé sur une échelle allant de 0 (acide chlorhydrique) à 14 (soude caustique), la limite entre acidité et basicité étant placée à 7 (eau pure).

3 - Royaud (A.), Cahuzac (B.) & Laporte-Cru (J.), 2004. - La tourbière de l’étang d’Abesse (Saint-Paul-lès-Dax, Landes) ; intérêt écologique. Bulletin de la Société Linnéenne de Bordeaux,  tome 32, 2, p. 117-129.


La matinée se termine par un repas réconfortant au Moulin de Poustagnac, avant de repartir pour Mées où M. Michel Caup nous accueillait avec sa grande  amabilité coutumière dans la salle d’exposition de la Maison des Glycines, pour les trois communications prévues de la séance de l’après-midi présidée par J.-J. Taillentou :


Gérard Laborde, De Saint-Esprit à Magescq, en 1852

1852 est une date importante dans l’histoire de « la Course landaise », notre jeu gascon ancestral. C’est à Magescq, les 17 et 18 octobre de cette année 1852, que les écarteurs ont affronté pour la première fois de l’Histoire, des « toros » de corrida espagnols !

Comment en était-on arrivé là ? C’est à la suite des trois premières courses de taureaux, « à l’espagnole », données en France, les 12, 13 et 14 septembre de la même année, à Saint-Esprit, l’une des plus grosses villes du département des Landes, à l’époque, que cet évènement a pu avoir lieu. En effet, les toros qui n’avaient pas été estoqués sur les bords de l’Adour, ont été achetés par des propriétaires de troupeaux landais qui les ont amenés à Magescq.

Par la suite, ces nouveaux « ganaderos » allaient apporter un souffle nouveau à notre jeu gascon, en allant acheter la totalité de leur bétail de course, en Espagne.


Bruno Cahuzac, Un site géologique célèbre de Saint-Geours-de-Maremne : les affleurements d’Escornebeou, d’âge Oligocène supérieur (25 millions d’années)

Les gisements d’Escornebeou à Saint-Geours-de-Maremne constituent sans doute le site aquitain qui a été le plus discuté pour la datation des couches marines qui y affleurent : d’abord rattachés au Miocène moyen (« Helvétien », dans les années 1870 par Raulin & Jacquot), ils furent ensuite « vieillis » au Miocène inférieur (Aquitanien) ou même jusqu’à l’Oligocène inférieur (Stampien)… Aujourd’hui, grâce à la révision des microfossiles - très abondants - qu’on y trouve, un âge chattien est adopté, donc c’est l’Oligocène supérieur qui est représenté (cette période est bien connue dans les Landes, mais pratiquement absente sous faciès marin de tout le reste de la France). Plusieurs espèces fossiles y ont été décrites, et ont donc Escornebeou comme localité type ; un genre aussi est éponyme : Escornebovina. Il est à noter que 3 groupes d’affleurements formentce site, et sont situés sur 3 communes limitrophes différentes. Les faciès sont infralittoraux, plus ou moins agités, sous climat subtropical, et comportent surtout des marnes ou sables bioclastiques (« le Moulin », « la Marnière »), avec des horizons de calcaires indurés (« Lespeyrères »). Un aperçu est montré de divers groupes fauniques étudiés en ce site, comme des foraminifères, ostracodes, coraux récifaux, bryozoaires, mollusques, brachiopodes, échinides, poissons, ou de groupes végétaux comme pollens, nannoflore. La paléobiodiversité s’avère remarquable dans ces gisements qui sont une référence stratigraphique internationale (et font partie de l’Histoire des Sciences - en ce cas géologiques -). En particulier, les grands foraminifères benthiques sont très diversifiés et fréquents (lépidocyclines, miogypsines, nummulitidés, victoriellidés) et la biozone SBZ 23 y a été définie ; par ailleurs, les mollusques Pectinidae sont variés, avec dix espèces, et nous y avons décrit le genre Cristatopecten, qui amorce là une lignée phylétique développée ensuite dans tout le Miocène sud-aquitain. Rappelons aussi que ce site a livré les plus anciens représentants européens du gros crocodile tropical Tomistoma, genre venu d’Asie, cette immigration semblant en rapport avec un réchauffement climatique et des épisodes de remontée du niveau eustatique océanique.


Alain Pécastaing, Les étrangers aux XIXe et XXe siècles, une histoire landaise

Arrivées pour travailler, librement, ou par la contrainte durant les deux guerres mondiales, pour fuir persécutions et conflits dans leurs pays (Polonais, Espagnols), des populations étrangères aux origines les plus diverses ont participé au développement économique et à l’aménagement du territoire landais. Les impératifs de l’exploitation forestière ont pour l’essentiel rythmé ces flux migratoires.

Ces étrangers ont en permanence subi les fluctuations de la politique des différents gouvernements toujours marquées par deux préoccupations : ajuster au mieux les arrivées aux besoins de main d’œuvre, et par une étroite surveillance les maintenir dans un état d’insécurité. « Indésirables » sous Pétain, ils sont les victimes désignées du régime.

Dispersées sur l’ensemble du territoire, ces populations se sont intégrées et ont participé à l’histoire du département, notamment durant la Résistance.


Séance du 23 avril 2016 à Saint-Julien-en-Born, salle des fêtes, 14 h 30

La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ 150 personnes, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou.


Franck Lalanne, Les tribulations d’une famille de Saint-Julien : les Contis d’Orvignacq (1650-1750)

Cette communication a trait à l'histoire privée d'une famille qui habita Saint-Julien-en-Born, au quartier d'Orvignacq, maison « Capilhane », aux XVIIe et XVIIIe siècles. La période étudiée, soit un siècle sous le règne des rois Louis XIV et Louis XV, correspond à une abondante documentation tirée d'archives privées déposées aux Archives départementales des Landes.

Les Contis appartenaient à une famille ancienne, originaire du lieu de Contis qui s'étendait de part et d'autre du courant, tant dans la prévôté de Born que sur la baronnie de Marensin ; chassés comme tant d'autres familles du littoral par l'avancée des sables, les Contis furent des réfugiés climatiques du XVIe siècle. Plusieurs branches de cette famille s'installèrent à Lit en Marensin et à Saint-Julien-en-Born.

Cette communication s'est attachée à suivre les péripéties d'une de ces familles déplacées, celle des Contis installés au temps du roi Henri IV au quartier d'Orvignacq, dernier quartier tout au nord de la paroisse de Saint-Julien, avant Bias et Mimizan. À travers le destin de ses chefs de famille, c'est toute une époque qui est ressuscitée : on y voit l'ascension sociale d'une famille issue de la terre, qui sut faire fructifier son capital notamment par le commerce et la prise à bail des revenus du prieuré d'Orvignacq ; on y voit également la difficulté à perdurer et à tenir son rang, souvent remis en question par les partages successoraux ou la rigueur des temps. Ainsi, le « grand froid de 1709 » frappa les Contis d'Orvignacq  qui perdirent une partie de leurs propriétés à la suite de cette catastrophe naturelle.

La famille finit en « quenouille », par Marie Contis, mariée avec un « étranger », Étienne Royal, originaire du marmandais et quelque peu huguenot. Leur fille, Catherine Royal épouse Berque de Bias, transmit à cette famille la propriété d'Orvignacq ; la maison familiale perdit ainsi son statut de maison de maître, et devint une métairie, rôle qu'elle a gardée jusqu'à notre époque.

Aujourd'hui, il ne reste plus rien de l'ancien Orvignacq : disparus la chapelle Saint Barthélémy et le prieuré d'Orvignacq ; disparues les anciennes maisons Contis, toutes remplacées dans les années 1960 par des maisons modernes.


Jean-Paul Lagardère, Petits braconnages et chasses oubliées des Landes

Petites chasses et rapport à la nature du peuple des campagnes. La communication propose de découvrir les trucs et astuces de certaines chasses landaises, d’en retracer l’origine et d’en comprendre la richesse culturelle.

Elle est aussi un vibrant hommage à l’inventivité et à l’intelligence de tous ces Landais qui ont su, avec des moyens souvent bien dérisoires, rendre plus performants certains modes de capture et concevoir des appeaux à la sonorité si juste. Capturer, pour se procurer une nourriture d’appoint, grandement nécessaire à eux-mêmes et à leurs familles, était leur préoccupation première afin d’améliorer de dures conditions de vie.

Elle est enfin une sorte de pèlerinage dans le temps retraçant les étapes successives, qui ont abouti, de modifications en améliorations, aux pièges jugés « parfaits » que les générations passées nous ont transmis. Il tente ainsi de sauver de l’oubli ce patrimoine de nos aïeux qui fit, pour partie, notre culture et notre différence.


Jean-Jacques Taillentou, Les frères Desbiey, précurseurs (oubliés) ?

Guillaume et Louis-Mathieu Desbiey, auxquels est souvent associé le terme de précurseur (mais de quoi) font parti de ces hommes éclairés et physiocrates de la fin du XVIIIe siècle landais. Malgré une aura incontestable dans la mémoire collective, cette fratrie a fait l’objet de rares publications dans les bulletins de la Société. Guillaume y est particulièrement ignoré ; quant au rôle de précurseur de Louis-Mathieu, il ne fait l’objet d’aucun article. Situation incongrue alors que depuis une trentaine d’années, les frères ont connu un regain d’intérêt de la part de quelques chercheurs. L’objet de la communication est donc de faire une mise au point historiographique et de s’interroger sur le réel impact de leurs expériences tout en revenant sur la construction du mythe ou non d’hommes « oubliés ».



Séance du 19 mars 2016 à Mont-de-Marsan, salle des conférences, aux archives départementales, 14 h 30


La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mont-de-Marsan, salle des conférences des Archives départementales des Landes, gracieusement mise à la disposition de la Société par Mme Alice Motte, nouvelle directrice des Archives départementales des Landes, sous la présidence de J.-J. Taillentou, en présence d’une centaine de personnes.


Trois communications étaient programmées :


Christian Levaufre, Souvenirs sans rancune. Mémoires d’un prisonnier de guerre

Comme des milliers d’autres jeunes Allemands de son âge, à 18 ans, Horst Fusshöller va se retrouver soldat. Comme des milliers d’autres, il n’a pas d’autre choix que de faire comme les autres, acteur passif emporté dans le tourbillon des évènements de la fin de la deuxième guerre mondiale.

Fait prisonnier, il n’a pas d’autre choix que de devenir « démineur ». L’espérance de vie est courte mais au moins, on ne meurt pas de faim. Horst va rester en France jusqu’en 1947. Il nous livre ses souvenirs et ses sentiments d’une époque où chaque soldat allemand devait porter sa part d’une faute collective et où les esprits n’étaient pas encore prêts à essayer de comprendre et encore moins à pardonner. Tous n’étaient pas des salauds. C’est ce que Horst a voulu montrer, d’abord, à sa famille, ensuite, à ses amis.

Pierre Delmas, Le « regard amusé » de Claude Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss en tout jeune homme, plein d’allant, d’humeur enjouée, et, bien sûr, amoureux : tel nous le montrent ses lettres adressées aux siens de Mont-de-Marsan, une centaine, chronique au jour le jour de septembre 1932 à juin 1933. On y remarque déjà la perspicacité du regard de l’ethnologue - qu’il ne songe même pas encore à devenir - et surtout, dans ces pages pourtant écrites sans nul souci ‘apprêt littéraire, quelque chose comme la promesse de l’aube.


Jean-Pierre Brèthes, Parcours exceptionnel d’un volontaire landais de 1870

Tout commence par une demande d’un descendant de Saturnin, qui souhaiterait que l’on décryptât les cent cinq pages du carnet de son aïeul. Les Archives départementales, sollicitées, voient bien l’intérêt historique de ce document, un des très rares témoignages de soldat landais de la guerre franco-prussienne et je suis sollicité pour cette retranscription qui m’entraîne dans le sillage d’un homme attachant et, à bien des égards, exceptionnel.

Le plan de la narration a été conçu par l’auteur : l’enfance à Duhort, passée à garder les vaches (trois ans seulement à l’école, à partir de dix ans) ; le dur apprentissage du métier de forgeron, le tirage du mauvais numéro, en 1862, puis le service de cinq ans, à Nice, tout récemment française, le « Tour de France » interrompu sur la route de Paris, puis la guerre franco-prussienne de 1870 du volontaire parti dès le 18 août.

Enfin, le 1er octobre 1873, las de tant de tribulations et de misères, Saturnin s’installe à son compte avec « le sieur Antoine Clavé, charron, dans le magasin de M. Lesbarrères, charpentier. » L’atelier fonctionne dans ce magasin à Mont-de-Marsan. Parti de rien, sans aide financière de ses parents et par la seule vertu de son travail, Saturnin inscrit son nom dans l’histoire de Mont-de-Marsan : il s’appelait Jean-Baptiste Pédarré.

Après la séance animée avec beaucoup de talent par les trois conférenciers et suivie avec le plus vif intérêt par les participants, chacun pouvait se diriger à la table de presse où étaient proposées les récentes publications de la Société, notamment l’ouvrage du premier intervenant : « Souvenirs sans rancune, Mémoires d’un prisonnier de guerre ».




Assemblée générale du 27 février 2016 à Dax, salle de l’Atrium


La Société retrouvait avec plaisir la salle de spectacle de l’Atrium pour son assemblée générale annuelle. Le président Jean-Jacques Taillentou remerciait tout particulièrement M. Gabriel Bellocq, maire de Dax, qui honorait l’assemblée de sa présence et représentait aussi M. Henri Emmanuelli, Président du Conseil départemental des Landes. Étaient également présents M. Giudicelli, nouveau sous-préfet de Dax, ainsi que d’autres personnalités locales venues d’horizons divers.


J.-J. Taillentou adressait aussi ses remerciements aux municipalités (Morcenx, Saint-Pierre-du-Mont, Biscarrosse, Gaujacq, Pissos, Saint-Sever) ainsi qu’au Centre départemental du Patrimoine d’Arthous qui ont accueilli, au cours de 2015, la Société à l’occasion des réunions mensuelles.

Il soulignait les relations privilégiées avec la FHSO (Fédération historique du Sud Ouest), les partenaires municipaux de Dax (musée, bibliothèque, archives), les Archives départementales des Landes, le Comité départemental du tourisme, les musées landais, le Parc Naturel régional des Landes, la maison de la Dame de Brassempouy, sans oublier toutes les associations d’histoire locale et les divers partenaires qui font connaître à l’extérieur la Société (correspondants du Journal Sud-Ouest, offices du tourisme, etc.).  

4 mars 1876…. Avant que soit présenté le rapport moral, le Président rappelait que la Société de Borda a été créée il y a tout juste 140 ans, lors d’une séance à Dax, dans une salle du conseil municipal, autour de son lointain prédécesseur Henri Du Boucher, soulignant ainsi le rôle de la vénérable institution qui, pendant toute ces décennies, a su accompagner tant de générations de Landais dans leurs travaux et leurs recherches…

Rapport moral présenté par le Président et trois membres du Bureau


Les réunions mensuelles

Constituant l’une des principales activités de la Société, les séances mensuelles ont connu un réel succès au vu du nombre de leurs participants qui a souvent dépassé la centaine comme à Hastingues / Arthous, et Saint-Sever, voire plus comme à Gaujacq (250 personnes). Comme il a été indiqué sur la carte de la répartition géographique des séances, la Société s’est déplacée, comme chaque année, dans diverses communes, s’attachant à faire connaître et à promouvoir le patrimoine landais dans son extrême diversité.

Plusieurs temps forts ont marqué l’année 2015 :

- l’assemblée générale devenue un rendez-vous culturel et convivial attendu par nombre de nos adhérents et un public attiré par les conférences magistrales présentées, à cette occasion, sur les Landes. Thierry Gatelier, naturaliste à la Direction de l’Environnement du Conseil départemental des Landes, dressait un panorama général sur Le patrimoine naturel landais. L’après-midi avait lieu la projection du film Landes en présence du réalisateur François-Xavier Vives.

 - la Journée-sortie, à Hastingues-Arthous, en partenariat avec le Centre départemental du Patrimoine et la collaboration de l’association culturelle du Pays d’Orthe, a été l’occasion de découvrir ou de mieux connaître l’abbaye d’Arthous et la bastide d’Hastingues, sous la conduite diligente de Delphine Haro-Gabay, directrice du Centre.  

- la Journée d’études à Saint-Sever, organisée avec le concours actif de la municipalité saint-séverine engagée dans une vaste opération d’inventaire duPatrimoine de la ville, et les interventions très documentées de Marie Ferey, chargée d’études pour cette mission tandis que, l’après-midi, la conférence de Jean Cabanot sur la mappemonde du Beatus attirait un nombreux public.   

- la séance de Gaujacq, préparée en grande partie par Vincent Guichenuy, a connu un vif succès et s’est achevée par la visite du camp de prisonniers allemands.

Bénéficiant de la diversité et la richesse des parcours des intervenants, les autres réunions ont maintenu leur niveau de qualité : à Morcenx, à Dax en collaboration avec le dynamique Cafè gascon de Dacs, présidé par Marie-Jo Lescourret, Saint-Pierre-du-Mont, Biscarrosse, Saubusse (à Betbeder, grâce à l’obligeance de M. René Fialon), Pissos, Dax.    


Le bulletin trimestriel

Entré en 2015 dans sa 140e année, exactement l’âge de la Société, le Bulletin se renouvelle et s’enrichit au fil des ans. Les quatre livraisons ont offert, en première partie, 20 articles, soit 516 pages, couvrant toutes les époques sur des sujets variés, de l’histoire (juridique, sociale, économique) aux sciences d’observation (climatologie, météorologie, botanique) en passant par l’art et la littérature, le thermalisme ou le vécu, dans les Landes, de la guerre de 14-18 et des tragédies de la seconde guerre mondiale. La Chalosse a été, à trois reprises, à l’honneur et deux textes sur les Landes profondes signés A. Hazera et G. Kerlorc’h ont été sélectionnés pour leur extrême densité.  

Une deuxième partie a rassemblé 23 chroniques, rubriques plus courtes abordant, sur des thématiques variées (archéologie, arts et traditions populaires, ethnographie, géologie, étymologie, gascon, médecine, musique, sciences naturelles, etc.), des sujets circonscrits, parfois insolites, qui favorisent une lecture plus dynamique et peuvent être l’amorce d’études nouvelles inédites ; 15 recensions ont rendu compte d’ouvrages récents landais ou régionaux.

Dans la troisième partie figurent les rubriques habituelles : les comptes rendus des séances mensuelles, les entrées de la bibliothèque, les noms des nouveaux adhérents, les programmes de congrès régionaux, et autres nouvelles concernant la Société.


Autres publications  

Le pôle édition se structure et poursuit son développement. Son objectif est triple :

- mettre à disposition des chercheurs et des lecteurs des ouvrages abordant des thèmes novateurs et de qualité que des maisons d’édition non associatives n’oseraient pas éditer pour des raisons commerciales.

- promouvoir notre Société auprès d’un public sensible au patrimoine régional mais qui, pour l’heure, ignore l’existence de « Borda » ou en a une image passéiste.

- diversifier également nos modes de financement afin d’équilibrer notre budget et poursuivre ainsi nos projets.

En 2015, la Société a publié trois ouvrages correspondant parfaitement à l’esprit et à la ligne éditoriale qu’elle s’est donnée : des sujets ambitieux servis par des recherches sérieuses menées pas des auteurs compétents, avec pour finalité de proposer des textes alliant rigueur scientifique et vulgarisation. Ce fut le cas pour Le camp de prisonniers allemands de Gaujacq (1915-1918) », de Josyane Schemmel et Vincent Guichenuy ; Les  mémoires d’un prisonnier allemand, Souvenirs sans rancune, de Horst Fusshöller, découvert et promu par Christian Levaufre ; La porcelaine de Pontenx à la fin du XVIIIe siècle, coécrit par François Lalanne et Xavier Petitcol.

Parallèlement à ces publications, la Société a décidé de proposer à nos adhérents et à nos lecteurs potentiels des rééditions d’ouvrages de référence dont dispose notre bibliothèque. Le choix du premier ouvrage de cette collection proposée en coédition avec les éditions Louis Rabier s’est porté sur « L’Aquitaine historique et monumentale ».


Le fonds documentaire : bibliothèque / archives / fonds iconographique

La bibliothèque accueille adhérents et chercheurs, les mercredi et vendredi après-midi de 14 h à 17 h ou sur rendez-vous. Son enrichissement - par les dons des associations d’histoire locale, des auteurs ou sociétaires ainsi que les échanges avec une soixantaine de sociétés savantes du Sud-Ouest et de plusieurs départements français - est régulier.

Les legs de sociétaires sont, en outre, des atouts majeurs pour la Société. à noter, celui de l’abbé Michel Devert, qui a fait don à la Société de très nombreux ouvrages, brochures, revues régionaux et autres. à cette documentation classée par L. Grihon, s’ajoute le legs des droits patrimoniaux afférents aux études et travaux de l’infatigable chercheur. Comme cela a déjà été dit l’an passé, Mme Geneviève Lassalle, archiviste-paléographe, chef de service à la Bibliothèque nationale, a également légué à la Société une importante documentation (travaux et notes sur l’intendant Dupré de Saint Maur, Pé de Peyran…) dépouillée par Marcel Bordes.

La reconstitution des fonds importants d’érudits locaux (Fonds Aparisi, Départ, Daugé, etc.) et la cotation selon les normes des Archives départementales se poursuit grâce aux compétences archivistiques de Mme C. Lesclaux. La retranscription informatique des passeports à partir de deux registres (celui de la Société de Borda et celui des archives municipales de Dax), par Mme Jacob est achevée, constituant une riche base de données et une mine d’informations sur la vie professionnelle et les modes de vie des Dacquois du début des années 1800.

Il convient enfin de noter que les bulletins de la Société de Borda et le fonds important de revues de sa bibliothèque figureront bientôt dans le catalogue du SUDOC (Système Universitaire de Documentation), soit 10 millions de notices sur tous types de documents, ce qui permettra une plus grande lisibilité du fonds documentaire de la Société.

Le reclassement et la numérisation du fonds iconographique (photothèque) se poursuivent grâce à Jean-Paul Bouissou qui a noté que, pour nombre de communes, la Société ne dispose encore d’aucun cliché. Appel est donc lancé aux détenteurs de photos sur les Landes (paysages transformés, monuments disparus, églises, vieilles demeures, personnages...), la Société s’engageant à restituer, après numérisation, tous les documents iconographiques provisoirement confiés.


Pé de Peyran

Des réunions ont été organisées avec la commune, la communauté de communes, le Conseil départemental des Landes. Le projet de valorisation a été jugé recevable, une étude va être menée afin de définir son contenu et les financements à solliciter (le programme LEADER ? Conseil départemental des Landes ? Région Aquitaine ?). Il s’articule autour de trois axes : assurer l’entretien du site et sa gestion, participer à sa valorisation pédagogique, développer la recherche archéologique, géologique. L’étude sera développée de façon concertée ; toutes les connaissances (anecdotes, photos, documents…) qui pourront être apportées sur le site seront les bienvenues.


Communication

Le site Internet http://www.societe-borda.com/, régulièrement mis à jour par Mme C. Courjaud, permet à chacun de suivre nos activités, de connaître les programmes et les comptes-rendus des réunions, de faire des demandes, d’envoyer son adhésion. Des améliorations sont à apporter, notamment la présence d’un moteur de recherche pour rendre accessibles nos riches bases de données. Grâce à un lien avec les Archives départementales des Landes, il est néanmoins possible de retrouver les titres et les auteurs des articles du Bulletin de la Société de 1876-2001. Les bulletins de 1876 à 1938 sont également consultables en ligne sur le site Gallica de la BnF.

La lettre électronique, diffusée à trois reprises, permet de rester en contact avec nos adhérents mais aussi d’informer un public - qui ne connaît que peu les activités de la Société - sur les programmes des réunions et sorties, les nouveaux ouvrages édités par la Société, les sommaires des bulletins, etc. Il est important que chacun la diffuse autour de soi et, s’il ne la reçoit pas encore, d’en faire la demande en indiquant son adresse de messagerie. Toutes les suggestions seront également les bienvenues !


Participation à diverses manifestations

Communiquer se traduit aussi par la présence régulière de la Société aux diverses manifestations de la vie culturelle locale :  

Les 24 et 25, 26 avril, nous présentions notre bulletin trimestriel et nos publications aux Rencontres à lire, organisées par la Ville de Dax.

Le 30 mai, la délégation de six membres de l’équipage du « Borda » a été reçue par M. Jogan et J.-P. Lagardère. La veille, à l’Atrium, dans le cadre d’une conférence organisée par le musée de Borda, V. Guichenuy présentait le chevalier de Borda en le resituant dans son contexte familial landais.

Le 20 juin 2015, la visite « privée » et gratuite de l’exposition Sacrées œuvres, était proposée aux adhérents de la Société par L. Rodriguez, conservatrice du Musée de Borda, une manifestation renouvelée d’année en année traduisant les liens noués entre les deux entités. Le 10 juillet, la Société a assisté aussi au vernissage de l’exposition Lizal au musée municipal de Dax, à l’occasion du centenaire de la disparition du peintre et, le 31 juillet, à la petite cérémonie organisée à Mées par M. Michel Caup, à la Maison des Glycines laquelle fut représentée sur un tableau, aujourd’hui disparu, de Lizal, et dont le parvis porte désormais le nom du peintre.

En juillet et septembre, la Société tenait un stand au Balcon des artistes, manifestation municipale dacquoise, qui réunit peintres, sculpteurs, bouquinistes sur les bords de l’Adour. Comme chaque année, la bibliothèque de la Société était ouverte au public, pour les Journées du Patrimoine, les 19 et 20 septembre permettant à plus de 120 personnes de découvrir pour la première fois l’hôtel Saint-Martin d’Agès, et l’originalité du fonds documentaire de la Société. Le samedi 26 septembre avait lieu, à l’initiative de L. Grihon, une braderie d’ouvrages, de revues (en surnombre, non régionaux), une première réussie qui a attiré plus d’une centaine de personnes et sera renouvelée au printemps.

Les 25 septembre et 23 novembre, la Société participait, à titre consultatif, à deux réunions de la commission mise en place par la municipalité de Dax pour l’élaboration d’une AVAP (Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine).

Les sollicitations et demandes de partenariat adressées à la Société sont de plus en plus nombreuses : de la part de la ville de Dax, des collectivités territoriales landaises, d’auteurs, de revues, comme Terres des Landes en Gascogne, magazine récent auquel plusieurs responsables de la Société apportent leur contribution.


Le bilan financier souvent déficitaire ces dernières années présente pour 2015 un solde positif. Ce dernier s’explique par un effort fait depuis deux ans sur nos coûts d’impression, négociés à la baisse, les succès conjugués du pôle édition et de la braderie. Malgré cette embellie, le Conseil d’administration a souhaité soumettre à l’Assemblée générale une proposition d’augmentation de un euro de la cotisation pour l’année 2017. Elle n’avait connu aucune modification depuis 2007. Ce réajustement permettra également de compenser une érosion du nombre d’adhérents, même si celle-ci tend à se ralentir. Le président rappelle que, malgré sa vitalité affichée et assumée, la Société doit s’appuyer sur un réseau d’adhérents nombreux. Pour le maintenir, il appartient à chaque sociétaire de ne pas hésiter à promouvoir autour de soi les vertus de notre association...


Projets 2016

Les conférences mensuelles, sous leur forme classique, auront lieu à Habas (janvier), Mont-de-Marsan (mars), Saint-Julien-en-Born (avril), Luxey (octobre), Téthieu (novembre) et Dax (décembre). Au mois de mai, une journée sera consacrée aux richesses géologiques et botaniques d’Abesse ; y seront présentées trois communications s’intéressant à Saint-Geours et à l’immigration dans les Landes. Le 18 juin, l’Armagnac et le château de Ravignan seront mis à l’honneur. En septembre, la Société en collaboration avec le Centre départemental du Patrimoine d’Arthous organisera une manifestation consacrée à Sorde-l’Abbaye.

L’année 2016 affirmera la politique d’édition de la Société et mettra en valeur quatre ouvrages démontrant la diversité des disciplines que notre Société peut aborder. Ainsi, dès le mois de  janvier, la thèse de géographie de Marie Pendanx Cultures et identités en pays landais est présentée à Habas. L’Assemblée générale sera l’occasion de proposer au public le premier tome d’une collection « Histoire de Dax ». Christian Desplat en est l’auteur, il y aborde l’Histoire moderne de la ville. Au printemps, paraîtra Petits braconnages et chasses oubliées des Landes de Jean-Paul et Vincent Lagardère, qui sera suivi  de Au temps des Sabringots, d’Alain Hazera.


Les rapports moral et financier, soumis aux votes, ont été approuvés à l’unanimité. (nombre de pouvoirs : 201)


La parole est laissée ensuite à M. Christian Desplat, professeur émérite des Universités (Pau et Pays de l’Adour) qui clôtura la matinée par une brillante conférence sur Dax aux XVIIe et XVIIIe siècles, condensé de son ouvrage édité par la Société, qui a été présenté ce même jour à l’Assemblée générale. Avant le déjeuner toujours très apprécié des participants à la Brasserie de l’Atrium, place est faite à une séance de dédicaces, à la vente de nos publications sur les tables de presse.


L’après-midi, la projection des vidéos du site « Empreintes landaises, 90 ans d’histoire des Landes », mises en ligne par l’INA (Institut national de l’audiovisuel) sur le site du Conseil départemental des Landes a attiré un très nombreux public. Captivé par les images sélectionnées et commentées avec passion par Bénédicte Fénié, chacun a pu découvrir bien des facettes de nos Landes depuis le film muet sur le gemmage de 1921, jusqu’au thermalisme de ces dernières années, en passant par les images « maréchalistes » de la Révolution nationale de 1942, les grands incendies de 1949, sans oublier les tranches de vie savoureuses des vieux Landais du terroir... à la fin de la projection, B. Fénié, qui a largement participé à la conception des « Parcours » et à la rédaction des notices d’accompagnement pour chaque vidéo, nous conviait instamment à aller sur le site de l’exposition interactive : www.ina.fr/ fresques /landes /accueil.





Séance du 23 janvier 2016 à Habas, foyer municipal, 14 h 30


La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ 150 personnes, en présence de M. Lataste, maire de Habas, qui nous accueillait dans la salle du foyer municipal de Habas, et sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou. Pour ce premier rendez-vous de l’année qui se voulait le plus convivial possible, plusieurs personnalités s’étaient déplacées. Mme Rachel Durquety, conseillère départementale du pays d’Orthe et Arrigans, représentait M. Henri Emmanuelli qui regrettait de ne pouvoir être parmi nous ; plusieurs maires du canton avaient aussi répondu à l’invitation de la Société. Après le mot d’accueil de M. Lataste, Mme Durquety, au nom du Président Emmanuelli, forma les meilleurs souhaits pour la Société et assura ses responsables du soutien du Conseil départemental des Landes. J.-J. Taillentou présenta ensuite le nouvel ouvrage édité par la Société, issu de la thèse de doctorat de géographie humaine que Marie Pendanx a soutenue le 4 décembre 2013 à l’Université Michel Montaigne Bordeaux 3 et dont elle communiqua pour la séance les principaux axes de recherches.    


Marie Pendanx, Cultures locales et identités en pays landais

Dans un contexte de mondialisation, certaines cultures locales résistent. Sur notre terrain d’investigation, l’angle du département des Landes et plus particulièrement sa partie sud-ouest au contact du Pays-Basque et du Béarn, nous sommes en présence d’une société qui est en renouvellement. Il est par conséquent opportun de s’interroger sur la manière dont se constitue la localité que nous avons choisie comme espace d’étude. étant confrontés à des objets changeants, chargés d’idéologies, de représentations, nous avons adopté une démarche combinatoire qui s’inscrit au cœur d’une géographie sociale et humaniste. Le travail d’enquête et de recherche réalisé nous permet de montrer que sur cet espace la culture locale est une culture marquée par des apports extérieurs et des singularités propres. L’étude de la vie quotidienne dans notre aire d’investigation sud-landaise a mis en évidence des éléments endogènes constitutifs d’une culture de l’habiter, de l’Ici, de la fête, vivante et populaire. Pour autant, ces spécificités apparentes ne sont le produit que de « branchements » réalisés par des individus de plus en plus mobiles, indépendamment du contexte urbain ou rural. Le local apparaît ainsi comme une construction permanente, innovante à travers une logique de « bricolages » identitaires.


Abbé Jean-Pierre Laulom, L’état religieux des Landes à la fin de la Révolution de 1789

La politique religieuse de la révolution de 1789, après des années d’unanimité et d’euphorie (apparentes) lors des États Généraux en 1789 et des Assemblées constituante puis législative de 1789 à 1792, puis de persécution violente sous la Convention et surtout la Terreur en 1793-1794 connaît deux tournants radicaux : l’un en 1795 sous la Convention « thermidorienne », période relativement libérale qui permet une modeste reprise publique du culte catholique et l’interruption des poursuites contre le clergé réfractaire, et l’autre en 1799, après le coup d’état du 18 brumaire et l’instauration du Consulat.

