Société de Borda, 27 rue Cazade, 40100 DAX.  05 58 90 85 99 Courriel : Soc.Borda@wanadoo.fr. 

Congrès organisé par la FHSO et la Société de Borda les 6 et 7 octobre 2012


6 octobre 2012 – HOSSEGOR STUDIO 40

Samedi matin

9h 00 : Accueil des participants

9h 30 : Ouverture du colloque par Michel Figeac, président de la FHSO et  Carole Carribon, responsable scientifique du colloque

10h 15 : Conférence inaugurale - Actualité de la recherche. Jean-Pierre Bost et François Didierjean, La voie romaine ‘directe’ de Dax à Bordeaux : nouvelles recherches


Atelier a : affaires, politique, science : trois visages du voyage

10h 45 : Michel Figeac, Une démarche sensible: Le voyage d’un avocat dans les Pyrénées en 1763

11h 10 : Thibaut Varée, Sur les pas de Napoléon Ier en Aquitaine : le voyage impérial de 1808

11h 35 : Sophie Miquel, Les voyages du minéralogiste Prosper Cyprien Brad (1786-1838)

12h 00 : discussion

Atelier b : de la traversée à l’exil : écrire le voyage

10h 45 : Louis de Buffières, La traversée du Pays Basque dans le Liber sancti Jacobi : un récit digne de foi ?

11h 10 : André Labertit, Victor Hugo, voyageur en Aquitaine, note au Voyage dans les Pyrénées (1843)

11h 35 : Marie-Claire Duviella, Deux grands écrivains russes de l’exil à Capbreton : Constantin Balmont et Yvan Chmeliov

12h 00 : discussion


12h30 : Déjeuner


Samedi après-midi

Atelier A : “invention” des espaces touristiques

désir du rivage…

14h 30 : Jean-Jacques Taillentou, Logiques d’implantation des premières stations balnéaires landaises (1830-1880)

14h 55 : Éric Gildard, Naissance de la station touristique d’Hossegor autour du Touring-club de France, des écrivains et des artistes

15h 20 : discussion et pause

15h 35 : Pierre Guillaume, La reconnaissance tardive d’une vocation touristique à la Côte landaise

16h 00 : Michel Boyé, La promotion du Bassin d’Arcachon, du dithyrambe au mensonge

16h 25 : discussion et pause

… et richesses de la terre

16h 40 : Alain Chaume, Voyage et tourisme à Saint‑Émilion (1830-1950) : les sources lointaines d’un classement au patrimoine mondial de l’UNESCO

17h 05 : Baptiste Palumbo, Genèse et essor de l’entité touristique Périgord de 1960 à nos jours : entre tradition et innovation

17h 30 : discussion


Atelier b : l’Aquitaine, terre de pèlerinage et de découverte

Voyageurs étrangers en Aquitaine

14h 30 : Géraud Poumarède, Un ambassadeur ottoman à Bordeaux en 1721 : Mehmed efendi au “paradis des infidèles”

14h 55 : Cyrielle Capman, Regards des “tourists” anglais sur l’Aquitaine, fin du XVIIIe siècle

15h 20 : Marc Agostino, Regards du futur pape Jean XXIII : voyages et visites du nonce Roncalli

en Aquitaine (1945-1954)

15h 45 : discussion et pause

Le voyage entre spiritualité et tourisme

16h 05 : Christian Desplat, Picaresques errances d’un curé normand en Aquitaine au XVIIe siècle : entre pèlerinage et tourisme

16h 30 : Robert de Flaujac, 1950, le renouveau des chemins de Saint-Jacques de Compostelle

16h 55 : Malika Boudellal, Hospitalité, tourisme, hospitalité. Un regard sur la redécouverte des itinérances humaines

17h 20 : discussion

17h45 : Assemblée générale de la F.H.S.O.

20h00 : dîner du colloque


7 octobre 2012 – DAX - SPLENDID HÔTEL

Dimanche matin

voyager aux eaux”

9h 00 : accueil des participants

9h 20 : Dominique Picco, En route vers Barèges : les voyages de Madame de Maintenon (1675 et 1677)

9h 45 : Carole Carribon, Tourisme et santé à travers les V.E.M (Voyages d’Études Médicales) dans le Sud-Ouest (fin XIXe siècle – années 30)

10h 10 : discussion et pause

tourisme et thermalisme : enjeux politiques et économiques

10h 30 : Jean-Pierre Poussou, Développement d’une population touristique : Arcachon et les communes du bassin à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle

10h 55 : Hubert Delpont, Robert Junca, itinéraire d’un pionnier du thermalisme pendant les Trente Glorieuses

11h 20 : Alexis Arras, La défense et la rénovation du thermalisme de 1958 à 1977 par le député-maire de Dax

11h 45 : discussion

12h : conclusions

12h45 : déjeuner



Journée d’études du 18 juin 2011 - « Sœur Rutan et Dax au XVIIIe siècle »


La Société de Borda a marqué l’événement de la béatification de Sœur Rutan, directrice de l’hôpital de Dax de 1779 à 1794, en organisant au Splendid Hôtel, à l’endroit où a été guillotinée la Fille de la Charité, une Journée d’études qui a réuni plus de 150 personnes.



Le diocèse landais en 1794, par M. l’Abbé Jean-Pierre Laulom


En 1794, le diocèse alors intitulé « des Landes » vient de connaître un très grand bouleversement. En parcourant brièvement les grandes étapes de l’histoire des deux antiques diocèses d’Aire et de Dax, on s’attardera à l’évolution des idées à la fin du XVIIIe siècle, annonciatrices des changements radicaux survenus en 1790 à la suite de la Constitution civile du clergé. Dans la nouvelle organisation de l’Église en France, les anciens diocèses disparus sont remplacés par les diocèses « constitutionnels » lesquels, dans le cas des Landes, connaissent des changements géographiques et organisationnels radicaux.


Les deux cités épiscopales sont déchues de leur rang, le prélat d’Aire (Sébastien de Cahuzac de Caux), plus ouvert aux idées nouvelles, et celui de Dax (Charles-Auguste Le Quien de Laneufville), dès le départ très opposé aux changements, doivent tous deux s’exiler au printemps 1791, le premier en Allemagne, le second en Espagne, chassés par l’arrivée de l’évêque constitutionnel Jean-Pierre Saurine, dont l’entrée dans Dax fut mouvementée.


Commence alors une période de grande incertitude et de tensions. L’Église « nouvelle formule » est d’abord établie et protégée par la loi, l’Église « réfractaire », interdite et poursuivie. La législation de 1793 supprime ensuite tout appui et proclame la première séparation totale de l’Eglise et de l’Etat. C’est dans ce contexte que se produisent les exécutions du 9 avril 1794.



Histoire de l’hôpital de Dax de 1779 à 1789, par Jean Peyresblanques


L’hôpital général de Dax naquit de la fusion de l’hôpital Saint-Eutrope et de l’hôpital de Saint-Esprit à la suite de l’arrêt royal de décembre 1778 mettant fin à un procès de plus de trente ans. Bâtiments nouveaux, règlements nouveaux et une nouvelle supérieure, sœur Marguerite Rutan.


Les dix années qui suivirent furent extraordinairement fructueuses. Considéré à l’époque comme hôpital modèle, il a été possible d’en suivre toute la gestion avec les archives hospitalières fort bien tenues par la supérieure. Ces documents permettent de brosser un chapitre de l’histoire de l’hôpital qui s’arrête à la Révolution en raison de différentes décisions administratives nationales.


Vie de Sœur Marguerite Rutan, par Jean-Pierre Renouard, cm

Enfance et jeunesse

Marguerite naît à Metz le 23 avril 1736. L’important foyer protestant de la ville disparaît suite à la révocation de l’édit de Nantes, qui provoque une émigration messine vers Berlin. Cela cause préjudice à l’économie locale, le commerce et l’artisanat étant presque entièrement aux mains des huguenots. Peut-être est-ce pour cela que le père de Marguerite, Charles-Gaspard Rutan, ne reste pas un simple ouvrier mais devient un spécialiste tailleur de pierre, maître-maçon, architecte, entrepreneur ; il est élu échevin de la paroisse Saint-Étienne. A 18 ans, Marguerite émet le désir de devenir Fille de la Charité mais Charles-Gaspard veut garder sa fille près de lui pour bénéficier des compétences acquises par son éducation. La décision paternelle est formelle, pas avant la 21e année.