Dans cette période du Consulat, la claire volonté de Bonaparte d’obtenir la pacification religieuse de la France s’imposera (non sans difficultés), elle aboutira en 1801 à la signature du Concordat, ouvrant une période radicalement nouvelle après douze années d’une crise qui était allée jusqu’à la guerre civile en Vendée et dans l’ouest et le midi de la France.

Comment cette période (de 1795 à 1801) a-t-elle été vécue dans les Landes ? Ce travail s’attachera à explorer les acteurs, les évêques d’Aire et d’Acqs, les prêtres réfractaires exilés en Espagne (principalement) ou restés sur place dans une vie semi-clandestine, le clergé constitutionnel (d’abord « officiel » et protégé, puis délaissé), les hommes politiques et leur attitude dans « la question religieuse » et les évènements, jusqu’à l’application du Concordat en 1802 et l’arrivée du nouvel évêque, Jacques-Joseph Loison, sis à Bayonne. Et ceci, en se basant sur les rapports de Ramonbordes, commissaire du Directoire et de Dyzès, député, écrits tous deux en 1796, puis, plus tard, sur le rapport du premier préfet des Landes, Méchin, en 1801.


Jean-Jacques Taillentou, Regards croisés sur les « Landes » de la fin du XVIIIe siècle

À travers le double témoignage, l’un étranger à la région, celui de Guillaume de Malesherbes, botaniste, académicien, défenseur de l’Encyclopédie et  le second, local, celui du dacquois étienne de Lafargue, subdélégué de l’intendant de Bordeaux, se dessine le tableau avisé et riche en enseignements des « Landes » dans les années 1760-1770.

Comme prévu, la réunion s’est poursuivie dans la bonne humeur par une séance de dédicaces du livre de Marie Pendanx et par le partage de la galette des rois offerte par la Société de Borda à tous les participants, instants précieux de convivialité pour échanger nos souhaits, resserrer nos liens d’amitié et réfléchir ensemble aux projets de l’année qui s’ouvre...





Séance du 11 novembre 2017 à Ondres, salle Capranie, 14 h 30


Durant le mois de novembre, la Société a tenu une seconde séance, prévue de longue date, à Ondres qui a réuni un auditoire d’environ 130 personnes, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou.

Au nom de la municipalité, Mme Marie-Thérèse Espeso, adjointe au maire d’Ondres, déléguée aux affaires culturelles et à la vie associative, a chaleureusement accueilli, dans la grande salle Capranie gracieusement mise à notre disposition, la nombreuse assemblée venue écouter, avec autant d’attention que d’intérêt, les trois communications sur le patrimoine local, lesquelles ont  donné lieu à quelques interventions et remarques appuyées qui ont prolongé la séance.


Françoise Roques, La pêche au XVIIIe siècle sur la Côte sud landaise, d’après Le Masson du Parc

En 1727, François Lemasson du Parc, Commissaire de la Marine et inspecteur Général des Pêches, est envoyé en mission par le Conseil de Marine auprès des amirautés de Bayonne et Bordeaux. Il est chargé d’inspecter, pour le service du Roi, les lieux de pêche depuis Hendaye jusqu’à Bordeaux.

Le détail de ses inspections sur les côtes du sud des Landes (de Tarnos à Hossegor) est consigné par François Le Masson du Parc dans le « Procès Verbal de la Visitte faite concernant la Pesche le long des Costes du ressort de l’Amirauté de Bayonne ». Il y décrit les différents bateaux, filets, et techniques de pêche utilisés, mais aussi l’aspect de la côte sud landaise à cette époque.


Jean-Jacques Fénié et Maurice Gassie, Picatalòs et Picatarròcs

Écrit par Léonce Lacoarret (Al Cartero), le chant des Picatalòs apparaît en 1901 dans un recueil de ce médecin resté dans la mémoire de Salies-de-Béarn. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, alors que l’ouest de la Chalosse et le « Bas-Adour » connaissent une agitation rurale contestant le dispositif traditionnel du métayage, la chanson, certes à résonnance sociale, prend un ton de révolte en même temps que son titre est modifié.

Apparaissent los Picatarròcs menaçant los Mossurs de leurs fourches et de leurs faux. Est-ce l’aube du Grand Soir dans les campagnes ? Jusqu’à la fameuse loi de 1946 sur le fermage et le métayage, le mal-être des métayers landais se poursuit. Plus tard, le contexte évolue mais la canta deus Picatarròcs demeure un hymne emblématique. Une énigme demeure cependant : qui a bien pu composer les ajouts « révolutionnaires » ?


Jean-Jacques Taillentou, Le château de La Roque à Ondres ou l’histoire encore ignorée d’un « château landais »

Curieusement dans la liste des « châteaux landais » celui de La Roque à Ondres est probablement celui dont l’histoire est la moins connue d’autant plus que les rares informations recensées s’appuient presqu’uniquement sur une notice historique aux origines incertaines et aux sources prêtant à interrogations. Pourtant sa position géographique exceptionnelle sur le littoral landais ne laisse aucun doute sur son ancienneté.

L’objet de la communication est de faire un état des certitudes que l’on peut avoir à ce jour en espérant qu’elle encourage de nouvelles recherches.




Séance du 4 novembre 2017 à Goos, foyer rural, 14 h 30


La séance a eu lieu devant une nombreuse assemblée (environ 160 personnes), sous la co-présidence de Bruno Cahuzac et de Jean-Pierre Brèthes, et la houlette de Jean-Pierre Marquant, président de l’association Sur les pas du valet de cœur, en présence de M. Vincent Lagrola, maire de la commune et président de la Communauté des communes Terres de Chalosse. Une réunion très réussie, prolongée par la visite d’une exposition, conçue avec autant de rigueur que de précision, qui a vivement intéressé un grand nombre des auditeurs.  


Jean-Pierre Marquant, La reconstitution de l’abbaye de Divielle à Goos

Depuis le départ des derniers religieux en 1932, l’abbaye de Divielle, située sur le territoire de la commune de Goos, a vu ses murs se détériorer ou disparaître.

À la lecture des ruines restantes, il n’est pas possible de se remémorer le véritable ensemble qui formait ce monastère. Afin de pallier cette constatation, et avec l’assentiment des propriétaires actuels, l’association « Sur les Pas du Valet de Cœur » s’est investie dans la reconstitution de ce site religieux par une maquette réalisée de façon remarquablement fidèle.


Arthur Berson, Gustave Cadillon, un témoignage sur la campagne des Dardanelles

Gustave Cadillon est né le 7 octobre 1895 dans le petit village landais de Goos. Comme tant d’autres, il fut un soldat de la Première Guerre mondiale, mais son itinéraire au sein de ce conflit est particulier et suscite l’intérêt. En effet Gustave Cadillon n’a pas fait la guerre contre son gré ; il s’est engagé de façon volontaire, sans savoir d’ailleurs qu’il participerait à la Première Guerre mondiale, puisqu’il s’est engagé dès le 26 mai 1913. Les hasards de la guerre l’ont ensuite conduit bien loin de sa Chalosse natale ; il participa notamment à la bataille des Dardanelles à bord du cuirassé « Jauréguiberry ». Le parcours de Gustave Cadillon nous est connu grâce à son carnet de soldat, qu’il rédigea entre 1914 et 1916. Au travers de ce texte, il nous livre ses impressions sur ce conflit mondial auquel il participe. Son carnet, ainsi qu’un herbier et quelques lettres sont les seuls documents le concernant qui soient parvenus jusqu’à nous. En effet, aucune photographie, ni aucune sépulture, ne sont connues pour ce soldat.


Bernard Lesquibe, Le Front d’Orient

Cette présentation du « Front d’Orient » se limitera à deux théâtres d’opérations essentiels : l’expédition des Dardanelles (1915-1916) ; la guerre dans les Balkans, à partir du camp retranché de Salonique (1915-1918). On y verra les acteurs, leurs objectifs, les opérations et leurs résultats.


Exposition

Le Front d’Orient

Conçue et réalisée par l’association Sur les Pas du Valet de Cœur, de Préchacq-les-Bains, cette exposition a été présentée dans le hall des sports de la commune de Goos, du 3 au 19 novembre. L’inauguration a eu lieu en présence de M. Boris Vallaud, député des Landes, de Monique Lubin, sénatrice des Landes, de Didier Gaugeacq, qui représentait M. Xavier Fortinon, président du Conseil départemental des Landes, de M. Paul de Andréis, directeur de l’ONAC 40, de M. Vincent Lagrola, maire de Goos et président de la Communauté de communes Terres de Chalosse, et d’une nombreuse assistance.

En 2014, après avoir pris connaissance de l’existence du carnet d’un poilu de Goos, l’association que je préside s’est fait un devoir de porter ce document à la connaissance du plus grand nombre de lecteurs. Ce cahier a été écrit par Auguste dit Gustave Cadillon, un enfant du village engagé et membre de l’équipage du navire de guerre « le Jauréguiberry ». Auguste dit Gustave parcourt la Méditerranée et les Dardanelles. Dès les premiers jours de la Première Guerre mondiale, il participe aux batailles navales dans les Dardanelles. C’est là qu’il rédige consciencieusement son carnet de poilu. Il trouve la mort sur le contre-torpilleur « la Hache » face à la plage de Tartous en Syrie.

À la suite de la lecture de l’ouvrage, Vincent Lagrola, maire de Goos, est contacté afin de partager l’idée d’une commémoration. Le thème du « Front d’Orient » est choisi. Nous rencontrons M. Paul de Andréis, directeur de l’ONAC qui propose de présenter un dossier à la Mission du Centenaire. En découle l’attribution d’un « label ». Nous apprenons l’intérêt de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour concernant les documents relatifs à la Première Guerre. La possibilité de réaliser un stage de master « Valorisation des Patrimoines » à un universitaire est envisagée. C’est Arthur Berson qui retient l’attention de l’association de par ses résultats et aussi par le fait de ses origines goossoises.

Arthur Berson est l’auteur du livre dont le titre reprend exactement le titre du carnet : « Impressions – Souvenirs de la guerre européenne 1914 – 1915 – 1916 ».

Quant à l’association, elle confectionne les panneaux et réalise la présentation de l’exposition. L’exposition retrace la vie d’Auguste Cadillon mais va plus loin en présentant le Front d’Orient, trop souvent oublié, avec des cartes, une chronologie, l’état des forces armées avec leurs généraux ainsi que de touchants témoignages, tels le portefeuille lacéré d’un poilu tué à Sedd-ul-Bahr, transpercé par une baïonnette turque, un foulard dit de Vieille-Serbie. Y trouvent également leur place les gourbis des tranchées puisqu’il y avait aussi des tranchées sur le Front d’Orient avec les armes, les outils et le matériel des soldats. Le fil rouge de l’exposition demeure le mémorial qui reprend le nom de tous les Landais morts au Front d’Orient. Ils sont au nombre de 544 à l’ouverture de l’exposition. Une fiche a même été réalisée sur chacun d’eux avec une précision historique et administrative.

Sans la démarche altruiste de Pierre Cadillon, aujourd’hui disparu, la personne qui nous a remis le carnet de Gustave, son oncle, ce projet n’aurait jamais vu le jour. Qu’il en soit remercié !

Jean-Pierre Marquant



Séance du 14 octobre 2017 à Dax, salle n°1 des Halles, 14 h 30


La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ 80 personnes, sous la présidence de Bruno Cahuzac.


Jean-Pierre Laulom, Quand l’évêque cherche un toit, les chanoines rimaillent !

En 1912, l’arrivée d’un nouvel évêque, Charles-Marie de Cormont, posa de manière aiguë le problème de sa résidence.

En 1906, le magnifique évêché d’Aire avait été confisqué par l’état, dans les conséquences de la non-application de la loi du 9 décembre 1905 « portant séparation des églises et de l’État ». L’évêché de Dax était aliéné depuis la révolution de 1789. L’évêque François Touzet s’était réfugié en 1906 dans une maison prêtée à Saint-Sever, jusqu’à sa mort accidentelle en 1911.

Un anonyme chanoine d’Aire, voyant les péripéties savoureuses d’un émissaire de Mgr de Cormont, ses gaffes et bévues, et l’âpre rivalité d’Aire, Saint-Sever, Mont-de-Marsan et Dax pour obtenir la résidence épiscopale, composa un long poème en alexandrins, au ton très humoristique, rempli de pseudonymes transparents, souvent critiques, voire féroces, dans lequel il caricature sans pitié le monde ecclésiastique d’Aire et du diocèse entier, ses principaux personnages et les acteurs de la dispute des principales cités landaises.

Nous sommes bien en pays gascon, même aux heures sombres, on sait s’amuser.


Gilles Granereau, Ouragans, incendies, phénomènes extrêmes,... : faut-il croire que l’activité humaine en est responsable ?

Cette communication constitue le résumé de deux articles qui devraient paraître dans le Bulletin de la Société de Borda, l’un étant consacré à l’étude du lien entre les incendies et les sécheresses par le passé, et l’autre aux éléments qui montrent que les phénomènes météorologiques naturels extrêmes ne sont pas en progression, contrairement aux affirmations faites par les médias.

En étudiant la période qui s’étale des années 1937 à 1949, on constate un lien étroit entre les périodes de canicules extrêmes et la survenue d’incendies. Par ailleurs, un grand nombre d’évènements météorologiques ont été observés, qu’il s’agisse des canicules et des sécheresses, des tempêtes et orages dévastateurs, mais aussi de périodes de froid dans certains cas bien éloignées de l’hiver. Les commentateurs d’aujourd’hui parleraient certainement d’une « dérèglement climatique » pour qualifier ces douze années ! Un autre phénomène dévastateur lié aux sécheresses et aux incendies a été été observé, il s’agit des invasions de criquets, phénomène qui n’est pas réapparu depuis.

Le cyclone Irma qui a récemment frappé les Antilles françaises a été une nouvelle fois un argument pour faire croire que ces ouragans sont de plus en plus violents. Un étude d’Emmanuel Garnier, historien du climat, a montré que depuis le XVIe siècle, des événements de la même intensité se sont produits, mais ils sont moins fréquents aujourd’hui ! Et si l’on utilise les données issues de recherches sur les cyclones, on peut faire le même constat pour l’époque moderne, il n’y a pas d’augmentation de l’intensité globale des cyclones, que ce soit pour l’Hémisphère Nord ou pour l’ensemble de la Planète... Enfin, on peut également montrer avec les marégraphes que la hausse accélérée du niveau de l’océan, supposée responsable des érosions lors des dernières tempêtes, ne se produit pas.


Bruno Cahuzac, D’abondantes populations de Pectinatella magnifica (Leidy, 1851) (Bryozoaires d’eau douce) dans les Landes, à Dax

D’abondantes populations de l’espèce Pectinatella magnifica (Bryozoaires Phylactolaemata d’eau douce) ont été récemment découvertes - pour la première fois - dans des étangs à Dax (Landes). Une illustration significative de colonies in situ montre les caractères principaux du taxon (lophophore, taches blanches, statoblastes, corps bruns, épistome, bourgeonnement…), y compris l’observation de nombreuses pelotes fécales. On a bénéficié de l’excellente conservation du matériel examiné et d’une très grande qualité des nombreux clichés de détail réalisés. Si, vues de l’extérieur, les colonies ressemblent à des masses brunes gélatineuses et gluantes souvent de grande taille et fixées sur des supports végétaux, les structures et organes s’avèrent, en vues rapprochées, d’une variété de couleurs, natures et fonctions très remarquables, justifiant ainsi la dénomination spécifique de « magnifique »… Les bourgeons dormants ou flottoblastes, pullulants et de taille millimétrique, sont le principal mode de dissémination de l’espèce.

Cet animal aquatique (thermophile) est un invasif originaire d’Amérique du nord (apparu en France vers 1994 dans les Vosges). Sa prolifération assez rapide peut poser questionnement, et il est fait appel à une « enquête participative » des Landais pour rassembler toutes les observations de l’espèce dans les divers plans d’eau du département ou de la région. Un point est fait sur la répartition (en extension) de l’espèce dans les Landes, incluant plusieurs sites inédits. Mais il est très probable que l’espèce soit aujourd’hui beaucoup plus largement répartie que ce qui est connu. L’éthologie et le mode de vie de ce Bryozoaire d’eau douce peuvent avoir des effets positifs ou négatifs sur son proche environnement et sur les espèces qui l’accompagnent dans ses biotopes ; un aperçu sur cet aspect est proposé, en liaison avec les caractères (mésotrophes à eutrophes) des étangs considérés.

Séance du 23 septembre 2017 à Sabres, salle L’Estrade, 14 h 30


La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence de représentants de la municipalité et de personnalités locales impliquées dans la vie culturelle de Sabres, - tout particulièrement de Mme Véronique Pérez, de l’association culture et loisirs de Sabres -, qui firent le plus chaleureux accueil aux intervenants et au public venu nombreux (plus de 100 personnes).


Jean-Claude Merlet et Jean-Paul Lagardère, La fréquentation de la Grande Lande au Mésolithique par les derniers chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire

Les labours forestiers de l’après tempête Klaus ont largement bénéficié aux prospections archéologiques menées en Grande-Lande. Pour la période du Mésolithique, celle des derniers grands chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire, entre 10 500 ans et 5 500 ans avant Jésus-Christ, le nombre de campements dénombrés sur ce territoire dépasse désormais la centaine. Les campements étaient presque toujours établis en bordure des ruisseaux, lesquels servaient de voies de pénétration et de circulation. Les groupes humains chassaient à l’arc le gibier de forêt, principale ressource alimentaire. Mais la pêche, à l’aide de nasses d’osier, et la cueillette, qui concernait essentiellement le ramassage des glands et des noisettes, assuraient un complément alimentaire non négligeable.


Franck Lalanne, L’adieu aux troupeaux. Mais qui a donc tué les moutons d’Escource ?

Le XIXe siècle à Escource comme partout ailleurs sur la lande a porté un coup fatal à la vielle économie grand landaise dite agro-pastorale. Mais ici, plus qu’ailleurs puisque c’est sur le territoire d’Escource qu’a été créé le domaine impérial et notamment le village de Solferino privant désormais Escource de sa grande lande et du riche quartier de Cap de pin. Il fallait bien réfléchir. Qui donc a chassé les bergers d’Escource. L’empereur et ses administrateurs ? ou bien les Landais eux-mêmes bien avant l’arrivée de Napoléon III en ses lieux ? Et si ce sont des Landais précurseurs eux-mêmes ? quels Landais ? Autant de questions auxquels il est assez facile de répondre en se penchant sur la documentation et les archives antérieures à 1857. L’enquête nous confirmera que ce sont bien des Landais qui ont tué les moutons d’Escource.


Bernard Traimond, Anthropologue dans la lande

Ce recueil rassemble un florilège d’articles rédigés au cours de ces quarante dernières années, et fruit de recherches anthropologiques dont les thématiques et l’espace étudié sont centrés sur la Lande : inéraire académique qui au-delà de quelque retournement, cherchait à ne jamais rompre, de par le monde, avec les recherches les plus novatrices ».


En fin de séance, les participants ont pu se procurer l’ouvrage de l’auteur qui vient d’être édité par la Société (rubrique commandes).  



Séance du 17 juin 2017 à Geaune, salle des fêtes, 14 h 30


La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ 50 personnes, sous la présidence de Jean-Pierre Brèthes.

Jean-Pierre Brèthes, Présentation de la dernière publication de la Société de Borda « Lettres d’un poilu landais de l’Indochine à la Lorraine », par André Lassègue

Gemma Wallet, La création de la commune d’Eugénie-les-Bains

La commune d’Eugénie-les-Bains nait officiellement en 1861. La communication retrace la longue marche des mécanismes qui amenèrent la création de cette commune absorbant celle d’Esperons, une partie de celles de Damoulens et de Saint-Loubouer, berceau des bains à l’origine de la volonté de promouvoir un territoire dont le nouveau nom condensa ses vertus et le prénom de sa marraine prestigieuse.

Jean-Pierre Brèthes, Les trois régiments landais au Chemin des Dames en 1917

En 1917, le front dévore les classes d’âge à la cadence de près de 1 000 morts par jour en moyenne et il faut une percée. Le 16 avril, à la demande de l’Assemblée Nationale, le général Nivelle lance une offensive qui doit emporter la décision en quarante-huit heures. Le 34e R.I. monte en ligne sur le Chemin des Dames, pour s’emparer du plateau de Californie. Engagés contre les grenadiers de la Garde impériale, les Landais s’élancent le 5 mai 1917 à l’aube et parviennent sur les hauteurs. Le 6 mai, quand la relève arrive, à minuit, le régiment a perdu en trente-six heures 1 138 hommes. Vingt jours plus tard, renforcé de réservistes béarnais du 218e, il remonte en ligne au même endroit. Enfin, exsangue, deux fois cité à l’ordre de l’Armée, il reçoit la fourragère de la Croix de Guerre. Le 234e R.I. est sur le Chemin des Dames le 9 juillet. Le 14 juillet au crépuscule, le régiment Hindenburg fond sur nos lignes. Deux compagnies du 234, encerclées, se font tuer sur place, gagnant le temps nécessaire pour la contre-attaque. Le 16 juillet au soir, après quarante-huit heures de combats ininterrompus, 616 hommes manquent à l’appel. Mais les épreuves du 234e R.I. ne s’achèvent pas là ; le 26 juillet, il doit contenir les assauts furieux de l’ennemi. Enfin, ayant perdu plus du tiers de son effectif, le 234e est relevé. Au 141e R.I. Territorial, haché à Verdun en 1916, il reste trop peu d’hommes pour les employer à l’échelle d’un régiment. Et pourtant, par compagnies ou bataillons, les vieux du 141 déploient une héroïque énergie en soutien des tranchées de première ligne. Ils sont engagés sur le Chemin des Dames le 16 avril, employés à des tâches logistiques et sanitaires, victimes quotidiennes des tirs de l’artillerie lourde allemande. Au début du mois d’août ils sont enfin relevés. Quand s’achève l’année 1917, des replis de nos vallons de Chalosse jusqu’au fond du pignada de la Grande Lande, un lointain village de  l’Aisne a conquis une tragique célébrité : Craonne, sur ce Chemin des Dames où les hauteurs ont été conquises ; les régiments landais en connaissent le prix.

Jean-Luc Mignon, Chroniques geaunoises, de la création de la bastide à la Révolution

La communication décrit la petite bastide de Geaune, relate les péripéties de sa création, précise les grandes dates qui ont marqué les siècles de son existence.

Y est aussi évoquée la tragédie de deux Geaunois, victimes de la « Terreur ». En conclusion, l’auteur s’interroge sur la façon de commémorer les 700 ans de son existence.


Séance du 3 juin 2017 à Soustons, salle Roger Hanin, 14 h 30


La séance s’intégrait dans le cycle de conférences, expositions et manifestations programmées par des personnalités civiles et religieuses de la ville de Soustons à l’occasion du 150e anniversaire de la construction de son église.

Elle a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence de Mme Frédérique Charpenel, maire de Soustons, qui faisant le meilleur accueil aux intervenants du jour et au public venu nombreux (environ 120 personnes), exprima sa joie de participer à ce moment culturel important pour la vie de la cité.

Alain Castaignos, Recherches sur l’ancienne église de Soustons

En 1867, la nouvelle église Saint-Pierre de Soustons, néo-gothique, effaçait l’ancienne église romane. Sur ce monument disparu nous avons très peu d’informations et guère de certitudes. À partir de sources techniques inexplorées à ce jour, de cartes anciennes, de documents divers qui ne donnent que des fragments d’informations est tentée une reconstitution d’ensemble et sont soulevées les questions qui font débat.

Jean-Pierre Laulom, La dédicace de l’église de Soustons, entre le temple de Jérusalem et la cité Céleste

Dans le cadre du 150e anniversaire de l’église de Soustons (1867), nous évoquons sa dédicace réalisée le 10 mai 1879 par Mgr Delannoy, évêque d’Aire.

Les rites nombreux, longs et parfois complexes, mais hautement symboliques et significatifs, proviennent, en grande partie, des rites du temple de Jérusalem et veulent préfigurer la Jérusalem céleste, image du monde à venir dans la mystique catholique.

André Dupuy, La paroisse de Soustons et le diocèse d’Aire aux alentours de 1867 : quelques repères

En 1867, quand est ouverte au culte la nouvelle église Saint-Pierre de Soustons, les rapports de l’État et de l’Église sont réglés par le Concordat de 1801 avec un minimum d’accrocs dans le diocèse d’Aire et Dax. Si la nomination de Mgr Epivent n’a suscité aucun problème, il n’en a pas été de même de celles de trois curés du diocèse, l’un devant succéder à l’abbé Tastet, à la cure de Mimizan, nommé à Soustons en 1841, et des abbés Desquet et Dulon, nommés en 1894 pour succéder à Soustons au doyen Daugareil.

André Labertit, Les peintures du sanctuaire de l’église Saint-Pierre de Soustons d’après le Registre paroissial de Soustons récemment découvert

Un document vient d’apparaître : le Registre paroissial de Soustons. Il s’agit d’un recueil très riche en renseignements sur la vie de la paroisse et les aménagements successifs de l’église nouvelle.

Nous donnons à connaître ceux relatifs aux peintures du sanctuaire (« la théorie des saints »), un élément décoratif notable de l’église. Ils corrigent les indications fournies par l’Inventaire général du patrimoine culturel quant à leur date (1898), permettent de les attribuer (un artiste bordelais) et donnent les raisons de la présence des saints figurés (les prénoms des offrants).


Séance du 8 avril 2017 à Bastennes, espace polyvalent, 14 h 30


Cette séance, qui bénéficiait d’un temps très beau et chaud, a connu un grand succès, puisqu’un peu plus de 100 personnes ont participé. La salle était pleine, et quelques personnes se sont même assises sur les congélateurs le long d’un mur...

Une exposition de roches, fossiles et minéraux uniquement locaux (Bastennes et Gaujacq) et diversifiés avait été mise en place le matin par B. Cahuzac et M. Pommiès, sur 3 longues tables, avec sur les vitres donnant sur l’extérieur une présentation de cartes, échelle des temps et une douzaine de coupes et plans des exploitations du secteur. 22 échantillons géologiques de nature différente avaient été réunis et soigneusement légendés. Mme Lagourgue a amené une bouteille d’eau très salée de sa source de Gaujacq (et non filtrée pour voir les algues flottantes...), où beaucoup de participants ont trempé un doigt. Des cartes postales (linnéennes) de minéraux de Bastennes (aragonites et quartz rouges) ont complété l’exposition et ont eu du succès.

Il est à noter qu’une bonne publicité avait été faite (et en particulier 2 annonces successives dans le journal Sud-Ouest) par la Société de Borda, par les maires (tous deux présents) et par les associations locales (Mme Pilette de Bastennes, M. Hontang des Amis d’Amou...).

- Plusieurs personnes avaient aussi mené des échantillons (cristaux, haches polies, silex... ; le maire a prêté un beau gypse pétri de grosses aragonites, issu de la salle du conseil municipal), et tous ont fait une visite instructive de l’exposition géologique (avec force questions...).


Anne Hambücken a commencé la séance par un exposé sur les pierres dressées landaises et certaines légendes associées ; par une présentation claire et illustrée, elle a fait ressortir la variété de ces vestiges et les hypothèses d’interprétation. Plus de 30 mégalithes et pierres à légende se situent dans le sud des Landes. Les superstitions liées à ces roches évoquent l’action d’êtres surnaturels, ou des vertus guérisseuses, voire magiques ou religieuses.

En suivant, la parole a été donnée au maire Maurice Dulayet qui a présenté en détail son charmant village (254 habitants, les Bastennois et Bastennoises), d’aspect très vallonné du fait du cadre géologique chalossais. La transition était toute trouvée pour B. Cahuzac qui présenta un long « show » géologique de toute l’histoire locale qu’on fait ici remonter à la base de l’ère secondaire. Ces archives sédimentaires, redressées et portées jusqu’en surface, recèlent à la fois des ressources naturelles diversifiées qui furent exploitées sur place, mais aussi des éléments minéralogiques rares qui font la célébrité de Bastennes au niveau international. Certaines des images jointes ici illustrent ces aspects originaux. Cet exposé a apparemment passionné l’auditoire qui demanda de surcroît des informations supplémentaires. Notons que l’ophite fut justement développée car c’est important localement, avec une vive invitation à acheter le récent livre sur le camp de Gaujacq (édité par la Société de Borda) dont plusieurs photos des ouvriers allemands en 1915 ont été projetées.


Enfin, Vincent Guichenuy a évoqué la grande lignée des Borda de Pomares, en faisant d’abord des allusions au très grand savant Jacques-François de Borda d’Oro (qui est aussi lié à l’ophite puisque c’est lui qui amena l’abbé Palassou en 1780 au Tuc d’Eauze à Dax, et que l’abbé y décrivit et dénomma cette roche qu’il reconnut être « volcanique ». Ophite vient de ophis = serpent en grec, allusion à l’aspect sombre et tacheté d’une peau de couleuvre...). La vaste fresque historique des Borda du secteur de Pomarez a bien montré leur fort et long ancrage au sein de la vie locale landaise.


Bruno Cahuzac, Présentation géologique de la région de Bastennes et de son intéressante série stratigraphique depuis 220 millions d’années

La région de Bastennes - Gaujacq en Chalosse présente l’originalité de montrer à l’affleurement de nombreux terrains sédimentaires d’âges variés, et notamment ceux du début de l’ère Secondaire, le Trias. Il s’est en effet formé dans ce secteur un dôme anticlinal faisant remonter les couches profondes, en liaison avec les mouvements tectoniques de soulèvement des Pyrénées au Tertiaire. Ce dôme est un diapir salifère perçant, faillé sur les flancs, et dont le coeur comporte principalement les roches classiques du Trias supérieur (ou Keuper), élaborées il y a environ 220 millions d’années : argiles bariolées, roches salines (« évaporites ») formées dans des lagunes sursalées, et des massifs d’ophite (roche magmatique basique souvent associée à la série triasique dans le sud-aquitain). Un grand intérêt est que ces argiles très plastiques livrent ici des minéraux - en général peu fréquents ailleurs - bien conservés et bien cristallisés, néoformés au sein des argiles : des aragonites maclées d’aspect prismatique et des quartz rouges bipyramidés. Le dôme constitue un massif elliptique de 24 km2 de surface, avec une zone centrale déprimée. De nombreux forages ont montré que la couverture post-triasique est violemment redressée sur les flancs, avec présence de Jurassique, de Crétacé, d’Éocène et d’Oligocène, et que le cœur de la structure peut être largement extravasé. Des puits salins, des sources thermo-minérales ou thermales, des bituminières complètent l’intérêt géologique et historique de cette région, ainsi que l’existence d’affleurements spectaculaires de boules d’ophite résultant des phénomènes d’altération (désagrégation par enlèvements d’écailles concentriques).

Enfin, après la séance très « fournie » et très instructive, des discussions diverses et variées (autour du verre de l’amitié), notamment avec le châtelain de Gaujacq, avec la fille de l’ancien maire M. Novembre (maire à Bastennes pendant 43 ans) qui a des archives s’annonçant intéressantes (et nous a offert deux aragonites), et avec de nombreuses personnes. Le stand « de presse » était fidèlement tenu par nos dévouées sociétaires habituelles.



Séance du 18 mars 2017 à Mont-de-Marsan, salle Lamarque-Cando, 14 h 30


La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ 80 personnes, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou.


Hubert Delpont, L’affaire du complot bonapartiste de l’automne 1816 à Mont-de-Marsan

Le lundi 27 janvier 1817, il y a foule au tribunal de Mont-de-Marsan, pour assister au procès du siècle : pendant une semaine, 14 prévenus doivent répondre de l’accusation d’incitation au pillage et la la guerre civile. Artisans, aubergistes, journaliers des environs du chef-lieu, ils ont conçu le projet de marcher au nombre de plusieurs centaines pour prendre la ville et proclamer l’empereur après avoir mis à contribution les nobles et les riches. Projet singulier, vu l’absence d’indices d’influence du groupe. Les deux principaux accusés écopent cependant de la peine de mort, qui sera commuée en 20 ans de travaux forcés.


Alain Lafourcade, Les bains de Mont-de-Marsan du XVIIIe au XXe siècle

Qui se souvient de nos jours qu’au premier quart du XIXe siècle six établissements de bains existaient au chef-lieu des Landes ?

La communication tente d’éclaircir ce pan méconnu du passé récent de la ville de Mont-de-Marsan : localisation des bains, propriétaires successifs, caractéristiques des eaux utilisées...

Elle s’achève sur l’évocation de la « dissertation sur les eaux minérales du Mont-de-Marsan » écrite et publiée en 1750 par le Montois Jean Betbeder, alors professeur de médecine à l’université de Bordeaux.