Fille de la charité

Marguerite est attirée par le témoignage des sœurs de l’hôpital qui, depuis 1653, rayonnent sur Metz et au-delà. Elle y entre pour accomplir son postulat, un temps de regard des sœurs sur la candidate et de la candidate sur la communauté, la règle, la vie spirituelle et apostolique. Le 27 avril 1757, sur le rapport favorable de la supérieure de Metz, par libre décision, elle accomplit rue du Faubourg Saint-Denis, à Paris, son noviciat à la maison-mère des Filles de la Charité. En septembre 1757, elle reçoit son premier placement. Après un hypothétique passage à Toulouse, la Providence l’envoie à Pau. Au moment où arrive soeur Rutan, l’établissement est sur le point de fermer. En un an, elle remédie à la situation et dévoile, en ce lieu, ses compétences et sa grande intelligence.

Les prochaines étapes sont Brest, Fontainebleau, Blangy-sur-Bresle, Troyes. Sur ces entrefaites, l’évêque de Dax, Mgr Le Quien de Laneufville, venu de Bordeaux et aumônier général des Carmélites, demande une supérieure pour son hôpital. Sœur Marguerite prend le coche pour notre Sud-Ouest. Elle n’en repartira jamais, mêlée à la terre dacquoise…


Dax et son hôpital

Elle quitte Paris à l’âge de 43 ans avec 22 ans déjà d’expérience de vie vincentienne : cinq compagnes constitueront la communauté dont elle aura la charge. Parmi elles, une nièce, Victoire Bonnette. Les autres sont Marguerite Nonique, Jeanne Chanu, Félicité Raux, Josèphe Devienne.


Les événements

Les débuts de la Révolution sont prometteurs : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses ». Mais l’abolition des privilèges effraie. Les biens de l’Église sont mis à la disposition de la Nation. D’autres mesures sont prises avec la Constitution Civile du clergé. Le divorce se consomme avec la création des 83 évêchés correspondant aux nouveaux départements (au lieu des 130). A cela s’ajoutent : « la suppression de tous les titres et offices, le pouvoir épiscopal collectif, un conseil permanent de vicaires généraux auprès de chaque évêque, le détachement de Rome, l’élection remplaçant la forme canonique de nomination, des salaires d’Etat, le devoir de résidence, et surtout l’obligation de serment de fidélité à la Constitution, tels sont les ingrédients du conflit. L’Église est inféodée au pouvoir temporel ».


Marguerite dans la tourmente

Toutes les sœurs assistent, impuissantes, à la nomination du nouvel évêque constitutionnel, Monsieur Saurine. Marguerite parvient à négocier le maintien de l’aumônier l’abbé Lacouture qui n’a pas prêté le serment constitutionnel. Éclaircie de courte durée… Il est remercié et les sœurs voient arriver un certain Larraburu, qui a prêté serment avec cinq autres, dans la cathédrale de Dax, le 23 janvier 1791. Marguerite prend ses responsabilités : les sœurs n’assisteront pas à la messe du nouvel aumônier prévue le 2 juin 1792, ce qui suscite un tollé de protestations de la part des révolutionnaires. Dans la nuit du 3 au 4 juin 1792, les sœurs transportent des effets particuliers chez des personnes amies. Elles sont vues et le lendemain, accusées de tentative de vol. Deux jours d’enquêtes s’en suivent … et l’affaire est close. Mais la suspicion s’installe tandis qu’un autre incident survient : des soldats guéris par les soins des sœurs donnent un bref concert sous la direction d’un musicien de fortune, c’est la fameuse « sérénade de Raoux ». Les sœurs sortent sur leur pas de porte, écoutent la musique, regardent quelques militaires esquisser un pas de danse, applaudissent puis distribuent quelques douceurs ou remplissent des verres. Quelques témoins font immédiatement leur rapport au club des Barnabites de Dax. L’accusation tombe comme un couperet ; la supérieure (toujours elle !), est coupable de « s’être livrée au plaisir et d’avoir abandonné les frères d’armes mutilés en défendant la patrie ».


Au cœur de la Terreur

Le surlendemain, 26 décembre, se présente un dénommé Bouniol qui vient témoigner que « toutes les sœurs étaient des coquines d’aristocrates, débauchant les soldats, qu’elles les prêchent pour aller dans la Vendée, qu’elles font danser et chanter des chansons diaboliques et leur donne de l’argent ». Sœur Marguerite est, entre autres reproches, accusée de détenir des images-prières, des litanies au Sacré-Cœur, emblème de la Vendée. Après Noël, le 15 janvier 1794, le Comité de surveillance lui reproche « son attachement aux croyances et aux pratiques religieuses ». En fait, la supérieure gardait, pour les rendre à toutes les familles, les papiers personnels des soldats décédés, quelles que soient leur origine et leur teneur ! Il était facile ainsi de trouver des pièces compromettantes.


Le procès

Arrive alors à Dax l’imparable Pinet qui part en guerre contre les aristocrates et les « fanatiques ». Il ordonne la construction d’une guillotine sur la place Poyanne ; le 2 mars, des prisonnières des Carmes sont envoyées à Pau. Marguerite n’est pas du voyage. « Je vois bien qu’on m’a gardée pour me faire mourir », ne peut-elle que constater. A l’hôpital, les griefs contre ses compagnes sont les suivants : « D’après les plaintes multipliées que les citoyens font éclater de toutes parts contre les ci-devant Sœurs de Charité, actuellement attachées à l’hôpital de la ville de Dax, qui manifestent dans leur conduite, leurs propos et leurs actions l’aristocratie la plus puante, le fanatisme le plus dangereux, la superstition la plus honteuse…». Elles sont emprisonnées aux Carmes sauf Marguerite Nonique. Le 3 avril, le nom de Marguerite Rutan est proposé pour la guillotine par la commission extraordinaire mise en place par Pinet, pour les motifs suivants : débauche de soldats, incitation à la désertion, comportements aristocratiques et diaboliques, liaison avec un Prince d’Autriche (ce qui laisse perplexe plus d’un historien !). Cinq jours après la rédaction de cet acte de dénonciation, la commission se réunit, le 9 avril, dans la salle du palais épiscopal devenu Hôtel de Ville. Vers une heure de l’après-midi, sont amenés l’abbé Lannelongue et sœur Rutan. Le sort du premier est vite réglé : condamnation immédiate. Marguerite répond avec calme et courage à chaque chef d’accusation. Une dernière fois, elle tente de répondre aux griefs énoncés mais sa voix est couverte par les tambours, sur ordre du Président : « Nous sommes convaincus ». Et l’acte d’accusation introduit le mot-clé de la condamnation : « fanatiques » !.


Le martyre

On conduit les deux prévenus à la prévôté : c’est le mercredi de la Passion. Ils sont attachés dos à dos pour célébrer un mariage républicain. La charrette est entourée de gendarmes et de dragons suivis du bourreau. Le cortège va au pas de charge, rue de l’évêché, rue Cazade, et arrive place Poyanne, à deux pas d’ici. L’abbé est préparé le premier. La sœur ne détourne pas les yeux et assiste au supplice du prêtre ; elle est ensuite parée elle-même, empêche le bourreau de la toucher par respect pour sa virginité et gravit, d’un pas assuré, les marches de l’estrade. Sa tête est tranchée tandis que le bourreau bouscule son corps et le frappe.


Présentation d’affiches révolutionnaires de l’an II pour le district de Dax, par Marie-Claire Duviella

Les Archives départementales des Landes conservent un lot d’affiches imprimées où sont reproduits, sur une très courte période (9 ventôse an II, 27 février 1894 - 3 floréal an II, 22 avril 1794), les arrêtés pris, pour les districts de Dax et de Saint-Sever, par les représentants du peuple « près l’armée des Pyrénées occidentales et les départements environnants », ainsi que des jugements rendus par la commission extraordinaire du tribunal révolutionnaire. Celui-ci, en dix-huit jours, enverra à l’échafaud plus de trente personnes. Parmi elles, sœur Marguerite Rutan, déclarée bienheureuse en 2010 par le pape Benoît XVI et béatifiée à Dax le 19 juin 2011. Dans le style emphatique et ampoulé de l’époque, ces affiches, destinées à être placardées à la vue de tous sur les portes de la maison commune, sont la sinistre expression de la répression sanglante qui prévalut, comme partout, dans notre département.