Gonzague Espinosa, Une sortie gâchée : les funérailles du général Lamarque

Le général Lamarque est resté ans l’imaginaire collectif à cause de ses funérailles sanglantes du 5 juin 1832, occultant par ricochet ce qu’il était vraiment. Un contexte politique tendu, une ferveur populaire malgré l’épidémie de choléra, une insurrection, rien n’a été épargné  ce général napoléonien et député de l’opposition, symbole d’un « Panthéon syncrétique, libéral, révolutionnaire et bonapartiste ». Mais ce phénomène de théâtralisation des funérailles d’une personnalité comme Lamarque était dévenu une caractéristique de l’opposition libérale depuis 1825. Ces funérailles libérales avaient dérivé vers le « rassemblement-prétexte », étant une des rares occasions de se montrer unis et  d’exposer sa force au pouvoir en place.


Christian Levaufre, La construction de la base aérienne de Mont-de-Marsan et son bombardement par les Américains

Entre leur arrivée à Mont-de-Marsan fin juin 1940 et l’arrivée des quadrimoteurs de patrouille maritime du FAGr 5 à l’automne 1943, les troupes allemandes vont transformer un champ d’aéro-club en une base aérienne.

Mais cette menace aérienne en pleine préparation du débarquement en Normandie amènera le commandement allié à ordonner le bombardement du terrain de Mont-de-Marsan.



Assemblée générale du 4 février 2017 à Dax, salle de l’Atrium


La Société retrouvait avec plaisir la salle de spectacle de l’Atrium pour son assemblée générale annuelle. Le président Jean-Jacques Taillentou remerciait tout particulièrement la municipalité de Dax en la personne de Mme Valériane Alexandre, conseillère municipale déléguée à la culture, qui représentait Mme le maire élisabeth Bonjean, empêchée, M. Henri Emmanuelli, Président du Conseil départemental des Landes, également empêché, M. Bernard Dufau, vice- Président de la CCI des Landes représentant M. Philippe Jacquemain, ainsi que d’autres nombreuses personnalités qui s’étaient excusées et regrettaient de ne pouvoir être parmi nous, notamment M. Giudicelli, sous-préfet de Dax, M. Dufau, et Mme Delaunay, députés des Landes, Mme Darrieusecq, maire de Mont-de-Marsan, plusieurs conseillers départementaux et maires des Landes.

Le Président a tenu, tout d’abord, à rendre hommage à ceux qui nous ont quittés en 2016 : Paul Dubédat, notre regretté président d’honneur, Jean-Pierre Besselère, membre actif et fidèle de  la Société, Michel Bréan, conseiller municipal de Dax, qui, à plusieurs reprises, représenta la Ville de Dax, Jo Lasserre, fondateur du groupe folklorique des Gouyats de l’Adour.


C’est le moment pour le Président de remercier tous ceux et celles qui permettent à notre Société de répondre à ses objectifs de recherche, de conservation, de transmission des connaissances : les membres du Bureau, le conseil d’administration, Mme Catherine Courjaud, secrétaire permanente salariée de la Société, les bénévoles qui apportent, de façon ponctuelle, leur concours : MM. Bordes, Bouissou, Piccolo, Mmes Cazenave, Piccolo.

J.-J. Taillentou adressait ensuite ses remerciements aux maires des communes (Habas, Mont-de-Marsan, Vielle-Saint-Girons, Labastide d’Armagnac, Perquie, Luxey, Sorde-l’abbaye, Téthieu) qui ont accueilli la société, au cours de 2016, à l’occasion des réunions mensuelles, à tous ceux qui, d’une façon ou autre, œuvrent pour la Société : MM. Martin (imprimerie Barrouillet, Narrosse), Lafon (imprimerie ICN, Orthez), les partenaires qui font connaître à l’extérieur la Société : A. Gariel, directeur des politiques culturelles de Mont-de-Marsan, Mme D. Haro, directrice du Centre départemental du Patrimoine d’Arthous, D. Henriot, conservateur du Patrimoine, S. Airoldi, responsable des Rencontres à lire du Salon de Dax, O. Bonnefon, directeur de l’Agence Sud-Ouest.

Il rappelait enfin les relations privilégiées avec la FHSO (Fédération historique du Sud-Ouest), le musée municipal de Borda, la bibliothèque municipale et les archives municipales de Dax, les Archives départementales des Landes, le Comité départemental du tourisme, le musée de la Chalosse et les autres musées landais, le Parc Naturel régional des Landes de Gascogne, la maison de la Dame de Brassempouy, sans oublier les nombreuses associations d’histoire locale avec lesquelles la Société ne cessent de collaborer.


Rapport moral présenté par le Président et trois membres du Bureau


Les réunions mensuelles

Constituant l’une des principales activités de la Société, les séances mensuelles ont connu un réel succès au vu du nombre de leurs participants qui a souvent dépassé la centaine, notamment à Habas, Saint-Paul-lès-Dax, Sorde-l’abbaye. Comme il a été indiqué sur la carte de la répartition géographique des séances, la Société s’est déplacée, comme chaque année, dans plusieurs communes, s’attachant à faire connaître et à promouvoir le patrimoine landais dans sa diversité.


Plusieurs temps forts ont marqué l’année 2016 :

- L’assemblée générale 2016 a attiré, par le riche programme conçu pour ce rendez-vous culturel attendu au-delà même des membres de la Société, un public de 350 à 400 personnes. M. Christian Desplat, professeur honoraire des universités, présenta, en fin de matinée, une remarquable conférence sur Dax aux XVII et XVIIIe siècles. L’après-midi a eu lieu la projection du film Empreintes landaises : 90 ans d’histoire des Landes en video, présenté et commenté par B. Fénié.

- la Journée-sortie, à Saint-Paul-lès-Dax / Mées, le 7 mai, a été l’occasion de découvrir, sous la conduite de Bruno Cahuzac et Gilles Granereau, quelques aspects écologiques et géologiques du vallon d’Abesse, à Saint-Paul-lès-Dax, un site attractif par ses richesses naturalistes.

- la Journée d’études à Sorde-l’abbaye, le 8 octobre, qui a connu un vif succès, a été particulièrement dense, alliant les conférences de J.-C. Merlet et d’A. Berdoy et les visites des vestiges gallo-romains et du logis abbatial du monastère bénédictin.

Bénéficiant de la diversité et la richesse des parcours des intervenants, les autres réunions ont maintenu leur niveau de qualité : à Habas, Mont-de-Marsan, Saint-Julien-en-Born, Labastide-d’Armagnac, Perquie, Luxey, Téthieu, Dax.

Participation aux manifestations culturelles locales :

Le 18 février, nous assistions au vernissage de l’exposition sur le thermalisme au Musée municipal de Borda.

Les 22 à 24 mars, lors des Rencontres à lire, organisées par la ville de Dax,  plusieurs d’entre nous se sont relayés pour faire connaître notre bulletin trimestriel et nos récentes éditions d’ouvrages.

Les 1er et 8 mars ainsi que le 17 mai, la Société, représentée par M. Jogan, participait, à titre consultatif, aux réunions d’information et d’études en vue de l’élaboration d’une AVAP (Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine) mise à l’étude par la ville de Dax il y a trois ans pour protéger le patrimoine dacquois et aménager les espaces.

Le 21 mai, une braderie de livres en double et hors thématique, sous la houlette de L. Grihon, a attiré plus d’une centaine de personnes au siège de la Société.

Le 26 juin, à l’occasion de la 10e Tessonnade qui se tenait à Hostens, B. Cahuzac et J.-P. Lagardère ont présenté au public nos plus récentes publications.  

Le 3 septembre, le forum des associations de Dax a permis de nous immerger dans le réseau associatif de la ville. Le 27 septembre, le Forum de l’engagement organisé par le lycée de Borda était une occasion de faire découvrir aux lycéens le rôle de la Société dans la vie de la cité.

Le même jour à 19 h au Pôle culturel du Marsan, à Saint-Pierre-du-Mont, à l’invitation d’Antoine Gariel, directeur du Théâtre de Gascogne, était organisée une soirée-débat en partenariat avec la Société de Borda et Radio Mont-de-Marsan. « Regards croisés : Qu’est ce que la Gascogne » en était le thème. Au cours de passionnants échanges, J.-P. Brèthes et B. et J.-J. Fénié ont emmené le public à la découverte de la Gascogne, des origines à nos jours, évoquant son histoire, sa langue, ses traditions culturelles et les éléments qui en constituent le renouveau.   

Enfin, comme chaque année, pour les Journées du Patrimoine, la bibliothèque de la Société a été ouverte au public, le samedi après-midi 17 et le dimanche après-midi 18 septembre, ce qui a permis à plus de 200 personnes de découvrir, souvent pour la première fois, l’hôtel Saint-Martin d’Agès, d’appréhender, dans ses grandes lignes, l’histoire de la Société et son fonds documentaire, de comprendre l’importance du parrainage des deux savants dacquois de Borda.  

Le 18 octobre, J.-J. Taillentou participait à la réunion archéologique organisée par la ville de Dax, destinée à fédérer tous les acteurs intéressés par l’histoire de la ville, appartenant à des organismes divers : l’INRAP, le CRAL, l’université de Pau, en vue de faire connaître les données produites ces dernières années et de lancer une dynamique de recherche qui permettra de susciter de nouveaux programmes d’études et de travaux.

Le 19 novembre, le président assistait à Sabres, à la présentation de l’ouvrage « les Sabringots » d’A. Hazera.

Le 10 décembre, Mme Laetitia Rodriguez nous a fait l’amabilité de présenter, dans le cadre d’une visite gratuite réservée à nos adhérents, l’exposition temporaire Vilar-Gischia du Musée de Borda.

 

Le bulletin trimestriel

Entré en 2016 dans sa 141e année, le Bulletin, vitrine de la Société, constitue, grâce à sa périodicité trimestrielle très régulière, le principal lien avec l’ensemble de nos adhérents. Reflétant le travail de ses membres et traduisant la vitalité de la Société, il a été, en 2016, particulièrement apprécié de nombre de nos lecteurs. Le souci de maintenir la qualité et la rigueur du contenu, celui de renouveler et de diversifier les sujets, de rendre toujours plus attrayante la présentation continuent de présider à l’élaboration de chaque numéro…

Derrière la première de couverture représentant l’une des plus riches cartes des Landes du début du XVIIIe siècle, les quatre livraisons ont totalisé 540 pages réparties, comme il a été convenu, depuis maintenant plusieurs années, en trois parties bien définies :

Dans la première partie, 23 articles de fond, de longueur variable (10 à 30 pages) couvrant toutes les époques, ont été proposés sur des sujets touchant l’histoire sociale, religieuse, économique mais aussi l’épigraphie, la botanique, la topographie urbaine, la géographie, sans oublier les témoignages inédits de soldats de la guerre de 1870 ou de 14-18, les monographies de familles landaises ou l’étude renouvelée de personnages ayant marqué l’histoire des Landes.

La deuxième partie constituée par les « Chroniques », a rassemblé une série de 23 rubriques courtes abordant des thématiques variées (archéologie, traditions populaires et gascon, cartographie, commerce / économie, histoire fluviale / maritime, pêche, histoire militaire, sciences naturelles), des sujets circonscrits, pouvant être l’amorce d’études nouvelles ; prenant appui sur des découvertes récentes, des documents d’archives et iconographiques, des dessins de presse, ce sont des aspects nouveaux du patrimoine landais qui ont pu être mis en lumière. Vingt et une recensions ont enfin rendu compte d’ouvrages récents landais ou régionaux.

Dans la troisième partie figurent les rubriques habituelles : les comptes rendus des séances mensuelles, les entrées de la bibliothèque, les noms des nouveaux adhérents, les nécrologies, et autres informations ponctuelles que nous souhaitons mettre en valeur (ainsi, le programme du congrès de la FHSO de Périgueux ou la visite privée de l’exposition Vilar / Gischia).


Le pôle édition

Il continue de s’enrichir. Son objectif reste triple : - mettre à disposition des chercheurs et des lecteurs des ouvrages abordant des thèmes novateurs et de qualité que des maisons d’édition non associatives n’oseraient pas éditer pour des raisons commerciales, - promouvoir notre Société auprès d’un public sensible au patrimoine régional mais qui pour l’heure ignore l’existence de « Borda » ou en a une image passéiste, - diversifier également nos modes de financement afin d’équilibrer notre budget et poursuivre ainsi nos projets.

En 2016, la Société a publié quatre ouvrages correspondant à la ligne éditoriale qu’elle s’est donnée : Cultures locales et identités en pays landais, par M. Pendanx ; Petits braconnages, chasses oubliées des Landes, par J.-P. et V. Lagardère ; Histoire de Dax au XVII et XVIIIe siècle, par C. Desplat ; Au temps des Sabringots, par A. Hazera.

La gestion des stocks est suivie, avec rigueur, par C. Courjaud et L. Grihon après chaque animation. Parallèlement, la préparation des tables de ventes pour chaque réunion ou manifestation est assurée avec l’aide de M. Bordes.


Fonds documentaire : bibliothèque / archives / fonds iconographique

La bibliothèque accueille les adhérents et chercheurs, les mercredi et vendredi après-midi de 14 h à 17 h ou sur rendez-vous.

Outre les revues en provenance des soixante sociétés similaires, les bulletins des associations historiques locales qui offrent régulièrement à la bibliothèque leur publication, un abonnement offert aux « Affiches landaises », le fonds documentaire s’est enrichi de trente titres d’ouvrages, dont par exemple « Félix Arnaudin, le guetteur mélancolique » édité par l’Écomusée de Marquèze et les éditions Kilika, pour accompagner l’exposition photographique du Musée d’Aquitaine.

S’y sont ajoutés cette année, un lot de 87 ouvrages régionalistes de la bibliothèque municipale qui sera enregistré prochainement, le don des manuscrits de Michel Mantion, décédé en 1998, par son frère : quatre gros dossiers sur ses travaux publiés (archives, bibliographie, notes manuscrites, etc.) mais aussi un article inédit sur l’hôpital Layné ; également l’offre par l’agence Sud-Ouest d’un grand nombre de photos, diapos, négatifs et clichés à partir de 1981 ainsi que celle de journaux SO des années 2008-2014 reliés au format du périodique.

à noter, enfin, l’intégration des coordonnées des bulletins de Borda et des autres revues du fonds documentaire de la Société, en cours dans le catalogue du SUDOC (Système Universitaire de Documentation), ce qui permettra une plus grande lisibilité de la bibliothèque de Borda.

Le reclassement et la numérisation du fonds iconographique se poursuivent grâce à J.-P. Bouissou. Pour beaucoup de communes, il est noté que la Société ne dispose encore d’aucun cliché. Appel pressant est ainsi lancé aux détenteurs de cartes postales, de photos, de papiers de familles anciens. La Société de Borda est là pour conserver la mémoire de nos Anciens ; elle s’engage à restituer, après numérisation, tous les documents iconographiques ou autres provisoirement confiés.

Il est du plus grand intérêt pour tous d’enrichir notre fonds documentaire ; cette année, il a été sollicité à plusieurs reprises, notamment dans le cadre de la restauration du Splendid Hôtel pour laquelle des visuels numériques de photos serviront, après agrandissement, à la réalisation de panneaux décoratifs avec mention Société de Borda ainsi qu’à celle de l’ouvrage en cours sur l’Hôtel.

Des demandes ont été également faites à l’heure de la remise en service de l’Hôtel des Thermes Jean-Nouvel et en vue de la réalisation d’une BD sur l’histoire du thermalisme par M. Patrick Sichere.  

À noter enfin la parution d’articles du SO signés Sylvain Lapique sur l’histoire des Landes à partir de notre fonds documentaire : l’abbaye de Pontaut / Rockfeller, la statue la Landaise de Mont-de-Marsan, le chêne de Quillacq.

De façon générale, les sollicitations et demandes de partenariat adressées à la Société sont de plus en plus nombreuses de la part de la Ville de Dax, des collectivités territoriales landaises, d’auteurs, de revues, telle Terres des Landes en Gascogne, magazine récent auquel plusieurs responsables de la Société apportent leur contribution.   


Pé de Peyran

À propos de la motte féodale Pé de Peyran située à Mugron, reçue par legs de Mme Lassalle, une consultation a été menée pour l’étude du projet. Des travaux d’entretien ont été effectués durant l’été 2016 : coût de 498 euros TTC ; au cours de la prospection du site, Alain Royaud et B. Cahuzac ont fait la découverte de tetroschistes chrysophthalmus.

Pour le devenir du site, des réunions ont été organisées avec la commune, la communauté des communes, le conseil départemental.

Le projet s’articule autour de trois axes : assurer l’entretien du site et sa gestion, participer à sa valorisation pédagogique, développer la recherche archéologique et géologique.

Des pistes ont été avancées : aménagement pédagogique de la motte avec la création d’un belvédère et de panneaux d’information, supports numériques, création et réhabilitation des sentiers en cohérence avec le réseau existant, valorisation paysagère, etc.

Communication

Le site Internet  http://www.societe-borda.com/, mis régulièrement à jour par C. Courjaud,  permet à chacun de suivre nos activités, de connaître les programmes et les comptes-rendus des réunions, de faire des demandes, d’envoyer son adhésion. Des améliorations sont à apporter, notamment la présence d’un moteur de recherche pour rendre accessible nos bases de données.

Rappelons aussi que, grâce à un lien avec les Archives départementales des Landes, il est possible de retrouver les titres et les auteurs des articles du bulletin de la Société de 1876-2001. Quant aux bulletins de la Société de 1876 à 1939, ils sont consultables sur le site Gallica de la BnF.

La lettre électronique, diffusée à trois reprises, permet de rester en contact avec nos adhérents mais aussi d’informer un public plus large qui ne connaît que peu les activités de la Société sur le programme des réunions mensuelles et sorties, les nouveaux ouvrages édités par la Société, le sommaire des bulletins trimestriels, etc. Il est important que chacun la diffuse autour de soi et, s’il ne la reçoit pas encore, d’en faire la demande en indiquant son adresse de messagerie. Toutes les suggestions seront également les bienvenues !


Projets 2017

Les prochaines réunions, sous leur forme classique, auront lieu à Mimizan (janvier), Mont-de-Mars (18 mars), Bastennes (8 avril), Soustons (juin), Dax (octobre), Goos (novembre), Dax (décembre). En septembre, une autre journée sera organisée à Sabres. En juin 2017 aura lieu à Dax une Journée régionale archéologique ; la réalisation d’une carte archéologique de Dax est prévue pour fin 2017.

L’année 2017 confirmera la politique d’édition de la Société :

Une réédition de L’Aquitaine historique et monumentale (Tome II) a déjà été présentée lors de l’assemblée générale. Trois autres ouvrages seront proposés : Lettre du poilu landais, André Lassègue ; Anthropologue dans la lande, regroupant les travaux de Bernard Traimond tandis qu’à l’automne, paraîtra une Histoire de Mont-de-Marsan au XIXe siècle, signée Hubert Delpont.  


Bilan financier présenté par la trésorière M.-T. Labertit


Les rapports moral et financier, soumis aux votes, ont été approuvés à l’unanimité. Nombre de pouvoirs : 211.  


La parole est laissée ensuite à Jean Harambat, reporter et auteur de bandes dessinées, double lauréat 2009 et 2015 du prix de la bande dessinée historique du festival de Blois. S’inspirant de ses Landes natales dans lesquelles il vit, il a publié entre autres « les Invisibles », album dans lequel il retrace les aventures d’Audijos en Chalosse et a raconté, l’été dernier, la saga des « Anglo-gascons »… Dans sa remarquable conférence « Dessiner les Landes », il a fait part de son parcours singulier de dessinateur-philosophe à partir de la BD Ulysse, qui, tout en suivant fidèlement le récit d’Homère, s’interrompt par endroits pour laisser la parole à divers penseurs et personnages : le récit du retour d’Ulysse à Ithaque devient alors, par la magie du verbe, l’histoire d’un homme à la reconquête de soi…


En fin de matinée, place est faite à une séance de dédicaces et à la vente de nos publications sur les tables de presse. Vers 12 h 30, la salle de restaurant de la Brasserie accueille les 120 convives pour le déjeuner, moment privilégié très apprécié des participants.  


L’après-midi, une Table ronde était consacrée au thème « Les Landes en Gascogne : quelle identité ? » dont H. Delpont a bien voulu rendre compte ci-dessous :

« Lors de la récente assemblée générale de la société de Borda, le président Taillentou avait convoqué une pléiade de Landais, chargés de débattre à propos de l’inépuisable thème de « l’identité landaise ».

L’agrégé de lettres classiques Jean-Pierre Brèthes n’eut aucune peine à nous convaincre que la langue gasconne reste le ciment principal de cette identité, le problème étant que ladite langue… n’est pas seulement landaise (même s’il est le seul département à l’être exclusivement). Pierre Albaladejo, qui a depuis longtemps troqué son pied magique pour une tchatche d’or n’en eut pas davantage pour nous persuader que Dax est bien la capitale des eaux de bien être, marque industrielle par lui déposée, mais dont ses compatriotes tardent à apercevoir l’existence. Jean-Paul Lagardère, retraité du CNRS nous fit partager sa nostalgie de l’identité de sa jeunesse, faite de chasse aux petits oiseaux dont il n’est plus permis de dire le nom et de pêche à l’écrevisse.

Le duo des globe-trotteurs-musiciens-éleveurs de canards du groupe Inspector Cluzo a beaucoup apporté au débat, pour trois raisons. En confrontant l’identité revendiquée de leur groupe à celle, encore plus revendiquée et plus envahissante de nos voisins basques, ils nous ont fait toucher du doigt la différence qui existe entre nationalisme et nationalité, entre le moi et le nous ; par ailleurs, leur expérience japonaise (!) qui leur a enseigné comment une identité peut renaître d’apports extérieurs nous a convaincu qu’une identité est toujours en perpétuel enrichissement de celles qui l’environnent et/ou la pénètrent ; enfin, dans ce monde mégalopolisé, la fraîcheur néopaysanne de ce duo dit par sa seule présence toute l’importance d’une véritable identité, en l’occurrence la nôtre.

Rendant compte de l’importance de la culture locale, la jeune géographe Marie Pendanx s’est interrogée sur l’originalité des Landes, seul département qui porte le nom d’un paysage. On pourrait lui répondre que raison tient à l’interdiction d’utiliser le nom qu’aurait dû avoir ce département : l’Adour, choix qui assurément eût été source d’embarras supplémentaires alors que le chef-lieu, Mont-de-Marsan, en était éloigné. Car il revint à Sylvie Licart, qui fait métier de prolonger l’œuvre d’Arnaudin en fixant notre identité en images, d’employer ce mot né en 1789 et qui depuis n’a cessé d’asseoir et de générer notre identité : le département.

Une identité qui comme la plupart (toutes ?) des autres est faite d’une grande diversité : diversité de paysages entre la lande et la Chalosse, d’activités et de modes de vie, etc. ; mais en même temps faite aussi d’unité autour du maïs, jadis du métayage (pourtant si divers !) etc. L’existence d’un « patriotisme landais » dans le sens le plus pacifique possible du terme, attesté par la riche histoire de l’association des Landais de Paris ou de Bordeaux, les regroupements d’étudiants de cette dernière, la longue histoire (et les productions) de la Société de Borda ne sont-ils pas la meilleure preuve de la pérennité de cette identité ?

Et mille bravos à nos dessinateurs bien landais ».


Séance du 21 janvier 2017 à Mimizan, au Forum, 14 h 30


La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ 100 personnes, sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou.


Georges Cassagne et Michel Boquet, Quand Churchill plantait son chevalet à Mimizan

En 1911, Hugh Richard Arthur Grosvenor (1879-1953) dit « Bendor », deuxième duc de Westminster proche du roi George V, fait construire à Mimizan, sur la rive nord de l’étang de Mimizan-Aureilhan sa résidence de chasse aux sangliers, Woolsack. Dès la fin de la Première Guerre mondiale, il y recevra des personnalités de tous bords, telles Charlie Chaplin, Alphonse XIII roi d’Espagne, Lloyd George, Mlle Coco Chanel, sa maîtresse d’alors, ainsi que Winston Churchill (1874-1965). Ce dernier va fréquenter régulièrement les lieux durant les années 1920 et s’y livrera à sa passion, thérapie salutaire contre la dépression après son éviction des affaires en 1915, la peinture. À Aureilhan, à Mimizan-les-Bains et aux alentours du château de Woolsack, sur les rives du lac, il va peindre une vingtaine de toiles qui restent aujourd’hui de toute première importance parmi les près de 500 toiles qu’il a peintes au cours de sa carrière. La vente de nombre d’entre elles permettra à sa veuve Clémentine de s’acquitter des droits de succession.


Michel Boquet, 1918. Génie forestier américain. Flottage du bois sur le courant de Sainte-Eulalie

Le vendredi 26 octobre 1917 au matin, les habitants de Pontenx-les-Forges assistent à l’arrivée en gare de Pontenx de plus de 600 soldats américains, des forestiers, précédés la veille par un convoi de camions et motocyclettes sous le commandement du Major David T. Mason (1883-1973). Le 1er Bataillon du 10th Engineers prend possession des bois réquisitionnés sur les communes de Pontenx-les-Forges, Aureilhan et Sainte-Eulalie-en-Born. Sur cette dernière, ils vont exploiter avec difficulté les pins situés en bordure du courant, dans une zone constituée de dunes. Les billons seront acheminés non sans mal par flottage à bûches perdues sur le Courant du Pont du gouvernement jusqu’à l’étang de Mimizan-Aureilhan. Là, constitués en radeaux, ils seront tractés par un bateau de leur facture jusqu’à la scierie géante construite en bordure de l’étang sur la commune d’Aureilhan. Cette activité forestière sans précédent durant la Première Guerre mondiale prendra fin le 15 décembre 1918.


Georges Cassagne et Michel Boquet, Mimizan 1944-1950. Le centre de Formation de la Marine française

Durant la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes de la Wehrmacht, Armée de terre (Heer) et Marine de guerre (Kriegsmarine) sont présentes àMimizan, la première pour construire et surveiller le « mur de l’Atlantique », la seconde pour former les équipages sous-mariniers à l’usage des canons anti-aériens. Un camp est construit au sud de Mimizan-Plage à deux pas de la dune et des « radars ». Après le départ des Allemands en 1944 et la fin de la guerre, ce camp, rénové et agrandi sera dès 1945 le théâtre de la préparation des équipages avant leur affectation. Les marins participeront de diverses manières à la vie locale jusqu’à la fermeture du camp en 1950 et le transfert des activités à Hourtin. Vendu en 1962, il abritera le camping Marina, aujourd’hui le Club Marina Landes.


Pierre Ferrari, Quand la poésie rencontre l’histoire, Mimizan, poème de Maurice Martin (20 mars 1917)

Le poème Mimizan tient une place particulière dans le Triptyque de Maurice Martin. Elle est le lieu du baptême de la Côte d’Argent (20 mars 1905) et à ce titre, par rapport à d’autres localités chères au poète, elle est la seule à posséder un poème dans ce recueil.

Fidèle aux influences parnassiennes et symbolistes, Maurice Martin nous remémore le passé antique et médiéval de la « perle de la Côte d’Argent », souligne son courage face à l’envahissement des sables. Enfin, il ne déroge pas à son amour de la nature en nous présentant Mimizan comme le lieu enchanteur d’une nature sauvage et préservée.






Comptes rendus des réunions 2018

Séance du 15 décembre 2018 à Dax, Maison de la Barthe, 14 h 30


La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d‘environ 90 personnes.


Linda Fascianella, Présentation de sa mission pour l’inventaire du patrimoine culturel dacquois

Dans la perspective de revaloriser son patrimoine, la ville de Dax a signé une convention avec la Région Nouvelle-Aquitaine pour recruter une chercheuse chargée de l’inventaire du patrimoine bâti de la ville, à partir de janvier 2018 et pour une durée de trois ans. En effet, pour pouvoir protéger ce patrimoine urbain, il faut avant tout le connaître. L’Inventaire général, service créé en 1964 sous le Ministère d’André Malraux, a pour vocation de « recenser, étudier et faire connaître » le patrimoine ; ce qui implique une couverture exhaustive du territoire communal avec des relevés à la parcelle, un bilan documentaire et un dépouillement des archives, afin de retracer l’histoire du développement urbain de Dax, de définir l’identité architecturale du territoire et d’en dégager aussi les problématiques.


Madeleine Jogan,  Joseph de Laurens maire de Dax durant l’entre-deux-guerres (1921-1929)

Établie sur la seigneurie d’Hercular à Saint-Pandelon depuis 1490, la famille de Laurens, alliée aux familles de Borda et de Bergoing, s’inscrit dans une longue tradition familiale au service de la ville de Dax. Après de brillantes études au collège de Dax, puis à la Faculté de droit de Bordeaux, Joseph de Laurens prête serment en 1900 au barreau de Dax et entre très tôt dans la vie active. Conseiller municipal dès 1904 durant le mandat de Théodore Denis, 1er adjoint de Gabriel Despax (1913-1919), puis du Dr Ernest Pécastaing (1919-1921), il est maire pendant huit ans (1921-1929) et marque fortement de son empreinte la ville de Dax après les séquelles matérielles et psychologiques de la Grande Guerre : programme commémoratif, mesures sociales, travaux d’équipement et d’urbanisme, réhabilitation du patrimoine urbain ancien. Tout en étant maire de Saint-Pandelon de 1935 à 1945, il reste très présent à la cité dacquoise au sein de plusieurs organismes et associations jusqu’à son décès survenu le 26 mars 1950. Juriste de talent, bâtonnier à plusieurs reprises, il fut unanimement reconnu pour sa probité intellectuelle, son esprit de conciliation et son sens aigu de l’intérêt général à l’heure des choix décisifs pour l’avenir de Dax.


Alain Richard, Mugron, Un village de Chalosse dans la Grande Guerre

Nos villages de Chalosse, à dominante rurale, ont payé un lourd tribut à la guerre. Mais au-delà de nos « Morts pour la France », il en est beaucoup dont on parle trop peu, parce que l’on mesure mal à quel point ils ont partagé angoisses, douleurs, privations et souffrances. Ce sont les familles qui ont dû s’organiser pour vivre en l’absence des hommes mobilisés, les municipalités qui ne disposaient plus des moyens d’assumer leurs missions au profit des populations, les blessés confrontés à la difficulté de retrouver une place dans la vie quotidienne par suite de leur handicap, et tous ceux qui, revenus de quatre années et demie de guerre, ont éprouvé tant de difficultés à retrouver une place dans une société qui avait appris à vivre sans eux.


Gilberte Maurice, Larrestation d’une juive à Castelnau-Chalosse (janvier 1944)

Suzanne Weill, juive, alsacienne, a épousé Raoul Domenger, de Castelnau-Chalosse. Le 11 janvier 1944, elle a été arrêtée à Castelnau, transférée à Drancy, où, travailleuse du camp, elle a vu partir pour Auschwitz, plus de mille enfants juifs. Paris a été libéré le 24 août 1944 mais elle n’a pu arriver à Castelnau qu’en octobre où elle avait ses trois enfants.


Séance du 17 novembre 2018 à Moustey, salle des fêtes, 14 h 30


La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d‘environ 90 personnes.


Marie Pendanx, Félix Arnaudin, imagier et collecteur de la Grande Lande

En Aquitaine, sous l’impulsion du Second Empire, la Grande Lande désertique se recouvre de pins, une civilisation agro-pastorale se meurt lentement. Enfant du pays, Félix Arnaudin (1844-1921) entame alors un labeur infini : dans ses images photographiques comme dans ses phrases, dans ses enquêtes et ses études, il conserve et restitue le souvenir d’un monde d’avant la chute. Depuis « l’extrême horizon » de la lande désertique jusqu’à la prolifération des hectares de pins, ce chasseur de mémoire de la civilisation de la forêt nous confie son amour passionné pour un pays bientôt bouleversé par une modernité triomphante.


Bernard Traimond, Des loups dans les Landes en 1968

Un demi-siècle plus tard, il est devenu possible de tout dire sur les loups dans les Landes en 1968. Le plus surprenant est que presque tout se savait dans les mois qui ont suivi, sauf peut-être, et encore, le nom du lâcheur. Le plus surprenant reste que l’évidence et le bon sens n’ont pas freiné la diffusion de rumeurs -chiens-loups des Américains du camp du Poteau ou meute venue d’Espagne entre autres. Comment les informations fausses peuvent-elles disposer d’un crédit plus grand que les constatations ? À partir de sources inédites -dont la correspondance avec le lâcheur- la communication va essayer de comprendre pourquoi des constatations peuvent être occultées ou niées pour laisser la place à des rumeurs.


Jean-Jacques Fénié, Sur quelques images de Pissos sous l’Occupation

Jusqu’ici jamais révélées au grand public, quelques photos conservées à l’Écomusée de Marquèze montrent des soldats SS en « repos » à Pissos. Vers la fin de 1940 ou le début de 1941 sans doute. Les insignes d’uniforme indiquent qu’ils appartiennent à un détachement des SS-Totenkopfverbände (unités à la « tête de mort »), de sinistre mémoire quand on sait le rôle qui leur fut attribué dès l’origine du régime hitlérien. Malgré certaines ressemblances, ce n’était pas une unité appartenant à la Wehrmacht. Au centre du bourg ou dans des lieux plus éloignés des pinhadars de Pissos, ils se détendent ou participent à un cérémonial spécifique. Étrange atmosphère dans un village calme mais frappé comme tant d’autres par le traumatisme de la défaite.