Présentation de la chapelle de l’hôpital thermal de Dax, au cours d’une visite commentée, par Jacques Pons, directeur des Archives des Landes.


COLLOQUE Klaus du 23 janvier 2010 à Rion-des-Landes

Voilà un an, jour pour jour, les radios annonçaient avec insistance l’arrivée imminente d’une très forte tempête. Ces messages d’alerte, devenus coutumiers dans une société où il faut tout prévenir, nous incitaient vivement à rester à l’abri. Mais pour bon nombre d’entre nous, cette menace ne présentait aucune singularité. Une tempête au mois de janvier, dans un département ouvert aux vents d’ouest… rien d’extraordinaire. Et pourtant… Nous nous trompions. L’inimaginable nous attendait ; le lendemain Klaus était passé par là.

Tout juste un an après, la Société de Borda a souhaité venir à Rion-des-Landes au cœur de ce massif forestier meurtri pour trois raisons précises :


- La première semble évidente. Cette tempête est déjà inscrite dans l’histoire de notre département, elle fera malheureusement « date ». Même avec peu de recul, la Société de Borda se devait d’aborder cette catastrophe, et surtout au-delà de l’émotion, de la resituer dans un contexte historique plus large.

- La seconde s’appuie sur la volonté de la Société de proposer un bilan de la tempête dans un cadre de neutralité qui facilite le dialogue et l’écoute.

- La troisième raison enfin. Par-delà le travail de mémoire et d’histoire immédiate, la Société de Borda souhaitait rendre hommage aux acteurs de l’après-tempête.

Cette journée leur a été dédiée.

Jean-Jacques Taillentou


Par deux fois en l’espace d’une décennie, le grand massif forestier gascon a été frappé par un phénomène météorologique très destructeur : la tempête Martin le 27 décembre 1999 et la tempête Klaus le 24 janvier 2009. Ces sinistres n’ont pas seulement gravement affecté l’économie forestière et la vie quotidienne des populations, les changements climatiques qui semblent les avoir induits imposent une réflexion de fond sur la place à accorder à la forêt, sur la nature de ses essences et des activités économiques de substitution.

Attentive à tous les aspects de la vie landaise, la Société de Borda a organisé, le 23 janvier 2010, à Rion-des-Landes, un colloque important réunissant les principaux responsables des organismes de gestion et de secours de la forêt, des climatologues, historiens et journalistes. Y participait un public nombreux comprenant des propriétaires forestiers, des témoins et des adhérents. Nous ne ferons qu’esquisser l’apport des intervenants car l’intégralité des communications sera publiée dans un numéro spécial.


Le thème de la matinée, intitulé « Mémoire de Klaus : retour après tempête » fit intervenir successivement : M. Yves Lesgourgues, directeur du centre régional de la propriété forestière d’Aquitaine qui a présenté un lourd premier bilan (le bilan définitif n’étant pas encore possible) et une comparaison des dégâts avec ceux de la tempête Martin dont les effets n’étaient pas encore cicatrisés, M. Joël Goyheneix, maire de Rion-des-Landes montra avec une pointe d’humour comment, en l’absence d’électricité, les structures administratives se trouvent désarmées. Intervinrent ensuite le lieutenant-colonel Jean-Marc Antonini, chef du groupement opération SDIS des Landes, Benoît Bodennec, directeur de la DFCI des Landes et le colonel (cr) Jean-Pierre Brèthes, chef du centre opérationnel militaire des Landes qui montrèrent les lourdes et délicates opérations qu’ils eurent à assumer, en particulier auprès des populations isolées en détresse. Voici comment le colonel Brèthes résumé par exemple le rôle de l’armée : « Outre les missions les plus diverses qui ont été effectuées, comme la livraison de bâches, de palettes d’eau en bouteilles, la fourniture de plaques de désensablage ou de divers moyens d’hébergement, les armées ont engagé des avions de reconnaissance, 10 hélicoptères de manœuvre, une cinquantaine d’engins lourds du génie avec leur porte-engins, quatre camions-citernes tactiques et cent groupes électrogènes dont certains à grande capacité. Mais surtout, parce que c’était ce que les Landais ont retenu, ce sont plusieurs milliers d’hommes qui sont venus à tour de rôle, de toute la France, pour dégager nos routes et nos villages. Au plus fort de l’action, près de 1 500 hommes ont été déployés sur les 90 364 km2 (près d’un million d’hectares) de notre département ; au total, par prélèvement sur 32 régiments et bases aériennes de toute la France, ce sont 15 692 hommes-jour qui ont été fournis par les armées. Il s’agit d’une des plus grandes opérations intérieures (OPINT) depuis la suspension de conscription ».


Une table ronde autour du thème « Les médias dans la tempête », réunissant des journalistes : Henri Stassinet pour Radio France Bleu et Jean-Pierre Dorian pour le quotidien Sud-Ouest, montra comment les représentants des médias furent à la fois les témoins privilégiés de la situation générale mais en même temps des acteurs qui alertaient, rassuraient, informaient (y compris les secours).

Ces interventions furent suivies de discussions qui attestèrent non seulement de l’intérêt de l’auditoire, mais aussi de l’impact du sinistre.


L’après-midi du colloque prit une forme plus connue des auditeurs des séances mensuelles de la Société de Borda, celle d’une réflexion sur le long terme intitulée : « Vers une histoire des fléaux de la forêt landaise ».


Emmanuel Garnier, enseignant chercheur au centre de recherche d’histoire quantitative, montra comment la patiente collecte de mentions de phénomènes plus ou moins exceptionnels auprès des sources les plus diverses, permet d’entrecroiser ces observations pour aboutir à une analyse cohérente. La présentation de « Cinq siècles de tempêtes dans les forêts françaises » met en évidence que Martin et Klaus ne sont pas des phénomènes nouveaux.

Les dégâts occasionnés par le vent ne se limitent pas au volume des chablis, des pins cassés, des lignes électriques ou téléphoniques abattues ou aux bâtiments endommagés. À plus long terme la modification des milieux (un pin abattu livré à lui-même dégagera une tonne de gaz carbonique) induisent des transformations subtiles, difficiles à prévoir et souvent perverses, comme le fait apparaître l’intervention de Gilles Granereau de l’ONF à qui nous empruntons les lignes suivantes : « Les phénomènes météorologiques que nous subissons régulièrement, sont assez mal connus : une présentation très synthétique de ceux qui affectent notre région s’impose par conséquent. Bien entendu, les vents sont évoqués en priorité, mais n’oublions pas que le froid, l’orage, la sécheresse, l’excès (ou l’absence !) d’eau constituent également des fléaux susceptibles de porter atteinte aux peuplements forestiers. Ce qui est également moins connu, ce sont les adversités biotiques, qui surviennent souvent après un aléa météorologique : insectes et champignons se font remarquer dans ce domaine, avec un grand nombre d’espèces, parmi lesquelles la chenille processionnaire qui actuellement (début 2010) profite de la situation d’après-Klaus pour s’épandre largement dans le massif, défoliant les pins.

Mais ces « aléas » ont-ils sévi également par le passé ? La réponse est oui, sans ambiguïté, et si l’on ne prend que le vent comme référence, des tempêtes comparables à Klaus sont déjà passées par nos Landes, avant ou après leur boisement… Et plus récemment, le régime des tempêtes semble avoir subi des modifications.

Ceci amène à se questionner sur le futur, notamment autour du débat qui porte sur des certitudes annoncées de « changement climatique » : et si ces changements n’étaient pas, tout simplement, des aléas climatiques, qui, par définition, semblent sévir de façon aléatoire et cyclique ? Et face aux affirmations de certains, ne faut-il pas revenir à une position plus pragmatique, prenant en compte plus globalement l’ensemble des aléas ? Une maxime de La Rochefoucauld peut résumer la conclusion : Il vaut mieux employer notre esprit à supporter les infortunes qui nous arrivent qu’à prévoir celles qui nous peuvent arriver ».

Jean-Pierre Lescarret enfin, dans une « introduction à l’étude des incendies dans le massif gascon », invita à multiplier les recherches sur cet autre fléau -longtemps le plus destructeur de nos forêts - le feu. Ce qui est déjà connu montre une évolution de leurs causes et une adaptation parallèle des moyens de lutte. Depuis quelques décennies, la moyenne des surfaces détruites par incendie ne cesse de diminuer, preuve de l’efficacité croissante des moyens de lutte. Par contre, le nombre d’incendies ne baisse pas, phénomène explicable en partie par la fréquentation croissante de la forêt, en particulier par des citadins, des vacanciers, des voyageurs. Ceci doit inciter à beaucoup de vigilance.