Gilles Rosière, Louis Cazenave (1883-1958), un industriel en Sud-Gironde

Pendant plus de trois quarts de siècle, l’usine Cazenave de Belin a donné du travail aux habitants du sud de la Gironde et du nord des Landes. Créée sans aucun capital par un enfant du pays, l’usine employa jusqu’à 700 personnes dans les années 50 dans ses quatre secteurs d’activités : cycles, fonderie, scierie et matériel roulant. La communication retrace l’histoire de cette entreprise industrielle originale. Elle s’appuie sur les mémoires écrits par son fondateur et sur des notes internes retrouvées qui expliquent le déclin de l’entreprise à partir des années 60, jusqu’à la fermeture en 1975.


Séance du 20 octobre 2018 à Dax, Maison de la Barthe, 14 h 30


La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d‘environ 60 personnes.


Alexis Arras, Le Mai landais

Cette année 2018 marque le cinquantième anniversaire des évènements de mai 1968, le département des Landes n’a pas été épargné par ce printemps particulièrement animé. À la veille de Mai, les Landes sont un département en pleine mutation, une économie en reconversion et un paysage politique en transformation. Le mouvement contestataire est d’abord relayé dans le Département par les lycéens, les syndicats et les partis de gauche. Puis, progressivement les divers secteurs de l’économie locale sont paralysés par la grève ainsi que l’administration comme dans le reste du pays. Le mois de juin signe la fin de cette « révolution introuvable » selon l’expression de Raymond Aron. La mutation de l’économie landaise se poursuit, mais les élections législatives des 23 et 30 juin sont un succès incomplet et fragile pour le gaullisme landais.


Pauline Bessonart, La maréchalerie Ourthe et le bar « Chez Charlotte » à Dax

Située au 8 impasse Saint-Vincent-de-Paul, cette maison, avec une tête de cheval sur la façade, rappelle de nombreux souvenirs. Ce fut d’abord une grande maréchalerie, appartenant à la famille Ourthe, où se sont succédé des générations de maréchaux-ferrants et quantité de chevaux et autres animaux à ferrer. Cet espace a aussi abrité deux bars célèbres, tenus par deux femmes courageuses, « Chez Joseph » avec Babeth Ourthe et « Chez Charlotte » avec Charlotte Lafourcade, dont on parle encore aujourd’hui à Dax avec nostalgie. Cet espace a une importance certaine dans le patrimoine de Dax. Il représente, pour son époque, un art de vivre à la dacquoise. 


Michel Daverat, Dix-huit années d’observations météorologiques à Candresse

Une petite station météorologique amateur a été installée au début de l’année 2000 à Candresse, en bordure de la vallée de l’Adour. Les relevés sont pris sousabri, à 1,50 m du sol. Chaque jour sont mesurées : la température maximale et minimale, la pression atmosphérique, l’hygrométrie, la pluviométrie. Sont aussi notés : la force et la direction des vents, l’ensoleillement, les orages. À partir de ces relevés quotidiens, il est possible d’établir des moyennes mensuelles, saisonnières et annuelles. L’intérêt est de pouvoir dégager des tendances, et ainsi de voir si des évolutions se dessinent sur le moyen terme. Dejà à sa création, la Société de Borda avait procédé à des relevés météorologiques. Ils ont été publiés, plus ou moins complètement selon les années, dans les bulletins de 1877 à 1911. Des comparaisons entre cette période et la période actuelle vont être possibles.  De manière accessoire, un certain nombre de dictons gascons locaux sur les prévisions du temps du jour au lendemain ou à quelques jours sont mis à l’épreuve. Ils reposent sur des observations transmises de génération en génération, et s’avèrent souvent justifiés.


Séance du 29 septembre 2018 à Capbreton, salles municipales, 14 h 30


La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d‘environ 60 personnes.


Marie-Claire Duviella, La sardinerie de Capbreton ou la Pêcherie de la Côte d’Argent (1920-1954)

En mars 1920, les Entreprises Maritimes Basques de Socoa font connaître à la municipalité capbretonnaise leur intention d’attacher au port de Capbreton une flottille de bateaux sardiniers et d’installer une usine à conserves sur la plaine du Bouret. Dénommée « La Pêcherie de la Côte d’Argent », la sardinerie, rapidement construite, ouvre ses portes à la fin de l’année. Jusqu’à sa fermeture en 1954, elle va passer par des hauts et des bas, elle ferme et ouvre à plusieurs reprises et connaît plusieurs propriétaires ou sous-traitants. En 1927, les E.M.B. vendent l’usine et ses installations à la Société Immobilière des Bains de Mer de Soorts-Hossegor, laquelle, fin 1928, les cèdent à la conserverie nantaise d’Arsène Saupiquet, vraisemblablement sous-traitant des E.M.B. En 1933, l’affaire passe aux Établissements Chancerelle de Douarnenez et, en 1939, aux Établissements Graciet et Cie des Sables-d’Olonne. À partir de 1951, la sardine se faisant rare, sa pêche décline. La conjoncture économique devient difficile, la conserverie marche au ralenti, avec compression de personnel. C’est fin 1954 que cesseront officiellement toutes activités de conserveries et de salaisons à Capbreton.


Michel Baris, Les jeux et les distractions des jeunes d’autrefois, autour d’un poème de Yan du Gouf

Il s’agit de lire et de commenter, avec quelques illustrations, les jeux d’autrefois à Capbreton, à Bénesse-Maremne, et au quartier du « Bourneus », route d’Angresse, à partir d’un poème de Yan du Gouf, le vieil instituteur capbretonnais. Ces jeux, c’était tout d’abord de monter sur le dos des vaches qu’ils menaient paître aux barthes, en évitant d’attraper la « cularosse », l’échauffement des fesses, car ils montaient sans selle. Les jeux étaient des jeux d’enfants : « lo triscar de juncs » (le tissage des joncs), « lo sautalic » (à saute-mouton), « l o quilha-b’ic quilha » (l’ancêtre du mikado), « lo bartòli » (le « bartuile », l’ancêtre du base-ball), « la barra-panada » (le jeu de « barres »), « la pesca a los grolhas » (la pêche aux grenouilles), « lo planta-cotèth » (le plante-couteau), « lo shuca-cavilhon » (le sucer du bâton de réglisse), « la petita guèrra dab los pilons » (la petite guerre avec les roseaux appelés typhas ou massettes), « las canicas dab las gargalas » (les billes avec les noix de galle), « las estòrças » (le bras de fer)… Et quand ils avaient terminé, le jeudi, il était l’heure de goûter ! Alors, ils mangeaient des mûres qu’ils cueillaient dans les haies, avec de la « mestura » , le pain de maïs. L’auteur évoque aussi un autre jeu que Yan du Gouf n’a pas mentionné, mais qui était développé dans tout le Bas-Adour, en Maremne, en Pays de Seignanx et en Marensin, les quilles de trois.


Jean-Marie Clertan, Histoire du préventorium Sainte-Eugénie

Quand un mécène s’implique dans des besoins humanitaires, cela peut déboucher sur une belle et longue histoire. La recherche médicale naissante en cette fin du XIXe siècle fait apparaitre des actions à mener en termes de santé publique. Eléments naturels, bon sens et esprit d’entreprise vont en être les ingrédients. Et pour durer un siècle, il faut évoluer avec les circonstances, ce qui peut aller jusqu’à un changement total de concept et de modèle.


Jean-Jacques Taillentou, 8 octobre 1918. Du temps où le Porto se déversait sur les plages landaises

Le 8 octobre 1918, le torpillage d’un navire marchand portugais, le Cazengo, provoqua l’échouement de sa cargaison de fûts de Porto sur la côte landaise entre Mimizan et Saint-Girons. Ces mânes océaniques attirèrent évidemment la convoitise d’une partie des populations littorales. Elles furent à l’origine de comportements allant du pillage, à la beuverie en passant par quelques situations des plus cocasses. Au-delà de cet épisode sauvé de la mémoire collective en 1966 par Michel Druhen, l’article élargit le sujet à ces acteurs initiaux, le Cazengo et son « agresseur » un sous-marin allemand, à d’autres témoignages de l’après naufrage et à ce que l’archéologie sous-marine a pu révéler depuis.

Séance du 16 juin 2018 à Buglose, salle des fêtes, 14 h 30

Avant la période estivale, notre dernière séance mensuelle était organisée en collaboration avec l’association (MCPB), Mémoire du Camp de prisonniers de Buglose ; notre président avait pris rendez-vous de longue date avec Mme Régine Daguinos, présidente de l’association, pour conduire la Société de Borda sur le site mémoriel remis en lumière par l’association.

Après avoir exprimé sa joie de recevoir, dans la salle des fêtes de Buglose, la soixantaine de participants venus découvrir souvent pour la première fois le camp de prisonniers, Mme Régine Daguinos présenta la mission de son association, non sans rendre un vibrant hommage au travail et au dévouement des nombreux bénévoles, bienfaiteurs et partenaires qui, depuis juillet 2012, s’activent pour faire du site du camp de prisonniers un lieu de commémoration. Elle ne manqua pas de remercier vivement la municipalité de Saint-Vincent-de-Paul - en la personne de M. Henri Bedat, maire de la commune, également présent -, qui apporta son soutien constant au projet et permit ainsi à cette belle initiative locale de se concrétiser.

Après la projection du diaporama sur le camp commenté par Mme Daguinos, il revint à Mme Josyane Schemmel, coauteur avec M. Pierre Houpeau de l’ouvrage « Des barbelés à Buglose », édité en juin 2018 par la Société de Borda, de retracer brillamment le passé douloureux vécu sur le camp par les réfugiés espagnols fuyant le franquisme, puis par les prisonniers coloniaux et enfin, après le débarquement du 6 juin 1944, par les prisonniers allemands.

Ci-dessous la synthèse historique présentée par Mme Schemmel :

« Ce camp de prisonniers de la deuxième guerre mondiale a connu, avant même la déclaration de guerre, une phase de détention pour des réfugiés espagnols. En 1940, ils sont remplacés par des « Coloniaux» auxquels succéderont en 1945 des prisonniers allemands, mettant fin à la triste « activité » du camp.

Suivons chronologiquement ces trois étapes.

1 - La guerre civile espagnole de 1936 sévit cruellement en Espagne, jetant sur les routes des populations qui fuient le franquisme. Elles errent dans l'espoir d'être secourues. A bout de forces, elles parviennent, après un long périple, à Basta les Forges, quartier de Buglose où se trouve la halte ferroviaire près de l'actuelle usine Cazaux.

Pour soulager leur détresse, des baraques s'élèvent peu à peu afin de leur procurer des abris pour s'alimenter, dormir et répondre à leurs  besoins de recevoir des soins. La promiscuité est telle que les conditions de vie y sont très pénibles. C'est pourtant dans ce contexte que les plus malchanceux y resteront près de deux ans, jusqu'à ce que l'évacuation totale du camp soit fixée par des Allemands en 1939.

2 - Déclaration de la guerre à l'Allemagne.

Nos territoriaux sont engagés sur divers fronts ainsi que les ressortissants de notre empire colonial répondant à l'appellation de « coloniaux » issus du Maghreb, d'AOF et d'AEF, de Madagascar, d'Indochine, des Antilles, d'Océanie, d'Indes françaises.

Après leur capture et l'échec de la décision de les envoyer travailler en Allemagne en tant que main d'œuvre bon marché, au cours d'un hiver particulièrement rigoureux, ils sont dirigés en Aquitaine où ils sont parqués dans des camps spécialement conçus pour eux, sans distinction d'ethnies. Le camp de Buglose, ouvert le 1er avril 1940, entretiendra des relations suivies avec celui du Polo Beyris situé à Bayonne-Anglet. Etabli route de Laluque sur une superficie de douze hectares boisés de pins, il est très justement qualifié de « camp de forêt » dont le rôle est défini par ces mots « Arbeits kommando », ce qui signifie camp de détachement de travail.

La vie se déroule dans un univers monotone et triste de baraques encerclées de fil de fer barbelé. La discipline revêt un caractère militaire. La superficie du camp est sous totale surveillance afin de dissuader ceux qui auraient des velléités de s'évader. Comment y parviendraient-ils, sachant que des sanctions, dont la mort, sont prévues et appliquées ? Les appels , à la cadence de trois par jour sont autant de contrôles réguliers. Le camp est soumis à des inspections de la Croix-Rouge de Périgueux dont les rapports portent à notre connaissance sa physionomie et son état sanitaire. Un médecin français, connaissant bien les maladies des indigènes, multiplie ses efforts pour faire admettre aux Allemands de rapatrier dans  leur colonie d'origine les prisonniers dont le maintien en captivité aggraverait leur état, au risque de voir se développer des maladies contagieuses, hantise de l'occupant.

Comme il est impossible d'évaluer le nombre fluctuant de prisonniers passés par le camp de Buglose en raison de déplacements fréquents de camp à camp, le rapport d'inspection du jour de visite précise cependant le nombre de coloniaux présents et ce, par ethnie. Cette indication est précieuse non seulement du point de vue numérique mais également humain.

La parole est enfin donnée à ceux qui subissent les conséquences de la captivité. Des voix s'élèvent notamment contre les rations trop maigres de couscous, pourtant base de leurs habitudes alimentaires. D'autres secteurs sont aussi au centre de leurs doléances : vêtements, chaussures, couvertures sont en nombre insuffisant. Comment expliquer que ces hommes mal vêtus et sous alimentés parviennent cependant à répondre aux exigences d'un travail en forêt harassant puisqu'il s'agit d'abattage de pins pour confectionner des poteaux de mine ? La réponse vient du côté humain des marraines de guerre qui apportent aux prisonniers les bienfaits d'une écoute compréhensive.

Voilà qu'un événement capital, bien préparé par nos alliés fait basculer le cours de la guerre : en juin 1944, les Anglo-américains débarquent en Normandie, sonnant le glas des armées allemandes.

3 - En 1945, la physionomie du camp de Buglose prend un aspect inattendu car les coloniaux n'ont plus le statut de prisonniers mais celui de gardiens des Allemands, captifs à leur tour. Revirement total de situation. Jusqu'en 1948, les Allemands y connaîtront la détention, à l'exception des officiers dirigés sur des camps spécialement conçus pour officiers prisonniers. On évalue à 160 environ le nombre de soldats allemands détenus à Buglose. Certains y décéderont. Exhumées en 1962, les dépouilles furent transférées à la nécropole allemande de Berneuil (Charente).

Grâce au travail des bénévoles, soucieux de mettre en valeur ce lieu chargé d'histoire locale et grâce à la volonté municipale d'y créer un site mémoriel, le Camp de Buglose suscite un intérêt grandissant des deux côtés du Rhin, concrétisé par de nombreuses visites nourries d'échanges fructueux».

Après un pot convivial offert par la municipalité de Saint-Vincent-de-Paul, une visite du camp effectuée en deux groupes, sous la conduite éclairée de M. Pierre Houpeau et de Mme Régine Daguinos, permit à l’ensemble des participants de mieux appréhender, à partir des fondations et des vestiges retrouvés (ciseaux, pistolets, encrier en verre, casque), l’aménagement originel du camp, l’emplacement des stalags et baraquements où s’entassaient les prisonniers ; c’est aussi le moment d’apprécier le magnifique travail de mise en valeur et de reconstitution du site basé sur les informations récoltées auprès des archives nationales, départementales ainsi que du Comité international de la Croix-Rouge de Genève.

D’une superficie de 12 ha, le camp était divisé en deux zones, l’une réservée aux gardiens qui concernait le secteur de l’administration, la gestion du camp, les bureaux, l’armurerie..., l’autre aux prisonniers. Les fondations qui sortent de terre laissent apparaître la dimension des baraquements. Nous distinguons au sol les traces des baraquements de 30 m x 6 m autour d'une aire rectangulaire faisant office de place d'armes. Également des traces de carrelages, des rampes de lavabos, des latrines, ainsi qu’un regard d’égoût, preuve de l’existence d’un réseau de canalisation pour alimenter en eau les différentes baraques.

Il nous reste à remercier nos deux guides pour la visite émouvante de ce lieu de mémoire plurielle qui mérite tout notre respect, ainsi que pour la difficile et exaltante mission qu’ils mènent à bien afin de perpétuer la mémoire de ces soldats coloniaux morts pour la France mais aussi celle de ces soldats allemands retenus par une guerre infernale sur cette portion du sol landais.  


Séance / sortie du 19 mai 2018 à Orthez

La journée d’étude, organisée en partenariat avec l’association Histoire et patrimoine du pays d’Orthez (HPPO), a eu lieu au théâtre Francis Planté, en présence de M. le maire d’Orthez, Emmanuel Hanon, sous la présidence de Rodolphe Bessaud (HPPO) et de Jean-Jacques Taillentou, lesquels ont rappelé tour à tour aux participants les centres d’intérêt historiques et patrimoniaux communs aux deux associations ainsi que les liens étroits entre les Landes et le Pays d’Orthez.

Il revient à Emmanuel Labat, principal artisan de l’organisation de la journée, secrétaire de l’association HPPO et membre de la Société de Borda, de débuter la matinée en évoquant les âpres conflits du Moyen Âge vécus dans notre région.


Emmanuel Labat, La bataille de Bonnegarde et la chapelle d’Arsague

La guerre de Gascogne (1294-1297), après une série de sièges, finit par la bataille de Bonnegarde. Victoire des Français remportée sur les Anglo-Gascons. Nous verrons quel a été le rôle joué pendant cette campagne par le vicomte de Béarn, Roger-Bernard III de Foix, alors que la plupart de ses vassaux se sont rangés du côté anglais. Pour commémorer cette bataille, le roi de France décide de fonder à Arsague une chapelle, donnée aux Trinitaires.


Patrice De La Condamine, Les pays pyrénéens, des hommes des histoires des emblèmes

D’Ouest en Est, sur les deux versants de la chaîne pyrénéenne, des sociétés humaines ont formé des entités politiques très diverses. Certaines n’ont pas résisté à la marche du temps et ont diaparu, laissant la place à d’autres qui leur ont succédé. Du Labour à la Catalogne en passant par Le Pallars, Foix ou le Ribagorza, c’est à un voyage à la fois dans l’espace et dans le temps que nous sommes conviés, tandis que les emblèmes de ces multiples pays nous donnent l’opportunité d’un impressionnant passage en revue des enjeux passés et présents, nous permettant de retracer la géopolitique au fil du temps.


Gérard Fauconnier, Armand Reclus et le canal de Panama

Armand Reclus, frère de l’anarchiste élie et du géographe élisée, est né à Orthez en 1843. D’abord officier de Marine (sorti premier de l’École navale), il s’associe, en 1877, à son collègue de promotion Louis, Napoléon Bonaparte-Wyse dans l’exploration de l’Amérique centrale en vue du percement d’un canal interocéanique. Reclus passe plus d’un an dans l’enfer vert à lever des côtes, dresser des cartes, des plans et élaborer un tracé de canal à travers la Cordillère. Le Congrès international de géographie de Paris adopte, en 1879, son tracé de Colon à Panama parmi les onze autres projets présentés. Confiée à Ferdinand de Lesseps, la réalisation commence avec Armand Reclus pour diriger les travaux. Son buste en bronze se dresse aujourd’hui à l’entrée du canal.


Après le déjeuner au restaurant La Casa, le public se retrouva nombreux pour la conférence de l’historien Thierry Issartel, Les vicomtes de Dax au XIe siècle : nouvelles perspectives

Les vicomtes de Dax apparaissent dans les cartulaires de la région de l’Adour. Mais que sait-on de leurs pouvoirs et de l’étendue de la vicomté ? En comparant ces sources avec ce que l’on sait des autres vicomtes de la région, la présente étude permet d’y voir plus clair et de remettre en question l’historiographie sur cette question. Une nouvelle vision est donc proposée sur les vicomtes de Dax  et leurs voisins jusqu’à l’intervention de Richard Cœur de Lion en 1176.


En fin d’après-midi, était prévue une visite commentée par René Descazeaux. Sous la conduite éclairée de l’historien, mémoire vivante de la cité orthézienne, les participants ont pu appréhender l’âme du centre ville : l’enclos Saint-Pierre, « un des trois lieux emblématiques (avec le Pont-Vieux et le Château Noble Moncade) voulus par Gaston VII Moncade (1229-1290) qui modela Orthez arraché aux vicomtes de Dax pour en faire une cité majeure du Béarn, tout au long du XIIIe siècle », notamment  l’église Saint-Pierre, des XIIIe et XIVe siècles, remaniée aux XVIe et XIXe siècles,  classée MH et riche de nombreux objets mobiliers, la place « dou marcat de Diou », actuelle place Marcadieu, le cimetière de la ville, l’entrée du faubourg animé au XIXe siècle par plus de vingt tanneries. Nous remontons le cours de l’histoire avec la maison de Jeanne d’Albret, sa tourelle et ses fenêtres à meneaux, aujourd’hui musée du Protestantisme, avant de nous rendre au lieu précis où s’élevait la Tour de l’Horloge, beffroi historique de la cité, et point de passage du Bourg-Vieux au Bourg-Neuf.

Sur l’artère historique, voie des pèlerins de Vézelay se rendant à Compostelle, notre guide nous fait découvrir l’Hôtel de la Lune, élégant édifice du XVe siècle, actuelle halte jacquaire, et admirer le portail monumental de la maison ayant appartenu à l’orateur politique de renom et maire d’Orthez Charles Chesnelong. Nous poursuivons notre promenade jusqu’au carrefour dit du Cantou, point de croisement de la voie pèlerine Nord / Sud et de la rue médiévale, aujourd’hui rue Aristide Briand, ex-rue du commerce, qui reliait les faubourgs Saint-Gilles à l’Est et Saint-Pierre à l’Ouest, probable axe gallo-romain mettant en relation Bénéharnum / Lescar et Dax. Quelques mots sur le Faubourg Saint-Gilles permettent de comprendre le rôle de l’hôpital médiéval et l’impact économique des activités industrielles (fabrication de chaux, bois, chaussures) qui, durant l’Entre-deux-guerres, occupaient plus de 800 ouvriers.

Notre guide nous entraîne, enfin, vers l’ancien quadrilatère des Jacobins pour dévoiler une autre grande partie de l’histoire de la ville : l’installation du couvent des Dominicains, puis celle de l’académie royale en 1566 et de l’université humaniste protestante, la Mairie, bien national offert à la ville par l’empereur Napoléon après sa visite en 1808, la place d’Armes, qui accueillit les premières courses et manifestations taurines et où le poète Vigny tint garnison dans une demeure en face de laquelle devait, plus tard, habiter le poète Francis Jammes...


Séance du 21 avril 2018 à Onesse-Laharie, salle polyvalente, 14 h 30

La séance a eu lieu devant un auditoire d’environ 120 personnes, sous la présidence de J.-J. Taillentou. En début de séance, Mme Marie-Christine Duboscq, adjointe en charge de la culture et du tourisme, au nom de M. Jean Castaing, maire, et de la municipalité, dit sa joie d’accueillir la Société de Borda, avant de présenter le village, ses grandes étendues forestières traversées par quelques kilomètres d’autoroute, son riche patrimoine en pleine restauration, qu’il s’agisse de l’église Saint-Jean-Baptiste ou du Monument aux morts, œuvre du sculpteur Charlier, ses personnalités liées étroitement au village : le musicien virtuose, Claude Duboscq, créateur de l’école de Musique et du théâtre en plein air du Bourdon ; Christine de Rivoyre, grande dame de la littérature française ; le félibre Sylvain Lacoste. Mme Duboscq souligne, enfin, l’aide apportée par la municipalité à la dynamique association Aiga viva, présidée par M. Dominique Commet, qui prononça en gascon quelques paroles de bienvenue.

Avant les communications ci-dessous, il revient à M. Gérard Tire de retracer le parcours journalistique et littéraire de Christine de Rivoyre : ses débuts au Monde de 1950 à 1955, son arrivée à Marie-Claire dont elle resta directrice littéraire durant plusieurs années et la naissance de sa vocation plus strictement littéraire à partir de 1955, date à laquelle se succèdent ses romans : la Mandarine, le Petit Matin, Boy, Belle Alliance, Reine-mère, Racontez-moi les flamboyants... Publié en 2014,  Flying Fox, nom du cheval de son père, met en lumière son amour pour les animaux, dont elle n’a cessé de défendre la cause, à l’instar de Brigitte Bardot avec qui elle a correspondu. Il est rappelé que la romancière, très attachée au terroir landais, de par son ascendance maternelle, s’impliqua dans la fondation de l’écomusée de Marquèze. M. Tire présente enfin la jeune association des Amis de Christine de Rivoyre, créée en novembre 2017, qui compte déjà 135 adhérents et dont le but est de perpétuer le souvenir et l’œuvre de la romancière à travers des manifestations culturelles : conférences, expositions, projections, promenades, éditions de textes,  témoignages, etc.

Serge Tauziet, Onesse-Laharie 1943-1944, histoire inédite d’un transfuge allemand

Mars 1943 - Août 1944, dans le secteur de Labouheyre Solférino et Morcenx, l’histoire très singulière d’une relation qui se noue entre un soldat de la Wehrmacht, traducteur d’une unité allemande basée à Labouheyre, le feldwebel (adjudant) Kerstein, et André Dutrey, Chalossais de Serres-Gaston, ingénieur, industriel installé à Paris ayant dû fuir la capitale après qu’il eut appris qu’il était recherché par les Allemands, retiré volontairement en zone occupée, incognito, dans une ferme désaffectée, le Pas dou Kaa. André Dutrey fut durant cette période le parrain de prisonniers coloniaux enfermés au camp de Onesse-Laharie dont il favorisa l’évasion de plusieurs d’entre eux. 


Jean-Jacques Fénié et Michel Baris, Un « hussard noir » et le gascon : Sylvain Lacoste (1862-1930)

Natif d’Onesse-et-Laharie, Sylvain Lacoste (1862-1930) fut d’abord instituteur puis - revirement complet d’un « hussard noir de la République - boucher à Pau. Du temps qu’il avait enseigné à Labatut ou à Tarnos, il se passionna pour l’enseignement du gascon en parallèle avec celui du français. D’où quelques échanges avec d’éminents membres du Félibrige (Mistral) et de son prolongement en Gascogne, l’Escòla Gaston Febus. Découverts il y a peu, des papiers personnels de Lacoste montrent qu’il eut des liens avec quelques personnages fameux (Camelat, Darclanne, Daugé ou le docteur Lacoarret dit « Al Cartero »). Ce qui lui permit de faire éditer un Recueil de versions gasconnes et ses Condes e Devisets.


Franck Lalanne, Les relais de poste de la Grande Lande

À partir du règne du Roi Louis XI qui instaura le service de la poste royale sur le royaume de France au XVe siècle, des relais de poste jalonnèrent la route dite de la « grande lande », tenus par des chevaucheurs qui avaient pour mission d'escorter les malles de la poste et, plus tard, les voyageurs. Aussi, les relais de la poste étaient-ils également des hostelleries, parfois assez soignées si l'on s'en tient aux archives anciennes qui signalent, ci et là, des chambres tendues de toiles peintes, des maisons à étage et galeries, habitées par les descendants des premiers chevaucheurs devenus, avec le temps, d'honorables bourgeois de la campagne. La route de la grande lande comptait ainsi les relais du Muret, de Liposthey, de Labouheyre, de Janquillet-Labasse-Belloc (à Escource), de Laharie, de Lesperon et de Castets. Toute une vie intense animait ces lieux de passage ; voyageurs, convois, gens de la poste, bouviers, affréteurs peuplaient ces établissements qui parfois, comme à Escource, étaient très isolés sur la lande. Aussi, ces maisons étaient-elles solidement bâties de pierre pour résister à des coups de mains toujours possibles à cause de l'or supposé des voyageurs. Inévitablement, ces relais de poste étaient sujets à des histoires sombres et à des légendes.

Le XIXe siècle mit un terme à l'institution des relais de la poste.



A la fin de la séance, les participants étaient invités à se diriger vers le Monument aux morts, conçu en 1922 par les architectes Dépruneaux et son confrère Sanlaville, avec la participation du sculpteur Henri Charlier. Avant de présenter l’œuvre d’art, classé MH en 2005, Vincent Mateos évoqua la personnalité du sculpteur Charlier, ami de Claude Duboscq, considéré comme l'un des plus grands artistes chrétiens de l'Entre-deux-guerres ; avec beaucoup de sensibilité, il détailla les scènes allégoriques des bas-reliefs, empreintes du plus émouvant symbolisme : le Poilu dans la tranchée, et, face à la stèle, la Landaise au style massif et dépouillé, enveloppée dans une robe aux amples plis, à genoux sur la grande dalle tumulaire recouvrant le caveau dans lequel sont ensevelis les vingt-cinq des quarante-huit soldats de la commune morts pour la France.


Séance du 16 mars 2018, à Saint-Pierre-du-Mont, Théâtre de Gascogne

La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d‘environ 50 personnes.


Marie Pendanx, Sur les pas de Lise Deharme

Dès son enfance, Lise Deharme avait pour habitude de se rendre dans les Landes avec ses parents en vacances et, plus tard, elle accueillera en sa résidence secondaire de Montfort-en-Chalosse ses amis des milieux littéraire et artistique. écrivain et égérie des Surréalistes, elle tenait salon en son appartement donnant sur l’Esplanade des Invalides mais venait régulièrement dans les Landes. Alors qu’elle est décédée en 1980, ce n’est qu’au début des années 2000 que j’ai découvert son existence et que j’ai décidé de partir sur ses pas... Les rencontres réalisées et les témoignages recueillis sur son chemin me permettent aujourd’hui de vous faire découvrir « la Dame au gant » (appelée ainsi par André Breton dans « Nadja »).


Hubert Delpont, Mont-de-Marsan, la fortune d’un chef-lieu (1790-1914)

Dans l’ouvrage édité par la Société de Borda, il s’agit de proposer une suite à l’Histoire de Mont-de-Marsan de Louis et Michel Papy qui s’arrêtait en 1800. Pour cela, il fallait remonter au 12 janvier 1790, date à laquelle le comité de Constitution de la toute neuve Assemblée nationale adopta, à la demande du député montois Antoine Dufau, le choix de Mont-de-Marsan comme futur chef-lieu des Landes. Un choix paradoxal, mais qui devait bouleverser radicalement le destin de celle qui, de bourgade perdue au milieu des sables, allait ainsi devenir une ville.

Tout au long de ce livre, on suit la croissance économique, démographique et urbaine de la ville. Au temps de la Révolution et de l’Empire, la ville, après avoir capté la route, profite largement des guerres hispaniques. Après la chute de Napoléon, l’essor marque le pas, freiné par le refus d’y faire passer le train. La loi de 1857 sur la vente des communaux et l’ouverture du lycée Duruy symbolisent la reprise. La première est à l’origine du remplacement de l’ancienne économie du commerce des eaux-de-vie par une nouvelle économie industrielle autour du bois et du fer. La seconde assure au chef-lieu la formation des élites. En 1877, l’ouverture de la caserne lui donne un petit air de place de guerre dans une France qui s’y précipite.

à la veille du premier conflit mondial, alors qu’elle vient de s’offrir le sage cercle des officiers (actuelle mairie) et Mirasol, sa première fantaisie, la ville compte 12 500 habitants, soit cinq fois plus qu’en 1790.

Peut-on mieux dire sa fortune ?




Assemblée générale du 17 février 2018 à Dax, salle de l’Atrium

Devant l'assemblée qui avait pris place dès 10 heures dans la salle de spectacle de l'Atrium gracieusement mise à la disposition par la Ville de Dax, le Président Jean-Jacques Taillentou remerciait tout d'abord de sa présence M. Gabriel Bellocq représentant le Président du Conseil départemental Xavier Fortinon, et la Ville  de Dax en la personne de Mme Valériane Alexandre, conseillère municipale déléguée à la culture, qui représentait Mme le maire élisabeth Bonjean. Il insistait sur le fait que la Société fonctionne grâce au soutien de ces deux partenaires institutionnels : la Ville de Dax et le Département. De nombreuses autres personnalités - M. Giudicelli, sous-préfet de Dax, ainsi que plusieurs conseillers départementaux et maires du département -, s'étaient excusées, regrettant de ne pouvoir être parmi nous.


Avant que débute le rapport des activités 2017, Jean-Jacques Taillentou adressait ses remerciements aux autres maires des communes (Mimizan, Mont-de-Marsan, Bastennes, Soustons, Sabres, Goos, Ondres) qui ont accueilli la Société à l'occasion des réunions mensuelles décentralisées de l'année 2017.