Le Parc naturel régional des Landes de Gascogne organisa les 5 et 6 février 2010, dans l’Écomusée de Marquèze à Sabres, un deuxième colloque : « Les Landes de Gascogne à l’épreuve de la tempête ». Une place plus importante y a été donnée au témoignage des victimes et à l’évaluation des dégâts dans le cadre géographique du Parc.

Le complémentarité de ces deux colloques a incité leurs organisateurs à publier les Actes dans un ouvrage commun à paraître.


Jean-Pierre Lescarret



Colloque AQUITANIA, à Dax, les 25 et 26 septembre 2009

L’eau : usages, risques et représentations, dans le Sud-Ouest de la Gaule et le Nord de la péninsule Ibérique (IIe siècle avant J.-C. - VIe siècle après J.-C.).


Vendredi 25 septembre

9h - Accueil des participants à l’Institut du Thermalisme.

9h 30 - Inauguration, interventions diverses.


* Eau et milieu naturel


10h 40 - Introduction par Philippe Leveau : Attraits et risques de l’eau.

11h 10 - Cécile Allinne et Maria Pilar Galve : Archéologie du risque d’inondation et gestion des zons humides en milieu urbain : l’exemple de Saragosse (Aragon, Espagne).

11h 30 - Pierre Regaldo : le Peugue médiéval et l’antique Devèze : données et hypothèses pour une histoire hydrographique de Bordeaux.

11h 50 - Robert Sablayrolles : Fallait-il penser à évacuer l’eau avant de l’amener ? Les collecteurs de la capitale des Convènes.

12h 10 - Discussion.                                        12h 30 - Déjeuner.


* L’eau et les mines

14 h - Claude Domergue : Les exploitations aurifères hydrauliques romaines du Nord-Ouest de l’Espagne. à propos de publications récentes.

14h 20 - Jean-Louis Bordes : à propos de l’utilisation de l’eau pour transporter des matériaux à l’époque romaine, le cas des mines de Las Médulas (Province de León, Espagne).

14h 40 - Mertxe Urteaga : Minería romana en Oiasso : planificación de las labores extractivas y ordenación del territorio.

15h - Bruno Ancel : Les galeries d’exhaure de la mine antique de Banca (Pyrénées- Atlantiques).

15h 20 - Discussion.                                        15h 40 - Pause.


* Les campagnes

16h - Introduction, par Pierre Sillières.

16h 20 - Carlotta Franceschelli et Frédéric Trément : Milieux humides et gestion hydraulique dans le Grand Marais de Limagne à l’époque romaine (Puy-de-Dôme).

16h 40 - Laurent Callegarin, François Réchin et Christian Darles : Habiter et aménager l’espace au bord de l’eau dans le piémont pyrénéen durant l’Antiquité, quelques exemples sud-aquitains.

17h - Manuel Martín Bueno et Angelines Magallón : Hidráulica romana en el Valle Medio del Ebro.

17h 20 - Sébastien Cabes : Le rôle de l’eau dans les implantations des villae aquitano-romaines.

17h 40 - Discussion.

19h - Réception à la mairie de Dax.


Samedi 26 septembre

* Eaux, cultes et guérisons

9h - Introduction, par Pierre Aupert.

9h 20 - Silvia González Soutelo : Los establecimientos de aguas mineromedicinales en el mundo romano : un modelo de estudio aplicado al Noroeste de la Península Ibérica.

9h 40 - Javier Andreu Pintado : Perfil social del usuario de las aguas mineromedicinales hispanas en época romana.

10h - José Manuel Iglesias Gil et Alicia Ruiz Gutiérrez : Cultos, supersticiones y usos terapéuticos de las aguas en el área central de la Cordillera Cantábrica.

10h - Discussion.                                                                             10h 40 -  Pause.


* L’eau et la ville

11h - Introduction, par Pierre Aupert et Alain Bouet.

11h 20 - Soizic Bezault, Anne Colin et Florence Verdin : L’approvisionnement en eau des habitats au second âge du Fer entre la Loire et les Pyrénées.

11h 40 - Jean-Marc Féménias : Le puits du quartier Mont-Louis à Saintes (Charente-Maritime) : pour une nouvelle approche de l’archéologie des puits antiques.

12h - Georges Fabre et Jean-Louis Paillet : L’adduction et l’évacuation des eaux dans le macellum de Saint-Bertrand-de-Comminges.

12h 20 - Cécile Doulan, David Hourcade, Gabriel Rocque et Sandra Sicard : L’eau à Cassinomagus (Chassenon, Charente) : transport et usages.

12h 40 - Discussion.                                                                        13h - Déjeuner.


14h 30 - Didier Rigal : L’aqueduc gallo-romain de Cahors et ses captages.

14h 50 - Xavier Charpentier : L’aqueduc gallo-romain de Bordeaux. Nouvelles recherches et nouvelles connaissances.

15h 10 - Jean-Louis Hillairet : Nouveautés sur les aqueducs antiques de Saintes.

15h 30 - Discussion.                                                                        15h 50 - Pause.

16h 10 - Núria Romaní Sala : Novedades entorno a la ingeniería hidráulica en el noroeste del Conventus tarraconensis : un sistema de eliminación del aire en la red de distribución hídrica de la ciudad romana de Iesso (Guissona, Cataluña).

16h 30 - Frédéric Gerber : Le lacus des Hospitalières (Poitiers, Vienne).

16h 50 - Alain Bouet : Les fontaines en Aquitaine.

17h 10 - Discussion.

17h 30 - Clôture du colloque.

20h - Dîner de gala au Splendid de Dax.




COLLOQUE « Abbaye de Saint-Sever. Nouvelles approches documentaires (988-1359) », les 13-14 septembre 2008 à Saint-Sever


Nous connaissons tous l’abbatiale de Saint-Sever dans son état actuel, mais connaissons-nous son origine et son rayonnement ? Le dernier colloque de Saint-Sever a présenté de nouvelles approches documentaires pour la période de 988 à 1359.

Durant tout le Moyen Âge, l’abbaye de Saint-Sever a joui d’une puissance et d’un prestige et exercé un rayonnement véritablement uniques dans toute la Gascogne. Son histoire est pourtant demeurée jusqu’ici assez mal connue, non seulement des amateurs et des curieux, mais également des spécialistes, en raison de la dispersion et de la difficulté d’accès des documents, pour la plupart en latin, parfois en gascon ancien, qui la relatent. Étant donné l’intérêt suscité par l’édition du Cartulaire de la cathédrale de Dax, il a donc paru utile de regrouper les plus anciens de ces documents, de les traduire, et de les publier, pour les mettre à la portée du plus grand nombre : l’ouvrage, qui présentera les documents conservés depuis la fondation de l’abbaye, le 14 septembre 988, jusqu’à la division des revenus et leur répartition entre l’abbé et les religieux qui marquent la fin d’une pratique rigoureuse de la règle monastique, le 3 avril 1359, doit paraître au printemps prochain. En complément, sera présenté un ensemble de textes hagiographiques rapportant l’histoire légendaire de saint Sever.

Un éclairage sur des évolutions très complexes

Du fait de la durée couverte, ces documents révèlent l’existence de profonds changements intervenus dans la situation de l’abbaye, mais aussi de toute la Gascogne, au cours de ces quelque 370 années. Comme pour le Cartulaire de Dax, et bien plus encore, il était donc nécessaire de demander à d’éminents spécialistes d’éclairer ces évolutions très complexes. C’est ce qui a été réalisé les 13 et 14 septembre dernier, dans un petit colloque organisé par la Société de Borda et le Cehag, et auquel ont assisté plus de 250 participants.

Analyse des documents

La première journée de ce colloque a porté plus directement sur l’analyse des documents et des évolutions qu’ils révèlent par les communications suivantes :

Jean CABANOT, Quand Saint-Sever se nommait Palestrion.

Georges PON, Les sources de l’édition des documents anciens de Saint-Sever.

Jean CABANOT et Georges PON, Les origines de l’abbaye de Saint-Sever : de la légende à la fondation.

Christophe BAILLET, Melius est sperare in Domino quam sperare in principibus (Ps. 117) : une lecture du dossier hagiographique de Saint-Sever.

Bernadette SUAU, Le temporel de l’abbaye de Saint-Sever : nouvel état de la question.

Benoît CURSENTE, Les statuts de l’abbé Suavius. La seigneurie monastique et la formation du bourg de Saint-Sever (fin XIe - début XIIIe siècle).

Frédéric BOUTOULLE, L’abbaye de Saint-Sever dans la politique des premiers Plantagenêts (seconde moitié du XIIe siècle).

Patrice BARNABE, L’abbé dans le siècle : ses relations avec le duc d’Aquitaine et les Saint-Séverins (début XIIIe siècle - 1360).

Judicaël PETROWISTE, Un bourg marchand exemplaire ? L’acitivité économique à Saint-Sever d’après le tarif du péage du milieu du XIIIe siècle.

Xavier RAVIER, Histoire de moulins en Pardiac et en Gascogne landaise (Saint-Sever). Les particularités du gascon médiéval landais.

Dans la soirée, un concert donné par Christophe Piédoux a mis en valeur les qualités exceptionnelles des grandes orgues de l’abbatiale.

Le développement de l’abbaye

La seconde journée a été consacrée aux aspects culturels et artistiques du développement de l’abbaye :

Jean CABANOT, L’abbatiale de Saint-Sever : perspectives nouvelles.

Laurence CABRERO-RAVEL, Le Beatus de Saint-Sever : un état de la question.

Visite de l’abbatiale et de l’abbaye

Au fil de ces conférences, c’est la connaissance de toute la Gascogne, et, plus particulièrement, d’un grand nombre de communes et de lieux dits de notre région qui s’est considérablement enrichie. Nul doute que la publication de cet ensemble conjointement à celle des documents anciens de l’abbaye fournira au chercheur comme au curieux de précieux renseignements.

Père Jean Cabanot

COLLOQUE « Cent ans de rugby landais », le 17 mai 2008 à Saint-Vincent-de-Tyrosse


Alors que l’Union Sportive Tyrossaise fête dignement son centenaire, il a semblé opportun à la Société de Borda d’aborder le thème du Rugby, sport emblématique de notre département, qui contribue au patrimoine landais par son passé, son palmarès et son empreinte sociale. Réunies dans la salle de cinéma de Saint-Vincent-de-Tyrosse, près de 80 personnes ont assisté à ce colloque sous la présidence commune de Mme le maire, Michèle Labeyrie, du président de l’U.S.T., Michel Duffranc et du président de la Société de Borda, le Dr Jean Peyresblanques.

La matinée était articulée autour de cinq thèmes permettant de dresser un panorama du rugby landais, que ce soit sur le plan historique, anthropologique ou sportif. Après un buffet convivial où la passion du « sport roi » enflammait les conversations, l’après-midi fut consacrée aux clubs landais centenaires. Des dirigeants de Saint-Vincent-de-Tyrosse, Dax, Soustons, Léon, Habas, Peyrehorade, Saint-Sever, Boucau-Tarnos, Mont-de-Marsan, Labouheyre, Morcenx et Roquefort purent ainsi évoquer souvent avec verve et enthousiasme un siècle de rugby à travers leur club respectif.

Jean-Michel DUJAS, À l’origine du rugby landais (1890-1914)

De 1890 à 1914, le rugby dans les Landes passe du jeu scolaire très localisé (Mont-de-Marsan essentiellement) au sport, déjà correctement implanté, ayant une assise sociale plus large. De 1890 au début du XXe s., la pratique du rugby s’intègre dans celle de l’éducation physique « à l’anglaise » c’est-à-dire de plein air, qui s’impose peu à peu notamment à l’école où elle devient obligatoire à la fin du IIe Empire. Les raisons de cet essor sont sanitaires et hygiéniques, mais aussi patriotiques, l’école devant former -intellectuellement et physiquement- les futurs soldats de la « Revanche ». Ces motivations sont celles du Dr Tissie, créateur en 1888 de la Ligue girondine d’éducation physique, qui organise avec les autorités académiques à partir de 1890, les lendits -tournois scolaires- du Sud-Ouest, où s’affrontent dans une douzaine de disciplines, des équipes (portant des noms de fleurs) de collèges et de lycées. C’est ainsi que naissent les « Boutons d’Or » de Mont-de-Marsan qui gagnent à quatre reprises (1891, 1893, 1894 et 1903) et brillent particulièrement dans le jeu de barrette, succédané de rugby, auquel Tissie est attaché à cause de ses vertus « guerrières »… et de son nom bien français, qui lui permet de ne pas céder à l’anglomanie sportive ambiante. Mais c’est bien le rugby qui est pratiqué dans les lendits -que lepublic montois a l’occasion de voir lors des deux éditions montoises de 1894 et 1903- et à partir de 1893, ce sont les règles de l’USFSA (Union des sociétés françaises de sports athlétiques) qui sont officiellement adoptées par les organisateurs de lendits. On joue au rugby sans le dire.

Le lycée montois étant le seul du département, recrutant non seulement dans les Landes, mais aussi à cause du caractère « spécial » de son enseignement dans tout le grand Sud-Ouest, est un ferment de la propagation du rugby. Les lycéens ramènent le rugby dans leur commune d’origine ; pour certains devenus étudiants, ils vont à Bordeaux où ils peuvent jouer au SBUC, qui domine le rugby français de 1899 à 1911 (12 finales et 7 victoires dans le Championnat de France), voire au BEC. Un autre facteur réside dans la situation du département, pris dans le « triangle rugbystique » Bordeaux-Pau-Biarritz (et Bayonne) où tourisme et poids des communautés britanniques ont contribué à introduire le jeu. Le jeu scolaire se développe, les « Boutons d’Or » sont souvent champions académiques, et champions de France interscolaires en 1913 ; à Dax, l’école normale et l’école primaire supérieure créent respectivement les « Martinets » et les « Genêts ». Au début du XXe s., le rugby touche d’autres milieux dont l’armée (l’équipe du 34e R.I. est championne de France militaire en 1912 et 1913) et après quelques tâtonnements, un plus grand public, avec la naissance des clubs civils, pour lesquels on distingue trois étapes de fondation:

- 1901-1905 : six clubs essentiellement dans le Sud, dont Soustons, le 1er club landais.

- 1906-1910 : treize clubs dans les vallées (Adour, Midouze et gaves) dont l’U.S. Dax (1904) et le Stade Montois (1908).

- 1911-1914 : trois clubs dans des gros bourgs de la lande.

Désormais, le rugby, dénommé Foot-Ball ou Foot-Ball-Rugby quand il s’agit de le distinguer du Foot-Ball association - qui au début du XXe s., devient son rival en particulier par l’intermédiaire des patronages catholiques - a des pratiquants, un public, des règles progressivement assimilées, des structures et des dirigeants souvent liés aux milieux républicains laïcs et maçonniques. Dans les Landes, le rugby suit la trajectoire vérifiée sur le plan national : des associations scolaires aux clubs civils, de la ville aux bourgs, des élites aux classes moyennes. Les principaux clubs landais (le Stade Montois et surtout l’U.S. Dax) restent modestes par rapport aux voisins de Bordeaux et Bayonne (l’Aviron Bayonnais est champion de France en 1913) et si les premiers internationaux landais apparaissent, ce n’est pas sous un maillot d’un club départemental.

En 1914, le parcours est à achever, le rugby doit gagner les campagnes et les classes populaires. C’est le brassage social des tranchées et le travail des instituteurs -le rugby glissant des lycées aux écoles normales pour atteindre ainsi l’école primaire- qui achèveront l’œuvre.