Le Président soulignait ensuite que toutes les activités de la Société sont le fruit d'un travail collégial, celui des membres du Bureau, des dix-neuf membres du Conseil d'administration riche de compétences et de talents divers, de Mme C. Courjaud, secrétaire salariée, des bénévoles qui apportent leur concours au siège de la Société : J.-P. Bouissou, M. Bordes, et de tous ceux qui proposent spontanément leur aide dès qu'un besoin se fait sentir, ainsi que nos deux imprimeurs qui participent à l’œuvre de la Société : MM. Martin (imprimerie Barrouillet, Narrosse), Lafon (imprimerie ICN, Orthez).

Ne sauraient être oubliés les liens étroits qu'entretient la Société avec la FHSO (Fédération historique du Sud Ouest), les relations privilégiées avec les entités artistiques et culturelles du Département (musée municipal de Borda et autres musées landais, bibliothèque et archives municipales de Dax, Archives départementales des Landes, Comité départemental du tourisme, Parc Naturel régional des Landes de Gascogne, associations landaises d'histoire locale), ainsi qu'avec les partenaires locaux de la culture et de la communication : A. Gariel, directeur des politiques culturelles de Mont-Marsan, S. Airoldi, responsable des Rencontres à lire du Salon de Dax, O. Bonnefon, directeur de l'Agence Sud-Ouest.


Rapport moral présenté par le Président et trois membres du Bureau :

B. Cahuzac, G. Granereau, M. Jogan


Les réunions mensuelles

La Société s'est déplacée, comme chaque année, dans plusieurs communes, ce qui lui permet de confirmer son audience départementale, de faire connaître et de promouvoir le patrimoine landais en sa diversité. Près de quarante communications adaptées, autant que possible, au choix des lieux, ont été proposées, reflétant la variété des sujets et des compétences. Presque toutes les réunions ont connu un franc succès au vu du nombre de leurs participants qui a souvent dépassé la centaine : le 21 janvier, à Mimizan ; le 18 mars, à Mont-de-Marsan, le 8 avril, à Bastennes, où la séance a été enrichie d'une exposition de roches, fossiles et minéraux locaux mise en place par B. Cahuzac ; le 3 juin, à Soustons, qui a été marquée par l'anniversaire des 150 ans de l'église ; le 23 septembre, à Sabres ; le 4 novembre à Goos, placée sous la houlette de J.-P. Marquant et prolongée par une exposition inédite sur le Front d'Orient (1915-1918) ; le 14 octobre, à Dax ; le 11 novembre, à Ondres.


Plusieurs temps forts ont marqué l'année 2017 :

- L'assemblée générale 2017 a été caractérisée par un programme original et inhabituel. Remarquable fut la conférence du reporter et auteur de BD Jean Harambat intitulée « Dessiner les Landes ».

- Plus inattendue mais non moins appréciée fut la Table ronde de l'après-midi consacrée au thème « Les Landes en Gascogne : quelle identité ? » qui a permis un riche débat entre plusieurs personnalités venues d'horizons très divers.  

- Les Journées nationales de l'archéologie, les 17 et 18 juin organisées par le Musée municipal de Borda,- en partenariat avec la Société de Borda, le SRA Nouvelle-Aquitaine, l'INRAP, la Société HADES, les universités de Pau-Pays de l'Adour, de Bordeaux-Montaigne, le CRAL-, ont été centrées sur l'histoire de Dax et de son territoire, de la préhistoire à l'époque moderne, à la lumière de découvertes les plus récentes.

- Pour clôturer l'année, un colloque thématique le 16 décembre à Dax sur « Les Landes romaines » a attiré un auditoire aussi nombreux que motivé (plus de 200 personnes) venu des quatre coins des Landes et des départements voisins. La Journée d'études - qui a réuni des universitaires, des historiens de l'Antiquité, des membres du CRAL, de l'INRAP, des numismates et toponymistes ainsi que de nombreux jeunes chercheurs, étudiants et érudits locaux - a montré notamment l'évolution des méthodes de prospections au cours des toutes dernières années.


Le bulletin trimestriel

Entré en 2017 dans sa 142e année, le Bulletin, vitrine de la Société, constitue, grâce à sa périodicité trimestrielle, le principal lien avec nos adhérents. Reflétant le travail et les activités de l'année, les quatre numéros, soit 540 pages, ont offert, cette année encore, une mine de renseignements sur les Landes en de nombreux domaines.

- Dans la première partie, 21 articles de longueur variable (10 à 30 pages), couvrant toutes les époques, ont été proposés sur des sujets touchant la préhistoire, l'histoire économique et sociale, l'histoire politique et religieuse, l'art et le patrimoine local, la littérature, le gascon, sans oublier le devoir de mémoire envers les soldats de 1914-1918 qui se poursuivra en 2018 et même en 2019.

- La deuxième partie constituée par les « Chroniques », a rassemblé 18 rubriques courtes abordant des thématiques diverses : l'archéologie, l'histoire fluviale et maritime, la chasse, la pêche, les sciences naturelles, l'art. à partir de découvertes archéologiques récentes, de documents d'archives ou iconographiques, des aspects nouveaux du patrimoine landais ont été présentés : projets et études en cours (site d'Arthous), bilan sur les restaurations récentes de monuments classés, sur l'évolution et le changement de destination de quelques sites patrimoniaux, tel celui de La Vignotte à Mont-de-Marsan.

Comme chaque année désormais, une rubrique bibliographique répertorie toutes les parutions de l'année sur les Landes (ouvrages, revues de sociétés historiques locales), celles offertes à la Société donnant lieu, si possible, à des recensions.

- Dans la troisième partie figurent les rubriques habituelles : les comptes-rendus des séances (résumés donnés par les intervenants), les entrées de la bibliothèque, la liste des nouveaux adhérents, et autres informations à mettre en valeur. Au 4e trimestre, l'index analytique récapitule l'ensemble des travaux et des activités de l'année passée.


Le pôle édition continue de s'enrichir. Il permet de mettre à disposition des lecteurs et chercheurs des livres de qualité au contenu pionnier qu'une maison d'édition traditionnelle ne prendrait pas le risque d'éditer car contrainte par des considérations commerciales. Ce pôle édition devient aussi progressivement un vecteur promotionnel pour notre Société ainsi qu'un moyen de diversifier nos sources de financement.

En 2017, la Société a publié cinq ouvrages correspondant à la ligne éditoriale qu'elle s'est donnée : L'Aquitaine historique et monumentale, T. II. ; Lettres d'un poilu landais de l'Indochine à la Lorraine ; Anthropologue dans la lande, par Bernard Traimond ; Les trois régiments landais au Chemin des Dames, par J.-P. Brèthes et Histoire de Mont-de-Marsan : La fortune d'un chef-lieu (1790-1914), Tome I, par Hubert Delpont.


Participation aux manifestations culturelles locales :

Les 10 à 12 mars, lors des Rencontres à lire, organisées par la Ville de Dax, plusieurs d'entre nous se sont relayés pour faire connaître notre bulletin trimestriel et nos récentes éditions d'ouvrages.

Comme chaque année, pour les Journées du Patrimoine, la bibliothèque de la Société a été ouverte au public, le samedi après-midi 16 et le dimanche après-midi 17 septembre, ce qui a permis aux visiteurs de découvrir l'hôtel Saint-Martin d'Agès, l'histoire et les richesses documentaires de la Société.

Le 14 octobre, Laëtitia Rodriguez, directrice du Musée municipal de Borda,  nous a fait l'amabilité de présenter, dans le cadre d'une visite gratuite réservée à nos adhérents, l'exposition temporaire Mondineu dont l'un des magnifiques tableaux a fait l'objet de la couverture des quatre bulletins de l’année 2017.

En septembre et octobre, la Société a eu le plaisir d'accueillir des groupes de lycéens de Borda, d'élèves en BTS de Mugron, une belle expérience à renouveler.

Le Président a participé à plusieurs réunions d'archéologie pour l'organisation des JNA de juin 2017 et du colloque de décembre sur les « Landes romaines », destinées à fédérer les acteurs intéressés par l'histoire de la Ville de Dax et du Département, à lancer une dynamique de recherche qui permettra de susciter de nouveaux programmes d'études et de travaux.


Fonds documentaire : bibliothèque / archives / fonds iconographique

La bibliothèque accueille les adhérents et chercheurs, le mercredi et vendredi après-midi de 14 h à 17 h ou sur rendez-vous.

Outre les revues en provenance des soixante sociétés similaires reçues en échange, les bulletins des associations historiques locales qui offrent à la bibliothèque leur publication, le fonds documentaire s'est enrichi de trente titres d'ouvrages offerts par les auteurs et éditeurs, enregistrés par L. Grihon, responsable de la bibliothèque ; il convient d'y ajouter, un lot d'ouvrages anciens de Jean Cabanot et quelques acquisitions sur le département du Gers. Après vérification, puis enregistrement, ils augmentent notre offre documentaire et permettent de remplacer lors des consultations, en les protégeant, les documents usés ou abîmés par le temps.

La Société participe désormais au catalogue du SUDOC (Système Universitaire de Documentation) qui fait connaître sur Internet les fonds documentaires des bibliothèques spécialisées.

La cotation du fonds archivistique selon les normes des Archives départementales se poursuit grâce à C. Lesclaux, responsable des archives.

Le reclassement et la numérisation du fonds iconographique sont fidèlement suivis par J.-P. Bouissou.

Appel est fait aux dons de documents divers : ouvrages, cartes géographiques, photos, cartes postales, papiers de familles anciens, films, sur la thématique des Landes. La Société, dont la mission est de conserver et de transmettre la mémoire des Anciens, s'engage à restituer, après numérisation, tous les documents iconographiques ou autres provisoirement confiés.


La motte féodale de Pé de Peyran (Mugron)

Comme chaque année, la Société finance les travaux de débroussaillement nécessaires pour l'accès au site, dans l'attente de l'aboutissement du projet d'aménagement. Avant la réalisation du projet, une étude a été engagée. L'opération est menée avec la commune de Mugron, la communauté de communes, le pays, le Conseil départemental des Landes, la Région Nouvelle-Aquitaine, dans le cadre d'un programme européen LEADER. L'étude abordera trois axes :

- Assurer la valorisation pédagogique et touristique,

- Mettre en place la gestion et l'entretien du site

- Développer la recherche archéologique, géologique.

Le dossier de financement a abouti, recueillant les accords pour les subventions.

Des prospections ont été menées en 2017 afin de recueillir des informations sur les cheminements à ouvrir. En mars 2018, un comité de pilotage composé des collectivités et des financeurs se réunira, en vue de définir le programme de travail, notamment :

- Positionnement (GPS) des futurs équipements,

- Évaluation des travaux : coupe d'arbres sélective, débroussaillements,

- Évaluation des modes de gestion futurs pour contrôler l'embroussaillement (pâturage ?),

- Préparation d'un projet d'équipements (observatoire « château-fort », clôtures, escaliers, panneaux d'information, etc.,

- Recueil des informations et attentes au plan local (Office de tourisme, associations locales, etc.).

Cette étude de faisabilité sera réalisée en 2018, et la mise en place du plan de financement pour les travaux devrait être effective en 2019.


Le site Internet  http://www.societe-borda.com/, mis régulièrement à jour par C. Courjaud, permet à chacun de suivre nos activités, de connaître les programmes et les comptes-rendus des réunions, de faire des demandes, d'envoyer son adhésion.  Des améliorations restent à apporter, notamment la présence d'un moteur de recherche pour rendre accessible nos bases de données.

Rappelons aussi que, grâce à un lien avec les Archives départementales des Landes, il est possible de retrouver les titres et les auteurs des articles du Bulletin de la Société de 1876-2001. Quant aux bulletins de la Société de 1876 à 1945, ils sont consultables sur Gallica, site de la Bibliothèque nationale de France.


Projets 2018

L'année 2018 confirmera la politique d'édition de la Société :

Une réédition de L'Aquitaine historique et monumentale (Tome III) a déjà été proposée lors de l'assemblée générale 2018. En juin prochain, la Société sera l'éditeur d'un ouvrage grand public sur Dax et ses environs à travers le prisme des archéologues et de leurs recherches présentées lors des JNA organisées dans la sous-préfecture dacquoise au printemps 2017.


Les actes du colloque « Landes romaines » sont programmés pour fin 2018. Lors de la visite du camp de prisonniers coloniaux prévue en juin, un ouvrage consacré à ce site et à sa « redécouverte » devrait être mis à disposition du public.

Les prochaines réunions auront lieu à Saint-Pierre-du-Mont (17 mars) ; Onesse-Laharie (21 avril) ; Orthez (19 mai) ; Buglose (16 juin) ; Capbreton (22 septembre) ; Dax (octobre) ; Moustey (novembre) ; Dax (décembre)


Le bilan financier est présenté par la Trésorière M.-T. Labertit

Après lecture du compte de résultat, il est précisé que le solde négatif s’explique par une perte sensible d’adhérents (39 adhérents en moins par rapport à l’année 2017), par la baisse de 1 900 euros de la subvention du Département. à noter aussi que la valeur du stock d’ouvrages (pôle édition) en attente d’être vendus n’a pas été prise en compte.

Les rapports moral et financier, soumis aux votes, ont été approuvés à l'unanimité.


Lors de l'Assemblée générale a eu lieu le vote des adhérents en vue du renouvellement du Conseil d'administration pour une durée de trois ans.

Votants : 237 ; votes par pouvoir : 215

Liste des 19 membres élus : H. Barrouquère, J.-P. Brèthes, B. Cahuzac, R. Clertan, H. Delpont, G. Espinosa, J.-J. Fénié, M. Figeac, G. Granereau, L. Grihon, V. Guichenuy, M. Jogan, M.-T. Labertit, A. Lafourcade, J.-P. Lagardère, abbé J.-P. Laulom, C. Lesclaux, M. Pendanx, J.-J. Taillentou.

L’élection du Bureau est prévue à une date ultérieure non fixée.


À l’issue de l’Assemblée générale, une conférence était donnée par Yan Cozian, professeur de cornemuse au Conservatoire de musique des Landes, sur « L'incroyable histoire de la cornemuse landaise ». Le conférencier, auteur de nombreux ouvrages ayant contribué au renouveau de la boha landaise, nous a fait partager sa passion pour cet instrument de musique à vent qu'il affectionne depuis son enfance.

En excellent pédagogue, il a expliqué les spécificités de l’instrument à double tuyaux mélodiques et anche simple qui trouva sa notoriété à la fin du XIXe siècle grâce aux œuvres de Félix Arnaudin et qui, à partir des années 1970, a suscité un regain d'intérêt non sans susciter un débat sur son identité et son origine officielle. La boha est aujourd'hui la première cornemuse à être inscrite au Patrimoine immatériel de la France. Seule fausse note que ne manque pas de déplorer le conférencier, ladite reconnaissance a été faite sous l'appellation « cornemuse de Gascogne », et non celle « des Landes de Gascogne ».

Au-delà de la problématique sur la propriété du patrimoine immatériel, l'essentiel, pour le bohaire confirmé, reste de continuer à faire vivre un instrument qui offre une sonorité rythmique d'une incroyable richesse. Après avoir écouté les tonalités vibrantes du musicien passionné, chacun était, en tout cas, bien persuadé qu'entre sauvegarde du patrimoine, mémoire de la tradition orale et défense de la langue gasconne, la cornemuse doit rester un « patrimoine vivant de nos Landes ».

En fin de matinée, place est faite à une séance de dédicaces et à la vente de nos publications sur les tables de presse.

Vers 12 h 30, la Grande Brasserie de l'Atrium accueillait près d'une centaine de convives pour le déjeuner, un moment toujours très apprécié.

L’après-midi était prévu un film documentaire sur le thème : « Histoire et cinéma : camp de Buglose, points de vue documentés sur une réalité enfouie des Landes de Gascogne », présenté par le cinéaste /documentariste Grégori Martin qui nous a aimablement communiqué la synthèse de sa présentation :    

« Mon travail autour du camp de prisonniers de Buglose, datant de la seconde guerre mondiale (1940-1948), est lié à mon désir lointain de raconter l'histoire des Landes de Gascogne sous le prisme et la voix de l'homme africain. Autour du thème Histoire et Cinéma lors de mon intervention pour la Société de Borda, j’ai donc décidé de présenter mon travail filmique à l’état de maquette afin de confronter mon point de vue cinématographique au public présent et à l’objectivité historique.

Le parti pris cinématographique voire poétique se révèle dans le film sous l’apparition de la tempête Klaus, comme élément cathartique d’une mémoire landaise oubliée, sorte de trouée dans le cours de l’Histoire linéaire, mettant à jour la re-écouverte du camp de Buglose en 2009. Au côté de l’association du camp créée en 2011, au travers des images du camp filmé dans le brouillard de cette mémoire landaise enfouie, le film veut questionner le territoire sur cet oubli majeur et faire un parallèle historique, certes osé, entre ces fantômes, sujets de la colonisation française, et les primitifs landais, eux aussi, mis au banc de la nation par l’imaginaire littéraire et scientifique de la fin XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle.

Que le sujet, sa forme et son contenu fassent débat, cela est certain. Cependant, il est clair que le souvenir de la quarantaine de camps, administrés par les Allemands durant la seconde guerre mondiale, au cœur de la forêt des Landes de Gascogne, s’est estompé avec le temps, pour un certain nombre de raisons, peut-être liées aux intérêts de l’industrie forestière, peut-être à l’obligation de devoir continuer à vivre sans se poser trop de questions, peut-être pour toutes autres raisons encore. Et parce que mon propos n’est nullement engagé dans une démarche passéiste ou réactionnaire, je souhaite par ce film rendre au territoire des Landes de Gascogne sa véritable identité d’espace ouvert aux autres, depuis les innombrables immigrés venus des trois siècles précédents, comme aujourd’hui Saber l’afghan, ce jeune homme « migrant » héritier à la fois des Landais d’antan - ces étrangers en leur territoire aux yeux des bienséants - et des prisonniers coloniaux de Buglose et d’ailleurs dans les Landes. « Le monde est dans les Landes » disait Bernard Manciet ».  


Journée du 13 janvier 2018 à Carcarès-Sainte-Croix, Foyer des jeunes, 9 h 30


Pour la première manifestation de l’année, une question a été posée : « La modernité met-elle les cultures rurales en péril ?». Tel a été le sujet développé tout au long de la Journée organisée à l’initiative de M. Philippe Dubourg, maire de Carcarès-Sainte-Croix et président des maires ruraux des Landes.


Avant les communications proprement dites, le très dynamique et chaleureux maire de Carcarès exprima devant un auditoire venu nombreux (environ 120 personnes) sa joie d’accueillir en sa commune la Société de Borda. Le but de la Journée d’études présidée par Jean-Jacques Taillentou était de proposer une réflexion sur la ruralité complétant la Table ronde de l’Assemblée générale 2017 autour des « identités landaises » essentiellement paysannes et de démontrer que le combat pour le rural, le patrimonial, le culturel, la démocratie de proximité doit rester d’actualité.

Dans la matinée, trois communications ont été présentées :

 

Philippe Dubourg, L’âme perdue des campagnes landaises

Pourquoi la question du territoire, c’est-à-dire de l’occupation équilibrée de tous les territoires, est-elle profondément historique ? Parce qu’elle est éminemment humaine, que tous les domaines de la vie et de la pensée humaines s’y rejoignent, les langues, l’ethnographie, l’histoire, la sociologie, la philosophie, la politique, soit globalement, l’anthropologie.

Pourquoi, conséquemment, les réformes ruralicides et liberticides qui bousculent nos territoires ont-elles été imposées en très peu de temps dans un dramatique silence assourdissant de nos démocraties ?

Nos identités conjuguées au pluriel sont pourtant concrètement et territorialement ancrées comme les expressions vitales de nos diversités culturelles, ce sont les richesses héritées de nos ancêtres qui sont consubstantielles à nos manières d’être. Or elles sont mises à mal par la rupture de civilisation que nous subissons.

En « sacrifiant les paysans », la ruralité en général, les communes, c’est-à-dire notre cadre d’existence depuis plus de deux siècles, c’est une grande partie de notre âme qui, en cinquante ans, a été progressivement jetée aux oubliettes dans un incroyable déni de vérité et de démocratie. Un système de liquidation du passé, des valeurs qu’il recélait, explique la perte de nos repères existentiels.

L’envahissement de la planète par la seule civilisation occidentale, la réification de l’être humain dans l’objet et l’argent, jusqu’à la déshumanisation, pose la question de l’avenir de notre Humanité.


Jean-Paul Lagardère, Que révèle la chasse aux « traditions cynégétiques » ?

La chasse a été et reste encore une composante majeure de la culture et de l’identité landaises. De toutes les régions de France, notre territoire landais est celui qui a conservé le plus de traditions cynégétiques comme les chasses à la matole de l’ortolan et des petits oiseaux, en passant par toutes les chasses au filet des alouettes, des tourterelles des bois, des palombes et des bécasses, pour finir par la chasse aux canards à la jument dans les Barthes de l’Adour, toutes ces techniques largement inspirées, pour la plupart, des pratiques romaines.

Cette diversité, qui étonne, est en partie liée à la multiplicité des espèces d’oiseaux qui migrent au-dessus de nos têtes, or chaque espèce impose son mode de capture mettant à contribution l’ingéniosité, l’adresse, la connaissance acquise d’une observation patiente et de la mémoire des Anciens.

Une autre caractéristique des chasses landaises se trouve dans leurs transmissions orales. Point d’ouvrages où aller chercher comment chasser telle ou telle espèce, tout a été transmis par le bouche à oreille, de père en fils et cela sur au moins deux millénaires ! Belle continuité dans un monde que nous voyons changer si vite.

Pourquoi la chasse a-t-elle pris autant d’importance dans notre région ? Parce que, durant des millénaires, vivre sur cette terre au sol peu fertile nécessitait pour s’y maintenir de faire appel aux ressources complémentaires qu’il pouvait offrir. Le gibier de passage a été très tôt une nourriture d’appoint recherchée et une source de petits revenus monnayables. Il faut aussi se souvenir qu’en 1910, le menu type du journalier landais était composé de pain, lait, soupe de légumes, graisse, porc salé à midi et omelette au lard le soir. La soupe de légumes et la ventrêche étaient l’ordinaire des résiniers avec les sardines salées. Une telle frugalité n’était pas tenable sans l’apport du gibier, à la fois sur la table, mais aussi dans l’offre d’un peu de loisir.

à partir de 1960, l’évolution socio-économique de la France va s’accélérer et imposer une culture urbaine dans laquelle le monde rural ne se reconnaît pas. Face à cette évolution inexorable, il tente désespérément de garder ses traditions. Malgré sa résistance, il s’en voit peu à peu dépouillé par la dominance d’un mode de pensée unique, souvent méprisant et hautain. Et c’est ainsi que disparaissent les « cultures minuscules », pourtant sources de découvertes, d’échanges et de partages pour tous ceux qui prennent le temps de les côtoyer et de les interroger.


Pierre Bitoun, Pourquoi les sociétés modernes sacrifient-elles les paysans ?

Qui est responsable de ce processus qui semble irréversible ? Depuis des décennies, en France comme ailleurs, le productivisme s’est étendu à l’ensemble des activités humaines. Avec pour conséquences : déracinement et marchandisation, exploitation du travail et des ressources naturelles, artificialisation et numérisation de la vie. L’époque est aujourd’hui aux fermes-usines et aux usines que l’on ferme ou délocalise, tandis que dominent, partout, finance et technoscience. Le sacrifice des paysans est l’un des éléments du processus global de transformation sociale dont il faut, au préalable, comprendre les causes. Le projet productiviste s’est déployé dans un mouvement historique au cours des 70 dernières années, des « Trente Glorieuses aux Quarante Honteuses ». Un long travail « d’ensauvagement des paysans » a mené à la destruction des sociétés paysannes et des cultures rurales. De ce véritable ethnocide qui a empêché l’alternative au capitalisme dont une partie des paysans était porteuse, nous n’avons pas fini, tous, de payer le prix.       

Grâce à l’extrême diligence de M. Philippe Dubourg et à l’active participation de l’association Vision cultures, de nombreuses tablées ont été rapidement mises en place dans la salle même des conférences pour un très convivial déjeuner avant les trois autres communications de l’après-midi.


Jean-Jacques Fénié, Langue et espace rural

Lié évidemment à l’espace rural, le gascon a évolué dans ses usages. Menacé et insuffisamment valorisé malgré les efforts de certains, il représente un patrimoine, immatériel sans doute mais pourtant bien réel. Il est porteur de valeurs et peut s’inscrire dans une dynamique culturelle et économique. Comment le faire vivre ?


Jean-Pierre Brèthes, Les travaux et les gens d’une ferme de Chalosse dans les années 1950

Avant l’arrivée des tracteurs, de l’agriculture industrielle et de la course au rendement, une petite métairie chalossaise de moins de neuf hectares, à peine sortie du métayage, abrite et nourrit quatre générations au milieu des années 1950.

Un reportage photographique permet de présenter le clan (lou tinèu) dans sa vie quotidienne. Son cadre de vie, corps de ferme et champs (l’eyriau e lous cams), se compose de bâtiments de forme et d’orientation identiques dans toute la contrée, ainsi que de champs qui portent partout en Chalosse les mêmes cultures, avec une particularité dans ce cas précis.

Accompagnant et rythmant parfois la vie de chaque jour, les nombreux animaux, oies, volaille, vaches et boeufs (aouques, pourrailhe, baques e bouèus) peuplent la ferme selon une hiérarchie séculaire au sommet de laquelle règnent les bêtes d’attelage. Au fil des saisons, elles sont à la peine avec les hommes pour labourer, semer, vendanger, moissonner (bouya, samia, brougna, amassa), moments de durs labeurs mais aussi d’entraide (ayudère).


Philippe Dubourg, La civilisation traditionnelle avant 1914 : aperçu ethnographique

Le regard ethnographique fait sens : pour se prémunir contre tous les travers de notre époque, le recul anthropologique, humaniste est thérapeutique… Plutôt que les œillères de l’autosatisfaction moderniste, un regard comparatiste à la recherche des liens aussi bien négatifs que positifs qui nous relient à notre passé permet de retrouver quelques repères, de renouer avec nos valeurs… On a souvent loué les traits positifs des sociétés paysannes traditionnelles : le sens de la famille, de l’enfant, du voisinage, de la solidarité, de l’animal, la résistance à la dureté de la vie, la transmission mémorielle…

Le modèle de société uniformisée en train de coloniser la planète entière est l’aboutissement du processus devenu inconscient de l’extinction de toutes les sociétés différentes de notre modernité occidentale : comme s’il n’y avait qu’un modèle de société possible pour l’avenir ! Cette éradication de toutes les différences est bien peu humaniste ! L’humanité n’en récolte-t-elle pas un triste appauvrissement anthropologique ?

à contre-courant de notre anthropocentrisme, de notre ethnocentrisme occidental, un village est anthropologique dans la variété et la diversité sociales et humaines qui le caractérisent…L’expérience d’un maire rural sensible à l’incommensurable richesse sociale et humaine de sa commune pourrait montrer que la saturation de biens matériels d’un côté, fait perdre, de l’autre, nombre de richesses humaines ou démocratiques.

L’essai Ainsi fait-on mourir un monde se place dans la filiation de Lévi-Strauss : « L’humanité s’installe dans la monoculture; elle s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat ».  L’homogénéisation du monde en cours est fantasmatiquement considérée comme le seul cadre d’un riche avenir pour les sociétés.

Au nom de la diversité culturelle, Amin Maalouf écrit : « Pour l’universalité des valeurs, il est impératif de lutter contre l’uniformisation appauvrissante, contre l’hégémonie idéologique ou politique ou économique ou médiatique, contre l’unanimisme bêtifiant… Chacun d’entre nous devrait être encouragé à assumer sa propre diversité, à concevoir son identité comme étant la somme de ses diverses appartenances, au lieu de la confondre avec une seule... ».

Faire société c’est accepter la différence, le vivre-ensemble, ce n’est pas le vivre entre nous, dans un entre-soi stérilisant, entre gens identiques…

Pour l’anthropologie, il y a peu de différences entre la pensée scientifique et la pensée archaïque. Les sociétés traditionnelles avaient leur cohérence anthropologique ; quelle est celle de nos sociétés post-modernes qui pensent incarner la perfection ?

Dès lors, le sens perdu d’un mode clos, plein, profondément humain, la poésie des choses de la vie, deviennent une contre-utopie écologique nécessaire, un bol d’air vital pour nos sociétés occidentales aseptisées, anonymes, froides.

Quel sens peut-on sauvegarder du local villageois inhérent à la ruralité, dans un monde de plus en plus matérialiste, qui a fait trop souvent le deuil des forces de l’âme collective, de l’esprit ? En effet, le village constituait une totalité anthropologique ; il renvoyait à un univers profondément humain, fait d’interconnaissance, de solidarités surplombant les divergences de toute société humaine. C’était une société pleine et entière, « chaude », l’incarnation d’un vouloir-vivre collectif ayant trouvé dans son espace territorial un art de vivre, gagné au prix de beaucoup d’efforts, un espace connu et aimé dans toutes ses dimensions. Les efforts déployés depuis des générations mettaient la communauté rurale en rapport avec la longue mémoire du lieu, le passé historique. Ainsi le territoire était « habité » corps et âme, avec amour : une identité symbolique et réelle conférait à ce vivre ensemble une teneur de nature métaphysique. On était plus ou moins contraint de s’identifier à ce vivre ensemble…Les anthropologues ont étudié avec respect les mythes, les dieux, les croyances qui donnaient une existence à cette incarnation d’un esprit collectif dans un lieu donné.

On peut  s’appuyer sur le passé sans nostalgie. Si le progrès a apporté d’indéniables bienfaits, il provoque aussi une table rase des aspects positifs des sociétés traditionnelles et des « invariants » anthropologiques de toute société. Le finement humain n’est pas souvent pris en charge dans la précipitation d’aller de l’avant, à marche forcée s’il le faut, de tout discours politique et économique... L’évolution des sociétés humaines en devient tragique. Déjà Rousseau écrivait qu’« Il n’y a point de vrai progrès de raison dans l’espèce humaine parce que tout ce qu’on gagne d’un côté, on le perd de l’autre ».

L’ethnographie permet de faire l’expérience de l’empathie universelle. Les modernes ne doivent pas se sentir supérieurs et méprisants à l’égard de nos ancêtres, mais voir en eux des frères dans le dur exercice de la vie. En tout cas, la rencontre ethnographique m’a fait apprécier les témoins que j’ai interrogés. C’est l’hommage que je leur dois.




Comptes rendus des réunions 2016

Comptes rendus des réunions 2014 et 2015

Comptes rendus des réunions 2019

Séance du 14 décembre 2019 à Dax, Maison de la Barthe, 14 h 30

La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d‘environ 60 personnes.

Linda Fascianella, Naissance et vie d’un quartier dacquois du XXe siècle : le Gond

En 1930, Eugène Milliès-Lacroix annonce aux aubergistes-épiciers du Gond, Auguste et Marilys Lapique : « Je viens vous apporter la fortune » (1). Deux ans plus tard, les 15 pavillons de la cité du Gond et les 20 premières villas du Village des Pins sont achevés, réalisant ainsi la prédiction du maire de Dax. Le présent article dresse un portrait historique du quartier du Gond, à travers son patrimoine bâti, industriel mais aussi immatériel créé et recréé par la municipalité et surtout par ses habitants. Les recherches proviennent de documents d’archives publiques et privées, pour la plupart inédits, et d’entretiens réalisés auprès d’anciens habitants du quartier. Les citations en italiques sont extraites de ces entretiens et les initiales renvoient aux personnes remerciées en fin d’article.

Gilles Kerlorc’h, Les barthes de l’Adour

Milieu naturel des bords de l’Adour, les barthes sont intimement liées à l’histoire humaine. L’homme a aménagé cet espace pour à la fois tenter de le stabiliser face à la menace des crues et en accroître la superficie agricole. Aujourd’hui, les barthes demeurent un espace de toutes les attentions où une faune et une flore particulière s’y développe. Associations et collectivités se sont réunies pour protéger et valoriser ce milieu toujours aussi fragile.



Séance du 23 novembre 2019 à Dax, Maison de la Barthe, 14 h 30


La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou à la Maison de la Barthe où la Société de Borda a été accueillie par M. Bernard Latour. Un public de soixante personnes était présent pour entendre les intervenants de l’après-midi.


Maude Puech, Des lycéens à la rencontre de la culture et du patrimoine gascons avec Oc télé

Depuis septembre 2016, le Rectorat de l’Académie de Bordeaux ainsi que des partenaires (Cirdòc/Inòc) ont mis en place une action d’ Éducation Artistique et Culturelle (E.A.C.) : « vivre la culture occitane ». Le Patrimoine Culturel Matériel et Immatériel n’est pas figé mais évolue constamment, ce qui fait sa vitalité et son sens dans la société contemporaine. C’est particulièrement le cas dans le champ culturel occitan qui compte aujourd’hui une multitude de pratiques et de savoir-faire, d’événements festifs et rituels, et présente un dynamisme remarquable tant aux plans artistique, artisanal, sportif sans compter les connaissances liées à la nature, à l’univers… L’expérience sensible consistant à porter un regard extraordinaire sur des pratiques vivantes « ordinaires » amène l’élève, de par la connaissance de l’histoire d’une pratique qui perdure et de ses transformations, à la compréhension des processus de transmission (inter- et trans-générationnelle,  formelle et informelle). En prenant conscience qu’il est lui-même porteur et acteur de patrimoine, l’élève peut se réapproprier les pratiques vivantes découvertes et entrer dans un processus de recréation. Les élèves de l’option occitan du lycée de Borda exposent plusieurs projets menés dans le cadre de cette action E.A.C., notamment avec l’aide d’Oc télé.


Olivier Cazabat, Sorde « la pèlerine ». Les multiples visages des pèlerins de Sorde

En matière de pèlerinage, l’abbaye Saint-Jean de Sorde est connue pour celui de Compostelle et sa place dans le « Guide du pèlerin ». En fait, c’est au cœur d’un véritable maillage de pèlerinages qu’elle se positionne et dont elle est l’un des épicentres. À son apogée, l’abbaye, qui dispose de plus de 80 reliques parmi les plus prestigieuses, va en effet drainer à elle élites nationales (Louis XI), régionales et catégories populaires. Fait original, que tendra à démontrer l’étude, ce pèlerinage local de premier plan est la résultante de deux facteurs : la progressive difficulté de traversée du Pays d’Orthe entraînant de facto la réduction de la venue de pèlerins extérieurs, et la forte concurrence d’abbayes environnantes. Conséquence de cela, l’abbaye réagit par le développement d’un point d’ancrage dévotionnel local axé sur un microcosme spirituel constitué par l’éventail de ses reliques, afin d’attirer et fidéliser toujours un peu plus les populations voisines. Outre ces pèlerins locaux venant pour Sorde, d’autres sont de passage vers d’autres sanctuaires ou lieux de pèlerinage : régional (Dax), national (le Dauphiné), transnational (Compostelle et Jérusalem).

Bernard Sournia, Le château des évêques de Dax à Saint-Pandelon

Le château des évêques de Dax à Saint-Pandelon résulte, en son état présent, d’une succession de campagnes échelonnées du début du XIVe siècle à la fin de l’Ancien-Régime. Les interventions les plus récentes englobent et/ou phagocytent les parties les plus anciennes. Grâce aux travaux de restauration naguère effectués par les derniers propriétaires du château, Jacques et Françoise Subes, travaux menés avec le plus vif souci de la rigueur archéologique, il est devenu possible de démêler l’écheveau complexe des divers chantiers successifs, depuis les premiers ouvrages de l’évêque Arnaud-Gassie de Caupenne, vers 1307, à la modernisation de l’ensemble par Monseigneur Lequien de la Neufville à partir de 1772.


Séance du 12 octobre 2019 à Pujo-Le-Plan, salle des fêtes, 14 heures

L’idée de cette réunion a été la commémoration des évêques d’Aire ayant résidé pendant environ cent ans, entre 1050 et 1150 au Plan où était située leur     « maison de campagne » jusqu’au XVIIIe siècle. La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou devant un public d’une centaine de personnes. Cette évocation patrimoniale a été l’occasion d’une cérémonie officielle en présence de Mgr Nicolas Souchu, évêque d’Aire et de Dax, et de M. Daniel Ducam, maire de Pujo-Le-Plan.  


Sébastien Cabes, L’établissement rural antique de Pujo-Le-Plan : les indices d’un habitat aristocratique de Novempopulanie

Plusieurs découvertes archéologiques ont été signalées sur la commune de Pujo-le-Plan dès le XIXe siècle. Ce n’est qu’en 1984 qu’un sondage a été entrepris et a permis d’entrevoir quelques structures d’époque gallo-romaine ainsi que des tombes médiévales. La richesse des éléments exhumés (mosaïques, enduits peints, marbres,…) ne laissent cependant pas de doute quant à la nature de cet établissement rural. Il s’agirait bien d’une uilla aquitano-romaine dont seule une phase du Ve siècle a été relevée.


Abbé Jean-Pierre Laulom, Évêques d’Aire, puis du Marsan ou du Plan ?

Dans le diocèse d’Aire, comme dans tous ceux de notre région (Acqs, Lescar, Oloron) il y a un vide de trois cents ans dans les épiscopologes du VIIIe au XIe siècle. C’est une époque d’invasions successives et fréquentes, de destructions, de désolation. Aucun document, aucune attestation ne nous sont parvenus sur la vie religieuse dans cette période. Vers 1050, lorsque commencent la réorganisation et reconstruction du diocèse, l’évêque d’Aire ne peut plus résider dans sa ville épiscopale ruinée et dévastée. Alors, pendant environ cent ans, il s’intitule « évêque du Marsan » et réside au village du Plan. Revenus à Aire au XIIe siècle, les évêques suivants garderont le « château » du Plan, comme maison de campagne. Elle connaîtra diverses péripéties, sera très endommagée par les protestants béarnais en 1569 et finalement détruite en 1759.


Gilberte Pandard, La halle aux grains d’Aire-sur-l’Adour

La nécessité et l’usage d’une halle à Aire-sur-l’Adour sont anciens, mais le lieu et l’édifice ont varié. De ce passé lié au commerce agricole demeure la « halle aux grains », monument emblématique de la ville. Construite par l’architecte Faullain de Banville, inaugurée en 1864, cette halle à deux niveaux permettra le négoce et le stockage du blé et des haricots plus particulièrement. Le déclin de cette activité au début du XXe siècle conduira, à partir de 1932, à la transformation du lieu en salle de spectacles et cinéma, jusqu’en 1966. L’édifice (inscrit au titre des monuments historiques le 29 octobre 1975) sera restauré de 1992 à 1995 puis de 2011 à 2012. Bel exemple de l’architecture du XIXe siècle, c’est aujourd’hui un espace ouvert pour des animations.

Après les conférences, une plaque souvenir a été dévoilée à l’entrée de l’église Saint-Jean-Baptiste du Plan.

Un vin d’honneur, offert par la municipalité, clôturait la très conviviale et instructive réunion.



Journées européennes du Patrimoine des 20, 21, 22 septembre, à Dax

La Société de Borda a largement ouvert ses portes à cette occasion. D’année  en année, on constate que les visiteurs se font de plus en plus nombreux. Ce sont plus de deux cents personnes, venues de tous horizons géographiques, culturels, sociaux qui ont été accueillies durant les trois après-midi d’ouverture. Lors de ces riches et intenses moments de découverte et de convivialité, nombreuses ont été les questions posées par les visiteurs tous vivement intéressés et curieux de découvrir l’histoire, le fonctionnement de la Société, son rôle culturel au sein du département. À la fin de leur visite, tous étaient heureux et séduits par l’atmosphère du lieu qui respire le travail et rappelle la mémoire de ceux qui ont œuvré, au sein de la Société, depuis tant de décennies...

Merci à notre fidèle conseiller Jean-Paul Lagardère, à Edwige et René Piccolo, à Marie Cazenave, nos dévoués bénévoles, qui, une fois encore, nous ont apporté leur concours pour toujours mieux accueillir et satisfaire le public.   



Journées européennes du Patrimoine : 20 et 21 septembre 2019 à Mugron

La Société de Borda s'était associée à l'Association historique et culturelle du Pays de Mugron pour proposer des animations et visites lors de ces Journées. Deux après-midi ont été programmés, le vendredi à destination des lycéens de Mugron, le samedi pour tout public.

- 20 septembre : le lycée agricole de Mugron était notre partenaire. Trois groupes d'élèves (soit une soixantaine) ont participé, deux classes de BTS1 et 2 D.A.T.R., et une de 1re (Services aux personnes). Ils étaient accompagnés par leurs professeurs, Sarah Boukaka, Hélène Hincelin et Nathalie Raymond. Trois thèmes principaux avaient été retenus : - visite du verger conservatoire de Peyranet : essences présentes, finalités du projet ; - visite de la chapelle sépulcrale au sein du cimetière : Mugron au début du XIXe siècle ; - le Pé de Peyran : une motte féodale et sa riche histoire au cours des siècles. Tous les parcours se firent à pied, en deux groupes se relayant et se croisant à mi-chemin. Le temps fut « très chaudement estival », et l'ombre souvent recherchée. Pierre Debats anima les sites du verger et de la chapelle, tous deux très proches du lycée. Pourtant, très peu d'élèves et étudiants connaissaient cette chapelle, et tous auront découvert un ensemble patrimonial fort original et chargé d'histoire. Pour le Pé de Peyran, c'était Bruno Cahuzac qui mena le circuit autour de la motte et de la porte dite de Corisande, même si l'on resta très chaste et discret sur les amours passionnées de « la belle » et de son Roi Henri. Les élèves furent initiés aux diverses couches géologiques affleurant dans ce secteur au long du parcours pédestre, à un aperçu botanique des végétations présentes, et à l'observation des paysages landais.

- 21 septembre : un groupe d'environ 25 personnes s'était donné rendez-vous au verger du Peyranet, et l'animation débuta par ce site. Les lecteurs de la Société pourront avantageusement se reporter à la Chronique récemment publiée (debats, 2019) pour plus d'informations. On parcourut tout le verger, avec des vignes dans sa partie haute, et des fruitiers sur les pentes vers le Nord. Certains croquèrent une pomme assurément issue d'une culture tout à fait naturelle et écologique… P. Debats et B. Salles évoquèrent l'historique du projet, sa mise en œuvre avec divers partenaires, et l'implication du lycée agricole proche. On parla aussi de poly-agriculture et d'essor économique ; les vignes traditionnelles, si abondantes et répandues aux XVIIIe et XIXe siècles, et qui firent souvent les beaux jours du port de Mugron et de ses négociants, ayant régressé au point de n'être plus que presque anecdotiques. Vers le bas, dans le petit vallon de Peyranet, des zones humides indiquent un écoulement d'eau et naguère existait là un lavoir souvent cité dans les écrits du XIXe siècle. Ensuite, on monta à la chapelle sépulcrale Saint-Michel du cimetière, dont l'histoire fut narrée par P. Debats. C'est le curé Jean-Baptiste Marsan († en 1828), longtemps inquiété et pourchassé par les révolutionnaires, qui (avec l'accord du maire, le baron Pierre Jean de Dieu d'Antin) lança une souscription pour la construction d'une chapelle sépulcrale ; la première pierre fut posée le 2 juillet 1813 (pierre encastrée dans le mur nord). Le pavement compte à l'heure actuelle 87 dalles funéraires, dont les dates s'échelonnent principalement de 1817 à 1920, avec de rares concessions postérieures. En 1828, l'abbé Marsan y fut inhumé, et son tombeau est un monument en soi, avec une belle colonne monolithe en marbre rose de Campan, mais hélas il menace ruine et sa restauration très prochaine est vivement espérée.


Le groupe remonta vers le bourg de Mugron, et une halte près de l'atelier (reconstitué) du maréchal-ferrant permit d'examiner les matériaux de construction des maisons (bordant les rues de la République et Vincent de Paul) ; les murs ont été très heureusement décapés de leur enduit, et montrent joliment une certaine variété de roches, dominées par les calcaires locaux jaunes, dits « pierre de Mugron », de l'Oligocène. D'autres matériaux sont aussi d'origine locale : quelques galets, des blocs de garluche (cuirasse ferrugineuse noir rougeâtre), d'autres calcaires gris à coraux branchus de Lourquen, ou blancs à nummulites de Nousse… On découvre ainsi les éléments exploités au moins depuis le XVIIIe siècle, dont datent plusieurs des façades examinées (intérêt en architecture historique et ressources naturelles). Puis on se rendit au Pé de Peyran, observant en bord de route d'épaisses couches de « sables fauves », formation fluviatile de la fin de l'ère Tertiaire, fortement enrichie en sels de fer, et qui recouvre la plupart des parties hautes des coteaux chalossais. Une visite détaillée du site féodal et de la porte Renaissance du Pé de Peyran fut effectuée et largement commentée, et on souligna les récentes réparations menées par la Société de Borda, propriétaire du domaine, tant au niveau du portail que de la grange proche. Les projets potentiels concernant ce beau site patrimonial furent exposés in situ, en espérant que s'instaure très bientôt une fructueuse collaboration avec de nombreux partenaires. En effet, ce site, unique pour tout le département, mérite d'être mieux connu, et nous incitons tous nos lecteurs à venir le découvrir, … sur les traces des seigneurs du Moyen Âge guettant les envahisseurs, puis des armées royales en action lors des guerres de Religion… Le groupe se rendit ensuite dans le vallon situé à l'Ouest, où existent encore des fronts de taille de la « pierre de Mugron », sur environ 8 m de puissance, et où l'on peut imaginer le travail d'extraction et la vie des mineurs ; ce fut une activité importante avec plus de 100 ouvriers à la fin du XIXe siècle. Puis on gagna le centre bourg pour des rafraîchissements et « le pot de l'amitié » au foyer sous le cinéma, bâtiment construit en 1882 tout en calcaire local. Enfin, les volontaires terminèrent cette riche journée par la visite des arènes de Condrette, à l'Est du village ; là, furent abordés le thème de l'architecture et des matériaux mis en œuvre, et celui des traditions chalossaises et des apports extérieurs. En conclusion, un après-midi bien rempli, et que d'aspects patrimoniaux, et fort variés, à Mugron !

Bruno Cahuzac


Séance-sortie du 7 septembre 2019 à Hagetmau, médiathèque

Un peu plus d’une cinquantaine de participants se sont retrouvés le matin à la médiathèque d’Hagetmau, accueillis avec un bon café préparé par le personnel du lieu. Dans la salle d’animation qui avait fait le plein, sont d’abord intervenus Jean-Pierre Lafférère, vice-président et responsable Culture de la Communauté de Communes Chalosse-Tursan (et maire de Philondenx), puis Camille di Michele, directrice de la médiathèque. Jean-Jacques Taillentou, président de la Société de Borda, a ensuite introduit la séance, détaillant notamment les dernières et nombreuses publications de la Société, qui permettent de garder en mémoire des pans patrimoniaux et pluridisciplinaires de la vie landaise.


Quatre communications étaient au programme de la matinée, avec une remarquable diversité des thèmes traités.

Bernard Bocquenet a d’abord présenté Un artilleur Landais dans la grande Guerre, à partir de son ouvrage récemment publié « Les carnets de route du maréchal des logis Jean Elien Balhadère. Éphémérides de cinq années de guerre 2 août 1914-20 janvier 1919 ».

Les cinq carnets de route du maréchal des logis Jean Elien Balhadère mobilisé le 2 août 1914 au 24e Régiment d’Artillerie de Campagne basé à La Rochelle sont le témoignage rare et exceptionnel d’un artilleur landais qui a combattu du 2 août 1914 au 11 novembre 1918 sur le front occidental, en Lorraine puis dans le secteur de Charleroi en Belgique, dans l’Aisne au Chemin des Dames, à Verdun dans la Meuse, dans la Somme, puis à nouveau au Chemin des Dames, en Champagne, en Argonne, avant de terminer la guerre dans la Somme. L’armistice signé, il reste en occupation en Alsace jusqu’au 20 janvier 1919, date de son retour à Vert. Le récit au jour le jour de Jean Elien Balhadère, chargé avec sa section d’approvisionner en obus les canons de 75, nous permet d’appréhender les principaux combats de la Grande Guerre et de mieux connaître la vie quotidienne d’un artilleur à l’arrière du front.

Parmi les très jolies photographies présentées, on peut extraire, communiquée par B. Bocquenet, celle des « guitounes » où « résidaient » les soldats landais.

Gabrielle Taulade, Les diverses activités de l’atelier gascon de l’Amicale Laïque d’Hagetmau

Les points suivants ont été développés et illustrés :

- comment pratique-t-on le gascon à l’Amicale Laïque

- initiation des enfants à la langue lors de récréations gasconnes

- partenariat médiathèque / atelier de gascon

- partenariat avec des écoles

- rencontre de groupes voisins : Amou, Doazit

- partage d’animations « gascon », danses, chants avec les groupes voisins et d’autres ateliers de l’Amicale

- présentation de contes animés, piécettes de théâtre lors de fêtes de l’Amicale et dans le cadre du partenariat avec la médiathèque.

Christian Marsan, Les éditions de La Crypte ; la poésie, « moins les murs »

En 1984, Jean Lalaude, homme de passion et de culture, décida avec Pierre Seghers (poète et éditeur), Marcel Saint-Martin (peintre et poète) et Marie-Louise Haumont (romancière, prix Femina) de créer à Hagetmau un prix de poésie qui consacrerait le premier recueil d’un jeune poète de moins de trente ans. Ainsi naquit autour d’une table le prix de La Crypte qui continue depuis de publier et de faire connaître de nouveaux poètes au plus grand nombre. Mettant ses pas dans ceux qui en avaient initié l’esprit, une nouvelle équipe réunie autour de Christian Marsan décida en 2012 de donner une nouvelle impulsion aux éditions qui publient aujourd’hui 10 livres par an et qui se déclinent en quatre collections :

• Jean Lalaude : premiers textes, dont le prix de La Crypte qui consacre un jeune poète de moins de trente ans jamais publié.

• (le pays qui grandit) : d’hier à aujourd’hui, des poèmes qui ouvrent, bouleversent ou questionnent. Pour qu’il y ait rencontre.

• Moins les murs : collection bilingue pour lire, voir et entendre le poème en français et dans sa langue d’origine.

• Dans le blanc des mots : à la croisée entre le discours universitaire et poétique, court essai qui met en avant la singularité d’un cheminement de pensée dans un dialogue sensible, un exercice de poésie-à-poésie.

Aujourd’hui sollicitées à travers tout le pays, les éditions ont créé le festival Moins les murs qui accueille des écrivains et des artistes de tous bords pendant 3 jours à Hagetmau et sont aussi très engagés dans l’éducation artistique et culturelle.

Michel Marsan (avec Daniel Dufau), Enquête sur le château d’Hagetmau

Des recherches approfondies sur l’histoire et l’ancienneté du château d’Hagetmau ont été menées récemment. Documents, archives, témoignages… permettent de présenter le territoire de la baronnie d’Hagetmau, et de retracer l’histoire des familles qui ont habité le château, depuis Clarmonde de Marsan, baronne d’Hagetmau (au XIIIe siècle). Lui ont succédé la famille de Lescun, puis Arnaud de Gabaston, la famille de Foix, celle d’Aydie, et enfin la famille de Cauna (Corisande d’Andoins, favorite attitrée d’Henri de Navarre, et les ducs de Gramont). La généalogie des barons d’Hagetmau a été établie jusqu’aux périodes plus récentes et à la parenté avec les princes de Monaco. Le château fut inoccupé après 1620, puis peu à peu détruit au XVIIIe siècle et plus tard. Des plans d’avant 1820 montrent encore « le chemin du château à la chapelle » [Saint Roch], ainsi que la Halle aux draps. Divers vestiges ont pu être retrouvés en ville (balustres, escalier…), que le circuit de visite de l’après-midi va nous faire découvrir.

Un repas convivial pris en commun au restaurant du Conte acheva la matinée, et permit de prendre quelques forces pour la promenade pédestre.

L’après-midi fut consacré à une visite historique du vieil Hagetmau, sous la houlette experte de Michel Marsan et de l’Amicale Laïque. Le circuit descendit notamment la rue Gramont. On s’arrêta au voisinage de la fontaine du chêne vert, près de laquelle B. Cahuzac fit voir de gros blocs de « Grès de Coudures », déposés par la municipalité. Il s’agit d’une roche très dure jadis exploitée comme pavés, et datant de l’Éocène inférieur (50 millions d’années), à l’origine sables fluviatiles du sud de l’anticlinal d’Audignon, par la suite cimentés et indurés.

Descendant la rue Gramont vers le sud, on s’arrêta au niveau de la maison Saint Christau (inoccupée actuellement) en face de l’église : des balustres du XVIe siècle, des fenêtres à meneaux et une belle porte cloutée en bois proviennent de l’ancien château, avec à l’intérieur un escalier monumental en bois.

Tout au long de la rue, on nota divers matériaux de construction d’origine régionale, comme les calcaires marins à grandes nummulites de l’Éocène chalossais, les calcaires marneux gris friables de Sainte-Colombe, des plaques brunes/lie-de-vin de grès ferrugineux micacés de La Rhune, des pierres du Crétacé de Bidache… Plus bas, la maison de Michel Marsan montre aussi des balustres à l’extérieur, et on put gravir le bel escalier en bois massif, vestige du château ; d’aucuns furent émus de toucher, 500 ans après, la rampe parcourue par les mains de Corisande et de son Roi Henri… De temps en temps, la rue est recoupée par d’étroites et pittoresques voies perpendiculaires, les « canères », avec œil-de-bœuf et cave à arceaux encadrés de pierre, témoins de l’architecture et de la voirie à la Renaissance. Place du Bois et Halle aux draps (jusqu’à 200 tisserands furent recensés) complètent les souvenirs de jadis.

Le circuit se continue par la rue d’Albret, puis celle du docteur Larquier, avec arrêt devant une belle et ancienne demeure au toit de style béarnais, et au jardin« très (trop) exubérant »… On se dirige vers l’église (enfin libérée d’un mariage célébré un peu plus tôt), en passant sur l’emplacement du château, sans vestige ici (quoique, chut, des souterrains existeraient encore dans les caves d’un établissement bancaire…). En bas de l’esplanade de l’église furent observées de belles dalles (formant marches et bordures) en Calcaire de Mugron à operculines, de l’Oligocène marin (28 millions d’années), ce qui confirme le rayonnement de ce beau matériau dans toute la région.


M. Marsan nous fit une visite détaillée de l’église Sainte Marie-Madeleine, bâtie en 1884, en grande partie en calcaire blanc du Turonien (Crétacé) d’Angoulême (avec arrivée des pierres par train à Mont-de-Marsan puis par chars à bœufs à Hagetmau). De style néo-gothique, le monument contient en particulier d’intéressants vitraux illustrant le passé de la ville, oeuvre de Dagrand, peintre verrier à Bordeaux.

La visite pour les volontaires se poursuit par l’exploration du quartier des cagots au SO de la ville. Une jolie fontaine, bien conservée, fut observée en sous-bois, dans un secteur ombragé retiré de la ville. La population des cagots fut importante à Hagetmau, avec des charpentiers, menuisiers, agriculteurs. Corisande, comtesse de Guiche, passa avec eux en 1601 une convention pour aménager la couverture du château de Bidache. Ainsi s’achève notre périple historique, à l’issue d’une journée dense et riche ayant bénéficié d’une météorologie très agréable…

Bruno Cahuzac


6 juillet 2019 à Bascons

 70e anniversaire de la mort de Cel Le Gaucher et centenaire

de la fin de la Grande Guerre et du retour des régiments landais


Le 6 juillet 2019, le village de Bascons, riche de trois monuments historiques, a organisé la dernière commémoration du Centenaire : la paix le 28 juin 1919 et le retour des régiments landais le 29 juillet 1919.  En outre, c’était la commémoration du 70e anniversaire de la mort, le 17 juillet 1949, de Cel Le Gaucher dont, la veille, l’École de Bascons a pris le nom.

Dans la magnifique salle de conférence, une riche exposition évoquait la figure de cet artiste exceptionnel. À cette occasion a été présenté le livre Le Centenaire de la Grande Guerre dans les Landes (531 pages dont vingt-neuf contributions officielles et associatives).

Claude Lespes, Cel Le Gaucher et Bascons

La communication aborde les points suivants : - l’idylle entretenue entre Cel Le Gaucher et la commune de Bascons, ses origines et ses conséquences ; - Bascons : exposition permanente et à ciel ouvert des réalisations sculpturales de l’artiste ; - la description, de façon sommaire, de l’histoire des personnages ayant inspiré son œuvre et la présentation de celles, nombreuses, disséminées au sein de notre bourg avec, notamment, le propre buste de Cel auto-sculpté par l’artiste, le Monument aux Morts, classé monument historique, les différents bas-reliefs, statues ou médaillons (saint Amand, saint Vincent de Paul, l’abbé Bordes, sainte Bernadette, Jean de Lahourtique, docteurs Dupouy et Lataste…).

Jean-Luc Sanchez, Cel Le Gaucher et la course landaise

Cel Le Gaucher a manifestement porté un intérêt à la Course Landaise. Pour preuve, de nombreuses et diverses œuvres graphiques sur ce thème figurent dans une collection réunie au sein du Musée de la Course Landaise à Bascons. Des grandes figures des acteurs de l’époque y sont représentées (écarteurs, sauteurs et cordiers). On y trouve l’emblématique écart d’Henri Meunier choisi comme blason par la fédération de la Course Landaise. Cel Le Gaucher aimait aussi se livrer à des dessins beaucoup moins sérieux comme cet enfant écartant un escargot... Quelques bustes en pierres sculptées ou des moules en terre cuite complètent cette collection sur Cel et la Course Landaise...

Bernard Bocquenet, Cel Le Gaucher, illustrateur des Landes sportives

Marcel Canguilhem (1895-1949) artiste montois aux multiples talents, dessinateur, affichiste, publiciste, sculpteur mouleur, signait ses œuvres C.Cel avant la Grande Guerre. Le 15 septembre 1918, il perd son bras droit au Dobropolje en Serbie. Il signe désormais Cel Le Gaucher après rééducation de son bras gauche. Son œuvre de dessinateur est surtout connue par ses albums et gravures produits pendant la guerre de 14-18 avec pour thèmes de prédilection ses camarades et les officiers du 34e RI, du 284e RI et du 148e RI : Des traits Poilus (avril 1916) et Mon Dépôt (octobre 1916) ou encore Macédoine ... de légumes. Dans l’entre-deux guerres, il collabore à plusieurs journaux landais comme dessinateur.  Ses dessins pour La Course Landaise, journal fondé en 1905, imprimé chez Pindat, sont les plus connus.  Mais Cel a collaboré activement aux Landes Sportives, également imprimé chez Pindat, un hebdomadaire fondé en 1909 qui interrompt sa publication en 1914, avant de renaître de ses cendres en 1922 avec la collaboration du dessinateur montois. De 1922 à 1933, Cel produit pour ce journal sportif omnisports diffusé dans les Landes et les départements limitrophes six gravures sur bois sur le thème de ses débuts dans le sport, des séries de planches et de dessins humoristiques sur le football et la boxe et vingt-cinq caricatures de joueurs de football du Stade Montois, de sportifs et dirigeants landais les plus connus. Il faut ajouter à cette production une série de dessins publicitaires et des bandeaux humoristiques pour annoncer les comptes-rendus sportifs. Une partie de ses dessins sont des reprises de ceux publiés dans la revue du Club athlétique de la Société Générale (CASG) pour qui il travaille comme caissier après la guerre de 14-18.

Marie-Thérèse Castaing, Cel Le Gaucher et le monument Dobropolje

Le 15 septembre 1918, sur le front d’Orient macédonien, le caporal-fourrier Marcel Canguilhem perdait son bras droit lors de l’offensive décisive lancée par le général Franchet d’Esperey, commandant en chef des armées alliées d’Orient, dans le secteur du Dobropolje, au sud de la Macédoine. Celui qui signait ses dessins «  C.Cel » poursuivit néanmoins avec pugnacité sa carrière artistique, exécutant désormais ses œuvres de la main gauche et les signant « Cel Le Gaucher ». Le 15 septembre 1938, pour répondre au vœu de mémoire des Anciens Poilus d’Orient, fut apposée sur un rocher du Dobropolje une stèle en bronze moulée par Cel Le Gaucher. Une réplique en fut inaugurée aussi au cimetière de Mont-de-Marsan, en hommage « Aux Landais morts en orient et sur les terres lointaines ». Par la suite, la stèle du Dobropolje devait disparaître malheureusement, probablement durant la seconde guerre mondiale. Le 15 septembre 2018, à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre, et à l’initiative de l’Association Nationale pour le Souvenir des Dardanelles et Fronts d’Orient, une réplique de la stèle, exécutée à partir de la stèle du cimetière de Mont-de-Marsan, est apposée et inaugurée au Cimetière Militaire Français de Bitola, et un pèlerinage a lieu au Dobropolje, sur le lieu-même de la terrible et victorieuse bataille de 1918. Ainsi se trouve sauvegardé et prolongé le projet initial de mémoire des Poilus d’Orient, concrétisé et pérennisé par l’œuvre de Cel Le Gaucher. C’est aussi un juste hommage et une juste réparation rendue à notre artiste landais.

Jean-Pierre Brèthes, 1919, la paix et le retour des régiments landais

Au début de 1919, deux mois après l’armistice, la guerre n’est toujours pas terminée. Seuls les plus vieux, les territoriaux du 141e RIT, sont démobilisés. Tous les autres restent sous les armes et, au printemps, on envisage même un temps de reprendre le combat. L’Alsace et la Lorraine sont libérées. Nos régiments sont sur le Rhin et reçoivent les fourragères témoignant de leur bravoure et de leurs sacrifices : Médaille Militaire pour le 34e RI et Croix de Guerre pour le 234e. Enfin, le 28 juin, le traité de paix est signé à Versailles, pour le front ouest seulement. Le 14 juillet, le 34e RI participe à l’immense défilé de la Victoire à Paris et, du 27 au 29 juillet, les hommes, derrière les trois drapeaux, font leur retour solennel à Mont-de-Marsan, ce qui donne lieu à de grandioses cérémonies. La liesse populaire n’a plus la fraîcheur candide de celle de 1914, lors du départ ; le souvenir des milliers de morts et la présence des milliers de mutilés recouvrent d’un voile sombre cette étrange fête où un arc de triomphe est dressé à quelques dizaines de mètres d’un Monument aux Morts provisoire. La guerre tout juste achevée, le temps de la mémoire a déjà commencé.


À l’issue, à 18 heures, en présence de dizaines de drapeaux, a eu lieu, sous la présidence du préfet des Landes, l’inauguration officielle du Monument aux Morts, monument historique. En effet, conçu en 1942 et réalisé sous l’Occupation par Cel Le Gaucher, il n’avait jamais été inauguré.




Séance-sortie du 29 juin 2019 à Brocas-Les-Forges

Dans la maison du maître de forges (au bord de l’étang), la salle récemment inaugurée reçoit le groupe de cinquante personnes de la Société de Borda et d’autres participants, curieux du passé de Brocas-les-Forges ou des aspects scientifiques des paysages landais, venus ici pour communications et visites, sous un temps chaud, vraiment estival. L’accueil des participants se fait d’abord par Jean-Luc Blanc-Simon, maire de la commune. J.-P. Brèthes, puis J.-J. Taillentou, introduisent ensuite la séance, en rappelant les objectifs et projets de la Société de Borda, notamment le programme des séances mensuelles tenues aux quatre coins du département tout au long de l’année, pour évoquer des thèmes fortement teintés de pluridisciplinarité.


Le programme de la matinée était alléchant. Certes, la communication sur l’œuvre de l’architecte Léonce Léglise, si présente dans la commune, a dû être reportée, mais les autres sujets n’ont pas manqué d’intérêt. Les conférenciers présentent les exposés suivants :


Frédérique Chevarin, Les éphémères chantiers de jeunesse. Le détachement des Landes 1943-1944

En juin 1940, la convention d’armistice ayant supprimé le service militaire, le maréchal Pétain et le général Joseph de La Porte du Theil mettent en place, en zone libre, l’organisation des Chantiers de la Jeunesse française. À partir de 1943, la guerre prenant un tour nouveau, les Allemands font déplacer une dizaine de ces groupements vers la côte atlantique, dans les départements des Landes, de la Gironde et du Lot-et-Garonne, formant ainsi le Détachement forestier des Landes (DFL). Dans la zone landaise (Lussolle, Moustey, Pissos, Saugnac-et-Muret, Solférino ou Sore), ils furent ainsi 3 300 jeunes gens, mal nourris mais encadrés de façon militaire, employés à débiter des stères de pin ou à fabriquer du charbon de bois. Ces Chantiers, objets de nombreuses vicissitudes, ne survivront que quelques mois, avant d’aller grossir les rangs de la Résistance locale et de rejoindre les bataillons en formation, bataillon de Guyenne ou bataillon Nord-Landais. Par ailleurs, en avril 1944, la division SS Das Reich procéda à une grande rafle pour débusquer certains réfractaires au STO ou des « malgré-nous » déserteurs...