Jean-Jacques TAILLENTOU, Apport du rugby landais au rugby français

Cette communication devait être présentée par Jean Dubasque, président. du Comité départemental, véritable mémoire et encyclopédie du rugby landais. Malheureusement, la douleur du décès de son épouse quelques jours avant cette manifestation l’empêchait d’intervenir dans le cadre de cette journée, plutôt festive. J.-J. Taillentou le remplaçait donc au dernier moment. Pour l’auteur de cette communication, l’apport du rugby landais au rugby français se traduisait par cinq constats :

- le rugby landais, réservoir de joueurs de l’équipe de France. De Maurice Boyau (1912) à Julien Peyrelongue (2004), les rugbymen landais ont largement et constamment étoffé l’équipe nationale,

- la présence répétée de capitaines landais à la tête de l’équipe de France, le dernier en date étant Raphaël Ibanez,

- des entraîneurs à la tête des équipes de France comme Toto Desclaux ou plus récemment Daniel Dupouy, entraîneur de l’équipe de France féminine,

- des dirigeants d’envergure nationale tels Crabos ou Eluère, présidents de la Fédération Française de Rugby, Gaston Lesbats vice-président et président charismatique du puissant Comité de Côte Basque, ou encore aujourd’hui Jean-Pierre Lux président du l’ERC (European Rugby Cup),

- Enfin, des clubs landais, champions de France dans toutes les catégories d’âge et à tous les niveaux, de la 4e série à la première division.


Bruno MAGNES, Le rugby féminin dans les Landes

Si le rugby féminin est apparu en France en 1968, il a fallu attendre la fin des années 80 pour voir le ballon ovale se conjuguer au féminin dans notre département. L’ouverture est née d’un défi lancé par des filles d’Herm à leurs homologues lixoises, dans le cadre d’une fête locale. Très vite, des clubs ont fleuri ici et là, de Biscarrosse à Peyrehorade en passant par Soustons.

Revivez trois décennies de rebonds capricieux en terre d’ovalie, en compagnie de joueuses qui allient la grâce et l’engagement physique.

À l’instar des Hermoises, quintuples championnes de France.


Bernard TRAIMOND, La fin du rugby des villages

Les brusques transformations qu’a connues le rugby, nouvelles règles, professionnalisation… ont profondément agressé ce que l’on a appelé, à partir d’exemples landais, le « rugby des villages ». Comment cette nouvelle situation a-t-elle été ressentie ? L’examen des réactions à cette tranformation donne des résultats surprenants. Curieusement, l’accent est surtout mis sur les causes internes des difficultés - conflits, attitudes, abandons…- alors que les décisions imposées de l’extérieur sont souvent minimisées.


Pierre ALBALADEJO, Réflexions sur le rugby

Le rugby, en cette nouvelle saison 2008-2009, s’apprête à revivre la déception des résultats sportifs de la dernière Coupe du Monde, encore présente. Comme si le jeu n’en valait pas la chandelle !

Par contre, saluons l’impact médiatique important suscité par cet événement. Nous avons montré que la France pouvait être une terre d’accueil, l’esprit du rugby y fut exemplaire. Des jeunes pratiquants affluent de toutes parts. Puissions-nous leur offrir des éducateurs compétents.

Ce n’est qu’après avoir appris à jouer et à bien se tenir que viendra l’heure d’apprendre à gagner, c’est là toute notre différence.



COLLOQUE sur la forêt le 20 octobre 2007 à Pissos

 

Près d’une centaine de personnes venues de tout le département et de la Haute Lande en particulier ont assisté au colloque, à la mairie de Pissos. Autour du président Jean Peyresblanques, beaucoup de passionnés de la forêt landaise et de son histoire avaient pris place pour écouter huit communications.


Jean-Claude OLLAGNIER, Le Parc Naturel régional des Landes de Gascogne et Jean-Pierre Duplé

La décision de l’aménagement de la côte aquitaine fut presque concomitante avec celle de l’État qui consistait à créer des parcs naturels régionaux en France en 1967. L’arrivée de Jean-Pierre Duplé à  « Marquèze », lieu-dit du futur écomusée, ne peut s’expliquer que par l’histoire du parc naturel régional des vallées de la Leyre et du val de l’Eyre devenu le Parc naturel régional des Landes de Gascogne. Les études préliminaires pour la création de l’écomusée ayant été déjà réalisées par Pierre Toulgouat, les achats des premiers terrains avec les habitations et bâtiments d’exploitation furent réalisés dès 1968 en moins d’une année. La résurrection architecturale du quartier de « Marquèze » sera l’œuvre d’un artisan d’exception J.-P. Duplé qui effectuera, pour la première fois dans les Landes, le démontage, le transport, le remontage et la restauration de bâtiments répertoriés suivant une méthodologie particulière. Celle-ci avait été définie par un groupe de travail présidé par Georges-Henri Rivière, créateur du musée des Arts et Traditions populaires au Palais de Chaillot, avec le conseil scientifique du musée d’Aquitaine à Bordeaux.


Jean TUCOO-CHALA et Jean-Claude OLLAGNIER, Pierre Toulgouat, le musée forestier d’Hossegor et sa contribution à l’écomusée de la Grande Lande

De 1938 à 1945 un projet original, le musée forestier d’Hossegor, a joué un rôle précurseur en matière de recherches ethnographiques et de muséographie. À partir de 1969, cette expérience est venue enrichir le futur Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne et le site de Marquèze.


Hervé GOULAZE, Les chênes de la forêt landaise

H. Goulaze apporte d’importantes précisions sur le rôle et l’ancienneté du chêne dans l’aménagement des airiaux landais, très menacés aujourd’hui.


Jacques MARSAN (+), Le pin « arranguat »

Très vieux pins gemmés à mort et qui prennent avec le temps la forme de bouteille avant d’éclater. Témoins disparus ou rarissimes.


Bernard BATS, Les pignadas dans la région de Tartas à la fin du XVIIIe s. d’après les fonds notariaux

B. Bats, qui travaille  sur les fonds notariaux de la région de Tartas à la fin du XVIIIe s., démontra que les Landais n’ont pas attendu Napoléon III pour exploiter les pinhadars : bûcheronnage, moulins à scie, fours à goudron, flottage sur la Midouze (…) faisaient déjà partie du paysage économique. B. Bats présente successivement l’économie de la gemme avec ses instruments spécifiques, les rapports propriétaires / gemmeurs et la commercialisation de la résine ; l’exploitation du bois d’œuvre, sa transformation et sa vente ; les divers sous-produits. En conclusion, il constate, dans le paysage, une coexistence entre terres labourables, parcours à bétail et pignadas, lequel connaît une expansion notable dans ces deux décennies.


Jacques MARSAN (+), Évolution des prix de 1899 à 1914 de la forêt landaise

Se basant sur les publications de Dromart, Rabaté et Larroquette, ainsi que sur une enquête personnelle, J. Marsan montre que le bois rapportait plus que la gemme et établit des comparaisons avec l’époque actuelle. Une échelle des équivalences monétaires du dernier numéro du Particulier permet de se faire une idée de l’érosion du prix du pin et de ses fluctuations.


Gilles GRANEREAU, Arbres des Landes et du voisinage… ou de la Lande d’antan à l’arbre d’aujourd’hui

On ne peut parler des arbres de la Lande sans évoquer les boisements aquitains ; selon les caractéristiques locales (sol, climat), la végétation s’exprime différemment. Les principales espèces d’arbres et d’arbustes, présentées ici de façon non exhaustive, sont le reflet d’une longue évolution dans laquelle l’homme a pu jouer un rôle - positif ou négatif. Les paysages de la lande d’antan sont la clé de cette évolution et certainement que le pâturage, par son caractère extensif, a su assurer la conservation de la flore « naturelle », bien qu’elle soit aujourd’hui cantonnée sur des superficies beaucoup moins conséquentes qu’autrefois, les cultures agricoles ou forestières ayant été quasiment généralisées. Ceci conduit à la constitution de « refuges écologiques », où la diversité végétale est très grande, mais sur des surfaces restreintes. Et cela permet par ailleurs d’évoquer en conclusion la conservation de ces espaces pour les générations futures.


Bénédicte BOYRIE-FENIE, Toponymie landaise de l’arbre

Pour traiter ce sujet, il a été nécessaire de dégager un axe de travail qui permette d’appréhender un  héritage à la fois naturel et humain atypique dans une aire géographique aussi artificielle que celle de notre département. C’est donc l’originalité du biotope landais, en marge de tout schéma traditionnel, qui constitue le thème principal de cette contribution à la connaissance du boisement dans notre aire géographique. Des terres lourdes de la Chalosse et du Tursan aux sables des « Landes », la première partie de l’exposé aborde l’hétérogénéité des milieux  déclinée dans le champ lexical de la forêt et des bosquets : confins boisés et lieux habités, forêts « usagères » du Born, « forêt-galerie » du bassin de l’Eyre, « courants » des Landes littorales et enfin, espace domestique du casau et de l’airial. Un second volet rend compte de l’importance des arbres isolés, repères majeurs sur la lande originelle, et des premiers pinhadars précurseurs de la forêt industrielle. Un dernier paragraphe, fondé sur les données cadastrales, illustre les contrastes entre les différents types de terroirs. Quelques remarques en guise de conclusion tentent enfin de cerner, essentiellement à la lumière de l’œuvre d’Arnaudin, ce qu’est le saltus en tant qu’espace « vécu ».



Comptes rendus des colloques et congrès : 2012

Congrès organisé par la Fédération historique du Sud-Ouest (FHSO) et la Société de Borda les 6 et 7 octobre 2012



Comptes rendus des colloques et congrès : 2011

Journée d’études du 18 juin 2011 ;« Sœur Rutan et Dax au XVIIIe siècle »



Comptes rendus des colloques et congrès : 2010

COLLOQUE Klaus du 23 janvier 2010 à Rion-des-Landes





Comptes rendus des colloques et congrès : 2009

Colloque AQUITANIA, à Dax, les 25 et 26 septembre 2009





Comptes rendus des colloques et congrès : 2008

COLLOQUE « Abbaye de Saint-Sever. Nouvelles approches documentaires (988-1359) », 13-14 septembre 2008

COLLOQUE « Cent ans de rugby landais », le 17 mai 2008 à Saint-Vincent-de-Tyrosse




Comptes rendus des colloques et congrès : 2007

COLLOQUE sur la forêt le 20 octobre 2007 à Pissos



Colloques et congrès

Compte rendu du colloque : « Les Landes romaines », 16 décembre 2017 à DAX, salle n°1 des Halles



Pour clôturer l’année, la Société a choisi d’organiser un colloque thématique qui a réuni des universitaires, des historiens de l’Antiquité, des chercheurs, plusieurs membres du CRAL (Centre de Recherches Archéologiques sur les Landes), de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) chargés de chantier de fouilles par le SRA (Service régional de l’archéologie), des numismates et toponymistes ainsi que de nombreux jeunes chercheurs, étudiants et érudits locaux. La Journée d’études, qui fera l’objet d’un prochain ouvrage de la Société, a permis de faire un état des lieux aussi précis que possible sur la présence pré-romaine et romaine dans les Landes, de mettre en lumière les plus récentes découvertes archéologiques, et tout particulièrement de montrer l’évolution des méthodes de prospections au cours de ces toutes dernières années.

Au cours de la matinée, présidée par Jean-Jacques Taillentou, quatre communications ont été présentées devant un auditoire nombreux et motivé (plus de 200 personnes) venu des quatre coins des Landes mais aussi des départements voisins.


Hervé Barrouquère : Les acteurs et méthodes de l’archéologie dans les Landes

Les Landes, territoire longtemps supposé sans histoire, sans passé, ne sont pas en marge de la recherche archéologique. Grands travaux d’aménagement ou programmes régionaux d’études mobilisent des équipes différentes sur le terrain. Archéologues du milieu associatif, de l’Université ou de l’archéologie préventive, tous sont complémentaires et écrivent, prospection après prospection, fouille après fouille, l’Histoire de notre territoire. 


Philippe Gardes : Les Landes à la veille de la conquête romaine

Les Landes se situent en plein cœur de l’Aquitaine pré-romaine et ont abrité plusieurs peuples indigènes mentionnés par les sources écrites gréco-latines. Cependant, la géographie ethnique du territoire landais reste difficile à définir dans le détail en raison du caractère lapidaire et de la partialité des premiers témoignages. En fait, l’essentiel de nos connaissances sur la fin de l’âge du Fer provient de l’archéologie, même si les études sont encore freinées par le poids de l’historiographie et du paradigme pastoral, par le déficit de recherches et par les incertitudes quant à l’identification de la culture matérielle locale.

Malgré tout, plusieurs types d’habitats transparaissent à travers les données archéologiques disponibles. Parmi la centaine de sites fortifiés identifiés dans les Landes, une dizaine se rapporte à la fin de l’âge du Fer. Parmi ceux-ci, on peut distinguer des établissements d’importance, dépassant les 8-10 ha et comprenant des structures défensives massives. Des fortifications secondaires sont également attestées mais les recherches récentes ont surtout permis d’identifier des sites ruraux, à vocation agro-pastorale.

Loin des lieux communs véhiculés jusqu’à une époque récente, la région connaît un développement économique important durant les deux derniers siècles avant notre ère. Celui-ci se note en particulier à travers la diffusion du vin italien, dont témoignent les amphores italiques, puis de Tarraconnaise, mais aussi par l’essor des monnayages. Au bilan, si l’état des recherches peut altérer notre perception, il apparaît clairement que le territoire landais s’inscrit dans le mouvement général de mutation des sociétés à la fin de l’âge du Fer en Gaule.


Jean-Pierre Brèthes et Marc Houzé : La bataille d’Aquitaine. Prospections archéologiques

Première partie : Les données de la question par Jean-Pierre Brèthes

En 56 av. J.C. Publius Licinius Crassus entre en Aquitaine à la tête d’environ dix mille hommes. Après avoir balayé le peuple atypique, et bien peu aquitain, des Sotiates, le légat se heurte à la coalition des Aquitains, renforcés et encadrés par des transpyrénéens, qui installent un camp romain quelque part au nord de l’Adour. Ils sont cinquante mille, nous dit César. Il s’agit de retrouver ce site  unique dans toute la guerre en Gaule, puisque deux camps romains se font face à peu de distance.


Deuxième partie : La prospection archéologique par Marc Houzé

Une association de spécialistes, agréés par le Service Régional d’Archéologie et forts d’une expérience reconnue dans ce domaine, lance une vaste prospection avec des détecteurs de métaux. La démarche générale est présentée : formation sur les traces métalliques d’une légion romaine, relevé des parcelles cadastrales concernées, démarchage auprès de tous les propriétaires qui ont donné leur accord, protocole de recherche sur le terrain, méthodologie et relevé des découvertes éventuelles.


Benoît Pace : L’aménagement du territoire landais à l’époque antique

La communication a pour objectif de questionner les modalités d’organisation et d’usage du territoire landais dans la province d’Aquitaine méridionale à l’époque romaine. Si les nombreuses opérations archéologiques et découvertes fortuites effectuées depuis le XIXe siècle ont permis de renouveler fondamentalement l’image archéologique de ces espaces, ces données n’ont – faute d’outils adéquats – que peu été abordées d’un point de vue spatial, et n’ont souvent été étudiés que dans leur contexte archéologique et environnemental direct.

Dans ce cadre, les Systèmes d’Informations Géographiques (S.I.G.) constituent des outils particulièrement efficaces permettant de rassembler, d’organiser, de gérer, de modéliser et de présenter des informations localisées géographiquement afin de contribuer à une meilleure compréhension des espaces. Cette logique a été progressivement intégrée aux réflexions archéologiques depuis les années 1990, via l’application de méthodes d’analyse permettant de mieux comprendre l’imbrication de ces découvertes les unes par rapports aux autres, ainsi que les interactions des sociétés humaines dans l’espace.

Loin de se limiter à un simple point de vue général sur ces territoires, la logique de spatialisation des données nécessite une véritable réflexion sur la nature des vestiges archéologiques afin de comprendre leurs caractéristiques propres et leurs relations avec l’environnement. La modélisation de ces espaces repose également sur l’élaboration de typologies critiques des établissements, tout en questionnant leurs dynamiques au cours du temps.

Notre approche des Landes romaines se fera ici en questionnant l’organisation de ces espaces par le biais de comparaison avec les territoires voisins, soulevant ainsi des originalités ou des spécificités à l’échelle de cette province entre Garonne et Pyrénées.


Après le déjeuner pris à la brasserie des Halles, six communications ont été présentées, devant un public tout aussi nombreux (environ 250 personnes) sous la présidence d’Hervé Barrouquère, le modérateur des intervenants de l’après-midi :


Bénédicte Fénié : La toponymie antique des noms de paroisses

Sur les quelque 330 communes landaises, près d'un tiers portent un nom remontant à l'Antiquité. Ces toponymes se partagent presque équitablement entre appellatifs antérieurs à la romanisation (période aquitanique) et noms issus de l'apport de nouveaux arrivants après la Conquête. Les vestiges archéologiques  confirment souvent les indices de l'onomastique. Cela permet de dégager quelques éléments nouveaux de synthèse.