Jérôme Fouert-Pouret, Le mystère des Lagunes

Le terme de « lagune », utilisé localement pour désigner des mares naturelles séculaires, est ancré dans la culture landaise depuis longtemps, et il renvoie encore aujourd’hui à des notions bien précises et singulières. À l’échelle du triangle landais, le recensement des lagunes est un exercice fastidieux qui se poursuit encore aujourd’hui avec le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne et nombre d’autres partenaires. Les lagunes tiennent toujours leur part de mystère pour démêler les diverses hypothèses liées à leurs origines naturelles au Quaternaire, en lien avec l’hydrogéologie locale et l’histoire climatique des derniers millénaires. De nouveaux travaux en cours lient les Universités de Bordeaux et de Laval (Québec) et mettent en écho notre histoire locale et les évolutions récentes dans le Grand Nord boréal, bouleversées par le changement climatique en cours. Du Médoc à l’Adour, on en a dénombré environ 4 000 dans les années 1970 ; il en resterait 2 000 aujourd’hui, dont la moitié dans le vaste territoire du PNR. Appelées, entre autres dénominations gasconnes, « braus » ou « laguas », elles émaillent surtout les interfluves à pente nulle et ont des origines différentes : dépression au creux de certaines dunes fossiles, évolution d’un modelé karstique dans certaines zones où la roche-mère calcaire n’est pas très profonde (Sud Gironde par exemple) ou résultante du réchauffement (du moins celui qui eut lieu à la fin des épisodes glaciaires du Quaternaire).

Jean-Paul Larrue, L’histoire des Cercles de Gascogne

La fédération des Cercles de Gascogne, fondée en 1998, présidée initialement par Alain Crenca puis par Jean-Paul Larrue depuis 2012, réunit 25 cafés associatifs en avril 2014. Ces débits de boissons d’un genre particulier se trouvent dans le sud de la Gironde – en gros le Bazadais et les landes girondines – et dans la Haute-Lande … landaise.

[Pour mémoire, communication reportée] Vincent Matéos, Le patrimoine bâti de Brocas et l’œuvre de Léonce Léglise

Léonce Léglise est né le 28 septembre 1877 à Bordeaux. Il va manifester très tôt des dispositions qui lui permettent dès l’âge de quatorze ans de fréquenter l’école municipale des Beaux-Arts de Bordeaux, puis l’école des Beaux-Arts de Bordeaux qu’il fréquente jusqu’en 1997. Ses camarades de classe sont le peintre landais Alexis Lizal (1873-1915), le futur maître-verrier Charles Dagrant (1839-1911), Jean-Léon Delmas et l’architecte Louis Gomez (1876-1940). Léonce Léglise mettra son talent aux services de la ruralité et des autres à travers l’architecture et l’Habitat Bon Marché, ses réalisations sincères et authentiques témoignent de son intérêt pour l’Art Déco.

À l’issue de cette séance, on procéda à la projection du film « La Pomme de Pin », histoire des forges de Brocas (17 minutes) et du musée des forges, situé tout près de l’étang, film brillamment commenté de façon experte et complète par Jean-Jacques Fénié. Ce document bien réalisé, très récent puisqu’achevé mi-2019, montre de façon fort documentée ce pan de l’industrie landaise, qui fut importante pour la région concernée (voir chronique de J.-J. Fénié sur ce film dans le présent bulletin). Une preuve de la belle vitalité manifestée par les bénévoles qui font vivre le site, collectent et entretiennent une remarquable mémoire industrielle et sociale.


Le déjeuner fut pris au Café de la Place, au centre du village, avant d’entamer les visites de l’après-midi.


Avec un guide local (Quentin, étudiant en licence d’histoire), et en se subdivisant en deux sous-groupes, on parcourut en plein air le site des forges (et l’autre groupe alla d’abord au musée). Le premier établissement métallurgique fut installé ici au début des années 1830 par Dominique Larreillet (1771-1857), par ailleurs maître de forges à Ychoux et Pissos, qui fut aidé de ses fils Camille et Adolphe. Un haut-fourneau fut édifié, encore bien conservé de nos jours, et la première coulée de fonte eut lieu en 1833. Grâce au moulin neuf sur le ruisseau de l’Estrigon, l’énergie hydraulique (force motrice) était disponible et toute proche, sous forme de la chute d’eau du barrage. Le minerai de fer ou garluche abondait dans des gisements exploités à ciel ouvert ; sa teneur en fer était de l’ordre de 15 % [en 1834, il fallait près de 3 tonnes de minerai pour obtenir 1 tonne de fonte]. Et le charbon de bois provenait des forêts alentour, combustible renouvelable, voire inépuisable. Cette forge, typique de la « métallurgie au bois », fonctionna jusque vers 1904.

Ensuite, le groupe visita le beau musée des forges, au contenu riche et varié. Maïté Crouts-de-Paille, actuelle vice-présidente du musée, commenta avec enthousiasme et compétence cet exemple remarquable de valorisation du patrimoine, pour un site représentatif du « tourisme industriel ». Installé dans l’ancienne minoterie proche du haut-fourneau, le musée présente une exposition où sont rassemblées les différentes productions en fonte moulée des forges de Brocas. Celles-ci se reconnaissent notamment par leur marque de fabrique déposée, qui est une « pomme de pin », d’où le titre du film réalisé ici. Tout un outillage des ouvriers métallurgistes est conservé, assurant ainsi sa pérennité, le métal étant ailleurs sujet à oxydations et dégradations. Parmi les objets exposés, on note une originale collection de fers à repasser. La variété des pièces produites en fonte est considérable : des séries de pots, de coquelles, de casseroles, de chaudrons, de chaudières, de poêles, de fourneaux, de fours… Des chenets, plaques de foyer, essieux de charrette, poulies, enclumes, marteaux, roues, socles de charrue, grilles de soupiraux, bornes fontaines, montrent que les commandes concernaient tous les corps de métier et artisans de la région. Citons aussi les poids (de nombreux modèles et usages), les croix de tombes tumulaires, les balustres, des marteaux de porte, des frises à rosaces, des pincettes, des porte-cannes, ou … des décrottoirs avec cuvettes dits gratte-pieds. De nombreux documents écrits, photos, posters, panneaux, complètent la connaissance de l’histoire du site.

Voilà une journée bien remplie, dévoilant des aspects souvent méconnus de nos contrées landaises, et fort heureusement préservés et valorisés à Brocas !

Bruno Cahuzac




Séance du 11 mai 2019 à Amou, salle de l’Étoile, 14 h 30

Préparée de longue date en collaboration avec l’association des Amis d’Amou, la séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, devant un auditoire d‘une centaine de personnes.

Avant la présentation des trois communications, il revenait au Dr Jean-Jacques Darmaillacq, président des Amis d’Amou, d’accueillir le public et d’ouvrir la séance en gascon par la lecture du poème « Amou » d’Alexis Arette, que nous publions dans le bulletin du 2e trimestre 2019, p. 239.


Dominique Bop, Autour de l’orgue Dom Bedos de Saint-Sever, des familles de musiciens

Si l’histoire des orgues a depuis longtemps intéressé les érudits locaux, celle de leurs titulaires reste souvent dans l’ombre. À Saint-Sever, le centenaire du Cavaillé-Coll, inauguré le 9 octobre 1898, a provoqué l’étude fondamentale de Marie-Danièle Lafargue et Robert Chauvin qui valorise le rôle de l’organiste Ambroise Dupouy dans le choix du facteur. Un siècle auparavant, l’abbé Foix avait publié l’engagement de Jean Courtin par les moines mauristes en 1722. Nous essaierons de combler le fossé entre ces deux dates en suivant les musiciens qui ont occupé la tribune du Dom Bedos : ces noms se rattachent parfois à de véritables dynasties qui permettent de les sortir de leur isolement. Ce travail a bénéficié de l’enquête nationale Muséfrem menée à partir des dossiers des musiciens d’Église ayant présenté une demande de pension en 1790 et partiellement consultable en ligne.


Vincent Guichenuy, Simon-Justin Dabadie. Les aventures pastorales d’un prêtre landais entre deux siècles

À une époque où l’Église en France, sous le régime du Concordat, est traversée de tensions en particulier avec la Troisième République, la vie de Simon Justin Dabadie témoigne des circonstances parfois singulières de l’exercice du ministère pour un prêtre landais ordinaire à la charnière du XIXe et du XXe siècle.


Gonzague Espinosa-Dassonneville, Un notable ordinaire : le comte Louis Lamarque (1799-1850)

Il est toujours difficile d’être le « fils de » et d’avoir un destin similaire à celui de son illustre devancier. Les obstacles ne manquent pas. Les déceptions aussi. Orphelin de mère et avec un père toujours absent, Louis Lamarque arrive à l’âge adulte au moment de la chute du Premier Empire, brisant ses rêves de gloire militaire. Ombrageux, orgueilleux et caractériel, il est le désespoir de son père qui s’est toujours inquiété de son avenir. Étudiant en droit et peintre sous la Restauration, il s’épanouit réellement sous le régime de Juillet qui conforte et accroît sa stature de notable local respecté, la seule place, finalement, que l’histoire lui a permis d’occuper.


Un pot de l’amitié offert par les Amis d’Amou clôtura cette séance particulièrement réussie.



Séance du 13 avril 2019 à Castets, salle des fêtes, 14 h 30


La séance, organisée avec l’association Mémoire en Marensin, a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d‘environ 120 personnes.  

Suivies avec le plus vif intérêt par le public, les quatre communications présentées ont donné lieu à de nombreux et riches échanges.


Xavier Petitcol, La grève des résiniers à Lesperon en juin 1906 par un témoin oculaire

Lucien Candau (Granville 1879 – Lagarde 1914), jeune lieutenant de 27 ans au 34e Régiment d’Infanterie de Mont-de-Marsan, est envoyé avec sa section le 4 juin 1906, à Lesperon à 50 kms à l’ouest de Mont-de-Marsan, pour des opérations de maintien de l’ordre dans le cadre de la grève des résiniers. Il écrit tous les jours jusqu’au 9 juin, à sa jeune femme restée à Mont-de-Marsan avec ses deux enfants. Dans ces six lettres il décrit, non sans humour, l’ambiance et son emploi du temps. À ce titre, ces lettres constituent un témoignage qui peut être utile pour l’étude de l’histoire sociale des Landes.


Benjamin Caule, Un roi guerrier landais (il y a 2 200 ans)

Février 1914. La grande vague de froid, bien installée, paralyse le paysage landais. Pierre Eudoxe Dubalen, créateur et directeur du Museum des Sciences Naturelles de Mont-de-Marsan, déambule à travers la nécropole protohistorique de Vielle-Tursan. Vingt-quatre tertres funéraires s’élèvent ici et là autour de lui, enfermant en leur cœur d’imperceptibles trésors. Parmi ces tumuli, il en est un qui, plus que les autres, attire l’attention de l’érudit. Celui qui contient, au plus profond de lui, deux tombes exceptionnelles : celles d’un « roi » et d’une « reine ».


Jean-Jacques Taillentou, Le Marensin, au cœur des révoltes résinières du début du XXe siècle

Longtemps ignorées, oubliées ou occultées ces révoltes résinières marquèrent pourtant l’histoire sociale des Landes. Le pinhadar du Marensin en fut un de ces berceaux majeurs au cours des années 1906-1907. Seront évoqués cette « mémoire enfouie » qui colle à ce mouvement de révolte, ses causes immédiates, ses acteurs majeurs et enfin une chronologie rapide des événements.


Franck Lalanne-Gruey, La maison « des Anglais » à Castets

Résumé non parvenu.



Séance du 16 mars 2019 à Mont-de-Marsan,  salle Georges Brassens, 14 h 30


La séance a eu lieu sous la présidence de Jean-Jacques Taillentou, en présence d’environ 60 personnes.


Alain Lafourcade, Les arènes de Mont-de-Marsan

La tradition taurine locale, attestée depuis 1636, a besoin d’arènes pour s’exprimer tout au long des siècles. Ce sont des arènes démontables en bois qui accueillent les spectacles taurins au cœur des quartiers montois, avant que ne soient édifiées en dur en 1889, les arènes de Plumaçon.


Marie Pendanx, Félix Arnaudin, imagier et collecteur de la Grande Lande

En Aquitaine, sous l’impulsion du Second Empire, la Grande Lande désertique se recouvre de pins, une civilisation agro-pastorale se meurt lentement. Enfant du pays, Félix Arnaudin (1844-1921) entame alors un labeur infini : dans ses images photographiques comme dans ses phrases, dans ses enquêtes et ses études, il conserve et restitue le souvenir d’un monde d’avant la chute. Depuis « l’extrême horizon » de la lande désertique jusqu’à la prolifération des hectares de pins, ce chasseur de mémoire de la civilisation de la forêt nous confie son amour passionné pour un pays bientôt bouleversé par une modernité triomphante.


Jean-Pierre Brèthes, Le Monument du Centenaire conçu par Cel Le Gaucher

Marcel Canguilhem, né en 1895, jeune artiste qui signait C. Cel  rejoignit le 34e R.I. En 1914. Blessé une première fois à Douaumont en 1916, il guérit de sa première blessure mais, renvoyé sur le front d’Orient, il perdit définitivement son bras droit en 1918. De son unique bras, sous le nom de Cel Le Gaucher, il n’en continua pas moins une œuvre foisonnante de dessinateur et de sculpteur-mouleur. Peu avant sa mort en 1949, il conçut, en hommage aux hommes et femmes des régiments landais et de la Croix-Rouge dans les deux guerres mondiales, un monument dont il fit une maquette très précise. En 2006, son petit-fils, François Meyney, le donna au Musée du 34e R.I. En 2018, l’Amicale du 34e R.I. Organisa une souscription populaire et le monument de bronze, tel que l’avait voulu l’artiste, fut inauguré à la caserne Bosquet de Mont-de-Marsan le 10 novembre 2018.


Gilberte Pandard, Les évêques des Landes au XIXe siècle

Les deux diocèses d’Aire et de Dax ont été supprimés lors de la Révolution française. En 1791, l’application de la constitution civile du clergé de 1790 engendre la création d’un « diocèse des Landes » dans lequel est nommé l’évêque constitutionnel Jean-Pierre Saurine qui le reste jusqu’en 1801. Il faut attendre 1817 pour qu’un diocèse « d’Aire » soit restauré.

À partir de 1823, six évêques se succèdent durant le XIXe siècle dans le diocèse d’Aire (qui prend le nom de « diocèse d’Aire et de Dax » en 1856). Ils sont pasteurs, inspirateurs et acteurs du renouveau de la pratique chrétienne en France, éducateurs, mais aussi des bâtisseurs laissant un important patrimoine religieux dans les Landes.


Assemblée générale du 2 février 2019 à Dax, salle de l’Atrium

Devant l'assemblée qui avait pris place dès 9 heures 30 dans la salle de spectacle de l'Atrium mise à la disposition par la Ville de Dax, le président Jean-Jacques Taillentou remerciait tout d'abord la Ville  de Dax en la personne de Mme Valériane Alexandre, conseillère municipale déléguée à la culture, qui représentait Mme le maire Élisabeth Bonjean, excusée. De nombreuses autres personnalités - M. Xavier Fortinon, Président du conseil départemental, représentée par Mme Gloria Dorval ainsi que plusieurs conseillers départementaux et maires du département -, s'étaient aussi excusées, regrettant de ne pouvoir être parmi nous. Il insistait sur le fait que la Société fonctionne grâce au soutien des deux partenaires institutionnels : la Ville de Dax et le Département.  

Avant le rapport des activités 2018, Jean-Jacques Taillentou adressait aussi ses remerciements aux maires des communes (Carcarès-Sainte-Croix, Saint-Pierre-du-Mont, Onesse-Laharie, Orthez, Saint-Vincent-de-Paul, Capbreton, Moustey) qui ont accueilli la Société à l'occasion des réunions mensuelles décentralisées de l'année 2018 ainsi qu’à M. Bernard Latour, pour son accueil à la maison de la barthe, à Dax.

Les activités de la Société sont le fruit d’un travail collégial, celui des membres du bureau, des dix-neuf membres du conseil d'administration rajeuni par l’arrivée de nouveaux administrateurs, de Mme C. Courjaud, secrétaire salariée, Mme M. Labarchède (comptabilité), des deux imprimeurs de la Société : MM. Martin (imprimerie Barrouillet, Narrosse), Lafont (imprimerie ICN, Orthez), d’une équipe de bénévoles qui apportent leur concours dans l’une ou l’autre activité de la Société : J.-C. Merlet, J.-P. Bouissou, R. et E. Piccolo, M. Bordes, Mmes J. Baby, Schemmel, Cazenave, Fiscarrald, de tous ceux qui proposent spontanément leur aide dès qu'un besoin se fait sentir.

La Société maintient un lien étroit avec la FHSO (Fédération historique du Sud-Ouest), a des relations privilégiées avec les entités artistiques et culturelles du Département (musée municipal de Borda et autres musées landais, bibliothèque et archives municipales de Dax, Archives départementales des Landes, Comité départemental du tourisme, Parc Naturel régional des Landes de Gascogne, associations landaises d'histoire locale), ainsi qu'avec les partenaires locaux de la culture et de la communication : A. Gariel, directeur des politiques culturelles de Mont-Marsan, S. Airoldi, responsable des Rencontres à lire du Salon de Dax, l’agence Sud-Ouest.

Rapport moral présenté par le président (J.-J. Taillentou) et des membres du bureau (J.-P. Brèthes, B. Cahuzac, G. Granereau, M. Jogan)

Les réunions mensuelles

La Société s'est déplacée dans plusieurs communes, ce qui lui permet de confirmer son audience départementale, de faire connaître et de promouvoir le patrimoine landais en sa diversité. Près de trente communications adaptées, dans la mesure du possible, au choix des lieux, ont été proposées, reflétant la variété des sujets et des compétences.

Plusieurs temps forts ont marqué l'année 2018 :

- La journée du 13 janvier à Carcarès-Sainte-Croix, organisée en lien étroit avec son dynamique maire Philippe Dubourg sur le thème de la ruralité et des identités landaises.

- L'assemblée générale 2018, à l’Atrium, a connu, comme chaque année, un franc succès ; après le compte-rendu des activités, M. Y. Cozian donnait une conférence sur l’histoire de la cornemuse ; l’après-midi était projeté le film documentaire de Gregori Martin autour de l’histoire du camp de prisonniers de Buglose.

- La journée du 21 avril, à Onesse-Laharie, remettait à l’honneur plusieurs personnalités de la commune : le compositeur et musicien virtuose Claude Duboscq, la romancière Christine de Rivoyre, le félibre Sylvain Lacoste

- Organisée en partenariat avec l’association Histoire et patrimoine du pays d’Orthez, la journée du 19 mai à Orthez a permis de renouer avec le patrimoine historique de la cité béarnaise.  

Le 17 mars, rendez-vous était donné à Saint-Pierre-du-Mont ; le 16 juin, à Buglose, la Société était accueillie par l’association « Mémoire du camp des prisonniers de Buglose » présidée par Mme R. Daguinos.

Le 26 juillet 2018, une visite a été organisée à la motte féodale du Pé-de-Peyran (Mugron) pour la médiathèque d'Hagetmau (Communauté de communes Chalosse-Tursan). Mme de Caupenne d'Aspremont et quatre collègues ont été accueillies sur le site par G. Granereau et B. Cahuzac qui leur ont présenté les aspects historiques et naturalistes du lieu ; des projets communs d'animations ont été discutés : une conférence à la médiathèque (le 30 mars 2019, par B. Cahuzac sur l'anticlinal d'Audignon et sa série géologique), une journée de randonnée pédestre avec le groupe des trotte-sentiers du Tursan (fin juin 2019, sur Mugron et Nerbis), une participation conjointe aux Journées du Patrimoine en septembre, où la Société de Borda s'associera avec l'Association culturelle et historique du canton de Mugron, une séance de la Société de Borda à Hagetmau en septembre 2019.

Toutes les séances de fin d’année ont été suivies par un large public : le 29 septembre, à Capbreton ; le 20 octobre, à Dax ; le 17 novembre, à Moustey ; le 15 décembre, à Dax.

Le 16 septembre, lors des Journées du Patrimoine, à l’occasion de l’exposition du Musée de Borda « Les fossiles, naissance d’une science en paléontologie au XVIIIe siècle »,   B. Cahuzac présenta une conférence sur le « Dr Grateloup (1782-1861), naturaliste, précurseur de la paléontologie landaise ».

Le bulletin trimestriel

Entré en 2018 dans sa 143e année, le Bulletin reflète, grâce à sa périodicité trimestrielle, le travail et les activités de l'année. Les quatre numéros, soit 490 pages, ont proposé une belle diversité d’articles, tant par les époques que par les thèmes abordés.

- La première partie du bulletin (22 articles) a traité de sujets sur le Moyen Âge, l'histoire économique et sociale, l'histoire politique et religieuse, l'art et le patrimoine local, la littérature, le gascon, sans oublier les événements tragiques des deux dernières guerres. Trois monographies familiales très illustrées justifiant un nombre de pages plus important (40 pages) ont été aussi présentées.

- La deuxième partie, constituée par les « Chroniques », a permis de mettre en lumière des documents d’archives, de rendre compte des avancées scientifiques en divers domaines (mycologie, herpétologie, etc.), de présenter les actualités sur le Patrimoine landais, de publier les témoignages et souvenirs de nos Anciens. Une chronique a rendu hommage à M. Jacques Larquier, décédé à Paris en janvier 2017. Mécène passionné, ce Landais de Paris a su perpétuer son amour de la culture et des arts au-delà de sa vie en faisant bénéficier la Société d’un legs important. Toute notre reconnaissance va à ce généreux sociétaire dont nous conserverons fidèlement la mémoire.

Une rubrique bibliographique répertorie toutes les parutions de l'année sur les Landes (ouvrages, revues de sociétés historiques locales), celles offertes à la Société donnant lieu, autant que possible, à des recensions.

Une commission Bulletin se réunit désormais pour prévoir le sommaire de chaque bulletin trimestriel et effectuer les relectures et corrections nécessaires des textes. Une tâche lourde et exigeante. On ne saurait trop remercier les auteurs qui observent les recommandations figurant en troisième de couverture du bulletin, qui veillent à rédiger en un style clair et accessible à tous, qui donnent de bons clichés, si possible originaux, qui respectent les règles de ponctuation, d’orthographe, de typographie...

Le pôle édition

Il s'enrichit d’année en année. Il permet de mettre à disposition des lecteurs et chercheurs des livres qu'une maison d'édition traditionnelle ne prendrait pas le risque d'éditer car contrainte par des considérations commerciales. Il devient progressivement un vecteur promotionnel pour notre Société ainsi qu'un moyen de diversifier nos sources de financement.

En 2018, la Société a publié quatre ouvrages : réédition de L’Aquitaine historique et monumentale (T. III) ; Des barbelés à Buglose, par J. Schemmel et P. Houpeau ; Les évêques des Landes, par Mme Gilberte Pandard ; Le scolyte, « polar » rural forestier, par MM. Y. Lesgourgues et J. Ripoche.

Participation aux manifestations culturelles locales

Les 10 à 12 mars, lors des Rencontres à lire, organisées par la Ville de Dax, plusieurs d'entre nous se sont relayés pour faire connaître notre bulletin trimestriel et nos récentes éditions d'ouvrages.

Le 1er septembre, la Société tenait un stand au Forum des associations organisé  par la Ville de Dax.

Comme chaque année, pour les Journées du Patrimoine, la bibliothèque de la Société a été ouverte au public, le samedi après-midi 16 et le dimanche après-midi 17 septembre, ce qui a permis aux visiteurs de connaître la vie du chevalier  de Borda, de découvrir l'hôtel Saint-Martin d'Agès, l'histoire et les richesses documentaires de la Société.

Fonds documentaire : bibliothèque / archives / fonds iconographique

La bibliothèque accueille les adhérents et chercheurs, le mercredi et vendredi après-midi de 14 h à 17 h ou sur rendez-vous.

Outre les revues en provenance des soixante sociétés similaires reçues en échange, les bulletins des associations historiques locales qui offrent à la bibliothèque leur publication, le fonds documentaire s'est enrichi de 90 ouvrages anciens et récents offerts par les auteurs, éditeurs, ou sociétaires, enregistrés par L. Grihon, responsable de la bibliothèque. Après vérification, puis enregistrement, ils augmentent l’offre documentaire de la Société et permettent de remplacer lors des consultations, en les protégeant, les documents usés ou abîmés par le temps.

La Société participe au catalogue du SUDOC (Système Universitaire de Documentation) qui fait connaître sur Internet les fonds documentaires des bibliothèques spécialisées.

Le fonds archivistique dont C. Lesclaux, responsable des archives, poursuit la cotation selon les normes des Archives départementales, s’est enrichi de quelques dossiers intéressant notamment l’histoire de Dax (Sablar). Le fonds iconographique est suivi par J.-P. Bouissou.

Appel est, à nouveau, fait aux dons de documents divers : ouvrages, cartes géographiques, photos, cartes postales, papiers de familles anciens, films, sur la thématique des Landes. La Société, dont la mission est de conserver et de transmettre la mémoire des Anciens, s'engage à restituer, après numérisation, tous les documents iconographiques ou autres provisoirement confiés.

La motte féodale de Pé de Peyran à Mugron

Le domaine de Pé de Peyran à Mugron est un legs que Mlle Lassalle a voulu confier en 2012 à la Société de Borda.

C'est un site unique, que ce soit au plan historique avec son portail « Henri IV» bâti par Corisande d’Andoins en hommage au roi béarnais et sa motte féodale, géologique par la proximité des carrières de « pierre de Mugron » dont sont constitués le portail et la grange, géographique et géomorphologique (panoramas, paysages) et enfin écologique : plus de 140 espèces végétales ont été recensées à ce jour, ainsi qu'un habitat naturel d'intérêt communautaire (9180 - « Forêts de pentes, éboulis ou ravins du Tilio-Acerion »). De plus, des chênes hybrides ont été observés (en cours d'étude).

En 2018, un projet a été engagé avec le soutien de la commune de Mugron, de la communauté de communes Terres de Chalosse, du pays (PETR) Adour Chalosse Tursan, du conseil départemental des Landes, de la région Nouvelle-Aquitaine, et de l'Europe (programme « LEADER »). Ainsi, une étude de faisabilité a été confiée à l'ONF qui a remis son rapport fin 2018 ; elle présente les différents volets du projet.

Par ailleurs, en 2018, deux débroussaillements du terrain ont été réalisés, ainsi que l'enlèvement du lierre autour de la grange, sur autofinancement de la Société de Borda (fonds dédié de G. Lassalle).

Le projet s'articule autour de trois axes : Assurer la valorisation pédagogique et touristique du site, mettre en place la gestion et l'entretien, développer la recherche archéologique, géologique, poursuivre les recherches naturalistes…

La reconstitution d'un « château à motte » médiéval est envisagée, ainsi que l'ouverture de chemins permettant d'accéder à la motte depuis la base de loisirs de la Saucille (parking), la mise en place de panneaux pédagogiques, la restauration de la grange et du portail, et des coupes sélectives sur les pentes, ainsi que des débroussaillements. Parallèlement est projetée la présentation d'une carrière située à proximité, dans un but également pédagogique.

Pour l'entretien du site, il est envisagé de placer des moutons (race Ouessant), afin qu'une fois débroussaillés, les terrains pentus restent accessibles (actuellement d'immenses ronciers les colonisent partiellement).

Pour le financement des travaux, un dossier va être constitué en 2019. Pour la gestion du site et des activités futures, la Société de Bordas'appuiera sur les structures locales (Office de tourisme et communauté de communes, lycée agricole de Mugron, lycée forestier de Sabres, association historique et culturelle du canton de Mugron…).

À terme, la Société de Borda, en lien avec les acteurs locaux, organisera chaque année « la journée du Pé de Peyran » qui consistera en visites et conférences, et en actions d'entretien du site.

Une commission « Pé de Peyran » a été créée au sein de la Société, afin de pouvoir gérer ce dossier assez complexe.  

 Communication

Le site Internet  http://www.societe-borda.com/, mis régulièrement à jour par C. Courjaud, permet à chacun de suivre nos activités, de connaître les programmes et les comptes-rendus des réunions, de faire des demandes, d'envoyer son adhésion. Des améliorations restent à apporter, notamment la présence d'un moteur de recherche pour rendre accessibles nos bases de données.

Le site contient (entre autres) un lien renvoyant aux Archives départementales des Landes vers un moteur de recherches  permettant de retrouver les titres et les auteurs des articles du Bulletin de la Société de 1876-2001. Quant aux bulletins de la Société de 1876 à 1945, ils sont consultables sur Gallica, site de la Bibliothèque nationale de France.

Grâce à notre conseiller G. Espinosa-Dassonneville, la Société est présente sur Facebook ; la page est accessible sur notre site Internet.

Une plus grande harmonisation dans les supports de communication a été recherchée et devra se poursuivre. Le nouveau dépliant donne entière satisfaction ; il en est de même de la lettre d’informations prévue tous les deux mois.

Projets 2019

Journées thématiques

- 6 juillet 2019 : Bascons : colloque historique et mémoriel : 70e anniversaire de la mort de Cel Le Gaucher (16 juillet 1949) et centenaire de la Paix (28 juin 1919) et du retour des régiments landais (29 juillet 1919). Présentation de l’ouvrage sur le centenaire de la guerre.

- 16 mai 2020 : commémoration du 400e anniversaire de la redécouverte de la statue de Buglose pour laquelle la Société de Borda a accepté de coordonner la commission « Histoire, Art et culture. Valorisation et publication autour des aspects historiques et culturels ».

Prochaines réunions

Elles auront lieu à Mont-de-Marsan (16 mars), Castets (13 avril) en partenariat avec l’association Mémoire en Marensin ; Amou (11 mai) ; Brocas (29 juin) ; Hagetmau (7 septembre) ; Pujo-le-Plan (12 octobre) ; Dax (23 novembre) ; Dax (14 décembre).

Participation aux manifestations :

- 12-14 avril  2019 : Dax, Rencontres à lire

- 20, 21, 22 septembre 2019 : Journées du Patrimoine à Dax et à Mugron

Prochains ouvrages de la Société :

Les Actes du colloque « Landes romaines » qui a permis de fédérer les acteurs intéressés par l'histoire de la Ville de Dax et du Département.

Le livre du Centenaire de la Guerre 1914-1918.

L’Ecole dans les Landes (1939-1944) - heurts, malheurs et solidarités.

    Ruralité et identités landaises. Journée d’études du 13 janvier 2018 à Carcarès.

Les rapports moral et financier, soumis aux votes, ont été approuvés à l'unanimité.

Puis un film documentaire est projeté : « Bons baisers de la Côte d’Argent » ; la cinéaste /documentariste Sylvie Licard y aborde l’histoire de la Mission interministérielle de l’aménagement de la Côte aquitaine (MIACA). Une projection qui met parfaitement en lumière le pouvoir de l’argent et du profit qui a trop souvent régi l’aménagement du littoral.

En fin de matinée, place est faite à la vente de nos publications sur les tables de presse.

Vers 12 h 30, la Grande Brasserie de l'Atrium accueillait 130 convives pour le déjeuner, un moment toujours très apprécié.

Le début de l’après-midi était consacré à la présentation du Scolyte, par les deux auteurs du polar rural forestier, Y. Lesgourgues et J. Ripoche.

Une pièce de théâtre de l’abbé Bordes dont la vie fut présentée par Mme  Mireille Pussacq était ensuite prévue : le Tue-cafard, un exemple de théâtre aux tranchées en 1917, par la troupe de l’association du Centenaire 14-18 Cap de Gascogne.

Sortie-séance du 26 janvier 2019 à Hostens

Pour sa première sortie de l’année, la Société avait organisé une journée à Hostens (Gironde), en partenariat avec l’association culturelle locale « Entre Leyre et Ciron ».

La journée commençait par la visite de la chapelle de Rétis, commentée par Gwénolé Belbéoc’h, notre guide pour la journée. Édifiée un peu avant 1490, dédiée à sainte Catherine, elle est située à la charnière du diocèse de Bazas, au nord, et des seigneuries landaises, au sud, non loin d’un des chemins de pélerinage menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle jalonne aussi une voie de transhumance pastorale entre les landes girondines et les Pyrénées. Cet édifice gothique de plan rectangulaire, muni de puissants contreforts, est bâti en garluche, la pierre ferrugineuse du pays. Le chevet conserve la trace de départs de voûtes d’ogives, aujourd’hui disparues, mais la nef est simplement charpentée. Malgré l’humidité de cette matinée hivernale de janvier, le groupe s’est rendu ensuite à la fontaine « miraculeuse », proche de la chapelle.

Vers midi, les participants regagnaient le restaurant Bistrot de France, au bourg d’Hostens, pour un déjeuner réconfortant.

En début d’après-midi, s’ouvrait la séance de communications à la Salle des fêtes de la commune, sous la présidence de Bruno Cahuzac, en présence d’une assistance de 80 personnes. Après l’allocution de bienvenue du maire, M. Jean-Louis Dartiailh, la parole était donnée aux intervenants.

Ludovic Patte, Nouvelle exploitation de la forêt par câble-mât dans le domaine départemental d’Hostens

Le Domaine d’Hostens présente aujourd’hui des milieux originaux sur lesquels sont recensées des espèces rares. Dans les rides chaotiques du secteur des Demoiselles se sont développées des espèces protégées telles que l’Anagallis minima, les Drosera intermedia et rotundifolia, le Narthecium ossifragum. Parallèlement, les pins présents sur les abords des zones humides présentent des risques de tomber sur ces zones sensibles. Il convient de procéder à leur exploitation afin d’éviter l’eutrophisation des milieux et l’ensemencement des zones humides. Le site est classé NATURA 2000 et prévoit le maintien de l’oligotrophie des lagunes et étangs.

Cette action est menée par le Conseil départemental de la Gironde en collaboration avec les services de l’ONF. L’expertise de l’ONF a été sollicitée pour s’assurer que l’exploitation par câble-mât restait la solution technique la plus appropriée au regard des enjeux et a décidé de mener à bien cette action. L’estimation des volumes a été réalisée par survol LIDAR avec une estimation du nombre de tiges par zone et les fourchettes des diamètres ont été vérifiées par sondages de terrain. L’appel d’offres a été lancé en septembre 2018 pour recruter une entreprise de câblistes susceptibles de réaliser ce type de projet. Les travaux d’exploitation devraient démarrer au premier trimestre 2019.

Gwenolé Belbéoc’h, Histoire des deux tuileries de Baron à Hostens (Gironde)

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, deux tuileries se sont installées côte à côte au quartier de Baron à Hostens (Gironde). L’étude de ces établissements à l’aide des livres de comptes et des archives municipales, mais aussi grâce aux témoignages des derniers témoins vivants, permet de mieux appréhender la vie au XIXe siècle dans nos villages des Landes de Gascogne.

Parler des deux tuileries d’Hostens c’est entrevoir par le petit bout de la lorgnette tout un pan de l’artisanat céramique potier et de l’architecture rurale en sud-Gironde à cette période. C’est aussi prendre conscience de toute l’histoire politique, économique et sociale de la fin du XIXe siècle. Et cela dépasse largement l’histoire locale.

La crise du blocus de la résine pendant la guerre de Sécession aux États-Unis, l’arrivée du train dans nos landes, la guerre de 1914-1918, sont autant d’événements que nous allons retrouver dans l’histoire de nos deux établissements.

Didier Vignaud et Marie Barrouquère, Découverte de sites funéraires de l’âge du Fer en sud-Gironde et dans le nord des Landes

À l’occasion d’opérations archéologiques récentes, plusieurs ensembles funéraires ont été fouillés ou repérés dans le sud de la Gironde et le nord des Landes. Ces travaux mettent en évidence des cimetières communautaires du premier âge du Fer (entre 800 ans et 450 ans avant J.-C.) dans un secteur géographique où la présence humaine à cette période était jusqu’alors inconnue. L’intérêt de ces découvertes est d’abord de documenter des pratiques funéraires originales. En effet, alors que les sépultures en fosses et celles sous tumulus sont bien connues, une troisième catégorie de tombes vient rendre plus complexe l’étude des modes funéraires pratiqués dans la région. Ainsi, à Belin-Béliet (Carret, Joué), tout comme à Mano (Laousse), des sépultures ont été enfouies sur le flanc de dunes de sable naturelles.

Tandis que le nombre de nécropoles de l’âge du Fer inventoriées dans les Landes de Gascogne ne cesse d’augmenter, très peu de lieux de vie des populations de cette période ont été repérés. C’est l’un des enjeux majeurs de l’archéologie landaise de tenter de comprendre les raisons de cette carence, et d’essayer de mettre en relation l’habitat, les voies de circulation, et les nécropoles.

À la fin de la séance, les participants pouvaient découvrir l’histoire de la centrale électrique et de la mine de lignite d’Hostens, retracée à travers une exposition présentée dans la salle, avec une maquette de la centrale. Puis les discussions sont allées bon train autour d’un vin d’honneur aimablement offert par la municipalité et l’association culturelle locale.


Comptes rendus des réunions 2020

Assemblée générale du 15 février 2020 à Dax, salle de l'Atrium


Devant l'assemblée qui avait pris place dès 9 heures 30 dans la salle de spectacle de l'Atrium mise à disposition par la Ville de Dax, Monsieur Jean-Pierre Brèthes informait qu'il était devenu président de la Société depuis le 1er janvier 2020 et avait accepté de terminer jusqu'aux élections de février 2021 le mandat de Jean-Jacques Taillentou qui a souhaité, pour des raisons strictement personnelles, quitter la présidence.

Le nouveau président laissait ensuite la parole à Jean-Jacques Taillentou qui eut à cœur, à l'occasion de cette assemblée générale un peu particulière, de remercier chaleureusement, pour sa constante bienveillance et son aide essentielle, la municipalité de Dax, en la personne de Mme Valériane Alexandre, conseillère municipale déléguée à la culture, qui représentait Mme le maire Élisabeth Bonjean, excusée, ainsi que M. Gabriel Bellocq, ancien maire de Dax, qui représentait M. Xavier Fortinon, Président du conseil départemental.


Avant le rapport des activités 2019, Jean-Jacques Taillentou adressait ses remerciements aux maires des communes (Hostens, Mont-de-Marsan, Castets, Amou, Brocas-les-Forges, Bascons, Hagetmau, Pujo-le-Plan) qui ont accueilli la Société à l'occasion des réunions mensuelles décentralisées de l'année 2019 ainsi qu'à M. Bruno Latour, pour son accueil et sa disponibilité à la maison de la barthe à Dax.

Il adressait un chaleureux merci à tous ceux et celles avec qui il a œuvré durant ses onze ans de présidence : les membres du bureau et du conseil d'administration, tout particulièrement Madeleine Jogan, secrétaire générale, avec qui il échangeait régulièrement, et Catherine Courjaud, secrétaire salariée de la Société. Il n'oubliait pas ceux qui ont apporté, d'une façon ou autre, leur concours bénévole : Mme M. Labarchède qui, depuis quelques années, assure la comptabilité de la Société, J.-C. Merlet, Mmes J. Baby, M.-G. Cazenave, M. J.-P. Bouissou, R. et E. Piccolo, ainsi que les partenaires de la Société : MM. Martin (imprimerie Barrouillet, Narrosse) et Lafont (imprimerie ICN, Orthez).  


Durant cette dernière décennie, la Société a maintenu un lien étroit avec la FHSO (Fédération historique du Sud Ouest) et a renforcé ses relations privilégiées avec les entités artistiques et culturelles du Département (musée municipal de Borda et autres musées landais, bibliothèque et archives municipales de Dax, Archives départementales des Landes, Comité départemental du tourisme, Parc Naturel régional des Landes de Gascogne, associations landaises d'histoire locale), ainsi qu'avec les partenaires locaux de la culture et de la communication : A. Gariel, directeur des politiques culturelles de Mont-Marsan, S. Airoldi, responsable des Rencontres à lire du Salon de Dax, l'agence Sud-Ouest.


Rapport moral 2019 présenté par Jean-Jacques Taillentou


Réunions mensuelles

Durant l'année 2019, la Société s'est déplacée dans plusieurs communes, ce qui lui a permis de conforter son audience départementale, de faire connaître et de promouvoir le patrimoine landais en sa diversité. Près de trente communications adaptées, dans la mesure du possible, au choix des lieux, ont été proposées, reflétant la variété des sujets et des compétences.

- Pour sa première sortie de l'année, la Société a organisé une journée à Hostens, en partenariat avec l'association culturelle locale « Entre Leyre et Ciron ».

- L'assemblée générale 2019, tenue à l'Atrium, a été, comme chaque année, un moment apprécié des adhérents ; après le compte-rendu des activités, un film dela documentariste Sylvie Licard « Bons baisers de la Côte d'Argent » était projeté ; après le convivial repas réunissant plus de 130 personnes à la Brasserie de l'Atrium, l'après-midi était consacré à la présentation du Scolyte, ouvrage édité par la Société qui a obtenu un vrai succès. Une pièce de  théâtre Le Tue-cafard de l'abbé Bordes clôturait l'après-midi.

- La séance du 16 avril, à Castets, a été le fruit de la collaboration de la Société  et de l'association Mémoire en Marensin ; préparée de longue date, celle du 11 mai, à Amou, a été organisée par Vincent Guichenuy, avec la participation des Amis d’Amou.

- Le 29 juin, rendez-vous était donné à Brocas-les-Forges pour une riche journée qui permit de découvrir un patrimoine méconnu.  

- Le 6 juillet, à Bascons était commémoré le 70e anniversaire de la mort de Cel Le Gaucher ainsi que le centenaire de la fin de la Grande Guerre et du retour des régiments landais. J.-P. Brèthes présentait, à cette occasion, l'ouvrage sur le centenaire de la Grand Guerre.   

- Le 12 octobre, la séance avait lieu à Pujo-le-Plan, une manière de rappeler la présence des évêques d'Aire dans leur maison de campagne jusqu'au XVIIIe siècle.

- Les deux dernières séances qui ont eu lieu les 23 novembre et 14 décembre, à Dax, dans l'accueillante Maison de la barthe ont été très appréciées du public à la fois pour leur caractère inédit et parce qu'elles mettaient en lumière le patrimoine local sous ses diverses aspects (architectural, naturel et immatériel).


Bulletin trimestriel

Entré en 2019 dans sa 144e année, le Bulletin, grâce à sa périodicité trimestrielle  régulière, est le principal lien avec nos adhérents. Il reflète le travail et les activités de l'année et marque la vitalité de la Société. Derrière la première de couverture représentant une photo des arènes de Plumaçon, à Mont-de-Marsan, les quatre numéros, soit 540 pages, ont proposé une belle diversité d'articles, tant par les époques que par les thèmes abordés.

- Dans la première partie du bulletin, 21 articles ont été proposés sur des sujets touchant la Préhistoire, le Moyen Âge, l'histoire économique et sociale, politique et religieuse, l'art et le patrimoine naturel, les traditions locales, le gascon, les événements tragiques des deux dernières guerres avec leurs retombées dans les Landes. Plusieurs articles ont, enfin, enrichi la connaissance de l'histoire de Dax durant la première moitié du XXe siècle.

- La deuxième partie a présenté une vingtaine de chroniques, relatives à l'archéologie, aux sciences naturelles et actualités sur le Patrimoine landais, à l'histoire aérienne et maritime, la cartographie, etc.

Des recensions ont rendu compte de plusieurs ouvrages sur les Landes parus en 2019, offerts par leurs auteurs à la Société.


Pôle édition

Il n'a cessé de se développer depuis dix ans. Il constitue un vecteur promotionnel pour notre Société ainsi qu'un moyen de diversifier nos sources de financement.

En 2019, la Société a publié quatre ouvrages :  

- Ruralité et identités landaises. Journée d'études du 13 janvier 2018 à Carcarès.                                  

- Les Actes du colloque Landes romaines qui a permis de fédérer les acteurs  intéressés par l'histoire de la Ville de Dax et du Département, sous la coordination de J.-C. Merlet.

- Mont-de-Marsan horizontale et aérienne (1914-2018) : Tome II, par H. Delpont et A. Lafourcade.

- Le livre du Centenaire de la Guerre 1914-1918, sous la direction de J.-P. Brèthes.


Participation aux manifestations culturelles locales

Les 12-14 avril, lors des Rencontres à lire, organisées par la Ville de Dax, plusieurs d'entre nous se sont relayés pour faire connaître le bulletin trimestriel et nos récentes éditions d'ouvrages.

Comme chaque année, pour les Journées du Patrimoine, la bibliothèque de la Société a été ouverte au public, les 20, 21 et 22 septembre, ce qui a permis à plus de deux cents visiteurs de découvrir, lors de ces journées, l'histoire et les richesses documentaires de la Société.


Pé de Peyran (Mugron)

J.-J. Taillentou évoque le projet de mise en valeur de la motte féodale reçue par legs de Mme Lassalle en 2012, les travaux d’entretien réalisés par la Société durant l’année écoulée, les études effectuées en vue de la gestion et de la valorisation du site, l’appui du Conseil départemental des Landes.


Fonds documentaire : bibliothèque / archives / fonds iconographique

La bibliothèque accueille les adhérents et chercheurs, le mercredi et vendredi après-midi de 14 h à 17 h ou sur rendez-vous.

Outre les revues en provenance des soixante sociétés similaires reçues en échange les bulletins des associations historiques locales qui offrent à la bibliothèque leur publication, le fonds documentaire s'est enrichi de 60 ouvrages anciens et récents offerts par les auteurs, éditeurs, ou sociétaires, enregistrés par L. Grihon, responsable de la bibliothèque.


Le président Brèthes reprit ensuite la parole pour évoquer les prochaines réunions, les projets éditoriaux et les rendez-vous de l’année 2020 :  


Prochaines réunions (dates prévues avant le confinement imposé par la pandémie)

- 14 mars : Mont-de-Marsan

- 4 avril : Saubrigues  

- 16 mai : Buglose : commémoration du 400e anniversaire de la redécouverte de la statue de Buglose. Colloque historique ; présentation du carillon et concert ; visite du site. Parution du Dictionnaire illustré de Buglose.  - Juin : Labrit

- Septembre : Sanguinet autour du musée municipal de Sanguinet et du conservatoire privé

- 24 octobre : Sabres à l'occasion du 50e anniversaire du Parc naturel régional et de l'écomusée de Marquèze.

- 14 novembre : Dax (Maison de la Barthe)

- 12 décembre : Dax (Maison de la Barthe)


Prochains ouvrages de la Société

L'école dans les Landes (1939-1944) - heurs, malheurs et solidarités, par S. et D. Laurent

Dictionnaire illustré de Buglose, sous la coordination de M. Jogan

Actes de Bascons : Cel Le Gaucher, sous la direction de J.-P. Brèthes

Les forges de Pontenx, par P. Duvignac.


Participation aux manifestations   

17 au 19 avril : DAX : Rencontres à Lire au Splendid

19-20 septembre : DAX : Journées du Patrimoine au siège de la Société.



Le bilan financier, mis au point avec le concours de Mme M. Labarchède, est présenté ensuite par la trésorière, M.-T. Labertit.

Nombre de pouvoirs : 207.

Les rapport moral et financier soumis aux votes ont été approuvés à l’unanimité.


Jean-Jacques Taillentou, onze ans de présidence de la Société

Au nom du bureau, des membres du conseil d’administration et de toute l'assemblée, le nouveau président a ensuite rendu hommage à Jean-Jacques Taillentou pour ses onze ans de présidence au cours desquelles la Société n’a cessé de se renouveler.  

Ce fut ensuite le moment de la remise des cadeaux de membres du conseil d’administration et du recueil - offert par l’imprimerie ICN (Orthez) - des trente-six articles et chroniques de Jean-Jacques Taillentou parus de 1988 à 2019 dans le Bulletin de la Société de Borda. A travers la grande variété des sujets traités dans l’ouvrage, se révèlent l’éclectisme et le profond attachement pour le patrimoine landais du géographe, de l’historien et éminent cartographe.


En fin de matinée, Jean-Jacques Fénié effectuait une très éclairante synthèse des Actes du colloque de Carcarès-Sainte-Croix.  


Une conférence sur Les cagots, histoire d'une ségrégation, présentée par Benoît Cursente, directeur de recherche honoraire au CNRS, professeur de langue romane et de littérature médiévale, auteur d’un remarquable tout récent ouvrage consacré aux cagots, conquit ensuite un public venu nombreux.

Au cours de son intervention, le conférencier précise en peu de mots la difficile genèse de son livre « Les cagots histoire d'une exclusion » qui porte sur un fait social dans lequel le stéréotype a pris le pas sur la vérité rationnellement établie... ce qui constitue en soi un sujet d'histoire. Il procède ensuite à un rapide rappel ce que fut l'exclusion de cette minorité : fondements (présomption de contagion lépreuse), durée, extension géographique, manifestations de la ségrégation. De là il insiste sur l'importance qu'il y a, pour échapper au stéréotype fixiste, à réévaluer les évolutions de ce phénomène dans le temps et la diversité des situations dans la vaste aire où ce phénomène a existé (de la Garonne à l'Ebre) à Dax, il souhaite présenter la façon dont apparaît les cas de figure landais. Il salue la dette qu'il doit aux travaux d'érudition anciens et récents et l'importance des apports de l'historiographie landaise, notamment les publications de Vincent Foix et d'Antonio Aparisi-Serres. Pour la période médiévale notre vision des crestians - le mot cagot n'existe pas encore -, est biaisée par les carences de la documentation ; or il est certain que dans les Landes - à tout le moins en Chalosse - , ils furent aussi nombreux qu'en Béarn, territoire mieux éclairé par les sources. La période moderne est l'âge de fer des cagots, ici plutôt appelés gahets, coyes, capots, gézites (mot particulièrement péjoratif ). C'est le temps où les humiliations qu'ils subissent de la part de la population sont renforcées par les positions ségrégationnistes du parlement de Bordeaux. Le temps du port du péde guit sur l'habit et des portes d'églises séparées. Mais c'est aussi le temps des premières prises de conscience collectives. Le dossier de la tentative d'émancipation des gahets de la Punte à Capbreton, en 1574, est exceptionnel. à partir de 1683, la législation royale place la discrimination des gahets hors la loi, et le parlement suit. Les combats ponctuels des cagots (épisode de Rivière-Saas, en 1718) ont sans doute aidé à abréger la longue survie des préjugés. Vers 1840, au témoignage de Francisque-Michel, les Landes occupent une situation intermédiaire entre l'espace gascon garonnais, où cette ségrégation n'est plus qu'un souvenir, et les foyers du sud de l'Adour et du Baztan où elle est encore active. Et aujourd'hui  encore dans ces derniers, contrairement aux Landes, le passé cagot reste difficilement assumé.


Vers 12 h 30, à la Grande Brasserie de l’Atrium, 130 convives se retrouvaient pour le rendez-vous convivial toujours aussi apprécié au fil des années.  


Le début de l’après-midi, Anne Berdoy, archéologue, ingénieure au Service régional de l'archéologie d'Occitanie intéressa l’auditoire par une présentation très documentée sur Les castelnaux des Landes au sud de l'Adour.



Séance-sortie du 18 janvier 2020 à Mugron, au cinéma, 9 h 30

Un auditoire fourni (environ 120 personnes) s’était déplacé dès le matin pour les communications orales tenues au cinéma de Mugron, place Frédéric Bastiat, à partir de 9 h 30. M. le maire Éric Ducos a introduit la séance et présenté sa ville, puis le président J.-P. Brèthes a évoqué la Société de Borda, les prochains programmes des assemblées mensuelles et les publications récentes disponibles sur la table de presse à l’entrée. B. Cahuzac, qui coordonnait la journée, a ensuite rappelé le déroulement proposé, avec des activités variées que permet cette riche ville de Mugron, au passé historique diversifié et très intéressant. Les exposés et les visites dans Mugron « historique » étaient organisés en partenariat avec l’Association historique et culturelle du Pays de Mugron. Les communications ont d’abord traité de sujets locaux (le maire Alfred Degos, l’hôpital au XXe siècle), puis la thématique fut fortement élargie (comment Mugron s’intègre dans l’histoire générale de la Terre) à l’aide de toutes les données géologiques disponibles, enfin l’accent fut mis sur la période particulière de la fin du XVIe siècle, avec l’édification de la belle « porte de Corisande » sur le site du Pé de Peyran, ce dernier constituant d’abord une motte féodale dominant l’Adour.


Laurent Degos, Charles Bernard Jean Degos dit Alfred Degos (1840-1925), médecin, maire de Mugron et conseiller général

Médecin toute sa vie, pendant vingt-sept années Maire de Mugron et Conseiller général des Landes (1892-1919), « Alfred » Degos durant son mandat a fait construire les arènes de la ville, l’hôpital-hospice, l’école des filles ; il a aussi inauguré l’arrivée du train, aménagé l’accès à la gare depuis la place Frédéric Bastiat, mis l’éclairage électrique dans la ville, enfin il a effectué le rattachement téléphonique. Toutes œuvres qui sont encore présentes. Il a su promouvoir pendant la Grande Guerre « le sens du Devoir, le souci permanent du bien commun et l’action patriotique » (Général Alain Richard). Comme le dit l’abbé Meyranx en 1911 dans les dernières lignes de sa monographie sur Mugron : « Le Docteur Degos a fait de Mugron la perle de la Chalosse ».

Qui était-il ? Il n’a pas gardé son prénom d’origine. On ne le retrouve pratiquement sur aucune photographie, mais il était en relation avec les Ministres et les Grands de ce monde afin d’obtenir des subventions pour tous les chantiers entrepris à Mugron. Il avait une mère italienne venant de Varèse près de Milan et un père médecin à Mugron avec une ascendance paternelle bien ancrée en Chalosse. Médecin, vivant sur la place de l’église au centre de la ville, Alfred Degos termina sa vie à la Bergeyre à la sortie de Mugron, dans la discrétion, mais en gardant son autorité.


Nicole Lidureau, L’hôpital de Mugron au début du XIXe siècle et surtout pendant la guerre de 1914-18

Été 1914, la France se trouve propulsée dans la Première Guerre Mondiale. Toutes les ressources du pays sont mobilisées. Les hommes partent au front, abandonnant familles et métiers, tandis que l’arrière se mobilise pour soutenir l’effort de guerre, que ce soit avec de l’argent, de la nourriture ou dans la prise en charge des blessés de guerre. La commune de Mugron se porte volontaire pour assurer une part de ce soutien et son hôpital-hospice accueille environ 500 soldats blessés. On s’interroge alors sur la capacité de Mugron à assurer cette prise en charge. À l’initiative d’Alfred Degos, Mugron s’est dotée d’un tout nouvel hôpital-hospice, construit en 1909, avec une capacité d’accueil importante. Lors de la Première Guerre Mondiale, il devient l’hôpital auxiliaire n° 120 et est amené à recevoir plusieurs centaines de soldats, formant ainsi un maillon dans la prise en charge des blessés. Toutefois, la guerre et les soldats accueillis déstabilisent les finances de l’établissement et les recettes ordinaires ne suffisent plus à assurer la prise en charge. Alfred Degos déploie toute son énergie pour trouver des recettes extraordinaires, mais celles-ci sont insuffisantes et l’établissement se trouve dans une situation financière très délicate dont les conséquences se font sentir durant des années après la guerre.


Bruno Cahuzac, Nouvelles données sur la géologie de la région de Mugron

La commune de Mugron montre en affleurements de nombreux niveaux géologiques de l’ère Tertiaire. Située en partie sur le flanc Ouest du vaste anticlinal crétacé d’Audignon (ou de la Chalosse), elle présente quelques témoins de couches relevées sur ce périclinal, comme les Grès de Coudures de l’Éocène inférieur continental (en très gros blocs quartzitiques dans les champs, vers Pian notamment), des Calcaires à grandes Nummulites du Lutétien (formation tropicale marine de plate-forme interne) et des Calcaires de Brassempouy, du Bartonien marin.

Mais ce sont assurément les Calcaires ou « Grès » de Mugron de l’Oligocène inférieur qui sont les mieux connus et les plus fréquents. Ils ont servi de pierre de taille régionalement pendant plusieurs siècles, beaucoup de monuments et de maisons de Mugron ou des alentours sont faits de ce matériau d’aspect et defaciès variés, mais toujours issu de milieux littoraux, détritiques, souvent agités, sous climat subtropical il y a 30 millions d’années au Stampien ; l’abondance des grands Foraminifères, comme Nummulites, Operculines et Lépidocyclines est à souligner, avec parfois des coraux récifaux. La porte « de Corisande » au Pé de Peyran est formée de pierres de Mugron, et on y observe plusieurs fossiles intéressants de mollusques bivalves du groupe des Pectinidae. Divers exemples sont donnés de cette formation, tant aux anciennes carrières de Castaignos que dans le vallon de Cabardos à la limite de Nerbis, mais aussi de niveaux plus fins, marneux, blanchâtres, correspondant à des milieux abrités de fond de baie, comme à Labarthe, Bascou ou Menjoungrace. À l’époque de l’étage Stampien, un petit golfe marin occupait le « Synclinal du Louts » jusqu’à Lourquen et Lahosse vers le Sud. La mer a ensuite régressé et des dépôts continentaux de « molasses » ont largement recouvert le territoire, argiles marno-sableuses à rognons carbonatés durant le Miocène (« molasses de l’Agenais » et « de l’Armagnac »). Puis l’épandage des Sables fauves ferrugineux finis-tertiaires a eu une grande extension sur les coteaux chalossais. Régionalement, des données de forages ou d’affleurements montrent aussi la présence d’un horizon marin côtier, coquillier, peu épais, au Miocène inférieur, reconnu à Gouts, Souprosse, Toulouzette et jusqu’à Saint-Sever, témoin d’un épisode transgressif limité. Une découverte notable sur le plan géologique est celle (in situ) de bancs de grès siliceux très durs au niveau du cours de l’Adour, tout à fait ignorée sur les cartes géologiques ; à Mugron même, au droit du hameau de Menet, cette couche, bien « mamelonnée » et sculptée par l’Adour, repose horizontalement sur des molasses carbonatées. Un tel grès a servi historiquement de gué permettant la traversée de l’Adour quand bacs et ponts de bois étaient rares ou défectueux ou bloqués par « l’ennemi ». Les écrits évoquent ces gués à Laurède (Amaniou), à Mugron (« Lescole »), Souprosse (Laguillon), Toulouzette (Ribaout, Couhin) et celui des barons de Cauna au sud de leur château. Les études en cours permettront de mieux caractériser cet horizon et de tenter de le dater.


Gilles Granereau, Présentation du domaine du Pé de Peyran ; aspects historiques et naturalistes, et projets d’avenir

Le site de Pé de Peyran constitue un domaine de 2,2 hectares, en partie perché sur un promontoire au nord-ouest de Mugron. La Société de Borda, qui a reçu cette propriété en legs, s’engage dans un double objectif de valorisation et de recherche. En effet, le Pé de Peyran a vraisemblablement constitué une motte féodale sur laquelle a été bâti un château à motte destiné à observer les possibles invasions hostiles remontant l’Adour. Peut-être était-elle utilisée pour observer les Vikings venus envahir les Landes via l’Adour à l’aube de l’an Mil ?

L’histoire du site repose également sur un événement lié à Henri de Navarre et à Corisande d’Andoins, et qui a débouché vers la fin du XVIe siècle sur l’implantation d’un portail monumental, toujours présent sur le terrain. Outre l’indéniable aspect historique, le domaine abrite une flore peu commune, ainsi qu’un habitat naturel reconnu au niveau européen. Et l’histoire géologique montre qu’une mer tropicale a recouvert le Pé de Peyran il y a quelque 30 millions d’années !

Tous ces aspects seront développés à travers le projet porté par la Société de Borda, avec l’aide de fonds publics et européens, qui devrait déboucher sur une valorisation pédagogique, touristique et scientifique du site patrimonial qu’est le Pé de Peyran, unique dans le département.


Le déjeuner fut pris au Café central (place F. Bastiat) pour un peu plus de 50 personnes qui avaient réservé auprès de la Société de Borda, et permit de prendre des forces pour le circuit de l’après-midi. Heureusement, la météo fut assez favorable, ne gênant pas le parcours patrimonial dans les rues puis aux alentours de la ville.


Le groupe (60 participants) commença par une visite détaillée du beau chai « Servat » ou « chai d’Antin » (au 11 rue Jean Darcet) menée par le propriétaire René Hutt. De dimensions monumentales (43 x 25 m), cet édifice date de 1750 et servit d’entrepôt pour les barriques de vin et le grain, en liaison avec l’apogée des activités du port de Mugron. Les frères Domenger (Dominique et Bernard cadet, riches et actifs négociants) l’achetèrent et l’utilisèrent à partir de 1790. Deux étages montrent une magnifique charpente en grande partie en chênes locaux (e.g. de la forêt de Laurède), chaque niveau ayant une surface de 1 000 m2. Au rez-de-chaussée étaient stockées les barriques (plusieurs centaines), et à l’étage, les céréales, jusqu’à 700 kg au m2, disposées en vrac pour le séchage, le grain étant remué à la fourche chaque semaine. Sous le plafond, par des ficelles étaient suspendues des feuilles de tabac. Le toit est formé de 160 tonnes de tuiles béarnaises, et tous les murs sont faits de pierres de la région. Lors de la construction de la nouvelle église en 1864-1866, Bernard Roch Domenger (propriétaire du chai, et maire) transforma le chai en lieu de célébration. Puis Louis d’Antin en hérita, et finalement, il fut vendu en 2004 à Rouge Garance, qui y organise des expositions d’objets d’art diversifiés.

De là, le groupe suivit la rue Jean Darcet vers l’ouest, longeant sur la droite « l’hôpital Saint-Jacques » devenu maison de retraite (en travaux), et sur la gauche l’ancien presbytère, bâti en 1766, avec sa façade nord conservée ; c’est l’une des plus anciennes maisons de la ville. C’est l’abbé Jean-Pierre Monferrant (curé de Mugron après l’érection en paroisse indépendante en 1754 ; auparavant c’était la cure de Nerbis-Mugron) qui fit bâtir cette demeure sur sous-sol, avec un perron d’entrée majestueux. Le bâtiment eut ensuite une longue histoire…

L’église Saint-Laurent fut ensuite visitée, sous la houlette de Pierre Debats. Beau monument de style néo-gothique, il remplaça l’ancienne église devenue trop exiguë (il y eut jusqu’à 2 188 habitants en 1854…), et fut achevé en 1866. C’est Bernard Roch Domenger, alors maire, qui prit à sa charge tous les frais de reconstruction et d’aménagement, et son épouse Marie d’Antin accepta de donner des parcelles de terrain pour l’emprise (une partie du jardin de sa maison Chantilly). Hélas, le maire, décédé le 14-4-1865, ne vit pas la fin de son œuvre. Plusieurs types de pierres furent utilisées, bien visibles de nos jours : calcaire de Mugron pour les bases et les socles (et les murets alentour), pierre de Bourg pour la façade Ouest, le chevet, le clocher (40 m de haut) et une partie des murs, calcaire d’Angoulême pour les chapiteaux, clefs de voûte et la sculpture ornementale, pierre de Nousse et Montfort pour les murs en moellon de la nef et du transept. Le groupe a observé le baptistère en fonte moulée (1875) remarquable par la finesse de ses décors, l’orgue classé, le maître autel en marbre blanc, un Christ sculpté du XVIe s. en bois de tilleul, et derrière le choeur la stèle funéraire (ou cippe) de la tombe des Domenger (la veuve de B.R. Domenger, née Marie Blanche d’Antin -1805-1899-, y sera inhumée avec son mari, par autorisation spéciale, sous le chœur de l’église). Cette stèle, de dimensions 144 x 38 cm, est en beau marbre ouvragé, gravé et doré, et ornée de fines colonnettes feuillagées ; on y lit deux épitaphes (en latin) sur les faces latérales.

On fit le tour de la « maison Chantilly » (actuelle mairie), qui est originale et a été bâtie en 1736 (ex-maison de l’abbé Marc-Antoine Cavaré), puis rachetée par la famille Domenger. Maison de notable (à 3 niveaux dont un semi-enterré) composée d’un corps de logis rectangulaire en fond de cour, avec chaînes d’angle et baies rectangulaires en pierre de taille du Stampien : beige-fauve clair en pierre de Mugron (dominante), ou gris souris à coraux branchus en calcaire de Lourquen. Sur la façade orientale, un escalier à deux volées convergentes et retours droits, garni d’une rampe en fer forgé, permet d’accéder à la porte principale au premier étage, protégée par un demi-toit à l’impériale en ardoise, porté par des corbeaux ; un puits s’observe sur la droite. La porte d’entrée occidentale est précédée d’un auvent porté par deux colonnes toscanes et coiffé aussi d’un demi-toit à l’impériale. Du parc, un beau panorama peut s’observer sur la plaine landaise.


L’après-midi, occupée par ces intéressants sites et monuments, était déjà bien engagée, mais on ne pouvait se passer d’une visite-« pèlerinage » au domaine appartenant à la Société de Borda, le Pé de Peyran… Là, G. Granereau et B. Cahuzac firent faire un tour complet du propriétaire, soulignant les effets bénéfiques du récent chantier de débroussaillage mené à l’automne (cf. réf.). La « porte de Corisande » respire beaucoup mieux maintenant…Les projets en cours furent explicités, et tout le groupe se rendit compte sur place des riches potentialités qu’offre le site sur beaucoup de thématiques et d’aspects du patrimoine. Appel fut lancé pour une possible participation bénévole à la poursuite des nettoyages et réouverture de chemins.

Voilà donc une journée mugronnaise bien remplie et pleine d’enseignements et de découvertes variées !

Bruno Cahuzac

Cahuzac B., 2019. Un chantier solidaire au Pé de Peyran à Mugron, le 18-10-2019. Bull. Soc. Borda, 144, 4, p. 516-519.

Laporte P., 2007. Mugron, village chalossais. Assoc. Hist. Cultur. Canton Mugron édit., 360 p.

Site Internet : Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel. Fiche de la Maison Chantilly, actuellement mairie (IA40001596), Landes, Mugron, 2016, 6 p. Auteur : Jean-Philippe Maisonnave.

Site Internet : Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel. Fiche de l’Église paroissiale Saint-Laurent (IA40001595), Landes, Mugron, 2016, 66 p. Auteur : Jean-Philippe Maisonnave.