Sébastien Cabes : L’implantation des villae romaines dans les Landes

Le territoire des Landes possédait une organisation originale durant l’Antiquité. Encadrées par deux cités (Aquae Tarbellicae et Atura), les campagnes semblaient répondre à des logiques bien différentes. Alors que le territoire rural de Dax était presque dépourvu de grands domaines fonciers aristocratiques, celui d’Aire-sur-l’Adour était pourvu d’un maillage beaucoup plus dense qui permettait une mise en valeur efficace des terroirs. La communication a pour but principal de cerner le rôle que jouaient les villae romaines dans l’encadrement des territoires et de comprendre leurs logiques d’implantation, ainsi que de cerner leur évolution dans le temps lorsque cela est possible.


Didier Vignaud : Le peuplement antique autour du bassin de la Midouze et de ses affluents

Le Centre de Recherches Archéologiques sur les Landes (CRAL) est actuellement la seule structure qui mène de façon permanente des opérations archéologiques de tous types dans le département des Landes. Les résultats des travaux du CRAL sont considérables avec plus d’un millier de sites découverts depuis les années 2000 (toutes périodes confondues), une vingtaine de sites fouillés et un partage de données avec de nombreux chercheurs, universitaires et étudiants.

Pour la période romaine, le CRAL a découvert que le département des Landes recèle un important réseau de sites archéologiques, situés en majorité en contexte rural, là où il y a quelques années encore l’on s’attendait le moins à en trouver. Tous ces sites permettent de dresser des cartes sur l’occupation du sol et d’en tirer les premiers enseignements. Déjà, certains de ces sites antiques ont été fouillés par le CRAL comme l’ensemble de Matic, l’habitat de Laborde, la sépulture de Loustalot ou bien les ateliers de production de goudron de Sabres.

Durant ces dernières années, les travaux sur l’agglomération secondaire de Gouts se sont développés. Le CRAL en est à l’origine et a permis d’en définir une première emprise spatiale, de redécouvrir la voie romaine « Bareyt-Watier » mais aussi de récemment découvrir une seconde voie, perpendiculaire à la première.

D’autres travaux sont à programmer et apporteront encore de meilleures connaissances sur les Landes romaines…


Alain Campo : Monnayage antique dans les Landes

Lors des premières décennies de la Société de Borda, les découvertes monétaires dans les Landes ont été assez fréquentes. Généralement dispersées, échangées, perdues ou même volées, ces trouvailles sont aujourd’hui peu ou mal connues. À l’inverse, la multiplication des opérations archéologiques actuelles ont permis d’effectuer quelques avancées ponctuelles notamment dans le domaine de la numismatique.

Les objectifs de la communication sont donc de faire redécouvrir un pan de ce patrimoine monétaire landais que l’on croyait perdu grâce aux archives et au médaillier de collection du Musée de Borda mais aussi de revenir sur des découvertes et des études récentes telle celle sur le trésor de Gourbera.


Axelle La Guerche : Le vaisselier de l’habitat rural antique de Matic, fouillé à Ousse-Suzan

Notre étude porte sur le corpus céramique prélevé lors de la fouille du site de Matic (Ousse-Suzan, Landes, Nouvelle Aquitaine) qui s’est déroulée de mai à juillet 2013 sous la direction de D. Vignaud, archéologue bénévole au sein du CRAL (Centre de Recherche Archéologique sur les Landes).

Configuration du site

- La structure principale

Il s’agit d’un bâtiment de forme rectangulaire (6,2/3 mètres) composé d’une pièce principale d’environ 9 m2 présentant un accès nord-ouest. Totalement ou partiellement clos, il est constitué de torchis, de poteaux en bois et de tuiles. Au moins une partie du bâtiment était aménagée d’un plancher.

- Configuration du dépôt

Un incendie a détruit la structure qui n’a pas connu de phase d’occupation postérieure à cet événement. Le mobilier céramique est représenté par 13 270 tessons pour 176 individus, dont 17 n’ont pas pu être identifiés (soit 9,66% du corpus). La configuration du dépôt suggère que les récipients aient pu être stockés sur des étagères (présence de clous et de charbon parmi le mobilier). Les dimensions des récipients constituent un critère discriminant dans leur organisation au sein de la structure. Compte tenu de la configuration du site et des circonstances de sa destruction, nous sommes très probablement en présence de l’ensemble du mobilier céramique en usage sur le site au moment de sa destruction.

Identification et caractérisation du corpus

L’analyse du répertoire morphologique nous a fourni des informations sur les fonctions des récipients, en tenant compte de la polyvalence de certains types de vase. Considérant les tendances propres à l’Aquitaine en termes de caractérisation et d’évolution des pratiques culinaires, cette étude nous a permis de statuer sur le faible standard des occupants du site et d’attribuer une datation de l’ensemble correspondant à la seconde moitié-fin du IIe siècle de n. ère. Nous avons pu démontrer une certaine continuité dans les pratiques alimentaires, héritées de la Protohistoire mais cette étude nous a également permis de mettre en évidence les apports de tradition méditerranéenne, témoignant ainsi d’un réajustement des pratiques alimentaires à défaut d’un grand bouleversement. L’étude des différents groupes de fabrication recensés à Matic nous amène à penser que plusieurs modèles économiques devaient coexister. Tandis que les récipients en c.c.n.t. (1) destinés à un usage culinaire (ou au stockage temporaire des denrées) semblent connaître une aire de diffusion restreinte, la production et la diffusion des récipients plus spécialisés (préparation, service), principalement en c.c.t. (1), paraît plus structurée et certaines productions sont acheminées sur de longues distances (sigillées montanaises et hispaniques, assiette à engobe rouge pompéien). Les vases destinés à un usage culinaire devaient être renouvelés plus souvent (casse liée à une manipulation quotidienne, hygiène), impliquant un approvisionnement le moins contraignant possible ; malgré la standardisation de certains produits (pots 703 du groupe B3 et 706 du groupe B4) (2), il est possible que ces derniers aient pu être fabriqués dans le cadre d’une « household industry » (3), ce qui expliquerait qu’aucune unité de production n’ait à ce jour été identifiée. Sur la base des données ethnographiques (4) portant sur la durée de vie des récipients céramiques et considérant qu’aucune zone de rejet n’a été identifiée à proximité de la structure, nous pouvons suggérer que le site a été occupé une dizaine d’années tout au plus.

1 - Céramique commune non tournée / céramique commune tournée

2 - Réchin, 1994.

3 - Peacock, 1982, p.17-25. Production spécialisée de poteries intervenant dans des foyers ruraux, en complément d’une autre activité.

4 - Enquêtes ethnographiques menées chez les Fulani du nord du Cameroun au début des années 1970.


Kévin Laussu : Pro Aquarum Tarbellicarum gloria, Histoire des fêtes du bimillénaire des Eaux de Dax, juin 1933

En ce week-end de la Pentecôte 1933, des milliers de visiteurs accourent de toute la France et de plus loin encore pour assister aux cérémonies du bicentenaire de la naissance du Chevalier de Borda et du bimillénaire de la station thermale de Dax. Un événement hautement symbolique qui a été minutieusement préparé et mis en scène par la municipalité sous le patronage scientifique de la Société de Borda. Sur le modèle de la Fête des Vendanges qui fut organisée à Bordeaux (1909) et surtout celle du Bimillénaire de Carcassonne (1928), la Ville de Dax rêve, de retrouver, l’espace d’un été, son antique parure monumentale pour célébrer l’ancienneté de sa réputation thermale. Une attraction exceptionnelle, née de la rencontre d’un historien, le Dr Aparisi Serres, d’un architecte, Jean Prunetti et d’une artiste, Suzanne Labatut, doit être installée sur la place la Fontaine Chaude.

La « reconstitution » du Quartier Romain d’Aquarum Tarbellicarum débute aux abords du célèbre monument : ici un aqueduc, là un musée, là-bas un péristyle dorique, ici une domus. Un extraordinaire décor éphémère vient de métamorphoser l’aspect extérieur des immeubles et plonge les visiteurs dans la magie quotidienne d’une cité moyenne de l’Empire, miraculeusement épargnée par les Vandales. Un formidable jeu de pistes où s’entrecroisent références à l’Histoire de l’Art antique et fantaisies contemporaines pleines d’esprit. C’est à la visite guidée de ce décor de féerie que nous vous invitons !